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Test blu-ray
Image de la jaquette

coffret Michael Roemer : American Trilogy

BLU-RAY - Région B
Les Films du Camélia
Parution : 13 mars 2024

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Après Dario Argento et Ida Lupino, l'équipe des Films du Camélia rend aujourd'hui hommage au cinéaste méconnu Michael Roemer à travers un coffret de trois films, des oeuvres redécouvertes récemment, disponibles pour deux d'entre elles en Blu-ray, aux USA. C'est, semble-t-il, le premier coffret jamais édité autour du réalisateur, une initiative qui prouve une nouvelle fois le dynamisme de l'édition vidéo française.

Nothing But a Man est présenté à partir d'une restauration ancienne et plutôt datée, effectuée à partir d'une copie conservée à la Library of Congress, un élément dupliqué (et non le négatif) composé de plusieurs sources de génération différentes (nous y revenons quelques lignes plus bas). La définition reste assez honorable mais le manque de détail poussé et une certaine épaisseur de la texture finissent par atténuer l'engouement. Le film n'a pas non plus bénéficié de restauration numérique : pas de stabilisation du cadre (légers tremblements) et surtout pas de nettoyage des images, il reste encore pas mal de tâches, rayures et points blancs - dont une "ligne" de points verticale, assez présente qui s'estompe au bout du premier quart d'heure. Le gros souci vient surtout de l'étalonnage et sa gestion très limitée des blancs. Si l'ancienneté du télécinéma empêche de savourer toutes les nuances de la palette, et même si on échappe heureusement aux pulsations désagréables, il y a un vrai problème sur l'équilibre des blancs, souvent lumineux voire très lumineux, tendance surexposés. Un souci partiellement causé lors du paramétrage du transfert, mais que l'utilisation d'une source complémentaire de génération inférieure na' pas arrangé, puisque ces passages offrent un résultat un peu plus dégradé, à la fois lumineux et avec des noirs parfois sérieusement charbonneux. L'aspect argentique a été préservé, le grain est restitué en abondance malgré une patine qui manque de finesse. Une présentation qui reste moyenne, d'autant plus décevante que l'éditeur américain Criterion vient tout juste de sortir le film en Blu-ray, à partir d'une nouvelle restauration 4K que Les Films du Camélia n'ont pu obtenir. La comparaison fait forcément mal puisque le disque américain rééquilibre le noir & blanc tout en corrigeant tous les défauts mentionnés ci-dessus. Gros regret, donc, pour ce très beau film et le moins bon master du coffret.

Cela s'arrange heureusement pour les deux autres films, à commencer par The Plot Against Harry, tourné en 1970 mais seulement redécouvert en salles en 1989, qui est présenté à partir d'une belle restauration 4K. Cette fois, la définition et le détail sont irréprochables, offrant des images d'une très belle finesse. Le noir & blanc est nuancé, très soigné, avec quelques noirs plus denses et d'infimes pulsations de luminosité, repérées deux ou trois fois. Le grain argentique a été bien conservé, présent en abondance, de manière organique et naturelle, sans souci d'encodage. La seule faiblesse du transfert, si l'on peut dire, en cherchant vraiment les problèmes, est à la rigueur un nettoyage partiel des images, globalement très propres mais avec quelques points blancs, griffures ou tâches qui peuvent apparaître ici ou là. On notera enfin d'infimes sautes à (presque) chaque point de montage. Curieux que cela n'ait pas été corrigé, car c'est un défaut peu courant sur des restaurations aussi poussées, mais en l'état l'effet reste très minime. Une très belle présentation du film, d'une qualité miraculeuse pour une oeuvre jusque-là si rare.

Projeté tardivement dans les salles en 2022, Vengeance is Mine avait été diffusé à la télévision américaine en 1984, sur le réseau PBS. Il est sorti en Blu-ray aux Etats-Unis chez l'éditeur The Film Desk, en 2023. Vengeance is Mine a été restauré en 4K à partir des négatifs 16mm d'origine, un type de pellicule qui n'est pas surprenant pour une production télévisuelle (modeste) de cette période, mais surtout un choix très cohérent pour le rendu documentaire qu'il propose. Le scan 4K est plutôt efficace, offrant une image d'une aussi grande précision que possible, bien détaillée et avec forcément beaucoup de grain. La texture argentique est en effet abondante et très organique, conforme au 16mm, et plutôt bien gérée par l'encodage, à l'exception de deux ou trois brefs moments où les yeux aguerris reconnaîtront des défauts de compression cyclique très légers, occasionnant un peu de lissage sur certains photogrammes (repérés plus facilement car ce sont des visages en gros plans). Un peu comme pour The Plot Against Harry, la copie n'a pas bénéficié d'un traitement numérique poussé : le nettoyage est partiel, il persiste tout au long du film d'infimes points blancs et quelques rayures verticales ; le cadre n'est pas non plus tout à fait stabilisé. L'étalonnage est assez proche d'un rendu 16mm, les contrastes restent d'une densité limitée et on remarquera quelques éclats de luminosité suspects. La colorimétrie est honnête sans apparaître exacerbée, notamment sur les carnations qui restent souvent ternes. On évite surtout une modernisation trop appuyée. Une présentation très convenable et assez naturelle.

