Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Kevin95
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Kevin95 »

Vu que Carlotta a l'air de s'entendre avec Arrow, il ne serait pas étonnant que voir débouler une collection Bava chez l'éditeur français.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
DearHunter

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by DearHunter »

Bava, pour moi:

Le carré magique reste "6 Femmes Pour L'Assassin", "Opération Peur", "La Fille Qui En Savait Trop" et "Les 3 Visages De La Peur".
En 5ème position, selon mes humeurs, "La Baie Sanglante" ou "Le Corps Et Le Fouet".

Ensuite, entre l'intéressant et très bon:
- "Diabolik"
- la deuxième partie de "Une Hache Pour La Lune De Miel"
- "Lisa Et Le Diable"
- le totalement imparfait mais presque bizarre "Baron Blood"

"Four Times That Night": j'en garde un souvenir amusé. Ca reste mineur, plutôt à classer en "truc à voir"

"Le Masque Du Démon": je comprends en quoi on peut y voir un manifeste du gothique italien mais pour moi ça n'arrive pas à la cheville du Danse Macabre de Margheriti: Barbara Steele en noir et blanc aussi, mais mieux.

Déception irrévocable:
- "La Planète Des Vampires": photo d'exception et statut culte de proto-"Alien" ne suffisent pas
- "Rabid Dogs": la chute est excellente, mais le voyage aura été bien long


Mon mal-aimé préféré, vu il y a longtemps: "Shock". J'ai le souvenir d'une Daria Nicolodi parfaite.
mannhunter
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by mannhunter »

DearHunter wrote:Bava, pour moi:

Le carré magique reste "6 Femmes Pour L'Assassin", "Opération Peur", "La Fille Qui En Savait Trop" et "Les 3 Visages De La Peur".
Déception irrévocable:
- "La Planète Des Vampires": photo d'exception et statut culte de proto-"Alien" ne suffisent pas

Mon mal-aimé préféré, vu il y a longtemps: "Shock". J'ai le souvenir d'une Daria Nicolodi parfaite.
D'accord avec tout ça, j'aimerais bien revoir "Shock" en HD, pas de Blu Ray je crois? Effectivement une des meilleures prestations de la Nicolodi, actrice inégale dans le cinéma de genre italien...
DearHunter

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by DearHunter »

"Shock"
j'écris "vu il y a longtemps", mais néanmoins à portée de bras: j'ai l'édition 2008 digipack de Filmedia, collection "Les Grands Classiques De L'Horreur" (pas usurpé en ce qui concerne ce film)

Un upgrade serait en effet le bienvenu....Arrow peut-être?
Ben Castellano
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Ben Castellano »

Opération peur

Je me désespère d'être un jour à fond sur un film de Bava, et ce ne sera pas encore pour cette fois-ci... Au-delà des quelques images iconiques que le film possède encore et de son ambiance, tout fait un peu globalement du surplace, que ce soit dans les apparitions de Mélissa, (classes au début, barbantes ensuite), ou les quelques morts "forcées" pas toujours très imaginatives. De bonnes idées (la pièce retraversées une infinité de fois par le héros, qui finit par se rattraper... ou l'escalier sans fin) ne débouchent pas sur grand chose nécessairement... Reste la description de ce village apathique, la première scène dans l'auberge (je crois qu'Argento doit l'avoir en tête pour son meilleur passage de Dracula 3D), le personnage de l'exorciste qui est pas mal... Toujours pas une grande idée du genre humain ni beaucoup d'émotion de la part de Bava, mais on évite un twist facile c'est déjà ça. Le film aurait mieux fonctionné en sketch à la limite.
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Jeremy Fox
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jeremy Fox »

La Planète des vampires chroniqué par Victor Tarot à l'occasion de la sortie du film en Bluray chez La Rabbia/M6 video
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by lecoinducinéphage »

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Sortie de "Mario Bava, un désir d'ambiguïté" d'Alberto Pezzota, traduit par Edgar Baltzer, aux éditions "La tour verte" : http://www.latourverte.com/livres.html
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by lecoinducinéphage »

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Fin septembre chez Studio Canal en combo Bluray/DVD
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Jeremy Fox
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jeremy Fox »

Reprise en salles dès mercredi de 3 Mario Bava : on commence par La Ruée des vikings par Justin Kwedi
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Jack Burns
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jack Burns »

Merci pour cette belle critique de la ruée des vikings ..
Vu hier soir en salle et beaucoup de plaisir visuel , belle restauration , technicolor flamboyant ( les flammes sont un motif persistant , couleurs des intérieurs)et de belles scènes de bataille...1h 30 de bonheur ( en plus avec les soeurs Kessler.. :oops: )
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Jeremy Fox
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jeremy Fox »

bruce randylan
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by bruce randylan »

Je profite de la rétro de la cinémathèque pour essayer les raretés

Le danger vient de l'espace / La morte viene dallo spazio (co-réalisé avec Paolo Heusch - 1958)

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Des scientifiques du monde entier se sont associés dans le cadre d'un programme spatial pour envoyer le premier homme vers la lune grâce à une fusée nucléaire. Alors que tout se déroulait bien, une défaillance technique oblige le pilote à s’éjecter pour retourner sur terre, laissant sa navette dériver dans l'espace.

