Duels de réalisateurs

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Watkinssien
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Watkinssien »

Hitchcock wrote:
Jeremy Fox wrote: Ainsi que On murmure dans la ville pour contrer cette idée de froideur et de cynisme.
Sans oublier All About Eve également, un des films sur le monde du spectacle/théâtre le plus réussi. Les acteurs et les dialogues sont géniaux. Mais effectivement, l'univers de Mankiewicz reste très cynique.
Jeremy Fox wrote:
Me concernant, son plus beau film, son plus touchant. Mais d'autres le trouvent froid justement. Oui, l'action se situe dans une Itaie ensoleillée :wink:
La Comtesse aux Pieds Nus est justement pour moi le plus faible de sa filmographie.
:oops: Son chef-d'oeuvre pour ma part !! :oops: :oops:
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A serious man
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Re: Duels de réalisateurs

Post by A serious man »

El Dadal wrote: C'est vrai que la critique a placé Kubrick au panthéon, mais il me semble pourtant que Welles par la force d'un seul film a été déifié, au point d'être souvent considéré comme le père fondateur du cinéma moderne, ce que je trouve faux. Enfin, de toute façon, ce jeu est injuste par nature :wink:
Ah mais oui Welles a été défié et reste déifié pour un film qui n'est même pas son meilleur, en revanche je trouve tout a fait justifié de le considéré comme un des pére fondateurs du cinéma moderne, ce n'est pas le seul bien évidemment, mais son influence décisive me semble difficile a nier (et qu'on ne me dise pas qu'il n'a rien inventer et que les procédés qu'il utilise se trouver déjà dans d'autres films, ce qui est original c'est justement la réunion de tout ces procédé pour créer une nouvelle maniére de mettre en scéne et raconter une histoire au cinéma en rupture avec le classicisme hollywoodien)

et la comtesse aux pieds est effectivement un des plus grand films de Manckiewicz, je ne comprend pas qu'on puisse le considérer comme un de ses plus faible quand on aime Manckiewicz :?:
"Il ne faut pas être timide avec la caméra. Il faut lui faire violence, la pousser jusque dans ses derniers retranchements, parce qu'elle est une vile mécanique. Ce qui compte, c'est la poésie."

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Re: Duels de réalisateurs

Post by Hitchcock »

Oui mais quand on considère que Mankiewicz n'a pas fait de mauvais film, l'expression « le plus faible » n'a pas forcément un sens négatif. Je n'ai pas trop accroché à celui-là et disons que je place ses autres films au-dessus. Mais je l'aime bien quand même ;)
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Strum »

manuma wrote:Je prends note des deux. J'avoue être très tenté par la découverte sa Comtesse aux pieds nus dont l'action se situe, il me semble, en Italie.
Mankiewicz, c'est un des plus beaux films de l'histoire du cinéma, d'une pureté, d'une tendresse, d'un lyrisme fous : Le Fantôme de Mme Muir.

Et quatre chefs-d'oeuvre quasiment de suite dans les années 50 : Eve - L'Affaire Cicéron - Jules César - La Comtesse aux pieds nus. Il a acquis une réputation de cynisme à cause de ses derniers films qui sont d'un moindre intérêt (Le Limier, Le Reptile, etc.), mais quand on regarde l'ensemble de son oeuvre, cette réputation ne tient pas.
Strum
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Strum »

A serious man wrote:
Thaddeus wrote: Welles plus démiurge que Kubrick, vraiment ?
Plus je ne sais pas, autant c'est certains. Kubrick est sans doutes plus philosophe (et plus démonstratif a mon avis) et habité par un perfectionnisme que Welles aurait de toutes façon eut du mal a avoir vu les conditions dans lesquels il a tourné certains de ses films. Welles c'était quand même quelqu'un qui avaient une sacrée capacité d'improvisation pour arrivé a faire des films aussi fort que Macbeth, Othello ou Monsieur Arkadin a partir de moyen souvent ridicule, et c'est pour moi l'une des caractéristique du génie
Welles a créé un monde. Son monde, qui est toujours le même de film en film. Qui vit grâce à ses angles désaxés, ses masques et ses rires énormes défiant le destin. Qui semble vivant. Kubrick, lui, a créé des petits mondes formels et fixes pour chacun de ses films où vient se poser en surplomb son regard qu'on pourra qualifier de lucide ou de misanthrope selon sa sensibilité. Le plus grand démiurge est pour moi celui qui a créé le grand monde, plutôt que celui qui a créé les petits mondes formels pour chaque film.
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Federico »

