Actioners HK 80's et 90's

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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bruce randylan
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

Will of iron (David Chiang - 1990)

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De retour à Hong-Kong pour retrouver son fiancé, Maggie renoue aussi avec un couple d'amis sans savoir que Jacky est un drogué qui doit de l'argent à une triade.

Pour son avant-dernière réalisation (une quinzaine de titres à la clé quand même), David Chiang livre avant tout un drame, mâtiné d'un peu d'action. L'accent est rapidement mis sur Jacky Cheung et ses problèmes de dépendance, ce qui prouve aussi tout rapidement que le scénario est assez mal construit passant maladroitement d'un personnage à l'autre, rendant les enjeux flous et brouillons. Et découvrir en cours de route que le fiancé de Maggie Cheung côtoie la mafia n'aide pas à rendre l'ensemble cohérent.
Par contre, David Chiang (qui s'offre un caméo bienveillant) fait preuve de bonnes volontés et essaye de composer un drame humain et de faire confiance à ses acteurs qui s'en sortent correctement, sans briller non plus.
Quant à la réalisation, sortie d'une séquence de cauchemar, elle ne brille pas non plus par son style.
On sent surtout que le film est un peu prisonnier de cette volonté de faire un drame "réaliste" et d'y rajouter une partie thriller peu convaincante. Au fur et à mesure que le film avance, on alterne ainsi les scènes inégales pour une attention sinusoïdale et un rythme assez mal maîtrisé.
L'action est pour ainsi dire uniquement présente dans un final d'une bonne dizaine de minutes qui fait un peu tâche dans l'ensemble tout en s'avérant efficace. Sans génie mais il y a son lot de chutes, de combat hargneux, de fusillades et de morts violentes. Par crédible et un peu cheap mais ça réveille un peu.

On va dire que ça s'adresse avant tout aux fans des acteurs qui voudraient faire le tour de leurs filmographies.



DVD HK VOSTA sorti chez Fortune Star sans restauration.
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1kult
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by 1kult »

C'est une histoire qui va parler à tout le monde, celle des éditions dans votre panier depuis des jours, des mois, toujours dispos, et puis un beau jour, pouf, disparition. Les prix montent un peu, puis beaucoup, puis disparaissent avant de réapparaître de temps en temps à trois chiffres. Et ça fait très mal. Ca m'était arrivé avec le coffret 8 films Le sens du devoir (il me reste necore les opus 3 et 4 à chopper ceci dit), une grosse partie des HK Vidéo ont pris une cote de fou, les Hong Kong boulevard semblent n'avoir jamais existés, et c'est aussi le cas de pas mal de Metropolitan format italien, de certains Asian star, etc. Je ne parle juste que des films qui nous intéressent ici, et ceux édités en france.

Bref : après plus de 10 ans je pense, je me suis enfin bougé et j'ai pris les 5 Asian Connection : OCTB, Asian Connection, La Rose Noire, Big Bullet et Frères d'armes. Je m'en sors avec une somme minime (La rose noire est celui qui m'a coûté le plus cher - 8 euros avec frais de port - le reste étand dispo à pas grand chose). je sais qu'il y a du très bon et du moins bon, je ne sais plus lequel est quoi, mais qu'importe : ça aura l'avantage d'éponger ma soif du genre pour le moment ! ;)
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shubby
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by shubby »

1kult wrote:Bref : après plus de 10 ans je pense, je me suis enfin bougé et j'ai pris les 5 Asian Connection : OCTB, Asian Connection, La Rose Noire, Big Bullet et Frères d'armes. Je m'en sors avec une somme minime (La rose noire est celui qui m'a coûté le plus cher - 8 euros avec frais de port - le reste étand dispo à pas grand chose). je sais qu'il y a du très bon et u moins bon, je ne sias plus lequel est quoi, mais bref ça aura l('avantage d'éponger ma soif dans le genre pour le moment ! ;)
Salut vieux.
Asian Connection & la rose noire étaient parait-il dispensables - jamais vus.
Les 3 autres perso j'adore.
De Kirk Wong on attends tjrs une édition de son magnum opus Rock'n Roll Cop soit dit en passant. Pour celui-là j'ai pris une claque, et sur youtube en plus donc y'a moyen. En coffret avec le School on fire intégral de ringo, hop. Eh ! On obtient "La trilogie de la rage" si on glisse Beast Cops avec dis donc !
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by Shin Cyberlapinou »

