Xavier Dolan

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Xavier Dolan

Post by Jeremy Fox »

Tu viens d'effacer la "tristesse" que j'ai eu à lire le post de Aladdin Sane qui est évidemment tout à fait dans son droit de penser ça mais avec l'avis duquel je suis bien évidemment en total désaccord.
A serious man
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Re: Xavier Dolan

Post by A serious man »

Pour ma part Aladdin Sane a plus que raison quand a l'imposture Dolan (et oui je dit bien imposture), ce n'est pas qu'il manque de talent, ni qu'il n'y ait pas des éclairs de grand cinéma ça et là. Mais tout est grévé par un narcissisme sans borne, par une volonté de faire art, de faire beau, par des citations mal digérés et des effets tapes a l'oeil. Son cinéma pour ce que j'en ai vu (J'ai tué ma mère, Les amours imaginaires et le purgatif Laurence Anyways) me parait se résumer en un seul mot: superficiel
J'ai tuer ma mére est parsemé de référence cinéphilique, picturale, mais je n'y vois rien de justifier ni même un amour véritable pour l'art, mais plutôt la volonté de se dépeindre en artiste amateur d'art. Le film m'a fait l'effet d'une variation sur les 400 coups de Truffaut, la subtilité et la maturité en moins. Plein d'effet voyant dont j'ai bien du mal a dégager une poétique cohérente.

Les quelques images que j'ai vu du dernier ne me donne pas du tout envie, une série de gros plans sur des têtes qui parlent non merci (je peux me tromper bien sur mais c'est le sentiment que j'ai) par contre je suis prêt a donner sa chance a Mommy ou a Tom a la Ferme.
Mais pour le moment désolé je crois bien que je suis allergique :|
"Il ne faut pas être timide avec la caméra. Il faut lui faire violence, la pousser jusque dans ses derniers retranchements, parce qu'elle est une vile mécanique. Ce qui compte, c'est la poésie."

Orson Welles
Max Schreck
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Re: Xavier Dolan

Post by Max Schreck »

Partant pourtant des mêmes éléments, le ressenti reste par nature inexplicable. Je n'ai personnellement jamais trouvé ses références écrasantes. A mes yeux (et mes oreilles), elles nourrissent ET le propos ET mon implication de spectateur, parce que j'aime bien me sentir grisé devant un film. Les références peuvent êtres gratuites et complaisantes chez Godard, Tarantino, ou Joe Dante (et je suis client). Chez Dolan je trouve qu'elles n'ont jamais pris le pas sur le déroulement des histoires et la mise en scène de personnages dont il me semble avant tout qu'il cherche à en explorer / exposer ce qui les anime (au sens d'âme), avec le plus d'honnêteté, et par le refus de tout manichéisme. La cohérence pour moi est évidente.

So...

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On devine sans mal que cette histoire de retour du fils prodigue entretient beaucoup de résonance avec le parcours du réalisateur, le personnage d'Ulliel ayant été comme lui promu au rang de wonder kid, et Dolan déclarant dès la promo de son premier film qu'il ne pensait pas vivre longtemps d'où son besoin de profiter du temps qui lui était offert pour tourner. Il n'a pas du avoir trop de mal à s'approprier un sujet aussi fort, et le dispositif théâtral du matériau de base a du représenter un passionnant défi de mise en scène.

Celle-ci se concentre ici plus que jamais sur la scrutation des visages. C'est souvent étouffant (mais c'est le but), mais aussi fascinant parce que pour la plupart les visages des acteurs prennent merveilleusement la lumière, que la caméra peut donc s'attarder sur eux pour en capturer la moindre émotion. Le travail de mise en scène, lorsqu'il joue sur ce type d'épure, m'a laissé captivé, guettant les moments de basculement, de violence sourde ou d'émotion libérée. Les quelques moments de respiration (j'ai compté 2 flashbacks musicaux) marchent du coup formidablement bien, véritables bouffées d'oxygène où le protagoniste peut enfin se libérer du carcan du présent qu'il doit affronter, mais ce n'est à chaque fois qu'une parenthèse qui ne fera que reculer l'inéluctable, et on lui fera bien comprendre que ce passé est lui déjà mort.

