Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Karras
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Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Karras »

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Synopsis : Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers…
Best wrote:Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson) 8,5/10

Ceux qui n'ont pas aimé la trilogie du seigneur des anneaux, je dirais que ce n'est pas la peine d'essayer sauf pour satisfaire sa curiosité :mrgreen: Pour ceux qui avaient apprécié, il risque également d'y avoir des pertes, mais aussi des satisfaits (malgré des bémols beaucoup plus marqués alors que j'adore sans réserve la trilogie du SDA). M'enfin j'ai suffisamment apprécié pour lui donner une note relativement généreuse. Et le plaisir de retrouver Gandalf, Gollum et la terre du milieu, ça n'a pas de prix (en tout cas ça influe quand même un peu sur la note !)
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Jeremy Fox
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Jeremy Fox »

Best wrote:Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson) 8,5/10

Ceux qui n'ont pas aimé la trilogie du seigneur des anneaux, je dirais que ce n'est pas la peine d'essayer sauf pour satisfaire sa curiosité :mrgreen:

Non non, on ne m'y reprendra plus ; ma curiosité est retombée au plus bas depuis qu'on m'a forcé à revoir la trilogie en versions longues :mrgreen:
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G.T.O
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by G.T.O »

Comment faire de trois livres un seul et même film de plusieurs heures ?
Certes très long mais un film quand même, de plus de 9 heures, tourné en même temps que le montage séparera en 3 parties : La Communauté de l'anneau, Les deux tours et le Retour du Roi. Envisager la chose comme un film gigantesque fut le prix à payer pour trouver une unité ainsi qu'une solution pratique pour maintenir une dramaturgie commune et transversale aux trois films, sans cesse menacés d'éparpillement. Resserrer l'étau du récit, livrer un spectacle total capable de mélanger l'intime et le grandiose, conduire son spectateur au sommet du Mordor et faire aboutir les différents thèmes abordés, pratiquer l'exhaustivité dans l'adaptation, la trilogie de Jackson avait pour ambition de tout faire, y compris celui de réussir l'impossible : livrer l'adaptation la plus fidèle possible du bouquin de Tolkien, trouver un équilibre précaire entre servilité et relative entorse à l'oeuvre.

Près de 10 ans après, la question s'est inversée, devenant : comment faire trois films d'un seul et même livre ? Comment faire d'un livre de 300 pages, une trilogie filmique assorties d'enjeux proportionnels à la taille d'un hobbit ?
Et, la réponse nous a été livré ce matin, à la vision de cette version miniature, laide et programmatique, du Seigneur des anneaux : pas grand chose.
Elle se résume pour l'essentiel à du remplissage. Au fait de rassurer un public déjà conquis par la précédente trilogie, en jouant uniquement sur un sentiment de connivence ou de familiarité vis-à-vis de l'univers, l'esthétique, la structure, la musique et personnages, expliciter des aspects de la précédente trilogie dont la présence et nécessité dramaturgiques nous questionnent encore. Ne rien changer, surtout pas, ne pas changer d'angle d'attaque par peur de semer le public. Jurer fidélité au matériau, abnégation même au texte de Tolkien; et où chaque ligne doit être amoureusement retranscrite. Tout cela, disons-len tient lieu davantage du post-scriptum inutile que du film autonome.
Colqhoun
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Colqhoun »

Et ce 48fps alors ?

Un ami m'a dit que c'était du pur gadget qui serait au moins autant laid que l'image numérique de Public Enemies (oui, c'était laid).
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G.T.O
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by G.T.O »

Colqhoun wrote:Et ce 48fps alors ?

Un ami m'a dit que c'était du pur gadget qui serait au moins autant laid que l'image numérique de Public Enemies (oui, c'était laid).
Pas vu en 48FPS.

En revanche, le numérique sied assez mal à la Terre du milieu, rendant artificiel les décors, l'incrustation des SFX maladroite...De ce point de vue, j'ai trouvé qu'il y avait une régression qualitative.
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Rick Deckard
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Rick Deckard »

G.T.O wrote:Comment faire de trois livres un seul et même film de plusieurs heures ?
La coupure en 3 livres du Seigneur des Anneaux est une demande de l'éditeur à l'origine, allant à l'encontre de la volonté de l'auteur (et depuis il existe de somptueuses éditions en un seul volume). D'ailleurs si tu les avais lus :wink: tu saurais que c'est en fait découpé en 6 parties.