Chacun à leur façon, Welles, Mankiewicz, Kubrick (mais aussi Huston et sans doute d'autres) sont des rejetons de Shakespeare. La vie est un jeu où quoi que l'on fasse, personne ne gagne à la fin. En simplifiant, je dirais que Welles lui emprunta le grandiose (ou la grandiloquence si on apprécie moins), Mankiewicz la malice (ou le cynisme), Kubrick l'entomologie (ou la froideur) et Huston le velu (ou le machisme). Encore une fois je simplifie car il y aussi de l'entomologie chez Mankiewicz, du velu chez Welles, de la malice chez Huston et du grandiose chez Kubrick... :wink:
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Re: Duels de réalisateurs

Post by A serious man »

J'avoue que je n'aurais pas vraiment fait le lien entre Shakespeare et Kubrick, mais le qualificatif d'enthomologiste lui convient très bien, et le parallèle peut se tenir.
"Il ne faut pas être timide avec la caméra. Il faut lui faire violence, la pousser jusque dans ses derniers retranchements, parce qu'elle est une vile mécanique. Ce qui compte, c'est la poésie."

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Re: Duels de réalisateurs

Post by Strum »

Federico wrote:Chacun à leur façon, Welles, Mankiewicz, Kubrick (mais aussi Huston et sans doute d'autres) sont des rejetons de Shakespeare. La vie est un jeu où quoi que l'on fasse, personne ne gagne à la fin. En simplifiant, je dirais que Welles lui emprunta le grandiose (ou la grandiloquence si on apprécie moins), Mankiewicz la malice (ou le cynisme), Kubrick l'entomologie (ou la froideur) et Huston le velu (ou le machisme). Encore une fois je simplifie car il y aussi de l'entomologie chez Mankiewicz, du velu chez Welles, de la malice chez Huston et du grandiose chez Kubrick... :wink:
"Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ;
ainsi les couleurs natives de la résolution
blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ;
ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes
se détournent de leur cours, à cette idée,
et perdent le nom d’action"
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Re: Duels de réalisateurs

Post by homerwell »

Strum wrote:Le plus grand démiurge est pour moi celui qui a créé le grand monde, plutôt que celui qui a créé les petits mondes formels pour chaque film.
Le plus grand démiurge ne peut pas être celui qui a créé un petit monde, plutôt celui qui a créé de grands mondes formels pour chaque film.
Ces histoires de monde sont à géométrie variable, voici un concept qui demande à être défini à peu plus précisément s'agissant en plus de deux très grands réalisateurs.
Plutôt que de penser que la filmographie de Kubrick ne possède pas de fil conducteur, ou de philosophie, je crois qu'elle en a une qui ne te plait pas, éternel optimiste !
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Strum »

homerwell wrote:Le plus grand démiurge ne peut pas être celui qui a créé un petit monde, plutôt celui qui a créé de grands mondes formels pour chaque film.
Ces histoires de monde sont à géométrie variable, voici un concept qui demande à être défini à peu plus précisément s'agissant en plus de deux très grands réalisateurs.
Plutôt que de penser que la filmographie de Kubrick ne possède pas de fil conducteur, ou de philosophie, je crois qu'elle en a une qui ne te plait pas, éternel optimiste !
Ou non. :)

Mais je n'ai pas dit que chez Kubrick, il n'y avait pas de fil conducteur ou de philosophie. J'ai sous-entendu au contraire que chez lui, ce fil conducteur ou cette philosophie (je parlais de "regard") préexistait à ces petits mondes formels qui sont construits autour d'elle. Chez Welles, j'ai l'impression que c'est le contraire, qu'il y a un monde secondaire unique qui vient toujours en premier, comme s'il vivait. Dès lors, je suis plus facilement happé dans le monde visuellement singulier de Welles et dans ses affects alors que devant un Kubrick je reçois les images avec plus de distance, sur un plan plus intellectuel - je perçois le regard ou le "fil conducteur" avant le monde.

