Shotgun Stories (Jeff Nichols - 2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Boubakar
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols, 2007)

Post by Boubakar »

Shotgun stories sortira en dvd le 6 Décembre chez Potemkine.
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Jack Carter
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols, 2007)

Post by Jack Carter »

merci de cette excellente nouvelle dominicale :D
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Jericho
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols, 2007)

Post by Jericho »

Boubakar wrote:Shotgun stories sortira en dvd le 6 Décembre chez Potemkine.
Enfin !

Et son prochain film Take Shelter, sortira dans les salles françaises le 4 janvier 2012 !
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ApOk
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols, 2007)

Post by ApOk »

Jericho wrote:
Boubakar wrote:Shotgun stories sortira en dvd le 6 Décembre chez Potemkine.
Enfin !

Et son prochain film Take Shelter, sortira dans les salles françaises le 4 janvier 2012 !
Rah les salauds ils ont déjà décalé d'un mois ! :x

(mais comme je l'ai déjà vu je pourrai donc attendre ! :mrgreen: )
ballantrae
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols - 2007)

Post by ballantrae »

Quel veinard!
Shotgun stories était déjà une splendeur alors que va nous réserver ce deuxième opus où la logistique semble plus confortable au vu des premières images?
Effectivement l'un des meilleurs premiers films américains de ces vingt dernières années avec -si je ne me trompe- Andrew Nichol (Gattaca son meilleur à ce jour),QT (Reservoir dogs...son meilleur à ce jour) et surtout James Gray ( little Odessa là rien à dire: tout est superbe).
Shotgun stories est sorti aussi un mois de janvier plutôt discrètement et il n'a pas été facile de le voir...quelle récompense au bout: un parfum d'Amérique qui évoque Steinbeck, Faulkner, Sprinsteen plus que Mallick malgré qqs plans qui pourraient évoquer de loin Badlands.
Je n'ai pas vérifié mais on m'a parlé d'une sortie repoussée pour le nouveau Cronenberg également.
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols - 2007)

Post by ApOk »

J'ai vu Take Shelter à la Cinémathèque. La salle était bondée (des gens étaient même assis sur les marches) donc je pense que le bouche à oreille sera très positif en plus des excellentes critiques et des prix raflés un peu partout.
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Jack Carter
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols - 2007)

Post by Jack Carter »

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monk
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Re: Shotgun stories (Jeff Nichols - 2007)

Post by monk »

Découvert ce Shotgun Stories hier, et ça confirme tout le bien que j'ai pu penser de Jeff Nichols après Take Shelter, qui n'était donc pas un accident heureux. Un film intelligent et puissant, fort bien mis en scène (totalement maîtrisé en fait). Beaucoup de tension, mais Nicholas sait faire respirer son films grace aux nombreux plans d'ambiance qui évite toute carte postale et clichés. Il évite aussi la surenchère inutile dans le misérabilisme ou la violence, en proposant même une alternative intelligente. Ça fait du bien. Très belleS interprétationS autour de Michael Shannon, qui encore une fois, en impose.
Super. Je garde.
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Frances
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Shotgun Stories (Jeff Nichols - 2007)

Post by Frances »

Shotgun stories de Jeff Nichols (2007) – Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs, Natalie Carneday, Glenda Pannel.

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Avant de passer à la réalisation, Jeff Nichols produit un documentaire sur Townes Van Zandt, dont l’œuvre mélancolique et âpre vous accroche le cœur et l’âme. Faut-il y voir une passerelle menant au premier long métrage du cinéaste qui situe l’action du film dans une bourgade déshéritée du sud collante de poussière, écrasée par le soleil ? Peut-être.

Shotgun stories aurait aussi bien pu s’intituler A history of violence car si les armes sont mises en première ligne, c’est la violence sous toutes ses formes, le pivot central du film. La violence sociale, psychologique et physique… et plutôt dans cet ordre. Shotgun stories c’est l’histoire de trois frères abandonnés par un père alcoolique parti refaire sa vie et des fils à quelques encablures du foyer. La mère, qui, on le devine, a eu ses enfants très jeune les a biberonnés à la haine et au ressentiment. Ils ont grandi, dérivant au gré du courant sans autre attache que le lien de leur fratrie, sans autre ambition qu’une nonchalance nourrie d’alcool, de bouffe, de jeu, de débrouille pour survivre. Taiseux, incapables d’exprimer leurs sentiments, inaptes à fonder une famille (seul Son a un fils), ils stagnent. La seule énergie qui les ranime, c’est la haine viscérale qu’il éprouvent envers les fils chéris du père, ceux de « la rédemption », image miroir insoutenable car reflet d’une injustice profondément douloureuse. Le jour de l’enterrement du père indigne, Son (Michael Shannon), le fils ainé, crache sur son cercueil et ouvre les hostilités.

Jeff Nichols désirait filmer une bourgade de l’Arkansas au plus près de la vérité, poser un regard juste sur ses habitants, leurs habitudes, les paysages. Pari tenu. Il alterne la vision d’une certaine misère sociale avec des pauses contemplatives sur un fleuve, un champ cultivé, un ciel rougi. Des respirations nécessaires tant le mal de vivre des frangins, les stigmates de leurs traumas, sont source de malaise. La violence, la vraie, c’est celle infligée à Son, Kid et Boy par le manque d’amour et ses conséquences : des adultes mutilés à jamais assoiffés de vengeance pensant qu’elle suffirait à les réparer. Mais quand il s’agit de montrer la violence physique, Nichols se fait parcimonieux. Il recourt au fondu au noir, à l’ellipse quitte à frustrer ceux qui aiment la baston. Il préfère s’attarder sur la tension qui précède.

Dès son premier film, le cinéaste s’empare de la figure du père (bienveillante ou destructrice) qui va hanter toute son œuvre. Un premier opus très réussi, d’une grande sensibilité et qui pose les premières pierres d’une œuvre d’une grande cohérence.
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