Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5761
Joined: 28 Jul 05, 18:33
Location: Allemagne

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Truffaut Chocolat »

Qui a vu ça ?

User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5761
Joined: 28 Jul 05, 18:33
Location: Allemagne

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Truffaut Chocolat »

Vu.
C'est pour les Kubrick freaks, à base d'éloges sur la fascination qu'exerce son travail en général et sur Shining en particulier, donc.

Au menu, plusieurs intervenants-spécialistes-analystes qui dissèquent comme un chirurgien le ferait avec un corps humain et qui ne voit plus le sang ni les blessures mais des mécanismes cohérents et fonctionnels.
Pour eux, ce n'est plus un film d'horreur ni d'épouvante, mais un maëlstrom de thèmes allant de l'holocauste à la conquête de l'ouest (et les massacres des indiens), en passant par l'aveu du tournage des images d'Apollo 11 par Kubrick (...).

Au-delà des thématiques auxquelles on est libre de plus ou moins adhérer, le doc relève également une succession d'erreurs "volontaires" (qui vont plus loin que la fameuse ombre de l'hélico) particulièrement troublantes, comme des chaises qui disparaissent d'un plan à l'autre, des motifs de tapisseries qui varient toujours d'un plan à l'autre, etc.

Le clou du clou étant à mes yeux l'expérience réalisée par un vidéaste qui, par pur hasard, s'est amusé à diffuser le film dans sa version normale et à l'envers, en même temps : soit un film qui serait la surimpression des 2.
Je n'en dis pas plus mais c'est absolument stupéfiant, je n'en croyais pas mes yeux...
User avatar
Thaddeus
Ewok on the wild side
Posts: 5667
Joined: 16 Feb 07, 22:49
Location: 1612 Havenhurst

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Thaddeus »

Truffaut Chocolat wrote:Le clou du clou étant à mes yeux l'expérience réalisée par un vidéaste qui, par pur hasard, s'est amusé à diffuser le film dans sa version normale et à l'envers, en même temps : soit un film qui serait la surimpression des 2.
Je n'en dis pas plus mais c'est absolument stupéfiant, je n'en croyais pas mes yeux...
Ça fait partie des nombreuses séquences du documentaire où l'on se prend au jeu de l'interprétation, et où c'est notre propre perception orientée qui choisit de ne plus voir que détails et symboles signifiants. C'est la meilleure idée du projet : forcément, réaliser un film obsessionnel sur un film obsédant, c'est payant. Le film-cerveau sur le film-cerveau : cerveau au carré. Personnellement, c'est la reconstitution du trajet en tricycle de Danny à l'intérieur de l'hôtel, avec plans architecturaux à l'appui, qui m'a limite fait tourner maboul. Arrive un moment où le vertige te saisit et t'embarque dans son irrésistible spirale.
Après, d'un strict point de vue objectif, je pense que le propos du réalisateur est clair : les théories exposées par les intervenants sont totalement invraisembables, elles relèvent de la mythomanie pure et simple. L'intérêt du docu n'est pas dans la pertinence de ces théories, selon moi, mais dans la mise en lumière d'une logique qui se nourrit du délire pour assoir sa cohérence interne. C'est un refrain connuu : les adeptes des théories les plus fumeuses ne pourront jamais être convaincus qu'ils ont tort, et chaque preuve fournie pour le leur démontrer sera tordue et détournée, en toute bonne foi, pour étayer leurs démonstration. Et puis c'est un petit régal pour les cinéphiles : les extraits de films, les agencements de séquences, les souvenirs d'émois devant le grand écran, tout ça, indépendemment du propos, m'ont fait passer un très agréable moment.
User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5761
Joined: 28 Jul 05, 18:33
Location: Allemagne

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Truffaut Chocolat »

Thaddeus wrote:Après, d'un strict point de vue objectif, je pense que le propos du réalisateur est clair : les théories exposées par les intervenants sont totalement invraisembables, elles relèvent de la mythomanie pure et simple. L'intérêt du docu n'est pas dans la pertinence de ces théories, selon moi, mais dans la mise en lumière d'une logique qui se nourrit du délire pour assoir sa cohérence interne.
Hmmm je l'ai pas perçu comme ça.
Je dis pas que le réal valide les théories, mais je l'ai senti respectueux de chacun des intervenants... sinon à quoi bon les montrer ? car lui aussi est au-même niveau que les autres, j'aime l'impression qu'il en est conscient.
En tout cas j'ai passé un très très bon moment moi aussi.

