Sammo Hung

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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bruce randylan
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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Mariage blanc / paper marriage (Alfred Cheung - 1986)
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Avec First Mission (heart of dragon) Sammo anticipait Rain Man, dans celui-ci c'est Green Card qu'on découvre avec quatre ans d'avance... avec forcément quelques particularités culturelles !

Sammo joue donc un canadien d'adoption devenu aigri après son divorce. Il est contraint d'accepter pour des raisons financières un mariage blanc avec une hong-kongaise jouée par Maggie Cheung qui espère ainsi être naturalisée avant d'épouser son vrai fiancé. Evidément ce dernier se sauve avec l'argent promis à Sammo, livrant à eux-mêmes ce couple improbable.

Il faut reconnaître que cette comédie (romantique) d'action est un peu décevante à cause d'une scénario qui peine à rendre attachant la relation entre les deux protagonistes, fortement entachée par un humour lourdingue, grossier et parfois douteux dans sa misogynie.
Il y a de quoi être frustré car sur le papier le duo s'annonçait savoureux d'autant que Sammo Hung s'est déjà montré à l'aise dans des registres plus sérieux et tendre. Maggie Cheung parvient à rendre son personnage un peu plus vivante et touchante mais ce n'est pas suffisant pour qu'on croie à cette idylle par ailleurs prévisible... Du moins dans sa première heure.
Car la dernière demi-heure part dans une direction totalement différente. On peut vraiment parler d'un second film dans le film tout juste relié au premier par son duo. Au moins, ça lance la partie "action" qui était jusque pratiquement totalement absente.
On sort alors l'artillerie lourde avec Sammo Hung, Billy Chow, Dick Wei et Phillip Ko pour des chorégraphies signées Yuen Wah. Attention à ne pas s'attendre à la crème de la crème tout de même puisque si le divertissement est présent, ça pourrait être meilleur vu l'équipe présente pour des combats un peu trop courts et reposant parfois un peu trop sur les chutes.
Mais on peut tout de même largement profiter du duel Sammo / Billy Chow vraiment péchu et une bonne partie du long final avec quelques passes Ko / Wei impressionnantes (mais trop fugaces). Et il faut reconnaître que les chutes sont tout de même vraiment spectaculaires et la doublure de Maggie Cheung prend assez cher ! :o

J'ai l'impression que le principal problème du film vient avant tout de son tournage en Canada qui a l'air d'avoir fortement handicapé le cinéaste Alfred Cheung.



Le film est sorti en France dans un DVD double feature. N'ayant qu'un vieux zone all HK en letterbox, je ne connais pas sa qualité mais comme la collection est tirée des copies Fortune Star, ça doit plutôt tenir la route.
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bruce randylan
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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Encore une production Sammo Hung que je ne savais pas où ranger

Strange Bedfellows (Eric Tsang ; Alfred Cheung ; Lo Kin - 1986)

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Chose assez rare dans le cinéma hong-kongais, il s'agit d'un film à sketch pour 3 segments qui n'ont pas forcément de rapprochement thématiques si ce n'est l'idée très très lointaine de "conjoints" atypiques et une tonalité plus ou moins fantastique.

Eric Tsang se lance dans un film de SF anticipation (ce qui est assez rare aussi à HK) où la génétique avancé permet aux hommes d'être enceinte. Et le premier Cobaye est Eric Tsang, à la fois devant et derrière la caméra. Un sketch étonnant, capable de mélanger humour lourdingue et premier degré presque émouvant avec une réalisation pas si mauvaise où Tsang tente quelques trucs pour mettre en valeur l'architecture (et les repérages). Difficile de dire si j'ai jamais car c'est totalement schizo et déconcertant.

Le deuxième est signé par Lo Kin et reste peut-être celui qui s'éparpille le mois (c'est dire :mrgreen: ). Une femme est assassinée par son mari et son fantôme va rendre visite à un scientifique de la police criminelle qui travaille justement à la reconstitution des visages en se basant sur des crânes non identifiés. Ca aurait pu donner un long-métrage intéressant mais condensé sur 30 minutes, les événements s'enchaînent trop vite pour que l'ambiance, le trouble et le mystère fonctionnent correctement. La fin est à ce titre trop expédiée.

