David Lean (1908-1991)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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monk
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by monk »

Jeremy Fox wrote:
Miss Nobody wrote:La fille de Ryan - 1970

Impossible alors de ne pas crier au chef d'oeuvre devant cette fresque sublime, ce mélodrame lyrique et subtil, injustement rejeté par la critique et le public en 1970 et encore trop souvent oublié aujourd'hui.

10/10 (soyons fous!)
Mais non, soyons juste :wink:
...et je suis tout à fait d'accord. Découvert il y a peu grace à cette discution, le film est en tout point magistral !
Il n'en reste pas moins un film étonnant, voir surprenant, dans son traitement si ambitieux de ce mélo pourtant si intimiste. Mais tout y est parfait que ça en donne le vertige. Le film est long, et pourtant on ne s'y ennuie jamais.
Vraiment sublime.
kontarkh
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by kontarkh »

a propos du pont de la rivière kwai est-ce que ceux qui ont le blu-ray ont un souci avec les sous-titres?J bon rien de grave mais je n'arrive pas a descendre celui tout a fait celui du haut en effet il dépasse légerement de la bande noire...merci par avance pour vos réponses et s'cusez-moi si c'est pas le bon topic.
villag
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by villag »

Pour quand LAURENCE d' ARABIE en BR ????.....
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someone1600
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

2006....

:arrow:

Comment ca on est passé tout droit... :|
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Profondo Rosso
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Profondo Rosso »

Vacances à Venise (1955)

Jane, alerte quadragénaire américaine, mais toujours célibataire, arrive à Venise pour y passer ses vacances. Le romantisme de la ville lui fait davantage ressentir le poids de sa solitude jusqu’à ce que l’amour mette sur son chemin un séduisant antiquaire vénitien.

Summertime est en tout point un vrai film de transition pour David Lean. La trame et la tonalité du récit ramènent aux plus grandes des réussites de sa période anglaise tandis que le dépaysement du cadre et l'apport de la couleur (qu'il n'avait utilisé que deux fois depuis ses débuts dans Heureux mortels et la comédie L'Esprit s'amuse déjà dix ans plus tôt) amènent une flamboyance qui annoncent les grandes épopées à venir dès le film suivant Le Pont de La Rivière Kwai.

La mise en scène de Lean trahit constamment ce sentiment d'entre deux, cet hésitation constante et volontaire de celui qui saura si bien manier l'imagerie spectaculaire et le parcours intime très bientôt. Adapté d'une pièce de Arthur Laurents, Summertime nous narre le séjour d'une quadragénaire jouée par Katharine Hepburn venue s'épanouir à Venise. Alerte vive et enjouée, elle est venue là pour combler un certain vide ressenti dans son quotidien qui se révèle très vite être sentimental. L'esthétique donne donc dans l'imagerie la plus éclatante possible dans une Venise filmée comme un rêve éveillé (la ville n'a sans doute jamais été plus belle au cinéma que dans ce film) où l'apparition de chaque monument, pont ou ruelle provoque un émerveillement constant (l'arrivée Place saint Marc !) accentué par l'atmosphère estivale.

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Lean évite pourtant le piège du spectaculaire, cette magnificence se révélant constamment par le sentiment de découverte de Katharine Hepburn si le cinémascope deviendra la norme pour dès Le Pont de la Rivière Kwaï pour imposer au spectateur des espaces monumentaux, il en reste ici à son format carré 1.33 où la ville se révèle toujours progressivement par le regard de l'héroïne dans de délicat mouvement de caméra. C'est ce parti pris qui permet d'autant mieux de ressentir sa profonde solitude de manière purement visuelle, la beauté de la ville s'avérant au final oppressante car marquant l'ésseulement de Katharine Hepburn dont la frêle silhouette se perd constamment dans le gigantisme des décors traversés. Le montage accentuant les visions de couple dans le regard mélancolique puis désespéré de d'Hepburn (autant dans les figurants que dans le choix des inserts de certaines statuettes souvent par deux) et la prestation poignante de cette dernière renforcent encore le malaise sous cette façade somptueuse.

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Lean réussit ainsi le paradoxe de dissimuler sous son film le plus lumineux et radieux une de ses oeuvres les plus mélancoliques, et très différente du mètre étalon Brève Rencontre qui était lui oppressant de bout en bout. Cette sensation ne s'effacera pas même lorsque Jane vivra enfin une grande passion avec un antiquaire italien. L'attitude d'attirance/répulsion de Jane coupable face à son désir retardera l'union puis provoquera sa fin abrupte en conclusion. L'histoire d'amour tient finalement plus de l'attirance physique et de l'assouvissement du désir et jamais on ne ressent se grand frisson que sait si bien créer Lean dans ses plus belles romances. Cette rencontre n'est, à l'image même de ses vacances et du clinquant visuel qui l'illustre qu'une forme de répit fantasmatique accordé à Jane avant de revenir à son existence morne. Le gardénia, symbolisant la réparation de frustrations passées qui lui échappe par deux fois semble d'ailleurs offrir une sorte de métaphore des attentes impossible à combler par ce périple à Venise