Et bon sang, ces 2 versions en surimpression...
User avatar
Thaddeus
Ewok on the wild side
Posts: 5667
Joined: 16 Feb 07, 22:49
Location: 1612 Havenhurst

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Thaddeus »

Oui oui, il est tout à fait respectueux des théories de chacun, bien sûr. Et heureusement, sinon la démarche serait assez antipathique.
Je me suis peut-être mal exprimé. En fait, je voulais dire que le propos du film se situait davantage dans le rapport, souvent délirant (n'est-ce pas ?), de ces spectateurs (et par ricochets, de nous-mêmes) vis-vis de Shining, que dans la réalité des sous-textes potentiels du film de Kubrick lui-même. L'un des intervenants est d'ailleurs lucide sur ce point, lorsqu'il concède vers la fin qu'il a fini par se perdre dans les couloirs de l'hôtel, qu'il s'est enfermé lui-même dans le film. On est là face à quelques spectateurs qui nourrissent un rapport obsessionnel au film de Kubrick et qui en sont conscients. Pour moi le sujet du documentaire est là : dans l'espace construit par chacun à l'oeuvre kubrickienne, qui est à elle-même propice à l'exégèse et l'herméneutique effrénées, et dans le délicieux vertige que cet espace peut engendrer.
User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5761
Joined: 28 Jul 05, 18:33
Location: Allemagne

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Truffaut Chocolat »

Dans ce cas, oui, je suis d'accord avec toi.

Bon sinon. :mrgreen:
Perso je suis plutôt partisan de la thèse indiens/conquête de l'ouest, mais à mes yeux Rob Ager l'a expliqué plus lisiblement.
User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5761
Joined: 28 Jul 05, 18:33
Location: Allemagne

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Truffaut Chocolat »

Extrait :
JeanLucGodardIV
Stagiaire
Posts: 77
Joined: 28 Oct 13, 00:40

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by JeanLucGodardIV »

"The Shining" est sans doute le film le plus populaire et le plus abordable de son auteur, le spécial K. Un démiurge assez extraordinaire, qui a eu la chance de faire ce qu'il voulait ou presque à Hollywood tout en révolutionnant à chaque fois le genre qu'il décidait de s'approprier. Ici bas, il s'est attaqué à l'oeuvre fantastique du très populaire Stephen King qui lui-même n'est pas en reste au niveau du talent et de l'imaginaire. Kubrick trouva donc très opportun de se saisir d'une oeuvre déjà préexistente pour en décortiquer la logique interne afin d'en reprendre la meilleure équation pour la portée au plus haut de son potentiel, cette fois ci avec l'aide bienvenu d'une spécialiste en littérature gothique, l'universitaire et écrivain Diane Johnson.
"The Shining" ou "l'Enfant Lumière" fut donc réécrit dans l'optique de porter au plus haut niveau, et non sans ironie, la psychanalyse et les relations inter-parentales amorcées par King - pour simplifier les choses - Kubrick et Johnson éliminent d'emblée certaines scories et décrassent la mécanique pour éviter d'ouvrir un cirque du ridicule. Il faut adapter à l'écran, comprendre rendre moins invraisemblable et stupide les débordements fantastique bon marchés tout en transfigurant le haut potentiel décrit et écrit par Stephen King. Kubrick travailla donc pour obtenir le parfait scénario, ou du moins il travailla pour avoir le scénario qui pourrait, à son sens, se rapprocher d'une certaine perfection. Le résultat, fascinant, enterre presque tout les films d'épouvante déjà sortis et enterrera aussi, par la même occasion, les futurs films à venir.