Alfred Cheung conclut avec une thriller teinté d'humour noir pas déplaisant où une femme est tuée par sa sœur jumelle alors qu'elle était sur le point de se séparer de son mari. La nouvelle "épouse" essaie donc de relancer le mariage. Mais les choses sont un peu plus compliqué que prévu.
Le scénario est donc absurde et crétin avec un deuxième twist improbable mais amusant... comme la technique pour se débarrasser du corps humain. Outre, un rythme bien dosé, le gros avantage de cette ultime segment est de bénéficier de la présence de Cécilia Yip, instable, imprévisible et donc inquiétante.

Au final, un film à sketch qui peut se regarder pour son casting sympatoche et l'"originalité" des concepts. Après, il est évident que ça s'adresse aux mordus de cinéma HK et pas aux néophytes car il faut admettre que c'est très bordélique dans la narration puisque les 3 segments sont déjà assez différents les uns des autres et qu'ils mélangent en plus eux-mêmes les registres. Mieux vaut d'ailleurs les regarder indépendamment que de les enchaîner.

Le DVD Fortune Star est non restauré avec un définition médiocre, format respecté et VOSTA. Dommage que le chapitrage ne respecte pas le début de chaque sketch !
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Kevin95
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Re: Sammo Hung

Post by Kevin95 »

MILLIONAIRES EXPRESS (Foo gwai lit che) - Sammo Kam-Bo Hung (1986) découverte

Sans être un professionnel du cinéma HK, on sent bien au bout d'un quart d'heure que Millionaires Express est un all stars game sans autre intérêt que de faire circuler les étoiles du cinéma local, de faire plaisir aux techniciens et surtout de permettre au réalisateur/acteur principal de se rendre hommage. J'avance un peu, mais le générique de fin est un pur régal égotique où l'on voit Sammo Hung faire la sieste, réalisé (ouf), découper un gâteaux et plein d'autres choses sur une chanson pleurnichard. Non non, il n'est pas mort, juste un peu amoureux de sa personne. Mais a-t-il vraiment tort ? Oui et non. La première heure est une succession de scénettes dans lesquelles l'humour n'est pas roi mais empereur. Dans des décors magnifiques, l'envie d'épique se fait sentir dès le générique sous la neige mais va falloir attendre car la place est occupée par la gaudriole. Amusant, marrant quelques fois, lourdaud aussi on va pas se le cacher. Hung fait joujou avec son train sans se soucier trois secondes de solidifier son intrigue (un mec ouvre une porte et paf, on passe à autre chose). La fête suit son cours, le buffet n'est pas immonde mais on nous avait pourtant promis une attraction. Lâchez les verres car elle arrive à une demi-heure de la fin. Fini de niaiser, place à du bourre pif spectaculaire sur un rythme énervé (ce n'est pas un mal puisqu'on somnolait quelque peu). Ça bouge dans tous les sens et on ravale aussi sec notre scepticisme. Mal construit mais curieusement sympathique, Millionaires Express est une douche écossaise revigorante. Parait que c'est bon pour la peau.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Découvert lors de mon voyage en Chine : God fo war (Gordon Chan - 2017) où Sammo Hung n'a qu'un second rôle.

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Au 16ème siècle, des pirates japonais ont envahi une province côtière et s'avèrent redoutable à déloger. Un commandant s'y casse d'ailleurs régulièrement les dents jusqu'à ce qu'un nouvel général, émérite stratège, parvienne à les mettre en déroute. Mais ces pirates sont en réalité aux ordres de l'armée japonaise, également présente sur place.

Gordon Chan fait parti des réalisateurs assez bien côté des années 90 qui ont un peu disparu des radars depuis les années 2000 (après son médiocre Médaillon) tout en étant toujours en activité, s'adaptant assez mal aux contraintes du marché chinois... Avec God of war, il tente un retour fracassant pour un blockbuster au casting prometteur : Vincent Zhao (alias Chiu Man Chuk), Sammo Hung et Yasuaki Kurata.
Le résultat est à la fois décevant et enthousiasmant.

