L'Attaque du métro 123 (Tony Scott - 2009)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Profondo Rosso
Howard Hughes
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by Profondo Rosso »

Sans égaler la classe de l'original, un remake honnête et sans temps mort qui se suit avec intérêt. Le background du personnage de Washington est le petit plus qui donne une vague identité à l'ensemble, Travolta est nettement moins inquiétant en truand alignant les fuck comme des signes de ponctuations (même si c'est fun à entendre ça se fait rare de nos jours ce genre de langage salée dans les blockbuster) qu'un Robert Shaw mutique et glacial mais est tout de même convaincant en méchant. Comme tout le monde, la fin digne du blockbuster le plus bateau est assez calamiteuse (les deux acolytes qui tentent le coup encerclés de flics armés jusqu'aux dents :shock: ) et gâche un peu la relative bonne impression. Tony Scott à mis la pédale douce sur ses tics malgré quelques effets agaçants. 4/6
Jericho
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by Jericho »

C'est un Tony Scott très mineur, une commande sans véritable saveur.
Ce qui est très étrange dans L'attaque du métro 123, c'est que ça ressemble comme deux gouttes d'eau à une production Bruckeimer et pourtant, ça n'en est pas une. J'ai eu la sensation de revoir le réalisateur à ses débuts et c'est pas ce que j'ai envie de voir... Je dis pas ça sur le plan de la réalisation (quoique, il nous ressort ses travelling circulaires et autres tics grossiers) puisque il garde plus ou moins sa mise en scène dite expérimentale, mais plutôt dans la narration. Là ou réside vraiment le problème c'est cette facilité dont se déroule les évènements et autres péripéties. Pas mal de grosses ficelles sont utilisées, sans compter les situations maladroites et les quelques poncifs très Hollywoodien.
Néanmoins, je reconnais une chose au cinéaste, et pas des moindre, c'est de ne pas avoir sacrifié les deux personnages principaux au profit de grosses séquences d'actions gratuites. Je trouve que la principale qualité du long métrage, c'est ce duel à distance Travolta/Washington. Cette relation ambiguë entre les deux personnages permet au film de s'extirper de la norme, mais c'est illusoire et vain, en fin de compte, tant le reste se révèle convenu et trop classique.
Et c'est malheureusement ce qui ressort le plus de cette oeuvre: quelque chose de superflu.
Ceci dit ça se laisse regarder, mais je suis dépité de revoir les travers de Tony Scott me ressurgir en pleine face.
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Jack Griffin
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by Jack Griffin »

J'ai préféré ça à son Déjà vu, même si ici encore rien de bien nouveau nous est proposé. Le duo Travolta/Washington est correct mais la mise en scène de scott a l'air de se retrouver dans une impasse dans cette histoire de pourparlers interminables.
A noter que ça doit être un des premiers gros films hollywoodien à intégrer l'actualité de la crise.
Rennmax
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by Rennmax »

Le schéma archétypal du type ordinaire entrainé dans une situation extraordinaire est très réussi je trouve. Les situations evoluent avec beaucoup de crédibilité dans le poste de contrôle du métro, les scènes d'exposition avec Denzel Wahington jusqu'au moment où John Turturro entre en scène sont très bien écrites et j'ai dans l'idée que ce sont les scènes dans le poste de contrôle qui sont les plus réussies.

Une fois de plus dans un film de Tony Scott, on voit Denzel Washington devant un immense écran de contrôle (ils ont équipé comme ça les aiguilleurs du métro new-yorkais ???) et je commence à trouver ça pas mal du tout en fait...
takezo
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by takezo »

Jack Griffin wrote: A noter que ça doit être un des premiers gros films hollywoodien à intégrer l'actualité de la crise.
C'est d'ailleurs notable sur les faciès des otages, tous totalement amorphes dès le départ, comme si une situation de ce type n'était pas plus grave que d'affronter un quotidien morne. Pas de sanglot, pas de plaintes. Juste un détachement total, des regards blasés portés sur un Travolta qui en fait des caisses.
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott,2009)

Post by cinephage »

takezo wrote:tous totalement amorphes dès le départ, comme si une situation de ce type n'était pas plus grave que d'affronter un quotidien morne. Pas de sanglot, pas de plaintes. Juste un détachement total, des regards blasés portés sur un Travolta qui en fait des caisses.
Ce serait un remake officieux de la Fièvre du samedi soir ??
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Re: L'Attaque du métro 123 (Tony Scott - 2009)

Post by Max Schreck »

J'ai été horrifié par le générique qui m'a confirmé que je ne goûte guère ce malheureux tournant esthétique pris par Scott à partir de Man on fire. Certains y voient de la virtuosité, pour ma part ça tient du festival d'effets clipesques aussi laids que gratuits, le pire étant ce besoin de bruiter les moindres raccord et mouvement de caméra. Impression désagréable d'une sorte de concession pour un pseudo-public qui serait jugé trop demeuré et aurait vitalement besoin qu'on lui balance non-stop du gros son surround et plein d'images toujours en mouvement sans quoi il serait incapable de maintenir son attention sur ce qui se passe à l'écran.

Ça se limite heureusement au générique, et j'ai fini par apprécier un peu le spectacle qui à côté de ça propose un vrai concept, plutôt audacieux. On se retrouve en effet devant un film qui pour sa majeure partie se résume à une discussion au téléphone entre deux gars qui resteront leur cul sur leur chaise. Et on sent que Scott s'amuse avec ses outils habituels pour dynamiser ce dispositif, avec comme but premier de divertir son public, de ne laisser aucun temps mort, quitte à en faire trop par exemple avec ses flics convoyeurs qui se crashent plusieurs fois sur leur itinéraire. Et puis j'ignore si le mérite en revient à Helgeland, au roman ou à sa première adaptation, mais y'a un paquet de répliques assez spirituelles qui permettent là aussi au film d'être régulièrement intéressant sans se sentir obligé de recourir à la surenchère pyrotechnique. Peut-être est-ce le fait de revoir encore Travolta en bad guy après Broken arrow et Swordfish, mais je n'ai pas trouvé qu'il faisait d'étincelles ici. Washington est par contre impeccable et très subtil dans son incarnation d'un simple quidam, pas du tout destiné à jouer les héros.

Le film se dégonfle par contre bizarrement lors de son final, où malgré tous les efforts mis dans leur plan, les méchants se font un peu avoir comme des débutants. Même la vague tentative de bousculer le personnage de Washington en lui forçant la main pour qu'il fasse lui-même justice n'aboutit à rien puisque le gars semble sortir de cette épreuve comme on finit un mauvaise journée au boulot. Certes, je demandais pas non plus un drame psychologique et peut-être est-ce dans la nature du newyorkais que d'affronter régulièrement des psychopathes (même les otages paraissent apathiques). Mais Scott décide carrément de nous priver des embrassades familiales et choisit plutôt de finir son film sur les retrouvailles de Washington et son bidon de lait avec son clébard ! C'est donc du pur cinéma pop corn, où il n'est même plus question d'abandonner son spectateur sur la moindre émotion, à l'image du tapis sonore torché par Gregson-Williams. Bref, je conserve ma sympathie pour le réal mais qu'on ne tente pas de réhabiliter son cinéma avec ce titre.
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