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Publié : 31 oct. 07, 19:25
par Alligator
La grande frousse ou La cité de l'indicible peur (Jean-Pierre Mocky, 1964) :
9.5/10
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C'est le 1er Mocky que j'ai vu. Je l'ai vu comme on regarde un ovni. Avec sa galerie de personnages tous aussi plus fous et irréels que les autres. Magnifique.
Revu il y a quelques jours, dans une édition dvd impeccable. Le plaisir est encore plus grand. La richesse imaginative de Mocky dans la mise en scène, les piques incessantes au bon ordre bourgeois, cette folie, ce style inimitable alliée à un sens de l'absurde et du merveilleux m'ont à nouveau ravi les yeux. Un film succulent, loufoque, et majestueux même dans son amateurisme formel. Quelques plans sont superbes pourtant. Les acteurs, la pléiade d'acteurs, sont excellents de Bourvil à Barraud, en passant par Blanche, Poiret irrésistible et cet uluberlu de Raymond Rouleau (quoi).
J'adule ce film

Publié : 17 janv. 08, 11:36
par Alligator
Un drôle de paroissien (Jean-Pierre Mocky, 1963) :

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Est-ce un film anti-religieux? Pas sûr. Le personnage principal est conçu avec beaucoup de tendresse par Mocky et Bourvil. Même si l'humour est grinçant et écorche les bondieuseries et l'hypocrisie de certains croyants, l'essentiel du film porte ce regard tendre à l'égard de cette famille croyante et quelque peu anarchiste. Ne pas oublier qu'on est en 1963, le film fit scandale autant dire qu'il eut son franc succès. Aujourd'hui, il amuse.
C'est encore un des premiers films de Mocky et on est déjà dans un style à nul autre pareil, un mystère, un ofni. Le style est prépondérant, les acteurs sont au centre de tout. Les dialogues s'essaient au génie, mais n'y accèdent pas vraiment, ils sont mignons, rigolos, sympathiques tout au moins.
La galerie de personnages est formidablement hétéroclite, les acteurs subliment une trame simple, fondée sur le jeu du chat et la souris. Un aristocrate très pieux vivant dans la pauvreté quasi absolue a un jour une révélation à l'église : il vivra lui et sa famille grâce au pillage de troncs d'église mais c'est sans compter sur l'opiniatreté de la brigade de surveillance des églises!
Bourvil est magnifique, de sérieux, de dévouement, parfait malade mental. Poiret en acolyte jovial est irrésistible. Mais finalement celui qui m'impressionne le plus, dans sa diction, sa gestuelle, bref, son jeu impeccable, c'est Francis Blanche, magistral!
Et puis comme souvent chez Mocky, une musique de franche gaîté, soignée, débridée, signée Jospeh Kosma.
Copie dvd somptueuse. Un régal.
Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 3 sept. 08, 21:36
par Sabsena
Mocky a su parfaitement comprendre l'immense acteur qu'etait Bourvil, il lui donne 3 roles superbes de contre-emploi, le meilleur Un drole de paroissien, Bourvil voleur des troncs des eglises, irreverencieux, ce film est une merveille, La grande lessive ou Bourvil veut sauver les enfants de la television qui les endort à l'ecole, là en core une belle reussite malgré un gag repetitif de Mocky de la photo de la femme nue deja utilisé dans Un drole de paroissien, et l'etonnant , le jouissif, L'etalon dans lequel Bourvil procure au dames des hommes pour satisfaire leur appetit, quel film, et quelle idée de Mocky, Mocky-Bourvil un tandem pour des grands moments de bonheur et d'humour.
Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 3 sept. 08, 21:47
par Cathy
J'aime beaucoup les compagnons de la Marguerite, avec sa petite ritournelle inoubliable, Claude Rich et Francis Blanche excellents. Après j'ai énormément apprécié la Cité de l'indicible peur, avec un univers totalement déjanté, Bourvil y est excellent comme dans la Grande Lessive et Un drôle de paroissien. Je n'ai pas vu l'Etalon, il faudrait que je le regarde, mais j'aime bien les premiers films de Mocky !
Publié : 8 nov. 08, 11:01
par Nestor Almendros
LA GRANDE LESSIVE
Je ne suis pas un grand fan du réalisateur mais j'ai quand même tenté l'expérience avec ce film très particulier, presque un ovni, en tout cas assez foutraque, très cartoonesque, et surtout irrévérencieux et impertinent. Mocky prend un point de départ suffisamment pertinent à l'époque pour être toujours d'actualité: la mainmise de la télévision sur la population. Sous couvert de la comédie paillarde, il exprime son sentiment qui n'est pas forcément folklorique. Autour de ça, il brode une course-poursuite rocambolesque truffée de gags plus ou moins heureux, mais toujours dans un esprit provocateur acéré.
Ca reste une grosse farce assez sympathique mais j'avoue que ce n'est pas trop mon truc, à la longue.
Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 9 janv. 14, 15:51
par Federico
Interview de Mocky en 1970 où il évoque le scandale de
La grande lessive avec des extraits du film (Jean Tissier !

).
Re:
Publié : 9 janv. 14, 16:22
par Federico
Major Dundee a écrit :Cosmo Vitelli a écrit :j'ai enfin pu mettre un nom sur une gueule vue dans un tas de Mocky mais aussi chez Bunuel, Franju ou Ophüls : Marcel Pérès !

Absolument fabuleux; A traversé tout le cinéma français jusqu'à sa mort en 1974. Souvenez vous en autres du grand père grabataire dans "La fiancée du pirate" qui mange sa soupe en bavant pendant que Bernadette Lafont lui montre ses fesses.
J'exhume ce vieux post pour dire également mon admiration pour ce grand second couteau qui tint parfois des rôles un peu plus importants comme son inoubliable et tonitruant directeur du théâtre des Funambules des
Enfants du Paradis qui mettait sans cesse les membres de sa troupe à l'amende. Et il fut merveilleusement touchant en vieux taulard manchot en conditionnelle des
Grandes gueules d'Enrico.
Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 10 janv. 14, 00:29
par Commissaire Juve
Je lui ai moi-même consacré une page il y a huit ans...
Marcel Pérès, l'unique, le vrai
EDIT : et même
un topic sur le forum (topic qui a fait un sacré tabac !

)
Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 10 janv. 14, 11:01
par Federico
Je n'avais même pas cherché, pensant que personne n'en aurait eu l'idée...

Re: Jean- Pierre Mocky & Bourvil
Publié : 11 janv. 14, 18:34
par Flol
Tiens c'est marrant que vous parliez de lui, parce que je l'ai encore vu ce matin dans le sympatoche
Maigret et l'affaire Saint-Fiacre (dans lequel il a un tout petit rôle à peine parlant), et je me disais justement que ce type là, j'ai l'impression de l'avoir croisé quasiment partout...mais j'ai toujours ignoré son nom.
Donc Marcel Pérès. Merci.