Le premier bon point, malgré un plan d'ouverture peu encourageant, est sa facture old school et classique visuellement : très peu d'effets spéciaux, une caméra posée et des décors/costumes qui sentent le vrai (sans tomber dans la reconstitution tape à l'oeil et clinquante). Le scénario ne manque pas d'intérêt avec aussi une volonté de ne pas tomber dans le simple film de guerre historique, belliqueux et patriotique, en présentant des personnages japonais assez intéressants et un personnage féminin qui sort du lot.
Toutefois, on arrive aussi aux limites de God of War avec un sentiment d'inachevé qui n'ose pas prendre de risque dans son écriture et passe parfois à côté de son sujet. Ainsi, le personnage féminin (l'épouse de Vincent Zhao, le général stratège) ne manque ni de caractère, ni de poigne mais n'est pas assez développée pour qu'elle puisse exister réellement. Ca donne un sentiment très étrange où les scénaristes, comme effrayés par son potentiel, réduise sa présence au maximum et se cache derrière un peu d'humour hors sujet (les hommes de Zhao attendant son assassinat).
Sans être aussi bancal, les japonais auraient gagné à être davantage au centre du récit avec un excellent laconisme flegmatique de Kurata.

De toute façon, on voit bien que la structure du scénario part dans tous les sens. Ainsi Sammo Hung disparait au bout d'une trentaine de minutes sans faire de come back alors qu'il avait toujours sa place dans la construction du récit. Beaucoup de séquences semblent ainsi n'exister que pour justifier une séquence d'action.
Le rythme y gagne un peu mais la psychologie et dimension stratégique sont du coup assez plats, surtout après le brio de Red Cliff de John Woo.

Il reste donc une facture soignée, qui évite de justesse par moment l'académisme, et qui propose quelques réguliers morceaux de bravoure : le combat entre Vincent Zhao et Sammo Hung qui possède quelques passes excellentes, celui contre le paysan dans la mine, quelques scènes de bataille nerveuses et un long final en plusieurs actes assez bien troussés dont un affrontement contre Yasuaki Kurata qui ne manque pas de puissance (et l'acteur de 71 ans aurait insisté pour effectuer ses cascades lui-même !).
Les scènes d'action sont parfois un peu trop cut et trop serrées tout en étant épique.

Au final, ça reste pour moi une "agréable" surprise car, malgré son casting, je n'attendais pas grand chose d'une grosse production chinoise emballée par un cinéaste considéré comme has been depuis pas mal d'années. Ca aurait pu être beaucoup mieux certes, mais ça aurait pu être surtout bien pire.

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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Ghost Punting ( Sammo Hung & Cie - 1992)

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Ce 5ème volet des Lucky Stars voit le retour de Sammo Hung qui était absent du précédent épisode pour le moins méconnu. La production a l'air d'avoir été pour le moins houleuse puisqu'on trouve derrière la caméra Sammo Hung, Eric Tsang, Corey Yuen et Ricky Lau. Il va sans dire que le résultat manque cruellement de cohérence et d'unité. Sammo Hung par exemple disparaît sans réelle explication au bout de 20 minutes pour revenir 40 minutes plus tard sans plus de justification.
Quant à l'histoire, elle introduit comme son nom l'indique des fantômes qui débouleront eux-mêmes sur des trafiquants de drogue.
Avec le peu de présence de Sammo Hung, le film repose très peu sur l'action mais surtout sur la comédie qui est loin d'être aussi percutante que dans Le gagnant sans être trop laborieuse. C'est juste que les ressorts reposent sur un humour misogyne pas d'un meilleur goût et dont les quiproquos sont un peu répétitifs et pas forcément bien exploités. Genre les loosers de la drague bien obsédés.
Il reste toujours quelques moments amusants, sans être non fondamentalement tordant. Même quand ils mettent en scène Richard Ng. :|

Pour l'action, à part un rapide combat en tout début contre quelques frappes et un sympathique passage contre le duo de fantômes, il faut attendre les 10 dernières minutes pour de vrais combats. Par chance, ils sont d'un bon niveau avec quelques phases vraiment chouettes mais un brin expédiés. On voit que c'est Corey Yuen qui s'est occupé du « catfight » car il nous offre une nouvelle fois un grands nombres de plans « petites culottes » lors des échanges de coups de pieds. Reste qu'ils y a quelques cascades/saut vraiment impressionnantes et au découpage précis au possible.