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Le choix du bellâtre insipide Rossano Brazzi (l'amoureux italien favori d'Hollywood dont seul Mankiewicz saura vraiment tirer quelque chose dans La Comtesse aux pieds nus car sinon il entâche pas mal aussi Les Amants de Salzbourg de Sirk par sa platitude) est finalement logique puisqu'il véhicule sous une forme un peu terne certes (il n'est plus tout jeune comme il le souligne lui même dans un dialogue et sa situation personnelle s'avéra compliquée) l'idéal de l'italien élégant et romantique qu'une femme comme Hepburn peut espérer rencontrer à Venise. cela n'empêche pas Lean de leur réserver des séquences absolument magnifique tel l'entrevue dans la boutique où Katharine Hepburn troublée est touchante de désarroi, le baiser sous le pont où le retour au petit matin après leur première nuit.

Faux film sentimental et vrai portrait de femme émouvant, Summertime est un des films les plus subtils de son auteur qui le tenait pour son préféré dans une oeuvre pourtant garnie en chef d'oeuvre. 5/6

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odelay
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by odelay »

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Vous croyez que la tour derrière a une porté symbolique par rapport à ce que se passe au première plan?? :fiou:
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Cathy
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Cathy »

Non Rossano Brazzi n'est pas insipide :evil: , il a ce charme latin évident auquel je suis sensible personnellement et j'ai adoré tous les films où il a joué ! Sinon je suis tout à fait d'accord avec ta critique et Summertime est un magnifique film !
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by daniel gregg »

odelay wrote:Image

Vous croyez que la tour derrière a une porté symbolique par rapport à ce que se passe au première plan?? :fiou:
Avec la lune juste à coté, si ce n'est pas allusif, ce serait quand même une sacré coïncidence ! :mrgreen:
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Cathy
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Cathy »

daniel gregg wrote:
odelay wrote:Image

Vous croyez que la tour derrière a une porté symbolique par rapport à ce que se passe au première plan?? :fiou:
Avec la lune juste à coté, si ce n'est pas allusif, ce serait quand même une sacré coïncidence ! :mrgreen:
Et en plus que c'est suivi d'un grand feu d'artifice :) !
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Profondo Rosso
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Profondo Rosso »

Cathy wrote:
daniel gregg wrote: Avec la lune juste à coté, si ce n'est pas allusif, ce serait quand même une sacré coïncidence ! :mrgreen:
Et en plus que c'est suivi d'un grand feu d'artifice :) !
Et non c'est juste lors de la scène qui précède le feu d'artifice pour leur première nuit ! Sinon c'est vrai j'avoue que Rossano Brazzi m'horripile un peu :mrgreen: , je le trouve vraiment transparent dans tout les film où je l'ai vu, un peu vieux beau même si là avec le thème de Summertime ça fonctionne plutôt bien. Sinon bandes de pervers ma capture est tout à fait innocente :mrgreen:
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

Ca fait longtemps que je veux voir ce film, mais je n'en ai jamais vu de copie en dvd... il existe ? :?
feb
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by feb »

someone1600 wrote:Ca fait longtemps que je veux voir ce film, mais je n'en ai jamais vu de copie en dvd... il existe ? :?
Il existe en édition Criterion sur Amazon US
http://www.amazon.com/Summertime-Criter ... 662&sr=1-1
Test Beaver DVD US Z1
http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReview ... ertime.htm

Il existe chez Second Sight sur Amazon UK
https://www.amazon.co.uk/Summertime-DVD ... 640&sr=1-1
Test DVD UK Z2 (pas de STF)
http://homecinema.thedigitalfix.com/con ... rtime.html

Et surtout il vient de sortir chez Carlotta dans une édition qui semble très belle si on jette un oeil aux captures de Profondo Rosso :wink:
http://www.amazon.fr/Summertime-Vacance ... 814&sr=8-1
VOSTF mais je pense qu'il est bloqué Z2.
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by francesco »

Petite précision pour que la chronique de Profondo Rosso devienne absoument parfaite : David Lean a également réalisé le très beau Heureux Mortels (qui passe en ce moment sur TCM) en couleurs, dès 1944.
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by riqueuniee »

En effet un très beau film. Même s'il y a allusion à nombre d'événements historiques (dont la mort de George V, les accords de Munich...) avec quelques scènes de foule (on y voit même un rassemblement du parti pro-nazi britannique) et que le film (vu sa date) présente un petit côté patriotique, c'est l'aspect intimiste qui domine , avec l'histoire de cette famille britannique. Le technicolor et le côté intimiste se marient très bien.
Lean réutilisera la couleur, l'année suivante, pour l'esprit s'amuse, une comédie avec fantômes.
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Profondo Rosso
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Profondo Rosso »

francesco wrote:Petite précision pour que la chronique de Profondo Rosso devienne absolument parfaite : David Lean a également réalisé le très beau Heureux Mortels (qui passe en ce moment sur TCM) en couleurs, dès 1944.
Hop c'est corrigé merci :wink: Pas encore visionné celui là d'ailleurs le très beau coffret anglais ça ne saurait tarder mais je crois qu'il fait partie de la vague des ressorties salles de cette semaine c'est encore mieux pour la découverte !