Sinon on commence à le savoir qu'il y avait bien plus de matière littéraire pour le SdA que pour le Hobbit. Comme si ça présageait de la qualité des films...
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Strum »

G.T.O wrote:Jurer fidélité au matériau, abnégation même au texte de Tolkien; et où chaque ligne doit être amoureusement retranscrite.
Cela, c'est ce que dit le dossier de presse. On peut considérer au contraire (c'est mon point de vue), que les films belliqueux de PJ, tout en batailles et effets spéciaux, ne sont pas fidèles à l'esprit, aux thèmes, à la poésie, au côté contemplatif, au ton, enfin, des livres de Tolkien. :)

C'est du moins ce que je pense de son Seigneur des Anneaux. Pour son Hobbit, que je n'ai pas vu, je réserve encore mon jugement - même si j'ai lu et entendu dire que de grandes libertés ont été prises avec le matériau d'origine.
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Rick Deckard
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by Rick Deckard »

Strum wrote:
G.T.O wrote:Jurer fidélité au matériau, abnégation même au texte de Tolkien; et où chaque ligne doit être amoureusement retranscrite.
Cela, c'est ce que dit le dossier de presse. On peut considérer au contraire (c'est mon point de vue), que les films belliqueux de PJ, tout en batailles et effets spéciaux, ne sont pas fidèles à l'esprit, aux thèmes, à la poésie, au côté contemplatif, au ton, enfin, des livres de Tolkien. :)
Tout à fait : l'adaptation du Seigneur des Anneaux est très premier degré, c'est une lecture adolescente de l'œuvre. (et on ne peut absolument pas parler de fidélité, d'abnégation :roll: tant les trahisons, impasses, raccourcis, simplifications sont nombreuses, même dans la lecture au 1er degré)
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by ballantrae »

Question à ceux qui le verront et l'apprécieront (même un peu): est-il utile de le voir en 3D ou peut-on s'en dispenser?
Pour moi ce sera dimanche, tancé par Ballantrae Jr depuis des mois: sa plus grosse attente depuis Tintin l'an passé!
L'équation "un livre= trois films " me semble bizarre et je crains une grosse déception à la Hellboy II( je suis fan de Mignolla et ai bien aimé le premier Hellboy sauf sa fin) que j'avais trouvé un peu creux, lourdaud, surpeuplé par son bestiaire ce au détriment de la ligne narrative.
Mais bon, j'ai grandi avec Tolkien, ai été reconnaissant envers PJ d'avoir mené à bien LSDA avec un certain respect ( bien adapter, ce n'est pas suivre ligne à ligne c'est proposer une lecture avec des choix).
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DukeOfPrunes
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by DukeOfPrunes »

Vu en 3D HFR (48fps) cet après-midi en VF, pour une projection un peu chaotique pendant laquelle la machine (qui avait fait une surchauffe après la séance du matin) nous a freezé certaines scènes pendant 2 secondes... une bonne quinzaine de fois. J'en ressors assez mitigé. Certains sont partis au milieu du film, d'autres parmi les scandalisés sont restés jusqu'au bout, la plupart des gens étant visiblement très insatisfaits. Mais passons. Avant toute chose, disons que la 3D n'apporte rien de bien transcendant, et nuit même peut-être à la visibilité du film.

Je vous conseille de ne pas lire la suite si vous voulez vraiment tout découvrir par vous-mêmes, comme je l'ai fait.
SPOILER ALERT.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Ceux qui ont lu le livre ne manqueront pas de noter de nombreux détails collant à l'histoire du livre. En même temps, quoi de plus normal ? Environ 2h30 pour la moitié d'un livre d'un peu plus de 300 pages. Du coup, on a droit à des chansons, des bagarres, des rajouts des annexes du SdA, qui permettent à PJ de raccrocher cette histoire à ce qu'il se passera par la suite, une mise en perspective qui donne de la profondeur à l'aventure. Après tout, il s'agit d'une histoire pour les enfants, et de ce côté-là, l'ambiance est plutôt bien rendue. Certains passages sont adaptés pour le grand écran, ce que l'on comprend, étant donné que dans leur forme, ils respectent scrupuleusement Bilbo le hobbit.
Pourtant PJ s'autorise de s'en éloigner. Il le fait parfois avec brio : entre autres l'introduction du film (la ville de Dale, la cité naine Erebor, le contentieux avec les Elfes, etc.). Parfois pourtant, beaucoup moins de justesse, en particulier les premières scènes à Hobbitebourg, qui tirent en longueur, ou l'histoire des orques pourchassant l'équipée à dos de wargs. Dans le film, Radagast attire les Wargs pour laisser le temps à la compagnie de se faufiler dans un rocher, qui comme par miracle, débouche directement à Fondcombe (elle est pas belle la vie ?). On en avait l'habitude avec le SdA : ellipses temporelles et spatiales. Sauf qu'ici, cela tient davantage du caprice du réalisateur. J'aurais aimé voir PJ jouer la carte de l'adaptation fidèle, sans prendre autant de libertés.
La pire de toutes : faire de Bilbon celui qui gagne du temps contre les trolls et qui se transforme en héros pendant l'attaque des Wargs. Non, non et non !!! Le hapax existentiel de Bilbon, il se passe dans la forêt de Mirkwood, épisode 2 ! Et le reste du temps, le pire, c'est qu'il n'est même pas mis en avant la plupart du temps, comme quelqu'un d'ingénieux - juste comique malgré lui. C'est très sympathique, mais est-ce suffisant ? On a droit à un regard émerveillé à l'arrivée à Fondcombe, puis un regard de regret à leur départ : entre temps, pas une scène qui justifierait de l'impact qu'a eu ce séjour sur la vie du personnage principal. Quant à la scène finale, pourquoi tourner une bagarre dans les bois qui ne respecte à la lettre pas les évènements du livre : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.
On peut ajouter l'envergure que prend le personnage d'Azog, ou alors le rôle de Gandalf qui n'est plus le même. Dans tous les cas, pas de quoi crier au scandale (à part Bilbon...). En général le film maîtrise son sujet, même si j'aurais préféré que la sortie de la montagne se fasse autrement (et pas juste courir comme des dératés) et qu'on parle davantage des hommes (c'est vrai quoi, presque pas un mot sur les fermiers à l'Est des montagnes, rien).