Tout le monde connait "The Shining", tout le monde l'a vu, détesté ou adoré, méprisé ou porté aux nues, certains fantasment dessus en évoquant complots, machinations et autres subtils débordements qui dépassent même ce que Kubrick a voulu dire ou démontrer avec ce film. Kubrick a tout le moins voulu faire une oeuvre novatrice, très technique, pleine d'humour et de grotesque avant toutes choses, le reste se passant dans la tête du spectateur ou de l'exégese limite parano qui ferait se tordre de rire le barbu qui adorait aussi l'ironie voir la moquerie gratuite. Bien sur, il y a du symbolisme dans pas mal de ses films ; alors on peut légitimenent se poser quelques questions que je ne me risquerai pas de poser ici. Revenons à "The Shining", l'histoire est simple dans son déroulement programmé : un écrivain plus ou moins râté dont le péché principal se révèle être un fort penchant pour l'alcool, accepte durant un hiver de jouer les gardiens d'hôtel dans le Colorado. Jack Torrance, après avoir été reçu et sélectionné (si,si) par le dirigeant et un de ses associés de l'hôtel Overlook, décide de passer, avec sa femme et son fils, tout l'hiver coupé de tout dans un gigantesque lieu récréatif où pourtant quelques menaces palpables et assurément malsaines ont élu domicile.

Jack Torrance est bien entendu le génial Jack Nicholson, qui, en un sourire carnassier, préfigure la suite des évenements, et pas vraiment besoin de jouer les cassandres pour bien assimiler le processus final entamé par Kubrick pour tout faire exploser. Wendy Torrance, incarnée par Shelley Duvall, est le défouloir de son époux mal luné en proie à la paralysie créatrice, bonne épouse vaguement niaise (les apparences sont pourtant trompeuses), elle tempère les exubérances de son mari sadique. Le petit ‎Danny Lloyd incarne Danny Torrance qui a la capacité d'anticiper les évènements futurs mais aussi d'apercevoir le passé qui se cristalise en de multiples phénomènes surnaturels. L'histoire est donc simple mais le reste est assez complexe dans la démesure et peut rendre fou, oui aussi dérangé, que son personnage principal et ses cohortes de fantômes coincés au dessus d'un cimetière indien (évidemment cela frappe fort). Un bien joli creuset où vient se fondre ainsi toutes les composantes de la civilisation américaine : amérindienne, noire et blanche avec les relants de la découverte européenne d'une terre inconnue à coloniser et des massacres qui en ont découlé.

On peut noter très aisément que Kubrick prend à contre pied la manière qui, en principe, se révèle payante pour provoquer la peur en utilisant toute la panoplie du petit train fantôme sauf qu'ici les spectres font autre chose que de nous refiler la frousse. Le surnaturel dans ce film impressionne et fait très peur. Pourquoi ? Parce que les phénomènes rencontrés par les protagonistes fonctionnent parfaitement, ils s'intercalent insidieusement au sein de nos lois naturelles qui en principe ne peuvent pas être transgressées par des éléments que l'on détermine impossible. La réalité telle que nous la connaissons n'a qu'une seule voie, la nôtre, faite de normalité que vient n'altérer ni objets impossibles à concevoir ni entités difficilement supportables dans notre monde concrêt. le génie de Stanley Kubrick, en plus d'être un fabuleux technicien, c'est justement d'avoir su créer une alternative à la réalité qui ne soit pas dépeinte comme un vaste cirque à la Poltergeist (bon film fantastique au demeurant).Ce qui pourrait laisser penser que la manifestation d'univers parallèles dès lors que l'on en aurait trouvé la clef et pour peu qu'ils existeraient, correspondraient sans doute avec ce que l'on peut entrevoir dans le film de Kubrick. Jack Torrance, dans "The Shining", est la clef officieuse, tout arrive et fonctionne parce que ce monsieur va être la victime d'un jeu sordide commandité par des instances supérieures, voire par une direction hiérarchisée comme se plait à le signaler ce bon vieux barman Llyod, incarné par Joe Turkel, et face au questionnement de Jack qui s'étonne que l'on le laisse boire des coups sans rien débourser Un simple "buvez monsieur Torrance", comme toute réponse de la part d'un barman assez faustien aux entournures, permet d'entrevoir que ces entités ont un plan et sont totalement "rationnelles" dans leur démarche. C'est Jack qui est schizo !!! Il hallucine complètement et interprète la réalité comme il l'entend parce que c'est le projet de son nouveau roman, on pourrait arguer de ce fait mais Jack ne peut pas avoir inventé le verre de bourbon qu'il tient dans sa main, tandis que Wendy n'a surement pas de cacosmie lorsqu'elle se penche vers son mari et que l'haleine de ce dernier trahi bien la consommation d'alcool, et plus tard les visions de son mari viendront empiéter sur la réalité, déborder de leur temporalité en suspension pour aller contaminer la réalité de Wendy.