Louis a fait ce choix contraint de réduire la distance qui le tenait éloigné de sa famille. Il vient pour parler, or il échoue constamment, restant prudemment dans l'expectative. En face de lui, les autres semblent tout autant se refuser à livrer les émotions espérées par de telles retrouvailles. Louis va plutôt se retrouver à écouter et à recevoir, l'air de rien, les justes reproches d'une famille qui a manifestement toujours respecté ses choix, quitte à se sacrifier. Louis apparaît alors presque déjà comme un fantôme chuchoteur qui ne pourra jamais rattraper le temps perdu, offrant aux siens l'occasion de lui confesser, à leur façon souvent elliptique, leur amour.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Finalement, ce qui devait être dit par lui ne le sera pas, censuré avec une violence qui ne trompe pas par le grand frère. On devine que ce dernier n'est pas le seul à avoir compris les raisons de la visite de Louis, tout dans les réactions paniquées des autres montre qu'ils le devinent également, qu'ici va s'achever quelque chose qu'on ne retrouvera plus. Chacun aura juste sa façon de réagir. Force m'est de constater cependant que la fin manque de force, entre la métaphore paresseuse et le choix peu imaginatif d'une chanson de Moby qui ne me parle pas (alors que j'ai adoré tout le reste de la riche bande son, dès l'ouverture et la chanson de Camille pour le coup parfaitement à sa place).
Si Ulliel est parfait, je n'ai pas toujours été pleinement convaincu par le reste de la troupe. Chaque personnage a incontestablement de beaux moments, mais le film est encore trop régulièrement ponctué de moments moins inspirés, dans les réactions un peu excessives ou le choix des mots. Ce qui fait que ça restera le Dolan qui m'a quand même le moins touché, là où j'aurais adoré n'avoir aucune distance.
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Jeremy Fox
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Re: Xavier Dolan

Post by Jeremy Fox »

Max Schreck wrote:Partant pourtant des mêmes éléments, le ressenti reste par nature inexplicable. Je n'ai personnellement jamais trouvé ses références écrasantes. A mes yeux (et mes oreilles), elles nourrissent ET le propos ET mon implication de spectateur, parce que j'aime bien me sentir grisé devant un film. Les références peuvent êtres gratuites et complaisantes chez Godard, Tarantino, ou Joe Dante (et je suis client). Chez Dolan je trouve qu'elles n'ont jamais pris le pas sur le déroulement des histoires et la mise en scène de personnages dont il me semble avant tout qu'il cherche à en explorer / exposer ce qui les anime (au sens d'âme), avec le plus d'honnêteté, et par le refus de tout manichéisme. La cohérence pour moi est évidente.

So...
So... totalement en phase avec ça. :wink:
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AtCloseRange
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Re: Xavier Dolan

Post by AtCloseRange »

Jeremy Fox wrote:
Max Schreck wrote:Partant pourtant des mêmes éléments, le ressenti reste par nature inexplicable. Je n'ai personnellement jamais trouvé ses références écrasantes. A mes yeux (et mes oreilles), elles nourrissent ET le propos ET mon implication de spectateur, parce que j'aime bien me sentir grisé devant un film. Les références peuvent êtres gratuites et complaisantes chez Godard, Tarantino, ou Joe Dante (et je suis client). Chez Dolan je trouve qu'elles n'ont jamais pris le pas sur le déroulement des histoires et la mise en scène de personnages dont il me semble avant tout qu'il cherche à en explorer / exposer ce qui les anime (au sens d'âme), avec le plus d'honnêteté, et par le refus de tout manichéisme. La cohérence pour moi est évidente.

So...
So... totalement en phase avec ça. :wink:
Ah, depuis le temps qu'on l'attendait ce retournement de veste :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Xavier Dolan

Post by Jeremy Fox »

AtCloseRange wrote:
Jeremy Fox wrote: So... totalement en phase avec ça. :wink:
Ah, depuis le temps qu'on l'attendait ce retournement de veste :mrgreen:
Je ne prenais pas en compte dans mon "totalement" ce petit bout de phrase "HS Dolan" d'autant plus qu'il précisait bien que ça ne le dérangeait pas du tout.
A serious man
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Re: Xavier Dolan

Post by A serious man »

Max Schreck wrote:Partant pourtant des mêmes éléments, le ressenti reste par nature inexplicable. Je n'ai personnellement jamais trouvé ses références écrasantes. A mes yeux (et mes oreilles), elles nourrissent ET le propos ET mon implication de spectateur, parce que j'aime bien me sentir grisé devant un film. Les références peuvent êtres gratuites et complaisantes chez Godard, Tarantino, ou Joe Dante (et je suis client). Chez Dolan je trouve qu'elles n'ont jamais pris le pas sur le déroulement des histoires et la mise en scène de personnages dont il me semble avant tout qu'il cherche à en explorer / exposer ce qui les anime (au sens d'âme), avec le plus d'honnêteté, et par le refus de tout manichéisme. La cohérence pour moi est évidente.

