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Test blu-ray

Belphégor

BLU-RAY - Région B
Pathé
Parution : 30 / 3 / 2022

Image

Nouvelle incursion dans le cinéma muet pour Pathé vidéo qui propose aujourd'hui le sérial Belphégor restauré par l'Immagine Ritrovata (Paris-Bologne) à partir d'"un internégatif et un négatif original nitrate issu de ses collections". La nuance est importante puisqu'il ne s'agit pas de l'habituel négatif complété par un internégatif mais bien de l'opération inverse : l'élément d'origine étant incomplet ou trop déteriorié, on a dû se tourner vers le meilleur matériel disponible, un élément de troisième génération. La conservation de Belphégor semble avoir été compliquée puisqu'on note également l'absence très régulière de photogrammes, avec pour conséquences de brèves sautes dans les mouvements.

A vue de nez, le négatif original a peut-être été utilisé sur moins de 20% du film. Ses images sont resplendissantes, avec une définition acérée et un niveau de détail impressionnant. L'étalonnage est très équilibré, la gamme de gris est nuancée, les contrastes sont maîtrisés et denses. Avec deux générations d'écart, les nombreux passages d'une source à l'autre se sentent forcément. Les images de l'internégatif ne déméritent pas pour autant mais restent malgré tout quelques crans en deçà. On les reconnaît à leur dynamique plus réduite, les blancs moins brillants, parfois plus "écrasés", les noirs plus ternes et la gamme de gris moins subtile. La précision est aussi en retrait, avec un niveau de détail plus tempéré mais une qualité de définition globalement très honorable, le plus souvent.

Dans tous les cas, la copie est immaculée, assez stabilisée (quelques plans tremblotent un peu). Le grain est respecté, logiquement plus organique et fin dans les images issues du négatif. Pour ce qui est de la seconde source, le grain reste présent, mais un peu moins palpable et parfois très gommé. Il a fallu beaucoup lutter pour nettoyer les images des rayures et des poussières, ce qui se sent un peu dans certains plans où le grain perd en texture.

C'est une présentation forcément miraculeuse de Belphégor que Pathé nous offre aujourd'hui, 95 ans après les premières projections.

Son

Belphégor est accompagné d'une bande originale spécialement composée pour l'occasion par Benjamin Moussay. On appréciera l'efficacité des différents thèmes qui s'adaptent plutôt bien aux multiples ambiances de l'histoire, suspense voire comédie, à partir de cordes (violon, violoncelle, contrebasse), cuivres (tuba/serpent, trombone, flûte), piano et percussions. Enregistrée récemment, la musique bénéficie d'une retranscription fidèle et immaculée, d'une grande subtilité. Le mixage 5.1 permet à certains instruments d'envelopper un peu plus le spectateur, sans accentuer les effets de manière artificielle.

Le film est également accompagné d'une piste Audiovision pour les malvoyants.

Suppléments

Pathé propose les suppléments sur un troisième disque, en DVD :

Belphégor, du feuilleton au cinéroman (42 min)
Un module foisonnant qui refait l'historique du sérial, nouvelle descendance d'une forme de récit apparue dans les années 1830 qui s'adaptait alors à une "économie du populaire" déjà transversale. Elle captivait son public via le succès de la presse quotidienne puis dans les livres et les salles de cinéma, parfois simultanément, dans une "conception globale" que les franchises Marvel ou Star Wars reprennent aujourd'hui. L'historien Christophe Trebuil et Mathieu Letourneux, professeur de littérature et spécialiste des "cultures sérielles", analysent les diverses formes de cette consommation d'aventures qui perdure encore aujourd'hui avec le format des séries. Ils retracent les influences qui ont abouti à Belphégor, "dernier rejeton" de criminels de fiction comme Zigomar ou Fantômas, des histoires de détectives teintées de fantastique qui surfaient sur l'"économie du sensationnalisme" de la presse, tandis que les auteurs français intégraient les recettes ango-saxonnes (copiant des personnages comme Sherlock Holmes ou Nick Carter) et adaptant le format américain des sérials. La production française était très marquée par une forme théâtrale et l'origine littéraire, notamment via l'imaginaire criminel des Mystères de Paris d'Eugène Sue. François-Marie Pons, petit-fils de René Navarre (qui interprète Chantecoq) revient sur le parcours de son illustre aïeul, acteur dans plusieurs centaines de films mais également producteur de sérials aux côtés d'un certain Gaston Leroux... Passionnant.


