Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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someone1600
Euphémiste
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

Il a l'air bien celui-la. Je vais retrouver mon enregistrement... enfin je crois que j'en ai un, il me semble avoir vu ce titre lorsque j'ai fait un tri la derniere fois. :roll:
riqueuniee
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by riqueuniee »

Lord Henry wrote:Ce qui est remarquable lorsque l'on parcourt ce sujet, outre le plaisir que l'on y prend, c'est de se dire que beaucoup de ces films ont pu constituer l'ordinaire des dimanches après-midi de notre enfance - enfin, je parle des plus expérimentés d'entre nous.
Tout à fait. Si je n'ai pas vraiment le souvenir d'un titre précis, c'est bien le genre de films qui passaient le dimanche après-midi dans les années 60. (une programmation qui ne comportait d'ailleurs pas que des westerns).
Et, en effet, on pourra voir d'ailleurs un certain nombre de westerns de ce style dans la dernière séance . Surtout dans les dernières annes; au détriment d'ailleurs d'autres genres cinématographiques, alors que l'émission n'étai en principe pas consacrée à un genre en particulier.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

riqueuniee wrote:
Lord Henry wrote:Ce qui est remarquable lorsque l'on parcourt ce sujet, outre le plaisir que l'on y prend, c'est de se dire que beaucoup de ces films ont pu constituer l'ordinaire des dimanches après-midi de notre enfance - enfin, je parle des plus expérimentés d'entre nous.
Tout à fait. Si je n'ai pas vraiment le souvenir d'un titre précis, c'est bien le genre de films qui passaient le dimanche après-midi dans les années 60. (une programmation qui ne comportait d'ailleurs pas que des westerns).
Et, en effet, on pourra voir d'ailleurs un certain nombre de westerns de ce style dans la dernière séance . Surtout dans les dernières annes; au détriment d'ailleurs d'autres genres cinématographiques, alors que l'émission n'étai en principe pas consacrée à un genre en particulier.
Le problème vu d'aujourd'hui (alors qu'à l'époque on s'en fichait un peu), c'est que pour beaucoup, nous les regardions en noir et blanc.
Lord Henry
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Lord Henry »

Un instant, dois-je comprendre que nous sommes passés à la télévision couleur et que je dois changer mon poste Ducretet-Thomson?
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Lord Henry wrote:Un instant, dois-je comprendre que nous sommes passés à la télévision couleur et que je dois changer mon poste Ducretet-Thomson?
Oui tu peux aussi mettre à la déchetterie l'écran-loupe que tu avais posé devant ton téléviseur pour agrandir l'image :o
Je ne sais pas où mon père avait trouvé ça (je ne me rappelle même pas si ç'avait été une fabrication maison où si ça se trouvait dans le commerce) mais l'image devait être sacrément moche en y repensant :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

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Rendez-vous pour la suite la première semaine de mai.
Lord Henry
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Lord Henry »

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- Mme Fox, Colonel?
- Sergent Jules, je vous confie le commandement en mon absence. Et surtout, veillez à ce que Lord Henry n'en profite pas pour prendre d'assaut ma position.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Lord Henry wrote: - Mme Fox, Colonel?
- Sergent Jules, je vous confie le commandement en mon absence. Et surtout, veillez à ce que Lord Henry n'en profite pas pour prendre d'assaut ma position.
:uhuh: J'ai bien peur que ce soit mission impossible pour le Sergent Jules ; Lord 'Le rénégat' Henry va très certainement en profiter lâchement pour investir la place.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

Il faudrait bien que je le regarde ce dernier de la trilogie.
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feb
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by feb »

Jeremy Fox wrote:
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Rendez-vous pour la suite la première semaine de mai.
J'attends ta critique avec impatience Colonel Fox...en espérant que tu aimes ce film :fiou:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

feb wrote:en espérant que tu aimes ce film :fiou:
Pas de soucis à avoir :wink:
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feb
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by feb »

Jeremy Fox wrote:Pas de soucis à avoir :wink:
Ouf, rassuré :uhuh: Vivement début mai !
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Jeremy Fox
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Rio Grande

Post by Jeremy Fox »

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Rio grande (1950) de John Ford
REPUBLIC