Ce premier film de science-fiction italien repose fortement sur un scénario "catastrophe" avec une fin du monde avancée. On pourrait presque dire que Le danger vient de l'espace est découpé en deux actes presque distincts (les préparatifs du voyage spatial Vs la menace inéluctable). On se demande ainsi un moment où le script veut nous emmener, au point de créer plusieurs ventres mous... D'autant que ça stagne fortement puisque 85% de l'histoire se déroule dans la salle de contrôle et que les personnages sont hyper schématiques.
Je ne sais pas à quel point Bava a pris en main (ou récupéré) le tournage mais on reconnaît son savoir-faire technique et visuel, surtout dans le premier tiers où ses éclairages et effets de lumières viennent habilement habiller et dynamiser le découpage et la mise en scène. Ca fonctionne bien au début et ça participe à créer une tension mais ses recherches plastiques disparaissent en cours de route avant de revenir pour le dernier acte qui part un peu dans tous les sens maladroitement à cause d'un budget cheapos et d'un tournage précipité (la panique des réfugiés dans une grotte). Au moins, c'est davantage nerveux avant que la conclusion offre de jolis trucages désuets et poétiques (les missiles).


Arizona Bill / La strada per Fort Alamo (1964)

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Après la guerre de Sécession, un ancien soldat du sud qui a perdu sa famille dans le conflit croise un convoi militaire qui vient d'être attaqué. Avant de mourir, un officier lui confie un ordre de paiement. Un jeune joueur de poker avec qui il vient de sympathiser lui présente de vieilles connaissances. Il s'agit en fait de bandits qui profitent de cet ordre de paiement pour piller une banque et laisser pour morts les deux amis.

Sorti un mois tout juste après Pour une poignée de dollars, j'imagine que le film a été tourné et imaginé avant l'émergence du Western Spaghetti tel que défini par Leone. Ici, on a plutôt un décalque des westerns US avec cavalerie, indiens, guerre de Sécession et Wagon trail. Sauf que le budget est navrant, que ca a clairement été tourné en Italie. Les décors naturels ne font pas vraiment illusion pour un sentier entouré de deux falaises rocheuses filmé sous toute les coutures (et déguisé de matte painting) et placés toutes les 15 minutes en espérant que le spectateur ne soit pas trop attentif. C'est plus que rudimentaire et le pire réside dans les (heureusement rares)trucages avec les indiens (des jouets !) incrustés en embuscade.
On a vraiment pas l'occasion de constater que Bava s'épanouisse dans le genre même s'il trouve de temps quelques trouvailles visuelles pour sauver les meubles (une toile bleue pour représenter un ciel nocturne et surtout un combat à mains nues dans une grotte en contre-jour).
Après, ça reste plaisant avec pas mal de péripéties "BD" et un héros imposant campé par Ken Clark accompagné de quelques seconds-rôles attachant (le sous-officier et Jany Clair dans un personnage féminin aussi fragile que sensuel).


Les dollars du Nebraska / Ringo del Nebraska (Antonio Román et Mario Bava - 1966)

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Un fermier embauche un cowboy solitaire pour l'aider à tenir son exploitation alors qu'un riche propriétaire voisin convoite son terrain et son épouse.

Autre co-réalisation où Bava n'est pas crédité officiellement mais qui aurait participé à cette co-production italo-espagnole. Il semble que les extérieurs espagnols soient signés par le cinéaste "local" Antonio Román avant d'avoir été remplacé par Bava qui aurait demandé à ce que la production reste en Italie.
Chose amusante, on retrouve le duo formé par Ken Clark et Jany Clair d'Arizona Bill.
Quoiqu'il en soit, ce western est très sympathique, peut-être le plus satisfaisant des trois signés Bava. Les extérieurs sont bien trouvés (même s'ils tournent un peu en rond), le scénario, sans être très original, accorde davantage de place aux personnages et à leur relation en refusant quelques conventions et le mélange Western US/spaghetti est plutôt dosé sans sadisme superflu ni exotisme de pacotille cowboy/indien. C'est solidement mise en scène, le scope a de l'allure, c'est plutôt rythmé et Ken Clark a gagné en présence pour dégager un réel charisme, un peu à la Clint Walker.
En plus la chanson du générique est assez réussi, bien que sous influence House of the rising sun.