Je suis un grand fan du SdA. Tout le film repose sur les mêmes bases esthétiques, avec ce ton plus léger pour accrocher les plus jeunes. Mon avis reste là encore très mitigé. D'un côté, quel plaisir de revoir ce monde prendre vie ! D'un autre, tout cela n'a pas la même envergure. Je regrette le côté "cheap" de certains effets et la mise en scène parfois abusive : on a l'impression de jouer à un jeu vidéo (ou de voir un film qui s'adapterait très facilement au medium). C'est là où le film prend cher.
A ce propos, le choix de faire apparaître des gobelins intégralement en images de synthèse n'aide pas, surtout dans le cas d'Azog (le Grand Gobelin est quant à lui très réussi, contrairement à ses sujets). Certains scènes ne font pas "authentique", certains personnages sont trop expressifs, d'autres trop en recul. C'est normal à vrai dire, treize nains c'est beaucoup. sur ce point, je trouve que le design est très bien réussi - mis à part le beau gosse à l'arc, Kili un Legolas en culotte courte. Thorin est très classe, bien désigné comme le leader, avec en contrepoint le personnage d'Azog - toujours trop présent à mon goût...
Gollum est très réussi.

Sur le plan technique, quelques faux raccords et des choix de montage pas toujours judicieux - en particulier le passage des énigmes dans l'obscurité / bagarre dans la cité des gobelins. Sinon de très beaux plans très "structuraux", surtout à Fondcombe avec Galadriel et Gandalf. Côté acting et casting, c'est du tout bon, même si je n'ai pas pu en juger "en profondeur" étant donné que la VF est horrible.
Bon là, je déballe, on passe un bon moment. Je compte revoir ce film dans des conditions "normales" de 2D 24fps en VOSTFR.

Edit : en tout cas après 5 ans d'attente, j'ai envie d'aller le revoir dès demain....
Vivement en HD (STA/STF)
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G.T.O
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by G.T.O »

Rick Deckard wrote:
Strum wrote:
Cela, c'est ce que dit le dossier de presse. On peut considérer au contraire (c'est mon point de vue), que les films belliqueux de PJ, tout en batailles et effets spéciaux, ne sont pas fidèles à l'esprit, aux thèmes, à la poésie, au côté contemplatif, au ton, enfin, des livres de Tolkien. :)
Tout à fait : l'adaptation du Seigneur des Anneaux est très premier degré, c'est une lecture adolescente de l'œuvre. (et on ne peut absolument pas parler de fidélité, d'abnégation :roll: tant les trahisons, impasses, raccourcis, simplifications sont nombreuses, même dans la lecture au 1er degré)
C'est la fidélité et le respect de Jackson par rapport à l'oeuvre qui, toute problématique qu'elle est, s'exprimant à travers une exhaustivité dans le déroulement des événements, est aliénant. Jackson ne se déprend jamais du texte, ou rarement; et c'est encore plus manifeste dans le Hobbit. Après, que les puristes ou amoureux du texte conchient la lecture de Jackson, je le conçois mais, on ne peut pas mettre en doute la sincérité et volonté de Jackson lorsqu'il affirme vouloir être le plus fidèle au texte.
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DukeOfPrunes
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by DukeOfPrunes »

En quoi Peter Jackson ne se déprend-il jamais du texte ? Tu trouves vraiment qu'il respecte à mort le matériau d'origine (à la lettre), ou qu'on ne peut pas lui retirer sa volonté à coller le plus possible à l’œuvre ? Parce qu'après avoir relu le bouquin, et vu le film aujourd'hui, c'est plutôt la fusion entre deux univers, celui de Tolkien et celui de PJ. Même chose dans le SdA.
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by monk »