Son

Malgré un master HD plus ancien, Nothing But a Man n'a pas à rougir de sa piste sonore, dénuée de traces d'usure marquées, sans souffle ou craquements. Les voix sont claires et équilibrées, le rendu conserve une certaine modestie sans jamais abandonner sa volonté réaliste, notamment avec les arrière-plans qui existent bien. La piste manque seulement d'un peu de dynamique.

Restauré récemment, The Plot Against Harry a bénéficié d'une bonne numérisation, au point de constater un remix partiel en stéréo. Si les voix ont été conservées en mono (d'origine), certaines séquences possèdent un arrière-plan (bruits de ville, ambiances) très légèrement spatialisé qui accentue le niveau de détail. Ce ne sont pas forcément les choix d'origine, peut-être ont-ils été effectués sous la supervision de Michael Roemer lui-même, mais en l'état la modernisation est ici très discrète. La qualité des voix est palpable, cohérente avec les techniques de l'époque. La piste est totalement nettoyée des traces d'usure ou du souffle disgracieux. Quelques brefs passages où la pellicule était visiblement trop abîmée ont conservé un son légèrement dégradé. 

Autre numérisation récente, la restauration sonore de Vengeance is Mine se montre en toute logique d'une grande conformité au matériau d'origine. On notera la bonne présence des voix et un équilibre convaincant du mixage, entre les arrière-plans, les bruitages et la musique. L'ouverture est appréciable, réaliste, idéalement restituée. On remarquera un léger souffle en arrière-plan, peu envahissant.

Suppléments

Les trois films sont proposés en DVD et Blu-ra,y avec un visuel aux tonalités colorées qui assument une continuité avec les précédents coffrets des Films du Camélia. Les Blu-rays sont accompagnés de Michael Roemer, I’m new in town, un essai de 80 pages signé Virginie Apiou, journaliste et réalisatrice de documentaires sur le cinéma, qui analyse la filmographie de Michael Roemer, étrangement passée sous les radars mais heureusement exhumée aujourd'hui. Elle revient sur l’enfance de Michael Roemer, juif allemand, délaissé par ses parents, évacué en Angleterre en 1938, à l'âge de 11 ans, avant de rejoindre les Etats-Unis en 1945. Une enfance faite de solitude et d'observation qui a nourri ses œuvres : des tableaux de "la famille dysfonctionnelle", avec ses "champions de l’impermanence", "au bord de la route" et "du chaos", prisonniers d’une froide solitude et "hantés par le passé", que Roemer filme "avec grâce et parti pris", mais sans jugement. Virginie Apiou décrypte le regard universel d’un cinéaste pour qui "la réalité est le secret du romanesque", revenant sur son apprentissage dans le documentaire avec Cortile Cascino, "le ferment de [son] œuvre à venir", puis l’"essai poétique" Faces of Israel, "sans doute [son] œuvre la plus politique" et, déjà, la description d’une collectivité, ou enfin Dying, "le grand roman de ceux qui savent qu’ils vont mourir", "documentaire révolutionnaire" qui "comprend la force de la vérité". Un cinéma de l'intime qui s’est prolongé dans la fiction, en prenant en compte le contexte social avec Nothing But a Man, sortie confidentielle mais œuvre culte sur la ségrégation contre les afro-américains, avec son héros "décidé à ne pas plier", The Plot against Harry, film "typiquement et profondément new yorkais" où Roemer montre la "réalité documentaire infinie" d’un New York jamais vu, ou Vengeance is Mine, "le grand film de la mère" et "une histoire de visage contre visage". Virginie Apiou dissèque les personnages de Michael Roemer, notamment ses "héroïnes fortes et désarmantes", qui "expriment haut et fort ce qu’elles sont" et ne se laissent pas vaincre.