Un divertissement pas désagréable en fin de compte (on ne voit pas trop le temps passé durant 90 minutes) mais on a trop le sentiment que chacun joue sa participation de son côté, ce qui est gênant pour un film qui repose sur l'idée de groupes. Bref, une formule commerciale sans grosse implication.

Longtemps invisible, le film est ressorti en DVD à HK il y a un an ou deux dans une copie restaurée mais le DVD n'a pas de sous-titres. :(
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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Sammo acteur :

Eight taels of gold (Mabel Cheung - 1989)

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Maintenant qu'il a réussi à obtenir sa Green Card, un chauffeur de taxi chinois vivant à New-York estime qu'il peut enfin retourner voir sa famille resté sur place et qu'il a abandonné adolescent, sans les prévenir. Sur place, il apprend que ses proches ont déménagé dans le village de leur enfance. Une de ses cousines lui propose de faire la route avec lui.

Après avoir écrit et produit Painted Faces, Mabel Cheung dirige directement Sammo Hung dans ce drame qui pourrait s'apparenter à un contre-emploi pour Sammo Hung s'il n'avait pas déjà témoigné de ses qualité d'acteurs précédemment. Aucun scène d'action ici donc pour un drame intimiste touchant et délicat où Sammo forme un duo romantique crédible avec Sylvia Cheung.
Cette histoire d'amour n'intervient que dans la seconde moitié (même si on l'anticipe rapidement), le film étant avant tout une histoire centrée sur un homme qui cherche à renouer avec ses racines, tout en culpabilisant sur son départ et le peu de nouvelles qu'il leur a donné avec une unique lettre en une dizaine d'années. C'est aussi pour lui l'occasion de se confronter à une Chine encore très rurale, superstitieuses et conservatrices dans ses préceptes et son quotidien (mariage arrangé, piété filiale, technique d'accouchement ou encore les contributions offertes en remerciements de cadeaux de bienvenues) tout en étant sur la voie d'une modernisation. A ce titre, Mabell Cheung donne déjà l'une des images les plus réalistes et authentiques de la Chine au tournant des années 80 qui ne s'était pas encore beaucoup ouvert (les vendeurs de lunettes dans les embouteillages, les petites exploitations agricoles, les bus bondés, les groupes d'enfants déambulant en groupes...) pour une immersion immédiate ne jouant pas la carte du choc culturel, privilégiant une certaine évidence avec une réalisation proche du documentaire le temps de quelques séquences. De plus, la cinéaste ne semble pas vouloir poser un jugement moral sur ses personnages et leur croyance/conviction. L'histoire se déroule dans la région voisine de Macao ce qui permet des paysages et une architecture assez peu vus au cinéma, comme cet espèce d'étonnante tour médiévale le long d'une rivière.
Après une première partie assez légère, proche de la comédie (pas toujours subtile dans ses effets comme l'accident de voiture), le film distille ses touches mélancoliques et creuse le dilemme déchirant Sammo Hung dont on sent qu'il n'est pas si à l'aise avec le modèle américain. Sa relation avec Sylvia Chang prend ainsi son temps pour se développer jusqu'à ce que des sentiments - trop tardifs - naissent entre eux alors, rapidement cloisonnées par les conventions sociales chinoises. Les 15-20 dernières minutes sont une petite merveille d'émotion et de tact qui vont droit au cœur avec un lyrisme tout en retenu et sans grande explication ni discours.