Avec John Wayne, Maureen o'Hara, Claude Jarman Jr, Victor McLaglen, Ben Johnson, Harry Carey Jr, J. Carrol Naish, Grant Withers
Scénario : James Kevin McGuiness
Musique : Victor Young
Photographie : Archie Stout & Bert Glennon
Une production Herbert J. Yates pour la Républic


Sortie USA : 15 novembre 1950

Même si les Tuniques Bleues ont pas mal occupé les écrans en cette année 1950, on imagine aisément avec quelle impatience les amoureux des deux précédents westerns militaires de John Ford (Fort Apache & She Wore a Yellow Ribbon) devaient attendre ce troisième opus sorti plus d’un an après La Charge Héroïque. Entre temps, ils avaient pu néanmoins se délecter avec, du même cinéaste, le non moins superbe Wagonmaster qui ressemble assez à travers son ton de flânerie nonchalante et picaresque à ce Rio Grande que l’on a un peu trop tendance à minimiser face à ses deux aînés et qui, même s'il leur est légèrement inférieur, n’en demeure pas moins une autre remarquable réussite. Il s'agit en tout cas du film à montrer à tous ceux qui voudraient en connaître le plus possible sur les sonneries, hymnes et ballades militaires de l'époque ; un large panel leur est proposé ici et la bande son est peut-être à ce niveau la plus complète existante, le travail de Victor Young pour lier tout ça s'avérant une belle réussite sur ce film.


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1868. Le colonel Yorke (John Wayne) commande un petit fort au Texas non loin de la frontière mexicaine représenté à cet endroit par le Rio Grande. Son régiment doit faire face aux raids incessants des Apaches qui, après leurs attaques se réfugient de l’autre côté du fleuve, au Mexique. La cavalerie nordiste ne pouvant intervenir par suite des traités intergouvernementaux qui interdisent toute poursuite au-delà des frontières, le colonel se trouve dans une impasse. D’autres complications d’ordre familiales et sentimentales vont lui tomber en même temps sur les épaules : l’arrivée de son fils Jeff (Claude Jarman Jr) décidé à s’enrôler dans son régiment après avoir échoué à West Point et de son épouse Kathleen (Maureen O’Hara), avec qui il s’est brouillé durant la guerre de Sécession, déterminée à obtenir la démobilisation de leur rejeton. Nous assistons aussi aux déboires du soldat Tyree (Ben Johnson) recherché pour meurtre, aux multiples ballades données par la chorale militaire (The Sons of the Pionners), aux entrainements pittoresques menés par le sergent fort en gueule Quincannon (Victor McLaglen) et à l’enlèvement des enfants évacués du fort par une tribu d’indiens faméliques…


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Tout se terminera pour le mieux au sein de ce petit microcosme croqué avec chaleur par un John Ford une nouvelle fois en grande forme. Pour l'anecdote, l’incontournable (mais encore très lointain pour nous) western de Howard Hawks avec les personnages désormais célèbres de John T. Chance, Colorado, Feathers, Dude et Stumpy a bien failli ne jamais s’appeler Rio Bravo puisque ce fût longtemps le titre de tournage de ce troisième volet de la trilogie "cavalerie" de John Ford. En effet le Rio Bravo et le Rio Grande ne sont en fait qu’une seule et même rivière, celle séparant le Mexique du Texas et dont le nom est différent que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre de cette frontière naturelle. Anecdote amusante tout comme celle qui est à l’origine de ce western et qui peut aider à faire comprendre pourquoi la réussite artistique des deux précédents volets n’est cette fois-ci pas aussi complète. En effet, obsédé par ses projets futurs, John Ford tente d’amadouer le producteur Herbert J.Yates. Il souhaite l’amener à accepter cette entreprise hasardeuse qui lui tient à cœur, l’adaptation d’un récit de Maurice Walsh intitulé "The quiet man" qui va donner cette merveilleuse comédie connue en France sous le titre de L’homme tranquille. Quand il reçoit la commande de Rio Grande, il donne son accord sans hésitation, assuré de faire des bénéfices avec ce film. En effet, le western est à cette époque le genre préféré des américains et se vend sans problèmes à travers le monde. Il espère par ce succès annoncé mettre le grand manitou de la Republic dans d’heureuses dispositions afin qu’il puisse le suivre les yeux fermés dans son "rêve irlandais". John Wayne accepte de l’aider en tournant pour seulement un quart du salaire qu’il aurait demandé pour un autre réalisateur. Ford se met donc au travail sans trop d’argent ni de temps, avec plaisir mais sans réelle conviction, ce qui peut expliquer la toute relative déception du spectateur après le grave et digne Fort Apache et l’élégie mélancolique que constituait La Charge Héroïque. Le tout forme néanmoins l'une des plus belles trilogies de l'histoire du cinéma.