Par contre, la copie (française) projetée à Bercy était bien virée. :(

Last edited by bruce randylan on 10 Aug 19, 15:33, edited 2 times in total.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by bruce randylan »

Hercule et la reine de Lydie (Pietro Francisci - 1958)

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Suite direct des Travaux d'Hercule (mais que la cinémathèque diffuse dans 10 jours :idea: ), on retrouve donc la même équipe devant et derrière la caméra.
N'étant pas fan de Péplum, j'ai trouvé celui-ci pas si mal, bien aidé par le second degré pas toujours volontaire de la VF bien mauvaise.
La première moitié est assez faiblarde, mal écrite et peu spectaculaire, voire ridicule (le combat contre le lutteur qui se régénère en touchant le sol). La seconde tient bien mieux la route avec davantage de rythme et de scène d'action : évasion avec pièges, combat contre des lions, duel entre deux frères et une bataille final qui fait presque des miracles pour son budget. Pas mal de système D mais bien exploité comme les tours avec archers. Même les faux tigres passent mieux que chez la concurrence.
Il y a quelques moments plutôt réussis visuellement, forcément dans les intérieurs en studios et les grottes du royaume de Lydie où Bava peut donner libre court à ses couleurs.
Après, il ne faut pas attendre grand chose des personnages bien que les scénaristes ont cherché a étoffé cette Reine amoureuse d'Hercule et qui trouve un destin tragique.
Le film trouve ainsi un sympathique équilibre entre une volonté sérieuse dans les grands arcs narratifs et la dimension "Camp" et kitsch du genre plutôt assumée.

La copie de la cinémathèque possède une petite dizaine de minutes après le générique de début (sans son !) où les dialogues et l'image sont décalées d'une petite dizaine de secondes. Ca donne quelques moments savoureux, digne du Grand détournement. :mrgreen:
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by bruce randylan »

Une nuit mouvementée (Quante volte... quella notte - 1971)

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Un jeune homme tente de séduire une femme rencontrée dans un parc et finit par la convaincre de passer une soirée avec lui. Quant elle rentre chez elle plus tard que prévu, ses vêtements sont déchirés et elle prétend avoir subi une agression sexuelle. Mais que s'est-il vraiment passé durant ?

Une étrange curiosité dans la filmographie de Bava que cette relecture de Rashomon façon comédie grivoise, un peu pop sur les bords. Pas de meurtre cette fois, mais toujours un viol décliné selon le témoignage de la femme, de l'homme, d'un vigile voyeuriste et les suppositions d'un psychanalyste.
Le ton est plutôt léger, presque auto-parodique, ce qui pose un gros problème dans la dramaturgie qui n'est n'y sérieuse ni franchement drôle. Les personnages sont avant tout des pantins sans colonne vertébrale pour pouvoir tenir un récit entier, surtout découpé en sketch dénué d'éclat. Il n'y a pas la moindre cohérence dans la trame générale (la mère n'apparait que dans un récit) et dans les histoires individuelles avec de gros problèmes de logique dans les points de vue (comment le vigile peut-il entendre les dialogues alors qu'il n'a que des jumelles ?).
Enfin, le dernier sketch, qui assume son manque d'enjeu par une reconstitution d'une profonde banalité revendiqué, confirme que le film est d'une grande vacuité. De ce fait, sorti du postulat, le film n'offre pas grand chose de solide et surfe étrangement sur un certain cinéma d'exploitation sexuelle (softement), quoique sans cynisme non plus. Le film reste ponctuellement amusant (et souvent peu raffiné) ou décalé, sans jamais passionner.
A côté de ça, le travail sur les décors est assez sympa, la musique groove ce qu'il faut et les acteurs ont l'air de s'amuser. Il ne manque que l'implication des spectateurs, témoins passif d'une machine tourner à vide.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by bruce randylan »

La Venere d'Ille / La vénus d'Ille (co-réalisé avec Lamberto Bava - 1981)

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Cette adaptation de Prosper Mérimée constitue donc l'ultime passage derrière la caméra pour le cinéaste via un téléfilm d'une heure. Et c'est plutôt une fin de carrière honnête grâce à une réalisation qui parvient régulièrement à dépasser son cadre télévisuel. Il y a quelques jolis travellings circulaires qui rendent vivante la statue, les extérieurs possèdent une jolie lumière et les intérieurs tentent de temps en temps de travailler la photographie. La reconstitution ne parait pas bâclée même si les acteurs ne sont tous parfaits dans leur rôle ou que certains éléments sont plus proches des fautes de goûts que de l'enrichissement thématiques (les décolletés de la serveuse). Il y a aussi quelques longueurs et la progression narrative est plutôt relâchée et aurait dû être davantage consacrée à faire monter progressivement le malaise.
On devine principalement que le cinéaste (et son fils) ont profité du potentiel fantastique/horrifique de la nouvelle pour glisser vers le giallo. Et ce n'est sans doute pas un hasard si l'héroïne est campée par Daria Nicolodi ! Toujours est-il qu'on trouve les visions subjectives gravissant des escaliers, des apparitions dans le miroir ou des présences invisibles dans la nuit.
Il y a aussi un pur moment d'angoisse qui ne démériterait pas dans le haut du panier du cinéaste, quand la statue prend vie et tourne autour du lit de la jeune fiancée. Éclairage baroque, ombre inquiétante derrière un voile, couleurs vives, mouvements de caméra en longue focale, montage au cordeau... Tout est présent pour composer une séquence qui a du terroriser plus d'un spectateur à l'époque. Même dans une vieille copie dégueulasse (proche du divx) que la cinémathèque a dégotté, ça faisait son effet. Une vraie restauration serait bien nécessaire. :cry:
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