Que Spectrum Films t'entende... Et si de belles choses commencent à (re)sortir, étonnant de voir le nombre de titres attendant d'être exhumés quand on voit le volume de bis italiens pas toujours inoubliables édités en France et ailleurs... La proximité géographique et linguistique joue forcément mais d'un point de vue juridique pas sûr que les transalpins soient beaucoup plus rigoureux que les hongkongais... Ou alors l'âge plus avancé des bisseux italiens (âge d'or: années 70/80) fait qu'ils sont des clients plus fiables que les fans de hongkongeries (âge d'or: années 80/90).
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by 1kult »

Je le dis depuis une bonne année, mais j'ai l'impression que entre des restaurations qui commencent à tenir la route (A toute épreuve), les ressorties Spectrum Films (et le Tsui Hark chez Carlotta), et l'Angleterre qui semble bien se réveiller (3 Jackie Chan, annoncés par 88 films, ainsi qu'Eureka), on semble dépoussiérer le haut du panier, et je suis prêt à parier que ça va s'accélérer. Espérons qu'on ne nous repropose pas toujours les mêmes films, surtout que ce qui état dispo assez facilement avant ne l'est plus du tout.

Mais je suis certain que ça va revenir, avec un regain d'intérêt. En attendant Ringo Lam est décédé et a déclenché pas mal de focus et d'hommages, tandis que John Woo a repris les armes (son dernier film catastrophique joue sur cette fibre nostalgique, et son prochain est un remake de The Killer !)...
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by 1kult »

Le Sens du devoir 5 (In The Line of Duty 5 / Middle Man - Cha Chuen-Yee, 1990)

Nouvelle itération des aventures de l'inspecteur Yeung (Cynthia Khan), certainement tournée en 2-3 semaines, en prenant soin de faire une jolie séquence de début pour l'export et les marchés de films, tout en se réservant quelques fusillades et poursuites (l'une dans un chantier, l'autre dans un immeuble), un méchant mafieux appelé le Général, accompagnée d'un-e caucasien-ne forcément félonne, et un combat final bien musclé comme il faut. Le scénar, on le remplie rapidement (c'est cette fois le cousin de l'inspecteur qui a des problèmes, et la belle arrive à la rescousse) et ça fera l'affaire. Bon, du coup, c'est un peu faiblard, on évite l'ennui grâce à quelques plans joliment troussés, même si les scènes d'action sont un poil surdécoupées et sans trop d'originalité, et si il faut avouer que ça s'oubliera certainement très vite. Cynthia y croit qu'à moitié, et est presque un personnage secondaire par moments. C'est je crois le dernier épisode officiel de la saga, et on sent que la recette tourne un peu à vide, mais que ça n'empêche pas les producteurs de nous faire de vraies/fausses suites ! Après tout, le second est bien un film tourné avant le premier...

Parmi les temps forts : une fusillade dans le chantier de nuit, une course de bateau sympathique, le final sous la bruine/neige, et le début avec le pare-brise. C'est peu au final.

Le DVD dispo chez nous proposait Le Sens du devoir 6 en supplément. Image plus que moyenne, et version française seulement. Le disque est épuisé, mais à moins que l'opus suivant (en VOST, lui) soit une tuerie cosmique, vaut mieux passer votre chemin...
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

shubby wrote:
1kult wrote:Bref : après plus de 10 ans je pense, je me suis enfin bougé et j'ai pris les 5 Asian Connection : OCTB, Asian Connection, La Rose Noire, Big Bullet et Frères d'armes. Je m'en sors avec une somme minime (La rose noire est celui qui m'a coûté le plus cher - 8 euros avec frais de port - le reste étand dispo à pas grand chose). je sais qu'il y a du très bon et u moins bon, je ne sias plus lequel est quoi, mais bref ça aura l('avantage d'éponger ma soif dans le genre pour le moment ! ;)
la rose noire était parait-il dispensable - jamais vus.
Il est pourtant citer dans ce top 100 du cinéma HK, qui propose comme tout les tops des choix curieux et discutables (en tout cas, ça tombe bien, je savais pas où le poster ).
https://www.timeout.com/hong-kong/film/ ... gdXUN9MDMM