Entre tradition et modernité (34 min)
Focus sur la création de la musique qui accompagne le film avec le compositeur Benjamin Moussay, le chanteur Bertrand Belin (aperçu l'an passé dans Tralala des frères Larrieu), Léon Rousseau (ingénieur du son au studio L.E. Diapason) et deux musiciens qui ont participé à l'enregistrement. Un genre de supplément très rare qui aborde de manière assez précise la composition d'une partition, ici entre jazz, musique de chambre et musique de film, où se raconte "l'aventure de l'orchestration" quand les notes griffonnées pendant des semaines se concrétisent en sons et en mélanges de tessitures via le travail des musiciens, où l'on se laisse porter par l'improvisation, "beaucoup d'intuition et d'instinct". Benjamin Moussay utilise la musique pour mieux faire entrer le spectateur dans le film et parle du "grand luxe" de composer pour un film muet, là où il peut se permettre de contrôler les ambiances et même les dialogues qu'il aborde musicalement, jouant sur une variété de timbres où chaque instrument peut symboliser un personnage.



Belphégor, de Desfontaines à ses successeurs (18 min)
Didier Griselain, spécialiste du cinéma français des années 30 à 60, livre un résumé intéressant des aventures de Belphégor, mais dans une forme toutefois encore un peu scolaire et répétitive, en retraçant tout d'abord le parcours d'Henri Desfontaines, acteur de théâtre dans la troupe d'André Antoine qui deviendra réalisateur de cinéma dès 1909, faisant notamment débuter à l'écran Françoise Rosay, Louis Jouvet ou Raimu. Le roman Belphégor fût ensuite adapté avec plus ou moins de fidélité, et au gré de modes ponctuelles, durant les années 60 parmi d'autres figures du cinéma muet comme Judex (Franju) ou Fantômas (Hunebelle), avec la fameuse série télévisée qui a marqué son époque et l'imaginaire collectif, puis dans les années 2000 quand le cinéma s'intéressa à certaines séries mythiques comme Vidocq ou Les brigades du tigre.


Scènes supplémentaires (10 min)
Extraits vraisemblablement censurés dans le 4e épisode, retrouvés sur une copie allemande détenue par Lobster Films, qui montrent la préparation d'une attaque à la bombe (un flashback a été supprimé) ainsi qu'un échange entre Bellegarde et Chantecoq sur l'abus de stupéfiants qui aurait causé le décès de sa fiancée.


En savoir plus

partie 1

Taille du Film : 19 149 889 536 bytes
Durée : 1:00:17.000
Total Bitrate: 42,36 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 32,54 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 32548 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2078 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3452 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1746 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)

partie 2

Taille du Film : 21 872 621 568 bytes
Durée : 1:08:27.958
Total Bitrate: 42,60 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 32,72 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 32724 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2080 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3488 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1763 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)

partie 3

Taille du Film : 20 765 847 552 bytes
Durée : 1:11:41.916
Total Bitrate: 38,62 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 28,92 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 28923 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3425 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2071 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1826 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)

partie 4

Taille du Disque : 42 751 975 283 bytes
Taille du Film : 21 647 124 480 bytes
Durée : 1:15:01.291
Total Bitrate: 38,47 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 28,94 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 28948 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3367 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2065 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1734 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)

Par Stéphane Beauchet - le 20 juin 2022