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Publié : 8 sept. 06, 16:02
par Ubik
Personnellement, sur le cul. Je reconnais que la fin est trop bavarde. Les passages inutiles avec Sean Bean, rendus obligatoires par les studios, sont traités assez astucieusement pour ne pas alourdir le rythme narratif bien qu'ils soient clairement de trop. Pour le reste... Je suis bluffé ! C'est bien simple, je pense encore au film quelques heures après son visionnage. De loin le meilleur travail de Gans. L'univers-monde Silent Hill est absolument cohérent, d'une beauté plastique sans commune mesure, et pour une fois, de l'horreur intelligente : pas de coup du chat, pas de terreur frontale, mais une fascination de tous les instants et une tension esthète qui transcende le genre et l'aborde d'une façon totalement novatrice. Une adaptation condensée pour sûr qui tend à rendre le film plus lourd sur la queue, mais dans l'ensemble, un aéronef d'une infinie finesse qui sans jamais tourner autour du pot ménage de vraies grands moments de cinéma. Le joueur que je suis est aux anges. Au passage, quand Gans s'approprie un univers sans l'affadir d'un traitement cinéphile, le résultat est là : on frise l'épure narrative absolue dans ce qu'elle a de plus efficace : Atmosphère/Ambiance avec un grand A. Le personnage principal ? Silent Hill et sa Reine. Pour cette simple prouesse de rendue, je tire mon chapeau. Dommage vraiment pour le final bavard et Sean Bean...

Publié : 10 sept. 06, 00:02
par tronche de cuir
Ubik a écrit :Personnellement, sur le cul. Je reconnais que la fin est trop bavarde. Les passages inutiles avec Sean Bean, rendus obligatoires par les studios, sont traités assez astucieusement pour ne pas alourdir le rythme narratif bien qu'ils soient clairement de trop. Pour le reste... Je suis bluffé ! C'est bien simple, je pense encore au film quelques heures après son visionnage. De loin le meilleur travail de Gans. L'univers-monde Silent Hill est absolument cohérent, d'une beauté plastique sans commune mesure, et pour une fois, de l'horreur intelligente : pas de coup du chat, pas de terreur frontale, mais une fascination de tous les instants et une tension esthète qui transcende le genre et l'aborde d'une façon totalement novatrice. Une adaptation condensée pour sûr qui tend à rendre le film plus lourd sur la queue, mais dans l'ensemble, un aéronef d'une infinie finesse qui sans jamais tourner autour du pot ménage de vraies grands moments de cinéma. Le joueur que je suis est aux anges. Au passage, quand Gans s'approprie un univers sans l'affadir d'un traitement cinéphile, le résultat est là : on frise l'épure narrative absolue dans ce qu'elle a de plus efficace : Atmosphère/Ambiance avec un grand A. Le personnage principal ? Silent Hill et sa Reine. Pour cette simple prouesse de rendue, je tire mon chapeau. Dommage vraiment pour le final bavard et Sean Bean...
ça fait plaisir à lire !!!! 8)

Publié : 22 déc. 06, 12:15
par mannhunter
l'interview de Monsieur Gans,première partie:

http://www.dvdrama.com/news.php?18185

Publié : 22 déc. 06, 15:10
par tronche de cuir
Passionnant comme d'hab ce Mr Gans !!! 8)

Publié : 22 déc. 06, 16:28
par -Kaonashi-
Oui j'aime vraiment beaucoup écouter/lire Christophe Gans parler de cinéma & de son travail. Sans être toujours d'accord avec lui, je trouve qu'il y a toujours une vraie reflexion derrière, une franchise totale, et un véritable amour pour le cinéma.
Vivement la suite de l'interview, vivement que j'ai le DVD du film pour le revoir, et surtout vivement un Silent Hill 2 réalisé par Gans !!

Publié : 22 déc. 06, 17:31
par Flol
-Kaonashi Yupa- a écrit :Oui j'aime vraiment beaucoup écouter/lire Christophe Gans parler de cinéma & de son travail.
Personnellement, je préfère lire et/ou l'écouter parler, plutôt que de voir ses films (même si j'ai une certaine affection pour Silent Hill).

Publié : 22 déc. 06, 17:49
par Nicofieu
qqun peut m'expliquer l'idée de la fin ?

je vois pas où on va...

Publié : 22 déc. 06, 19:22
par MJ
mannhunter a écrit :l'interview de Monsieur Gans,première partie:

http://www.dvdrama.com/news.php?18185
Passionant!

Et ce n'est pourtant pas un grand fan du film qui dit cela.

Publié : 22 déc. 06, 19:48
par Colqhoun
Nicofieu a écrit :je vois pas où on va...
:|

Publié : 23 déc. 06, 00:25
par Nimrod
Nicofieu a écrit :qqun peut m'expliquer l'idée de la fin ?

je vois pas où on va...
Je pense :
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Que la fille et sa mère meurent dés la traversée du pont, au début du film. Que Silent Hill est une sorte de purgatoire. Et qu'à la fin, elles échappent à une certaine forme de damnation. Elle peuvent donc sortir de Silent Hill... mortes, bien entendu.