J'en ai vu un peu plus de 60 et une quinzaine prenne la poussière chez moi, à commencer par cette rose noire :)
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by 1kult »

Super lady cop (Wellson Chin, 1992)

Si on retrouve Cynthia Khan, si la trame policière est certaine, et si forcément les tatannes volent bas, on est surtout ici dans une production locale calibrée par son humour au marché de HK, produit-hybride qui mélange aussi science-fiction (avec ces cyborgs bootés à grand renfort d'acuponcture fous). L'histoire est prétexte, les personnages et les blagues se multiplient, mais les quelques séquences d'action font assez mal, et possèdent un certain degré d'inventivité (dans la voiture au début, sur le barrage - au desus, puis en rappel - et bien évidemment le combat final.

Combat cutté, comme le montre une scène présente en guise de trailer en ligne, certainement coupée en raison de droits (Street fighter 2) ou bien par cohérence pour le marché internatiolan ? On ne le saura pas, mais il est certain que ce pétage de plomb absurde typique du Mo lei tau (humour cantonais) aurait du mal à passer. Dommage, parce que on est plutôt dans la partie assez folle et fun de cet humour si particulier, certes que l'on connaît par Stephen Chow, mais qui est parfois super indigeste. Ici on a quelques moments de grâce (les portes, Bruce en parlait), ou quelques petites blagues autour du pistolet qui rend amnésique (ce qui permet de frapper sa boss).

Très plaisant, surtout après quelques mauvais Sens du devoir tardifs... Il est d'ailleurs proposé avec le 7me opus, que j'ai vu mais dont je n'ai qu'un vague souvenir de goût rance de navet. Le DVD est encore trouvable, mais la côte monte rapidement pour cette collection épuisée. Pas certain que ça vaille plus de 4-5 euros...

Angel Terminators (Wai Lit, 1992)

Plus sérieux, ce film culte - longtemps réputé introuvable, cf. première page de ce topic - est enfin restauré et visible chez nous dans un bluray hallucinant et inespéré : qui aurait cru il y a 3 ans que l'on pourrait découvrir du cinéma de HK de cet âge d'or édité chez nous, même en DVD et avec une featurette de 3 minutes ? Oubliez ça, Spectrum déterre ce classique, et en combo s'il vous plaît, et blindé de bonus, avec une vraie restauration. Chez nous on n'a jamais vu un film de HK comme ça. Au niveau des comparaison, on est au niveau de l'import du premier Syndicat du crime, importable, somptueux, et qu'on attend comme le messie.

Il faut bien comprendre qu'on parle d'une cinématographie qu'on n'a JAMAIS vu comme ça, depuis 30 ans égratigné par des supports vidéos ou numériques qui ne nous permettaient pas de bien voir les films tels qu'ils étaient.

En lui-même, on est clairement dans le haut du panier, même si l'histoire m'a paru faussement complexe. mais franchement on s'en fout : digne descendant des Sens du devoir, voilà un GWG qui multiplie les baroud d'honneur, les poursuites, les explosions, les fusillades... Ca saute dans tous les coins, ça pète de la vitre, ça charcute, ça glisse entre les balles... Les dernières 15 minutes ? Après un premier climax aux affrontements chevaleresques à deux contre une, avec un un contre un en parallèle, où on se dit "ça aurait été cool que ça ne s'arrête pas là"... Pouf, ça repart vers un second affrontement, sous les balles, et ça finit avec ce plan iconique au possible qui conclut le film et qui est énorme.

Un must !

Je le disais, le bluray est somptueux, et Spectrum a rempli le tout de suppléments : Arnaud Lanuque est passionnant, Sévéon aussi (mais aurait mérité un montage et habillage). Seul "bémol" (on parle de la chiure de mouche) : l'interview certes passionnée mais totalement vaine d'un certain Dirty Tommy. Totalement inutile de banalité. Cependant : quand le seul défaut d'une édition est ce qu'il y a en trop, et surtout quand on parle d'un cinéma qu'on découvre généralement en VCD de 3me génération - ou plutôt qu'on ne découvre pas - on salue l'éditeur. Je parle du second prochainement, et je guette les autres films HK chez l'éditeur, de plus en plus dynamique dans le domaine.