So...
Ah mais la cohérence je la vois, le problème pour moi n'est pas une question de cohérence mais d’intérêt. Les références sont moins "voyantes" que chez un Tarantino ou un Godard, ce n'est pas ça qui me gène c'est surtout que je n'y vois absolument pas une voix originale mais une exploitation des mêmes poncifs auteuristo-nouvelle-vaguisant avec un côté branché et esthétisant. Rien n'est creusé pour moi et les situations m'ont toutes paru attendu (dans les films que j'ai vu en tout cas)
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Re: Xavier Dolan

Post by Ouf Je Respire »

AtCloseRange wrote:Un peu le Lelouch des années 2010 en quelque sorte.
Désormais, chaque fois que j'irai voir un Dolan, je penserai à cette phrase.

:lol: :lol: :lol:
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Re: Xavier Dolan

Post by Duke Red »

Juste la fin du monde revisité par Groland :



C'est idiot, mais ça me fait sourire ^^
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Re: Xavier Dolan

Post by Amarcord »

Duke Red wrote:Juste la fin du monde revisité par Groland :
Spoiler (cliquez pour afficher)
C'est idiot, mais ça me fait sourire ^^
Très drôle ! :D
On notera au passage que c'est aussi un "hommage" à Maïwenn...
[Dick Laurent is dead.]
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Re: Xavier Dolan

Post by O'Malley »

Tom à la ferme (2013)
Xavier Dolan fait la synthèse entre Massacre à la tronçonneuse et Un tramway nommé désir et nous offre un huis-clos tendu à la limite du thriller, qui distille l'angoisse, le malaise et l'ambiguïté psychologique avec maestria...
Le passage en écran large ne se justifie pas forcément mais il y a suffisamment de talent pour faire l'impasse sur quelques facilités (à l'instar de Laurence Anyways).
D'ailleurs, qu'un cinéaste de 24 ans puisse réaliser un film d'une telle maîtrise et surtout d'une telle maturité (et Laurence Anyways juste avant), j'en reviens toujours pas...

Pour le moment:
Chef d'oeuvre: Laurence Anyways
Grand film : Tom à la ferme
Bof (objet creux) : Les amours imaginaires
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Jeremy Fox
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Re: Xavier Dolan

Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:Tom à la ferme (2013)

D'ailleurs, qu'un cinéaste de 24 ans puisse réaliser un film d'une telle maîtrise et surtout d'une telle maturité (et Laurence Anyways juste avant), j'en reviens toujours pas...
Moi qui oublie souvent beaucoup de choses assez vite, j'ai encore en tête des images de plans impressionnants de ce Tom à la ferme qui m'avait fait forte impression, mon préféré du cinéaste juste après Mommy.
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ed
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Re: Xavier Dolan

Post by ed »

O'Malley wrote: Le passage en écran large ne se justifie pas forcément
Ah ben pour le coup, je suis plus séduit par la pertinence de la modification du cadre dans Tom à la ferme (avec l'écrasement du personnage, notamment lors de la poursuite dans les champs) que dans Mommy, où l'ouverture du cadre (accompagnée du geste du comédien) est à mon sens trop appuyée.
Me, I don't talk much... I just cut the hair
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O'Malley
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Re: Xavier Dolan

Post by O'Malley »

ed wrote:
O'Malley wrote: Le passage en écran large ne se justifie pas forcément
Ah ben pour le coup, je suis plus séduit par la pertinence de la modification du cadre dans Tom à la ferme (avec l'écrasement du personnage, notamment lors de la poursuite dans les champs) que dans Mommy, où l'ouverture du cadre (accompagnée du geste du comédien) est à mon sens trop appuyée.
oui écrasement du personnage ou montée paroxystique mais je trouve que le procédé est superflu: les mêmes séquences auraient eu le même impact, sans... Je vois plus ça comme une coquetterie de la part de Dolan. Mais ça ne me gêne pas outre mesure..
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Roilo Pintu
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Re: Xavier Dolan

Post by Roilo Pintu »

Juste la fin du monde (2016)
Troisième tentatives sur un film de ce réalisateur (Tom à la ferme /Mommy), et je ne suis pas du tout sensible, pas ma cup of tea comme on dit, mais j’essaie quand même
L’histoire pas emballante – pour ma part – mêle des personnages un peu hystériques, qui ne savent parfois qu’être dans l’excessif, la caricature.
J’avais déjà eu ce sentiment sur Mommy, l’impression de parfois assister à une téléréalité, ou un reportage tv. Désolé du raccourci pour ceux qui aime.
Alors parfois j’ai un sursaut d’intérêt (la scène de Cassel / Ulliel dans la voiture) ou je m’identifie à la colère de Cassel (vis-à-vis du film), mais cela reste vain au final. Je n’aime pas.
Je ne suis sûrement pas aidé par l’image du réalisateur, de ses propos qui versent également parfois dans l’excès ou l’égocentrisme.