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Imprégné de la même ambiance chaleureuse, rude et humaine que ses prédécesseurs, Rio Grande souffre d’un scénario un peu lâche pourtant inspiré du même James Warner Bellah, chroniqueur de la vie militaire sur les frontières du Sud des USA. Il ne s’agit pas d’une question d’intrigue puisque nous sommes prêts à nous embarquer le sourire aux lèvres pour une "flânerie militaire", mais là où le bat blesse c’est quand en 20 minutes de temps, Ford insère dans le cours du récit pas moins de trois chansons du groupe qu’il vient de découvrir "Sons of the pionner". Ce n’est pas qu’elles soient désagréables à écouter (tout au contraire) mais elles ont l’air d’être un peu plaquées là pour pallier un manque d’inspiration de Ford et du scénariste à ce moment du script. Elles n’en sont pas moins à l’origine de séquences assez émouvantes et avouons qu’elles nous auraient manquées si le cinéaste les avait fait retirer. Quant à celle regroupant Ben Johnson, Harry Carey Jr et Claude Jarman Jr, tous trois chantant "Ahan San Antone" sous leurs tentes avant de s’endormir, séquence magnifique par cette impression qu’on a à cet instant de surprendre les protagonistes hors plateau, elle est d’un naturel confondant et prouve le bonheur qu’ont due éprouver les acteurs sur le tournage, l’un de ses instants magiques que l’on doit au seul génie de Ford.


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Génie de Ford qui est présent à de nombreuses autres reprises comme dans cette scène initiale, l’une des plus belles de sa filmographie, dans laquelle on voit la patrouille de retour au camp avec son contingent de soldats fourbus ou blessés. Rarement, nous avons ressenti avec autant de force et de compassion la douleur et l’épuisement qui suit une bataille dans cette séquence remarquablement filmée et photographiée, où la science du cadrage de Ford est toujours aussi perfectionniste. Dureté de la vie militaire que le cinéaste va ensuite se charger de prendre à contre-pied en dépeignant une atmosphère plus picaresque ou bon enfant pour que le spectateur de l’époque s’y retrouve (spectaculaire séquence de la démonstration équestre par Ben Johnson et Harry Carey Jr, véritables cavaliers émérites). Les thèmes fordiens sont heureusement bien présents : le cinéaste exprime encore une fois avec sensibilité ses sentiments et ses croyances dans le groupe plus que dans l'individu. Ce western raconte entre autre l’antagonisme que peut provoquer les choix à faire entre la famille et l’armée, la vie privée et le métier, l’amour et l’orgueil, en définitive le cœur et la tête. Evidemment, tout ceci finira en happy end alors que la fin initiale prévoyait la mutation à Londres du colonel pour indiscipline. La bravoure et l’héroïsme auront raison de toutes les rivalités et tout rentrera dans l’ordre. Un peu de sensiblerie mais relevée par toutes ces petites notations très émouvantes sur l‘amitié ou l’amour filial et qui passent la plupart du temps uniquement par les gestes et les regards : John Wayne s’était fait une spécialité de ce genre de scènes et il s’en donne à cœur joie sans cabotinage intempestif (il est une fois encore d'une sobriété exemplaire) et pour notre plus grand plaisir.