ATTENTION : ce disque est une édition limitée. N'attendez pas trop, à moins de vous retrouver à devoir payer très cher ce disque (si bien évidemment il vous intéresse)
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

Criminal hunter (Frankie Chan - 1988)

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Pour venger sa famille massacrée sans pitié par un criminel en cavale, un policier organise une fausse évasion d'un de ses anciens complices pour mieux le suivre.

Je sais, je dis ça souvent. Mais une nouvelle fois, même en connaissant bien la radicalité du cinéma HK, il est impossible de ne pas d'écarquiller les yeux durant l'une des séquences ouvrant les film, en poussant un grand « nooooooooonnnnnn, ils ont pas osé quand même ».
Et bien si, Frankie Chan y va sans la moindre retenue quand il s'agit de sacrifier un (très jeune) innocent. Cette ouverture choc est malheureusement un leurre qui lance presque 1 heure d'un gros tunnel avant qu'un combat où le sifu d'Eric Tsang trouve la mort dans une autre séquence intense. Les 20 dernières minutes deviennent alors plus soutenues niveau action sans réussir non à offrir un véritable morceau d'anthologie.
On a beau être aussi à Hong-Kong, le mélange est quand même très spécial avec un mélange de genre qui mêle gros drame tragique (genre une photo de mariage avec le cadavre d'une fiancée qui n'a pas survécu jusqu'au mariage ; et de manière général beaucoup de décès) et humour gras avec grâce à la présence d'Eric Tsang qui donne lieu à quelques moment douteux comme le gag final autour des risques de viol en prison. On peut aussi trouver une parodie de Syndicat du Crime 2 par exemple. Pour rester dans les anecdotes cinéphiles, la chanson du générique de Cops & Robbers est utilisée en musique d'arrière-fond et détail amusant, on trouve quelques années avant Hard Boiled, le salon de thé avec les cages à oiseaux (et son escalier).
Frankie Chan a l'air perdu au milieu de son film, sans savoir quelle direction prendre : le buddy movie ou le polar sombre et violent. L'humour n'est pas la qualité première du film mais les séquences d'action sont d'un bon niveau, encore que le final ne soit pas aussi spectaculaire que prévu.
On voit pourtant que le cinéaste essaie quelques trucs dans la mise en scène, prouvant qu'il n'a pas cherché à bâclé le travail ou à se reposer sur ses acteurs. Il y a quelques idées dans le montage qui tente des trucs, au risque de se planter (la surprise, répétée trois fois, de la femme) et d'en réussir d'autres comme certaines actions parallèles.


Widow warriors (Johnny Wang – 1990)

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Après l'assassinat des hommes appartenant à un même clan, leur épouses ou filles s'organisent pour se venger.

L'introduction n'est pas très motivante avec une longue mise en place qui présente les nombreux personnages comme si on était dans le second épisode d'une saga. C'est brouillon, terne visuellement et pas vraiment palpitant d'autant que la sauce autour de la mise en place de l'élimination de la fratrie est trop expédiée et pas aussi épique qu'on l’espérait.
Ca s'améliore tout de même par la suite pour gagner en intensité dramatique et en noirceur. Il y a ainsi à mi-film un fantastique et impressionnant combat aussi violent que sec dans une salle de musculation où les coups et chutes/projections sont vraiment douloureux. La longue séquence où un traître est abattue confirme que le scénario essaie d'étoffer quelques personnages (qui restent pour la plupart transparentes) tout en délivrant son lot de séquence musclée avec un inévitable final qui mitraille à tout va comme dans une fête foraine. Pas crédible pour un sous mais ca défouraille à l'image.


Pour ces deux titres, rien de dispos en DVDs (et si ça a existé, ça doit remonter à plusieurs décennies). Mais on trouve des Rip avec ST anglais incrustés dans l'image.