Je n'ai, je l'avoue, jamais lu les livres de Tolkien. Je ne parlerai donc pas de l'adaptation, de son sens, de sa forme; et très honnêtement, je m'en fous un peu.
Je suis un grand fan de la trilogie pour ce qu'elle est: une formidable aventure, qui a duré 4 ans, et vers laquelle je retourne régulièrement avec toujours beaucoup de plaisir.
Un voyage inattendu est pour un moi un bon film. Je craignais pas mal de choses et mes craintes se sont évaporées, mais j'ai été déçu par des partis pris que je n'attendais pas. J'en suis sorti quand même enthousiasmé, ravi des retrouvailles et des 4 ans qui se présentent devant moi.

J'ai lu que PJ voulait prendre de la distance avec SDA, avoir une nouvelle approche etc. Mais c'est visiblement du vent, tant cette première partie ressemble à une compilation, avec moult reprises de certains temps forts de la trilogie. C'est pour moi la principale limite de ce voyage inattendu: l'utilisation systématique de certains ressorts dramatique ( SPOILER/ [difficulté / Gandalf disparaît / mise en doute de son engagement / retour de Gandalf qui sauve la situation] de manière quasi systématique. Comment donner du crédit au doute des nains dès la seconde fois ? et aussi, mettre le paquet pour nous faire croire q'un nain va mourir dans le combat, là aussi de manière systématique, alors que nous savons tous que ça n'arrivera pas. C'est sans doute obligé, mais je pense qu'il y avait moyen de faire certaines choses autrement /SPOILER), et la réutilisation inutile de certains moments de la trilogie ( SPOILER:le coup des aigles étant de trop /SPOILER). Ceci peut servir à justifier ces même moments dans la trilogie, mais ils n'en avaient nul besoin, et ça fait un peu "fan service". Il en a même mis tellement, que je me suis dit qu'il s'était débarrassé de cette "obligation référentielle" dans le premier volet pour pouvoir passer à autre par la suite. Enfin...je l'espère.
Aussi, le film fait aussi beaucoup plus numérique que SDA, que ce soit dans les décors ou la photo, plus excessive qu'avant (les visages, la lumière...).

Mais sinon, j'ai quand même pris un bon pied, j'ai trouvé Martin Freeman formidable, Gollum plus vrai que nature, et le bestiaire fort plaisant.
J'ai - quand même - déjà envie de le revoir, et je suis très impatient, et curieux, de voir la suite.
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tenia
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by tenia »

DukeOfPrunes wrote:Vu en 3D HFR (48fps) cet après-midi en VF, pour une projection un peu chaotique pendant laquelle la machine (qui avait fait une surchauffe après la séance du matin) nous a freezé certaines scènes pendant 2 secondes... une bonne quinzaine de fois. J'en ressors assez mitigé. Certains sont partis au milieu du film, d'autres parmi les scandalisés sont restés jusqu'au bout, la plupart des gens étant visiblement très insatisfaits. Mais passons. Avant toute chose, disons que la 3D n'apporte rien de bien transcendant, et nuit même peut-être à la visibilité du film.
J'ai quand même l'impression que les améliorations techniques en projection donnent trop souvent lieu à des premières chaotiques.
Après Avatar en IMAX 3D avec des DRM pourris qui empêchent de projeter le film, voilà le 48 fps qui freeze l'image toutes les 10 minutes. :mrgreen:
Sympa...
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G.T.O
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Re: Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson - 2012)

Post by G.T.O »

DukeOfPrunes wrote:En quoi Peter Jackson ne se déprend-il jamais du texte ? Tu trouves vraiment qu'il respecte à mort le matériau d'origine (à la lettre), ou qu'on ne peut pas lui retirer sa volonté à coller le plus possible à l’œuvre ? Parce qu'après avoir relu le bouquin, et vu le film aujourd'hui, c'est plutôt la fusion entre deux univers, celui de Tolkien et celui de PJ. Même chose dans le SdA.
Peut-être, je ne suis ni un spécialiste de Tolkien ni de Jackson. Il y a, sans doute, des entorses, de petites trahisons faites au texte, des aménagements même. Mais, tout y est, à 90 %. C'est exhaustif, jamais tranchant. Je regrette qu'il n'est pas taillé plus franchement dans le gras du texte, coupant des passages entiers, éludant d'autres, quitte à faire hurler les fans. Je ne suis pas certain qu'il faille, dans le cadre d'une adaptation cinématographique, tout conserver. D'ailleurs, où est l'effort d'adaptation pour passer d'un médium à un autre ? Où est le point de vue de Jackson ? Peut-être situé, comme le dit Deckard, dans une lecture adolescente.