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Les autres acteurs qui composent cette galerie de soldats que dirige le Duke sont ceux que l’on a nommés "La compagnie du matériel roulant de Ford", à savoir en plus de Harry Carey Jr, Ben Johnson et Chill Wills, l’inénarrable Victor McLaglen dans le rôle du sergent "bourru au grand cœur". Le fils est interprété avec beaucoup de modestie et de sensibilité par le héros de Jody et le faon, Claude Jarman Jr. Mais, ce film tient une grande place dans nos souvenirs pour avoir été le premier à réunir le couple Maureen O’Hara / John Wayne. En parfaite osmose, les deux acteurs forment un magnifique duo et Ford les fera tourner ensemble à trois reprises toujours avec le même bonheur. N’oublions pas J. Carrol Naish absolument inoubliable, endossant la défroque du Général Sheridan dans les quelques séquences au cours desquelles il sera confronté à John Wayne et Maureen O’Hara : un personnage d’une belle droiture qui fait penser à celui qu’interprétait George O’Brien dans La Charge Héroïque.


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En dehors d’un scénario quelquefois flottant notamment au cours du dernier quart du film, parmi les autres points négatifs qui le plombent un peu, nous ne pouvons que constater le manque de moyens évident dans ces longues scènes de batailles filmées en une nuit américaine grisâtre qui nous empêche d’être vraiment concernés. Ces scènes censées se dérouler en pleine nuit, respirent le soleil torride qui devait régner à ce moment là et nous n’y croyons qu’à moitié ! Le final qui voit la charge pour délivrer les femmes et les enfants paraît ainsi un peu bâclée : elle a été réglée en une seule journée et l’on sent très bien le manque flagrant de motivation du réalisateur même si au final, grâce à son sens plastique et rythmique, il réussit néanmoins à nous la rendre plus qu’acceptable. Quelques menus défauts qui n’empêchent pas le film d’être loin de ce qu’on peut appeler un Ford mineur (c'est de plus une fois encore plastiquement superbe) et qui va dans le même temps nous permettre de tordre une fois de plus le cou à ce cliché tenace d’un John Ford réactionnaire et raciste.


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Ce film, tout comme La chevauché fantastique, a contribué pour beaucoup à cette réputation peu flatteuse. Bêtises ! A aucun moment dans le film qui nous concerne, nous voyons un indien sanguinaire ou grimaçant. De plus certains indiens font partie du régiment du colonel Yorke. Le raid final n’est pas lancé par esprit de vengeance mais pour délivrer femmes et enfants qu’une tribu de pillards indiens avait enlevés. En 1968, lors de sa reprise sur les écrans français, Bertrand Tavernier annonce : "Film raciste a-t-on dit, appliquant un peu hâtivement un jugement moral sur un état de fait historique. Cela étonnera quelques journalistes français mais il y eut aussi des indiens pillards et cruels. Montrer cela n’est pas faire œuvre de raciste." D’autre part John Ford est très clair et sincère sur le sujet, lui qui a été fait membre d’honneur de la tribu des Navajo : "Les Indiens ont toujours été près de mon cœur. Il est vrai que dans les westerns on ne leur a pas toujours rendu justice mais il ne faut pas généraliser. L’Indien n’aime pas l’homme blanc et il n’est pas diplomate. Nous étions ennemis et nous nous combattions. Ces combats sont la base même de l’histoire du far West. Il y a toujours eu entre eux et nous des préjugés et des malentendus et il y en aura toujours." Si dans le cours de Rio Grande, nous assistons à tant d’indiens décimés lors des différents combats, c’était dans un but purement prosaïque. La famine menaçant la tribu des Navajo, Ford se penche lui-même sur le scénario afin d’augmenter le nombre de scènes où ils devaient apparaître : plus on massacrait d’indiens, plus ceux-ci pouvaient comptabiliser de jours de tournage et être ainsi mieux payés. Il nous semblait utile de faire le point sur ces attaques injustifiées avant d’en terminer.