Vu il y a plus longtemps aussi mais je n'avais pas pris le temps d'en parler

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Islands of greed (Michael Mak & Johnny Mak - 1997) est un thriller ambitieux sur le papier (et dans la production) qui traite de la corruption à Taïwan en évoquant les liens entre triades, politiques, instances religieuses et influence de la Chine continentale pour peser sur les élections. C'est assez virulent,tristement d'actualité, et certaines séquences sont diablement efficaces et édifiantes comme l'affrontement entre taxis crées cyniquement pour donner des images sensationnelles à la télévision et mieux assoir l'autorité d'un opposant politique appuyé par le parti communiste. C'est d'ailleurs la meilleure scène d'action du film en évoluant en une émeute spectaculaire et apocalyptique au milieu des cocktails molotov.
Les autres moments musclés pêchent par excès au point de décrédibiliser le film (le final en devient grotesque à force d'explosions et carambolages) mais ça donne un moment WTF assez génial, et plutôt inédit, avec une meute de bergers allemands traquant Andy Lau et son équipe au milieu d'un champ de thé (avec aussi un traître suspendu à une canne à pêche et tracté par un 4x4 !). C'est nerveux, plutôt bien fichu, très dynamique mais surréaliste et crétin en diable.
L'écriture et l’interprétation assez caricaturales continuent d'assoir le film entre deux chaises.
C'est surtout à voir pour voir l'orientation que se donner le cinéma hong-kongais à la fin des années 90 en évoluant volontairement vers le blockbuster à l'américaine tout, avec des sujets plus "matures" pour mieux s'ouvrir sur l'Asie.
Pour le coup, ça se trouve plutôt facilement et il existe même en blu-ray via yesasia. Découvert pour ma part via un DVD avec un master restauré. Vite fait alors, surtout au niveau de la définition et du piqué.

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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

Final test (Lo Kin - 1987)

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Dans un futur proche, un nouveau chef de sécurité dans une usine opaque découvre que les employés sont en réalité drogué pour être plus productifs.

La SF n'a jamais été un genre hong-kongais de prédilection mais Sammo Hung - ici uniquement producteur - décide de tenter quand même le coup et, pour partir sur de bonnes bases, opte pour un remake de Outland de Peter Hyams (que je n'ai jamais vu). J'espère pour Sean Connery que le scénario est mieux ficelé ou que le budget est plus important. Et qu'il a plus de présence que son homologue hon-kongais Austin Wai.
Malgré ses intentions louables et une volonté d'approche originale (pour HK), il faut bien se rendre à l'évidence qu'on est face devant une de ces oeuvres totalement bâtardes, pratiquement incompréhensibles dans sa trame générale, avec des fautes de goûts hallucinantes, une incapacité à conserver une unité de ton, des acteurs en roues libres ou un recours au système D des plus naïfs.

Mais est-ce vraiment grave en fait ? Bah, en fait non. Le résultat est quand même fun et synthétise ce qu'on aime dans le cinéma hong-kongais des 80's :D

Place donc à pas mal de scènes d'action alternant fusillades et combats à mains nues, plutôt bien réparties sur l'ensemble du récit avec peu de passage à vide. La réalisation est évidement sèche, parfois percutante avec une recherche de l'efficacité. La caméra est souvent en mouvement, privilégie des mouvements rapides ou plus complexes que la moyenne. Bien que limitée par l'absence de réels décors construits pour l'occasion, les lieux de tournages (couloirs, usine industrielle, béton froid) essaient de créer l'illusion et le cinéaste en tire le maximum dans sa gestion de l'espace et les possibilités topographiques. Les décors exiguës lui permettent même de donner un peu de profondeur au sous-texte politique avec une critique de fameuses cages à lapins dans lesquelles doivent vivre les hong-kongais les plus défavorisés. La seconde moitié est même plutôt pessimiste jusqu'à la conclusion plus nihiliste que celle de Hyams selon mes comparses de visionnage.
Final test est cependant, et avant tout, un gros plaisir coupable avec quelques impayables moments WTF dont on ne sait jamais s'ils sont au premier ou second degré comme l'incontournable passage canto-pop qui agrémente cette fois un brutal passage à tabac du héros et le viol tout aussi peu délicat de sa copine !



Une bonne curiosité rythmée et sans temps mort qui se savoure à plusieurs.
Malheureusement, uniquement sorti en VCD :(
(Et épuisé)
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

A taste of killing and love (Veronica Chan - 1994).