"The Shining" permet également - en plus de livrer des théories plus ou moins vérifiables - de contempler le travail d'orfèvre proposé par Kubrick et son chef-opérateur John Alcott à travers un format d'exploitation d'1.85, la lumière est assez sophistiquée et emprunte des teintes automnales durant la première visite de Jack Torrance puis durant l'installation de la famille, dans le cadre du travail "hors saison", les teintes vont se venir se bleuter de plus en plus pour obtenir une température de couleur de moins en moins chaude en correspondance avec l'isolement hivernal qui vient frapper nos héros. On peut aussi saluer l'incroyable composition des cadres et la symétrie presque parfaite de l'ensemble qui ferait passer presque Cartier-Bresson pour un amateur (j'exagère hein), oui le cinéma c'est un art avant tout de la photographie, chose que nos réalisateurs français contemporains et surement intellectuels, n'ont sans doute pas encore compris et assimilés ce qui pourrait expliquer la laideur de leur production. Kubrick expérimenta durant tout le film, notamment avec l'emploi d'une caméra à poids et bascule qui permis de compenser les erreurs de mouvements tout en procurant une fluidite presque parfaite de la caméra, Saluons donc l'inventeur de ce système connu sous le nom de steadycam, le génial Garrett Brown. Le côté documentaire du film au détour de quelques plans ou séquences n'est pas à rejeter non plus, Kubrick en effet filme certaines scènes clefs du film avec une lumière très crue, presque blafarde, dans un style que n'auraient pas reniés certains expérimentateurs européens par exemple lorsque Danny entre discrètement dans la chambre de Jack et de Wendy où ce dernier s'est isolé, la lumière est très "amateur" sans artifices explicitant rapidement dans quel état mental se retrouve Jack.

Kubrick a d'une certaine manière, révolutionné le film d'épouvante aussi bien d'un point de vue purement technique que d'un point de vue cérébral ou intellectuel, à travers toujours ce miroir des apparences qui trompe si bien le réel fantasmé que tout le monde semble vouloir s'approprier.
Image
DwightE
Stagiaire
Posts: 14
Joined: 5 Nov 13, 00:46

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by DwightE »

Point de vue très intéressant, j'ai revu le film hier au soir en lisant différents avis sur le film, c'est assez extraordinaire de voir qu'un Kubrick puissent susciter autant d'intéret. Je ne dis pas que c'est surfait ou que ça va trop loin, c'est juste too much..
Strum
n'est pas Flaubert
Posts: 8458
Joined: 19 Nov 05, 15:35

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Strum »

DwightE wrote:Point de vue très intéressant, j'ai revu le film hier au soir en lisant différents avis sur le film, c'est assez extraordinaire de voir qu'un Kubrick puissent susciter autant d'intéret. Je ne dis pas que c'est surfait ou que ça va trop loin, c'est juste too much..
J'ai le même sentiment que toi. Shining est un bon film, mais ne m'a jamais paru révolutionner quoique ce soit.
User avatar
Major Tom
Petit ourson de Chine
Posts: 22220
Joined: 24 Aug 05, 14:28

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Major Tom »

Strum wrote:
DwightE wrote:Point de vue très intéressant, j'ai revu le film hier au soir en lisant différents avis sur le film, c'est assez extraordinaire de voir qu'un Kubrick puissent susciter autant d'intéret. Je ne dis pas que c'est surfait ou que ça va trop loin, c'est juste too much..
J'ai le même sentiment que toi. Shining est un bon film, mais ne m'a jamais paru révolutionner quoique ce soit.
Pardon?? :o
Spoiler (cliquez pour afficher)
Image

:mrgreen:
Last edited by Major Tom on 5 Nov 13, 10:24, edited 1 time in total.
Image
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93041
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Jeremy Fox »