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Même si Rio Grande clôt l'ensemble que l'on a eu pour habitude de nommer "la trilogie cavalerie" de Ford, ce dernier retrouvera les "tuniques bleues" à la fin de la décennie suivante à travers deux films : Le Sergent Noir et Les Cavaliers dans lequel officiera de nouveau John Wayne. Mais nous en sommes encore loin et avant ça, les fans des westerns de John Ford auront déjà dû piaffer d’impatience pendant six ans avant qu’il leur en offre un à nouveau et ce sera non moins que The Searchers. Nous ne le cotoierons donc plus pendant un bon moment désormais. Néanmoins, la chaleur, la générosité, l’émotion et la bonne humeur qui règnent dans Rio Grande resteront longtemps ancrés en nous, nous permettant d'attendre patiemment que John Ford nous offre une nouvelle page inoubliable de l'histoire du western !
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Que ceux qui auraient trouvé une certaine tiédeur dans ce texte se détrompent puisque Rio Grande, malgré la toute relative déception face à ses deux immenses prédécesseurs, entre néanmoins dans le peloton de tête ainsi reconstitué à ce jour :

* 1- La Charge Héroïque (John Ford)
* 2- Le Passage du Canyon (Jacques Tourneur)
* 3- La Porte du Diable (Anthony Mann)
* 4- Le Massacre de Fort Apache (John Ford)
* 5- Smith le Taciturne (Leslie Fenton)
* 6- La Ville Abandonnée (William Wellman)
* 7- Sur la Piste des Mohawks (John Ford)
* 8- Une Aventure de Buffalo Bill (Cecil B.DeMille)
* 9- Le Convoi des Braves (John Ford)
* 10- Rio Grande (John Ford)
Tancrède
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Tancrède »

Ce film, tout comme La chevauché fantastique, a contribué pour beaucoup à cette réputation peu flatteuse. Bêtises ! A aucun moment dans le film qui nous concerne, nous voyons un indien sanguinaire ou grimaçant. De plus certains indiens font partie du régiment du colonel Yorke. Le raid final n’est pas lancé par esprit de vengeance mais pour délivrer femmes et enfants qu’une tribu de pillards indiens avait enlevés. En 1968, lors de sa reprise sur les écrans français, Bertrand Tavernier annonce : "Film raciste a-t-on dit, appliquant un peu hâtivement un jugement moral sur un état de fait historique. Cela étonnera quelques journalistes français mais il y eut aussi des indiens pillards et cruels. Montrer cela n’est pas faire œuvre de raciste." D’autre part John Ford est très clair et sincère sur le sujet, lui qui a été fait membre d’honneur de la tribu des Navajo : "Les Indiens ont toujours été près de mon cœur. Il est vrai que dans les westerns on ne leur a pas toujours rendu justice mais il ne faut pas généraliser. L’Indien n’aime pas l’homme blanc et il n’est pas diplomate. Nous étions ennemis et nous nous combattions. Ces combats sont la base même de l’histoire du far West. Il y a toujours eu entre eux et nous des préjugés et des malentendus et il y en aura toujours." Si dans le cours de Rio Grande, nous assistons à tant d’indiens décimés lors des différents combats, c’était dans un but purement prosaïque. La famine menaçant la tribu des Navajo, Ford se penche lui-même sur le scénario afin d’augmenter le nombre de scènes où ils devaient apparaître : plus on massacrait d’indiens, plus ceux-ci pouvaient comptabiliser de jours de tournage et être ainsi mieux payés. Il nous semblait utile de faire le point sur ces attaques injustifiées avant d’en terminer.
excuse moi partenaire mais j'ai beau aimer Rio Grande (c'est un beau film sur le couple je trouve), il faut reconnaître qu'il s'agit bien du film le plus réactionnaire de la trilogie.
Impossible de le regarder en faisant abstraction de l'époque de sa production, à savoir le début de la guerre de Corée (Ford, en tant qu'officier des services de renseignements tourne à la même époque des films de propagande sur le sujet). Dans Rio Grande, l'heure n'est plus aux pourparlers entre vieux sages ennemis (La charge héroïque) ou à la condamnation des officiers va-t-en-guerre (Fort-Apache), l'heure est à la violation des traités de paix établis par ces connauds de politique -qui évidemment n'entendent queue de chie aux réalités du terrain- parce que somme toute c'est bien légitime d'aller péter la gueule aux Apaches (puisque comme tu le dis toi-même, ils sont méchants). Politiquement, c'est le contraire du progressisme. C'est en fait du bellicisme.
C'est à rapprocher de MacArthur (authentique héros de la WWII et idole de Ford) qui propose d'utiliser la bombe atomique en Corée.

P.S: quels sont les trois autres films de Ford avec Wayne et O'Hara?? Je n'en compte que deux.