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Une petite série B en mode romantic bloodshed qui arrive après la pluie.
Ce n'est pas très original ; c'est même totalement improbable : deux tueurs à gages se rencontre par hasard et tombent amoureux, alors que leur patron tente de les supprimer !
Si dans le cinéma coréen, on pourrait croire que l'ensemble de la population cache des tueurs en série, dans le cinéma HK, on a tendance à imaginer qu'ils sont tous tueurs en série.
Le budget est pas faramineux, les emprunts se sentent à des kilomètres (des scènes entières reprises à The Killer), les raccourcis sont bien appuyés au point d'être limite WTF (les flics en planche à voile !) et les fautes de goûts sont légions à commencer par les parenthèses canto-pop qui sont vraiment filmées comme des clips de karaoké bon marché.
Ce n'est pour autant pas un navet avec des acteurs satisfaisants (Andy Lau, Anita Yuen, Waise Lee...) et de nombreuses scènes d'actions qui suffisamment dynamiques et carrées pour compenser leur manque d'originalité et de surprises. Elles sont d'ailleurs signées par l'un de ses spécialistes, Stephen Tung.

Découvert dans un vieux VCD mais il existe à priori. Enfin, pour un film de ce genre, le VCD a son charme :mrgreen:
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Re: Actioners HK 80's et 90's

Post by bruce randylan »

Mismatched couples (Yuen Woo-Ping – 1984)

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Quand Yuen Woo-Ping veut promouvoir son jeune protégé Donnie Yen, il décide de le mettre en valeur sous un aspect plus original que le simple kung-fu pour en faire un jeune adolescent souriant et adepte du break-dance.
Pour l'occasion, et l'une de rares fois de sa carrière me semble-t-il, Yuen Woo-Ping se donne l'un des premiers rôles, en plus avec quelques séquences romantiques, bien que souvent désamorcés par l'humour.
Le résultat fait partie de ces nombreux projets hybrides et improbables comme le cinéma Hong-Kongais en a fait par kilomètres dans les années 80. Comédie, amour, arts-martiaux, break-dance, sport, disco, quiproquos... On ne sait plus trop où donner de la tête et chaque séquence semble fonctionner sur elle-même, sans chercher à former une histoire cohérente. On peut avancer que Mismatched couples est constitué d'une suite de court-métrages servant de véhicules pour promouvoir Donnie Yen : Donnie s'habille dans sa chambre, Donnie fait une partie de tennis à vélo (oui, oui), Donnie fait un battle de break-dance, Donnie se moque d'une culturiste dans une salle de sport, Donnie se bat contre un gymnaste...
L'ensemble se regarde avec un mélange de fascination, d'admiration et de consternation devant le mauvais goût général. Pour autant on s'éclate comme des petits fous durant presque tout le film, surtout la première heure, assez dingue dans ses propositions surréalistes. Aucun temps mort et on arrive à peine à reprendre son souffle. Les gags alternent moments paresseux façon tarte à la crème dans le visage, des passages classiques toujours efficaces (il faudra un jour écrire une thèse sur les séquences vaudevilles du cinéma hong-kongais où un personnage passe son temps à devoir se cacher dans un appartement) et quelques gags franchement excellents comme la femme essoufflée éteignant un briquet.
Évidement, on est surtout là pour voir Donnie faire du break-dance. :D Et on n'est déçu face aux nombreuses scènes qui constituent un délice de n'importe quoi, avec cette virtuosité typiquement locale à concrétiser des concepts irréalistes. Pas sûr par contre que le résultat initial de Yuen Woo-Ping créa l'effet escompté et popularisa le pauvre Donnie Yen qui a surtout l'air benêt. J'ai cru comprendre que Donnie reniait ce titre et refusait d'en parler désormais.
Pour l'amoureux du cinéma Hk, c'est une petite perle en tout cas.



Le DVD HK zone all fortune star fait le minimun syndical : copie 16/9 mais non restauré.
Et vous me voyez venir : épuisé.
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Re: Actioners HK 80's et 90's

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Ca fait longtemps que j'étais pas venu dans le coin :oops:

Alors brièvement

Lee Rock i & II (Lawrence Ah Mon - 1991)