Strum wrote:
DwightE wrote:Point de vue très intéressant, j'ai revu le film hier au soir en lisant différents avis sur le film, c'est assez extraordinaire de voir qu'un Kubrick puissent susciter autant d'intéret. Je ne dis pas que c'est surfait ou que ça va trop loin, c'est juste too much..
J'ai le même sentiment que toi. Shining est un bon film, mais ne m'a jamais paru révolutionner quoique ce soit.
Me concernant, c'est le film d'horreur ultime ; jamais fait mieux avant, jamais fait mieux après.
Strum
n'est pas Flaubert
Posts: 8458
Joined: 19 Nov 05, 15:35

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Strum »

Major Tom wrote:
Strum wrote:
J'ai le même sentiment que toi. Shining est un bon film, mais ne m'a jamais paru révolutionner quoique ce soit.
Pardon?? :o
Spoiler (cliquez pour afficher)
Image

:mrgreen:
Que l'usage de la Steadycam ait été généralisé avec Shining, c'est un fait - même si la Steadycam avait déjà été utilisée dans En route vers la Gloire, Rocky, Marathon Man, etc. Pour autant, si on laisse de côté cet aspect technique, je peine à voir en quoi Shining "révolutionnerait" le film d'horreur, en termes d'approche, d'atmosphère, de thèmes, de traitement du récit ou en quoi ce serait le pinacle du genre, comme le dit Jeremy. Il s'agit d'un film où Kubrick apporte, comme il en a l'habitude, sa rigueur et son perfectionnisme techniques, son traitement géométrique de l'espace, sa sensibilité un peu clinique, son thème fétiche de la solitude des êtres. Cela convient parfaitement à ce froid récit de solitude car la sensibilité de Kubrick se marie idéalement à la peur et à l'horreur. Un des meilleurs films dans le genre de l'horreur certes. Une révolution ? Je n'ai jamais lu d'argument m'en ayant convaincu - je peine même à voir la pertinence de ce débat. Je me méfie de l'idée de révolution au cinéma. Je lui préfère l'idée d'évolution. Plus généralement, ce n'est pas un secret que je n'ai jamais été grand amateur de Kubrick - à part 2001.
User avatar
Major Tom
Petit ourson de Chine
Posts: 22220
Joined: 24 Aug 05, 14:28

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Major Tom »

Strum wrote:
Major Tom wrote: Pardon?? :o
Spoiler (cliquez pour afficher)
Image

:mrgreen:
Que l'usage de la Steadycam ait été généralisé avec Shining, c'est un fait - même si la Steadycam avait déjà été utilisée dans En route vers la Gloire, Rocky, Marathon Man, etc. Pour autant, si on laisse de côté cet aspect technique, je peine à voir en quoi Shining "révolutionnerait" le film d'horreur, en termes d'approche, d'atmosphère, de thèmes, de traitement du récit ou en quoi ce serait le pinacle du genre, comme le dit Jeremy. Il s'agit d'un film où Kubrick apporte, comme il en a l'habitude, sa rigueur et son perfectionnisme techniques, son traitement géométrique de l'espace, sa sensibilité un peu clinique, son thème fétiche de la solitude des êtres. Cela convient parfaitement à ce froid récit de solitude car la sensibilité de Kubrick se marie idéalement à la peur et à l'horreur. Un des meilleurs films dans le genre de l'horreur certes. Une révolution ? Je n'ai jamais lu d'argument m'en ayant convaincu - je peine même à voir la pertinence de ce débat. Je me méfie de l'idée de révolution au cinéma. Je lui préfère l'idée d'évolution. Plus généralement, ce n'est pas un secret que je n'ai jamais été grand amateur de Kubrick - à part 2001.
Non mais je plaisantais en t'enquiquinant sur la steadicam et en pinaillant ;) mais je te rejoins, je n'y vois pas une "révolution" non plus. Disons simplement que les raisons que tu cites (la grammaire kubrickienne appliquée au genre horrifique) rendent simplement ce film assez unique en son genre.
Image
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93041
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: The Shining (Stanley Kubrick - 1980)

Post by Jeremy Fox »

En même temps, j'étais assez mal placé pour le placer au pinacle, n'appréciant pas le genre en général.