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Test blu-ray

Le Crime de Giovanni Episcopo

BLU-RAY - Région B
Studiocanal
Parution : 30 / 11 / 2022

Image

Retour de la collection Make My Day ! vers les classiques du cinéma italien avec Le Crime de Giovanni Episcopo, inédit jusqu'alors en vidéo en France. Le film a été restauré en 2021 par le laboratoire L'Immagine Ritrovata, les travaux ont été effectués en 4K à partir du négatif original, assez bien conservé - on remarquera cependant quelques rares déformations de photogrammes qui peuvent occasionner de légers gondolements d'image. Si le nettoyage numérique n'a pas été totalement poussé, puisqu'il persiste encore quelques rayures verticales tenaces et de menues traces d'usure, la copie est globalement très propre. Côté définition, c'est très satisfaisant : le trait est fin, le niveau de détail efficace. La précision générale sera ponctuellement tempérée par des soucis de mise au point au tournage, une profondeur de champ souvent assez réduite, et des plans truqués (fondus) plus épais et sales... mais heureusement très brefs le plus souvent. L'étalonnage est respectueux du matériau d'origine et des conditions de projection d'époque : la gamme de gris est nuancée, les contrastes sont peu accentués, les niveaux de noir restent encore clairs mais toujours détaillés - et on appréciera l'absence de pulsations ! La patine argentique est respectée, le grain fin et palpable n'a pas été atténué. Un Blu-ray qui permet de très bonnes conditions de visionnage.

Son

La version originale a été restaurée, présentée dans une patine est modeste, typique des mixages de l'époque. Si la dynamique est modérée, avec un net manque dans les graves, l'ouverture est cependant appréciable : les dialogues post-synchronisés ne couvrent pas démesurément la musique et les ambiances, l'ensemble reste équilibré. Les voix sont assez claires, sans avoir non plus une présence éclatantes, elles sont sujettes à une infime saturation et quelques sifflantes très ponctuelles. La piste a été nettoyée des craquements et des impuretés, seul subsiste un léger souffle qui reste discret.

Suppléments

Préface de Jean-Baptiste Thoret (10 min - HD)
Le critique, historien et réalisateur, directeur de la collection Make My Day !, présente Le Crime de Giovanni Episcopo, "une petite perle" et second film d'Alberto Lattuada, l'"un des cinéastes les plus prolifiques du cinéma italien" dont les oeuvres souvent très différentes sont encore "peu identifées". Il évoque le "vernis néoréaliste" percuté par une intrigue faustienne, la peinture des "tout petits prolétaires" dans un "lent déclassement" qui rappelle Le dernier des hommes de Murnau. Il loue l'acteur Aldo Fabrizi, "capable de tout jouer" et indique la participation d'Alberto Sordi, futur grand de la comédie italienne...

Il Delitto di Giovanni Episcopo revu par Jean A. Gili (59 min - HD)
Grand spécialiste du cinéma italien, Jean Antoine Gili retrace rapidement le parcours d’Alberto Lattuada qui figure parmi les grands cinéastes transalpins des années 40 et 50. Pourtant, celui-ci reste encore "relativement marginalisé" en Italie et peu reconnu en France à cause d’une filmographie hétéroclite et "un peu insaisissable" dont on a oublié les nombreux succès. Il raconte la genèse de Giovanni Episcopo, projet apporté par l'acteur Aldo Fabrizi, aux grandes "capacités interprétatives", qui a acheté les droits du roman de Gabriele D'Annunzio et co-scénarisé le film aux côtés notamment d’un certain Federico Fellini qui retrouvera Lattuada sur Les Feux du music-hall. Avec une certaine tendance à paraphraser l’intrigue tout en se référant régulièrement à des titres de sa filmographie (il y a par exemple de nombreux points communs avec Le Manteau), Jean A. Gili analyse la "force singulière" du Crime de Giovanni Episcopo, film considéré comme mineur qu’il trouve pourtant "magistral" et "étonnant". Il évoque un héros doloriste, à l’univers étroit, qui prend des décisions hasardeuses et discutables, bâtissant lui-même ses propres difficultés. Un héros qui incarne "la passivité-même", ce qui le rend presque complice de ce qui lui arrive, et duquel Lattuada prend des distances pour donner de la force au récit, prenant aussi quelques libertés avec le livre original. Il note quelques thèmes récurrents dans le cinéma de Lattuada : les piques contre la bureaucratie, les subtilités de la construction en flashback, la rupture et le changement de registre (lors du passage au nouveau siècle), sa fascination pour les personnages féminins, l’observation des rapports Homme-Femme et leur sexualité, qu’il approfondira jusqu’à la fin de sa carrière avec Les Adolescentes. Jean A. Gili revient enfin sur le mélange des influences, la vision d’une Rome crépusculaire qui lorgne vers Film Noir américain, rappelant que Lattuada est aussi un cinéaste-cinéphile, à la grande culture, qui a cofondé la Cinémathèque de Milan.

En savoir plus

Taille du Disque : 35 205 370 739 bytes
Taille du Film : 23 237 369 856 bytes
Durée : 1:32:28.875
Total Bitrate: 33,50 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29999 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Italian / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1777 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 27,657 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 20 avril 2023