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Dans ce dytique de 4h, le cinéaste fait le portrait de Lee Rock, authentique figure hong-kongaise des années 50-60, simple policier qui gravit rapidement les échelons, entre arrivisme et corruption, avant d'avoir quasiment la main sur de nombreux département, ce qui lui permis de faire fructifier ses affaires (y compris avec les triades). Il prit la fuite pour le Canada quand les anglais décidèrent de créer de vraies cellules anti-corruption au début des années 70.
Si le parcours de Lee Rock semble a peu près respecté, les auteurs ont romancé sa jeunesse pour le rendre plus humain, voir attachant. Le premier film est à ce titre un vrai bon film. Lawrence Ah Mon a bénéficié d'un budget confortable pour une reconstitution crédible, et moins bricolé que d'habitude. Sa caméra est souvent mobile et il multiplie les lieux de tournages.
Malgré une structure classique de la jeune recrue refusant la corruption, avant de s'y adonner sans retenue après plusieurs humiliations, l'histoire se suit avec intérêt grâce à une bonne interprétation, des éléments sociaux bien disséminés, des personnages pas trop manichéens et une bonne interprétation d'Andy Lau, secondé par Ng Man-tat, Paul Chun ou Chingmy Yau. On y trouve quelques brèves scènes d'actions efficaces avec combats de rue et surtout un excellent final intense et violent lors d'une prise d'otage.
Malheureusement tout ça s'écroule plus ou moins dans le second opus où Andy Lau en fait des caisses dans le ripoux suintant l'arrogance. Outre un maquillage raté (trois cheveux gominés et grisés), son jeu donne l'impression d'assister à une imitation de Jacky Cheung parodiant De Niro.
De plus l'intrigue s'attarde principalement sur l'aspect "guerre" entre brigades corrompus, reléguant au second plan les personnages. Et ce n'est pas l'ajout d'une sous-intrigue avec un amour de jeunesse et un fils caché qui vient sauvé le constat (surtout quand ce dernier est interprété par un Aaron Kwok tête à claque). Pour le coup, Lawrence Ah Mon a l'air un peu prisonnier d'impératifs commerciaux comme l'ajout d'un morceaux de bravoure final, façon heroic bloodshed. Elle est techniquement spectaculaire, nerveuse et généreuse mais aussi totalement improbables, voire de l'ordre du pastiche, et bien éloigné des volontés réalistes initiales.

Le succès a du être à la clé puisque les films ont connus plusieurs éditions (la présence d'Andy Lau doit aider). J'ai vu le premier via un DVD 4/3 letterbox avec St incrustrés et le second en remastérisé 16/9 et 5.1. Des blu-ray sont également sortis (en 2015, donc sans doutes plus proches de l'upscale).

The Roar Of The Vietnamese (Jeng Wing-Chiu - 1991) est par contre une bonne découverte.
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Derrière la caméra et à l'écriture, on trouve l'obscure Jeng Wing-Chiu qui a connu une brève carrière au début des années 90 avec seulement 3 films avant de disparaître des radars. Ce drame est pourtant original et audacieux à plus d'un titre malgré une ouverture qui faisait craindre une œuvre assez xénophobe envers les réfugiés vietnamiens (qu'une journaliste décrit comme responsables d'une vague de violence). Mais dès qu'on passe aux clandestins que des passeurs entassent dans un dortoirs de quelques mètres carrés, le film devient beaucoup plus prenant et ne diabolise jamais ses personnages ; au contraire (malgré quelque clichés inévitables dans leur caractérisation). Par contre le film est très pessimiste pour une noirceur typiquement hong-kongaise qui augmente scènes après scènes puisqu'on exige des clandestins qu'ils servent d'hommes de mains à de basses besognes s'ils veulent obtenir des visa pour les USA. Autant dire qu'on leur demande d'être tueur à gages et que tous ne sont pas préparé à tueur quelqu'un. Les scènes d'actions servent ainsi à faire avancer les personnages et le récit.
Au fur et à mesure, leurs psychologies se dévoilent et apportent un peu d'émotion, rendant les drames personnels plus poignants et moins artificiels.
Bonne interprétation d'ailleurs avec notamment Lau Ching Wan, Sibelle Hu, Waise Lee ou Kara Hui. Enfin, et ce n'est pas négligeable, les scènes d'actions sont plus qu'honnêtes avec même un gun-fight final bien efficace.

Alors certes, c'est pas toujours subtile et on n'est pas chez Ann Hui mais cette petite production n'a rien d'opportuniste ni cynique.