Pour le coup, bonne nouvelle, le film est ressorti l'an dernier en Blu-ray avec une restauration récente semble-t-il. C'était nécessaire tant mon DVD acheté il y a quelques années tirait un peu la figure avec une définition médiocre qui ne rendait pas hommage aux belles compositions de plans.
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Re: Sammo Hung

Post by Best »

bruce randylan wrote: Pour le coup, bonne nouvelle, le film est ressorti l'an dernier en Blu-ray avec une restauration récente semble-t-il. C'était nécessaire tant mon DVD acheté il y a quelques années tirait un peu la figure avec une définition médiocre qui ne rendait pas hommage aux belles compositions de plans.
Merci pour l'info, le film est très bon dans mon souvenir et le blu ray lui rendrait sûrement mieux hommage que mon VCD :P
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Re: Sammo Hung

Post by bruce randylan »

Parmi les films HK vus ces derniers mois, j'avais envie de dire quelques mots sur Silent love (David Chiang – 1986), une production méconnue de Sammo Hung pour un drame social assez original et surtout d'une profonde sincérité.

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On y suit le quotidien d'adolescents sourds et muets vivant en communauté et subsistant en étant des pickpockets. Ils se lient d'amitié avec un jeune adulte, tout juste sorti de prison et qui a défendu une de leur membres lors d'une agression.
L'ancrage réaliste du film est l'une des grandes réussites du film sans tomber dans le film à thèse ou le misérabilisme moralisateur. Le film questionne quoiqu'il en place la place des handicapés dans la société hong-kongaise qui sont livrés à eux-mêmes malgré un modeste foyer qui peut les aider ponctuellement. L'autre qualité est une excellente interprétation avec notamment un tout jeune Lau Ching-wan dans l'un de ses premiers rôles et surtout la jeune Season Ma qui est formidable dans ce rôle de muette et qui n'a pas fait la carrière qu'elle méritait. Elle est à ce point crédible qu'on jurerait qu'il s'agit d'une comédienne amatrice recrutée pour le film. La séquence où elle traduit en langage des signes une chanson de George Lam pour ses camarades sourds est d'une simplicitée à donner des frissons (et la chanson est très jolie de surcroît).
Pour du cinéma HK, le scénario est un petit modèle de construction en mêlant ses touches sociales, des personnages touchants et un traitement plus conventionnelle (et d'un pessimisme typiquement hong-kongais) du drame sur une jeunesse délinquante.
Produit par Sammo Hung et réalisé par l'acteur David Chiang, le film ne joue pas vraiment la carte de l'action. Il possède certes quelques scènes de combats assez sèches, mais ce sont davantage pour accentuer l'intensité du drame qui se joue et les 20 dernières minutes sont à ce titre éprouvantes.
Une formidable réussite qui possède du cœur et une authentique intégrité. Le DVD HK fait partie des collection Joy Sales de fortune star, donc malheureusement non restauré. Spectrum, si vous lisez... :fiou:




Je ne connaissais rien du film et le hasard a voulu que je le découvre une semaine après Carry on pickpocket (1982) justement réalisé par Sammo Hung qui signait là son premier film d'action vraiment contemporain et urbain.
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Le duo qu'il forme avec Frankie Chan est excellent pour une alchimie qui fait beaucoup dans son potentiel sympathique du film. Les séquences de pickpocket au début sont très réussies et d'une jolie fluidité. L'humour fonctionne plutôt bien dans l'ensemble avec quelques apparitions de Richard Ng toujours savoureuses.
Après comme souvent avec Sammo Hung, l'ensemble manque d'unité entre sous-intrigues flottantes, des moments « romantiques » pas vraiment bien intégrés au récit (dont une reprise de la danse des petits pains de Chaplin) et certains sursauts plus sadiques et violents qui détonnent dans la relative humeur bon enfant du film. Et sans qu'elles soient prédominantes, les quelques scènes d'actions sont d'un très bon niveau, notamment l'impeccable final sur un bateau avec un Dick Wei qui en impose une fois de plus.
Un titre qui mériterait d'être plus souvent citées la carrière du cinéaste/acteur/chorégraphe. Spectrum, si vous continuez la lecture... :fiou:

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