Publié : 23 déc. 06, 00:43
par Colqhoun
Nimrod a écrit :
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Que la fille et sa mère meurent dés la traversée du pont, au début du film. Que Silent Hill est une sorte de purgatoire. Et qu'à la fin, elles échappent à une certaine forme de damnation. Elle peuvent donc sortir de Silent Hill... mortes, bien entendu.
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Je vois ça un peu différemment. Durant tout le film, autant la mère, la flic ou la fille sont en vie, mais prisonnières de cette espèce de dimension parallèle. La traversée du pont est une frontière d'un monde à un autre dont Sharon/Alessa est la clé. Rien n'indique véritablement qu'elles sont mortes. Ce serait plutôt leur esprit qui est enfermé dans le monde terrifiant que le côté sombre d'Alessa a créé pour se venger de ceux qui lui ont fait du mal. Au final, elles réussiront à rentrer chez elles saines et sauves, sans avoir pu pourtant refranchir le passage entre les deux mondes, Alessa ayant désormais accompli ce qu'elle "devait" faire et n'étant plus qu'une petite fille normale.

Cette interprétation avec la mort des personnages dès le moment où ils entrent dans Silent Hill rejoindrait toutefois les origines du jeu vidéo dont la principale inspiration fût, il faut le préciser, L'échelle de Jacob de Adrian Lyne. Donc je ne rejette de loin pas cette idée. Je la trouve juste un peu trop platounette et bateau... le genre d'explications un peu naze qu'on sortirait parce qu'on ne saurait pas vraiment inventer quoi d'autre.

Publié : 23 déc. 06, 01:36
par tronche de cuir
Christophe Gans:


Quelque part ce rapport à la critique me permet de mieux vivre ma passion. Je tiens à lire les critiques pour les analyser, les comprendre. Et je trouve souvent du vrai dedans. Il y aura toujours des critiques que je réfuterais, comme celles qui reprochent à mes films d’être trop esthétiques. Désolé, mais c'est mon cinéma ! Je ne vais pas faire des films pourris, avec des plans flous, mal fagotés, parce qu'il y a des gens qui trouvent mes films trop esthétiques. En revanche quand on m’accuse de maniérismes, de manquements, de faire trop de mouvement de caméra, etc, je trouve ça intéressant. Et pour mon prochain film, je tiendrais compte des critiques que j’ai eues sur Silent Hill. Comprenez-moi, c'est ma seule référence... Si j’écoutais exclusivement ceux qui, pardon d'être vulgaire, me lèchent la couture des couilles, je ne pourrais pas avancer. Les critiques, c'est ce qui me permet de penser que j'ai encore du chemin à faire. J'aime ça.


Trop fort !!!
8)

Publié : 23 déc. 06, 11:05
par MJ
Colqhoun a écrit :
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Je vois ça un peu différemment. Durant tout le film, autant la mère, la flic ou la fille sont en vie, mais prisonnières de cette espèce de dimension parallèle. La traversée du pont est une frontière d'un monde à un autre dont Sharon/Alessa est la clé. Rien n'indique véritablement qu'elles sont mortes. Ce serait plutôt leur esprit qui est enfermé dans le monde terrifiant que le côté sombre d'Alessa a créé pour se venger de ceux qui lui ont fait du mal. Au final, elles réussiront à rentrer chez elles saines et sauves, sans avoir pu pourtant refranchir le passage entre les deux mondes, Alessa ayant désormais accompli ce qu'elle "devait" faire et n'étant plus qu'une petite fille normale.

Cette interprétation avec la mort des personnages dès le moment où ils entrent dans Silent Hill rejoindrait toutefois les origines du jeu vidéo dont la principale inspiration fût, il faut le préciser, L'échelle de Jacob de Adrian Lyne. Donc je ne rejette de loin pas cette idée. Je la trouve juste un peu trop platounette et bateau... le genre d'explications un peu naze qu'on sortirait parce qu'on ne saurait pas vraiment inventer quoi d'autre.
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J'aime à penser que Silent Hill est un film-cerveau dans sa totalité. La partie d'introduction un rêve éveillé, et la suite une véritable plongée dans l'onirique.
Et vu comme ça le personnage de Sean -has- Bean devient encore plus maladroit et incohérent par rapport au rest du film.

Publié : 23 déc. 06, 11:50
par Colqhoun
MJ a écrit :
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Et vu comme ça le personnage de Sean -has- Bean devient encore plus maladroit et incohérent par rapport au rest du film.
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Ouais, c'est exactement ça puisque de toute manière il n'était en tout cas pas prévu dès le début.
Bien sur il y a cette belle scène où il croise sa femme dans la cour, avec une dimension qui les sépare, mais son personnage n'est qu'une astuce explicative pour neuneus.

Publié : 23 déc. 06, 12:49
par MJ
Colqhoun a écrit :
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Ouais, c'est exactement ça puisque de toute manière il n'était en tout cas pas prévu dès le début.
Bien sur il y a cette belle scène où il croise sa femme dans la cour, avec une dimension qui les sépare, mais son personnage n'est qu'une astuce explicative pour neuneus.
Cette astuce aurait à la limite été justifiée si le film proposait de quelconques enjeux. Mais quel en est l'intérêt précisément puisque ça n'est pas le cas?
Et c'est le gros problème de Silent Hill. Il y a univers ambitieux, visuellement impressionant, mais aucune scénarisation. Il y a eu tout un battage médiatique autour de la participation de Roger Avary au scénario, mais ça me fait doucement rigoler quand on voit la pauvreté des dialogues et des situations.
Gans aurait dû revoir les films de Carpenter pour comprendre comment faire évoluer des personnages dans un schéma horrifique.