Bonne nouvelle : le DVD HK existe toujours, même s'il date techniquement : 4/3 letterbox et ST incrustés.
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bruce randylan
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Re: Actioners HK 80's et 90's

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Fury (Johnny Wang - 1988)

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Une nouvelle bonne série B à l'actif de Johnny Wang derrière la caméra (Hong-Kong Godfathers ; angry rangers et dans une moins mesure Widow warriors).
Sur le papier rien de particulier à première vue avec l'histoire classique un trio de gangsters qui vont finir par s'affronter après un coup raté où l'un d'eux est envoyé en prison pour plusieurs années.
Toutefois, les personnages sont plus approfondis que chez la concurrence et possèdent même un certaine épaisseur, rendant crédible leur motivation qui commence par une simple histoire de jalousie où l'un des malfrats a du mal à accepter que sa copine se soit mis avec l'un de ses amis, et complice. S'en suit une succession de péripéties aux conséquences dramatiques qui conduisent au désir de vengeance (par forcément de celui qu'on imagine) et une sentiment de culpabilité qui ne peut s'exprimer. Bon, c'est pas du Shakespeare et ça n'a pas le lyrisme de John Woo ; pour autant l'histoire n'est jamais ennuyeuse avec ce qu'il faut pour faire monter la tension dramatique et les acteurs sont plutôt solides, même Michael Wong !
Et puis le film est ponctué d'un nombre correct de scènes d'actions bien emballés : un peu de combat à main nus, quelques cascades impressionnantes et surtout du gunfights typiques des heroic bloodshed de l'époque dont le final fait parti de la bonne moyenne. Pas trop chorégraphié, assez nerveux, sans fioriture et sec avec quelques bonnes idées dans les échanges de coups de feux et un climat assez explosif.



A l'époque, c'était sorti en VCD/DVD chez Fortune star. J'avais pu choppé le VCD qui est lui aussi épuisé.
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He lives by night (Leong Po Chih - 1982)

Un tueur en série sévit la nuit, s'en prenant à des femmes seules qu'ils étranglent avec leur collant blanc. Le policier chargé de l'enquête croise une animatrice radio qui semble fasciner l'assassin.

Le cinéma hong-kongais s'étant rarement penché sur le giallo, ce rare exemple intrigue forcément et les premières minutes sont assez encourageantes avec une séquence de meurtre assez prenante et inventive, se déroulant entre des draps à sécher dans les méandres des bas-fonds crasseux. Réalisation fluide, photographie travaillée, bonne scénographie, reprise des codes du genre (armes blanches, gants, longue mise à mort, tueur travesti) jusqu'à l'ironie tranchante et un brin sadique qui conclut la scène.
Leong Po Chih offre régulièrement quelques moments tout à fait efficace, et toujours caustique dans son humour noir, comme une longue séquence où une future victime est fatiguée des blagues que lui fait sa meilleure amie et décide la prendre à son propre jeu... sauf qu'elle ignore que la personne qui s'introduit chez elle n'est pas sa copine mais un vrai tueur. Cette manière de mixer thriller et comédie noire fonctionne curieusement assez bien et permet d'en détourner les clichés inhérents (le tueur faisant une halte dans la salle de bain pour uriner) avec le risque de virer dans la simple blague potache comme semble le confirmer le générique de fin.
Car voilà, le film est produit par Cinema City et ses 2 producteurs Karl Maka et Dean Shek ne peuvent s'empêcher de commander du rire qui tâche ou d'inviter leurs potes pour des caméos. Entre chaque séquences sanguinolentes, il y a mécaniquement un intermède souvent improbable - parfois consternant - d'une subtilité toute hong-kongaise : Eric Tsang en punk délinquant habillé façon Kiss néo-nazi, un duo "romantique" entre Kent Cheng et Sylvia Chang entre WTF out of this world et quiproquos graveleux et littéralement pipi-caca.
Pour ceux qui ne sont pas allergique à ce registre et au mélange des genres, ça donne un divertissement hyper schizo mais sans temps morts où l'idiotie absurde et surréaliste accompagne jusqu'au climax final entre policiers en caleçons (pour berner le tueur qui a volé un uniforme) et le placement de produit le plus génial de l'histoire du cinéma qui surpasse allègrement celui de Double Team de Tsui Hark.

Le DVD fortune star est malheureusement non restauré, ne rendant pas vraiment hommage à la direction artistique. Épuisé de surcroît. Si spectrum nous sort une copie HD, je veux bien repasser en caisse (en promo quand même).
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