Viriginie Apiou complète son essai avec un entretien d’une vingtaine de pages où Michael Roemer se dit soucieux de raconter des histoires auxquelles il croit pour prouver qu’il existe, soulignant l’importance des détails au cinéma. Il a le sentiment que nous ne sommes pas libres, notamment au sein de la famille, "l’endroit où le manque de liberté devient presque évident", mais évoque souvent sa femme qui lui a rendu la vie possible. Il évoque son pays d’adoption à travers ses films "qui ne sont pas vraiment américains", et pense le mythe du western comme "une totale illusion américaine". Il revient sur ses films de référence, de Jean Vigo à Arnaud Desplechin et "le mystère de son montage si radical", ou se souvient de sa rencontre avec Carl Theodor Dreyer...

Blu-ray 1 : Nothing But a Man

Entretien avec Michael Roemer (28 min - HD - VOSTF)
Étonnamment fringuant du haut de ses 95 ans, le réalisateur Michael Roemer revient sur ses films qui ont été "un merveilleux moyen de passer le temps". Il raconte le "beau défi" de se rapprocher du cinéma vérité, sa principale influence, en créant des œuvres qui lui ressemblaient et auxquelles il croyait. Cinéaste à l’éthique puissante, Michael Roemer a fait un cinéma des "gens impuissants" qui prenait volontairement le contre-pied des canons hollywoodiens, un choix en "lien direct" avec les juifs opprimés d’Europe, dont il faisait partie et dont il a conservé le "sentiment d’être un outsider". Il revient sur certains de ses films, racontant comment est né le projet de Nothing But a Man, aux côtés de son ami d’université Robert Young. Il se souvient des difficultés rencontrées avec le casting, en partie composé de non acteurs, ce qui l’a par exemple obligé à coacher lui-même celui qui interprète le père du héros. Il avoue à demi-mot avoir regretté après coup que le film ressembla trop à "une histoire", trop conforme au cinéma américain classique avec ce personnage héroïque, rebelle et survivant, un modèle duquel il tentera par la suite de s’éloigner, par exemple avec Harry Plotnik, héros "complètement passif". Michael Roemer dévoile quelques secrets d’écriture comme l’importance des "recherches factuelles" pour trouver des faits avant une histoire, parle de l’Amérique comme d'"un pays très compliqué pour y vivre", et évoque très brièvement l’"expérience posthume" de ses films, "revenus à la vie" quelques décennies plus tard...

Entretien avec Alice Diop (18 min - HD)
Interrogée par le critique et historien du cinéma Jean-Michel Frodon, la réalisatrice Alice Diop, dont l’univers mêlant étroitement documentaire et fiction possède de nombreuses affinités avec le cinéma de Michael Roemer, évoque sa découverte du cinéaste lors d’une récente rétrospective à New York. Elle ne tarit par d’éloges sur Nothing But a Man, l’"un des secrets les mieux gardés de la cinéphilie du XXe siècle", "une révélation, un vrai choc politique et esthétique". Voyant la biographie du réalisateur dans chaque plan, elle s’imaginait même que Roemer ne pouvait être qu’un noir américain ! Elle évoque la " force poétique" de ce "conte tragique et politique" qui rend visible la condition du noir américain, enfermé dans un monde-prison gardé par les blancs, et analyse ce héros à "l’irréductible liberté" qui finit par briser la "chaîne ininterrompue" de la violence. Pour Alice Diop, Nothing But a Man surmonte la difficulté de rendre compte de la violence raciste en ne montrant pourtant aucune violence, dans une simplicité "qui vise tellement juste". Elle souligne la "réflexion cinématographique majeure" du soin apporté à la dignité de personnages qui "sont vus", dans un rapport à l’intime puissant, avec une "force documentaire qui inscrit ces mythes dans une réalité quotidienne", dépassée par un mélange subtil et implacable avec la fiction. Elle relève par exemple la scène du gospel, montré comme le seul moment où cette communauté peut exprimer sa colère. Des propos très intéressants pour un supplément bien court...

Bande-annonce 2013 (2min 28s - HD- non sous-titré), produite à l'occasion de la sortie du film en Angleterre, par le BFI


Bande-annonce de la rétrospective 2023 (1min 52s - HD - VOSTF)

Blu-ray 2 : The Plot Against Harry

Le Complot contre Harry Plotnik (20 min - HD)
Le réalisateur cinéphile Michel Hazanavicius évoque Harry Plotnik, seul contre tous, construit sur l’antagonisme d'un personnage "bombardé de problèmes". Il remarque la liberté du récit, les déambulations qui rappellent le style européen, la nonchalance et le naturel de cet acteur "dément", au "jeu très en place", qui se fond dans une tonalité particulière et "assez neuve", distanciée mais cohérente. Il apprécie la façon dont Roemer détourne une mythologie de New York au cinéma, la fraîcheur d’une peinture sans violence d’une "petite truanderie sympa", dans un mélange du stéréotype avec le "très quotidien" : Roemer filme "à la croisée des chemins", "comme dans un angle mort" entre les grands Films Noirs et Scorsese, dont il devance les scènes familiales chez les truands. Michel Hazanavicius analyse ce film "pile entre deux époques", une comédie tout sauf agressive, au "regard assez moderne", dont l’incongruité et le "ton particulier" lui donnent "l’impression que [Roemer] filme avec le sourire"...