Après, ceci est affaire d'impression, qui est pour le coup un concept à "géométrie variable".
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Re: Duels de réalisateurs

Post by homerwell »

Alors cet argument me paraît désavantager Wells, comme si tu avais besoin d'un balisage du formel, de petites habitudes esthétiques, pour appréhender l'épaisseur du plan intellectuel. Cela est une restriction des possibilités qu'offre le cinéma. Les deux plans doivent apporter autant de surprises et de découvertes pour que le plaisir soit total.
Sur Kubrick, tu mets toujours la froideur et la distance en avant.
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Re: Duels de réalisateurs

Post by A serious man »

homerwell wrote:Alors cet argument me paraît désavantager Wells, comme si tu avais besoin d'un balisage du formel, de petites habitudes esthétiques, pour appréhender l'épaisseur du plan intellectuel. Cela est une restriction des possibilités qu'offre le cinéma. Les deux plans doivent apporter autant de surprises et de découvertes pour que le plaisir soit total.
On parle d'Orson Welles pas de H.G Wells :mrgreen:

Sinon je ne pense pas que l'argument soit si défavorable a Welles, le fait d'avoir un univers qui se retrouve de film en film, ne veut pas dire qu'on ne s’intéresse pas aux variations qui peuvent exister d'un film a l'autre. Personnellement j'ai une préférence pour Welles, mais au fond j'admire les deux et je pense qu'ils jouent dans la même catégorie. D'ailleurs sur le plan du balisage formel et des petites habitudes esthétiques Kubrick me semble aussi obsessionnel que Welles dans sa façon de reprendre et de décliner de film en film des figures de style ( ses longs travelling avant arrière suivant ou reculant face a un personnage, des compositions cadrale frontal et symétrique ) ce sont deux cinéastes très typé. Je pense que ce que veut dire Strum c'est que les films de Kubrick lui apparaissent un peu démonstratif, chacun venant apporter une illustration de la philosophie personnelle de Kubrick, et les films de Kubrick semble plus clos sur eux même que ceux de Welles
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Re: Duels de réalisateurs

Post by homerwell »

A serious man wrote:On parle d'Orson Welles pas de H.G Wells :mrgreen:
Oups :oops: Les fautes d'inattention, c'est plus fort que moi... :mrgreen:
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Watkinssien
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Watkinssien »

Ce sont deux géants, mais je préfère Welles également pour plusieurs raisons.

Je suis sidéré de voir que l'oeuvre charcutée, massacrée de Welles n'empêche aucunement de voir en un seul plan (et dans n'importe quel plan d'ailleurs) toute une personnalité, une puissance, une poésie, une frénésie, une contemplation, l'habitation complète d'un artiste génial et d'une personnalité gigantesque.

J'admire Kubrick, c'est un des plus cinéastes de l'histoire. Il est admiratif que son oeuvre soit largement contrôlée, dans les moindres détails, et notamment au niveau de la production. Il était son propre patron et ne souffrait d'aucune manifestation des autres membres de son équipe. Il est impressionnant mais plus évident que sa patte soit constamment présente dans ses univers méticuleux.

Alors que Welles (souvent à cause de lui, toujours à cause de l'incompréhension de ses collaborateurs financiers) arrive à marquer son art à ce point, malgré toutes ces contraintes... Je trouve cela plus fort !!!
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Thaddeus
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Re: Duels de réalisateurs

Post by Thaddeus »

Ces messages procurent de tels plaisirs à lire que je les ai listées ici (et dans le premier message). Ceci est un up pas du tout déguisé qui en motivera peut-être certains à participer.

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