Bande-annonce 2023 (1min 55s - HD - non sous-titré)

Bande-annonce de la rétrospective 2023 (1min 52s - HD - VOSTF)

Blu-ray 3 : Vengeance is Mine

Entretien avec Ira Sachs (22 min - HD - VOSTF)
Le réalisateur de Forty Shades of Blue, Brooklyn Village ou du récent Passages, se souvient de sa rencontre avec Michael Roemer lors d'une session de questions-réponses à New York, où leur conversation a atteint un niveau d’intimité "surprenant". Il évoque Vengeance is Mine, "une expérience très forte", qui l’a porté dans "un état d’émerveillement", et analyse le film avec son regard de cinéaste. Il évoque certaines de ses influences supposées, certain que Roemer a vu Bergman et lu Brecht, trouvant que le film ressemble à du "Fassbinder dans le sud de l’Amérique". Il parle d'un film "totalement libre", qui n’a pas d’histoire ni de vérité mais sa propre logique, qui évite la narration traditionnelle : un film classique "à sa manière", où tout ce qu’on attend n’arrive pas. Il admire cette œuvre "psychologique sans donner de réponses", où les émotions sont sans cesse en conflit, un film "vraiment hors du temps", à la fois contemporain et lié au passé, nourri du destin singulier de Roemer, homme "maudit" et "artiste extraordinaire négligé par tout le monde", qui a transformé sa souffrance en art. Ira Sachs rappelle le côté très allemand de Vengeance is Mine, sa forme d’expressionnisme par l’utilisation des couleurs, trouvant que Roemer a su capturer l’Amérique avec un regard étranger. Il évoque enfin la prestation ambitieuse de Trish Van Devere, qui "prend des risques extraordinaires", ou la fascination de Roemer pour l'"énigme" Brooke Adams, actrice qui donne l’impression d’être dans un rêve et vit "une expérience qui est dissociée d’elle-même". Un très bon supplément.

Conversation entre Michael Roemer et Brooke Adams (19 min - HD - VOSTF)
Repris du Blu-ray américain, une session de questions-réponses entre le réalisateur enthousiaste de Vengance is Mine et son actrice principale, filmée dans le public au caméscope en 2022 à l'Université de Yale, où Roemer a longtemps enseigné le cinéma. Les propos sont spontanés et plutôt brefs, Roemer racontant l'accueil du scénario de Vengeance is Mine par une télévision publique ("vous ne savez pas écrire des scripts"), les mauvaises critiques parues dans la presse qui ont freiné sa carrière, le prix à payer (au sens général) pour faire des films, ou l'importance du point de vue dans le récit. Roemer est interrogé sur sa ténacité à conserver ses exigences dans des films pourtant difficiles à monter : comme Brooke Adams qui s'est tournée vers la peinture, le réalisateur fait partie de ces artistes qui créent parce qu'"ils doivent le faire", pour ne pas trahir "la vraie raison pour laquelle [il] faisait du cinéma"...

Bande-annonce originale (1min 52s - HD - non sous-titré)

Bande-annonce de la rétrospective 2023 (1min 52s - HD - VOSTF)

En savoir plus

Un homme comme tant d'autres

Taille du Disque : 31 649 474 492 bytes
Taille du Film : 22 798 405 632 bytes
Durée : 1:31:26.125
Total Bitrate: 33,25 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,97 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29974 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1557 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 20,894 kbps

Harry Plotnick seul contre tous

Taille du Disque : 23 980 718 703 bytes
Taille du Film : 20 547 987 456 bytes
Durée : 1:20:22.958
Total Bitrate: 34,08 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,97 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29973 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2355 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 29,743 kbps

La vengeance est à moi

Taille du Disque : 36 178 470 705 bytes
Taille du film : 29 953 284 096 bytes
Durée : 1:59:07.875
Total Bitrate: 33,52 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,97 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29978 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1817 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 18,369 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 18 mars 2024