Notez les films naphtas novembre 2012

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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AtCloseRange
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by AtCloseRange »

Federico wrote:
Eusebio Cafarelli wrote:Je n'ai pas été sensible à la poésie du film (datée...), ni au jeu des acteurs (Arletty ne joue pas, pour ce que j'en ai vu, et Barrault n'est bien qu'en mime...), j'ai laissé tomber à la fin de la première partie, mais je m'ennuyais déjà sévère...
Je comprends qu'on puisse s'ennuyer et en même temps je trouve ça triste... :?
Ce joyau que j'ai vu X fois et encore il y a quelques mois (j'ai le double DVD Gaumont) m'émerveille comme au premier jour et à chaque fois, j'en découvre des détails nouveaux. Le personnage d'Arletty me bouleverse et même si le filtrage de ses gros plans est un peu trop criant (pour les raisons que l'on sait), l'émotion n'en transparait pas moins. D'accord pour Casarès dont je n'ai jamais pu supporter le masque et le ton de tragédienne et pour Barrault 100 fois meilleur mime que comédien. Mais nom de nom, le reste, quel festival !!! :D
Au moins, il y a un certain consensus sur Casarés (le rôle ne l'aide sans doute pas).
En fait, c'est sans doute son aspect dramatique qui est le moins réussi. Quand il est dans le panache avec Herrand ou Brasseur, je trouve le film sans équivalent.
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Gounou
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Gounou »

Federico wrote: Le personnage d'Arletty me bouleverse et même si le filtrage de ses gros plans est un peu trop criant (pour les raisons que l'on sait)
Euh, non... moi je ne sais pas :?:

Sinon je vais le voir en salle demain (découvert il y a bientôt dix ans sur les bancs de mon école d'audiovisuel, bon souvenir).
Pour l'anecdote, ma copine regarde ce film minimum une fois par mois, voire parfois deux fois de suite...... j'ai la pression :mrgreen:
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Federico
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Federico »

Gounou wrote:
Federico wrote: Le personnage d'Arletty me bouleverse et même si le filtrage de ses gros plans est un peu trop criant (pour les raisons que l'on sait)
Euh, non... moi je ne sais pas :?:
Comment dire... Arletty - quoi qu'encore très belle - était nettement plus âgée que son personnage (45 ans au moment du tournage) et puis surtout tomba enceinte de son compagnon (un officier allemand) et décida de pas garder l'enfant (écris comme ça, ça m'évitera de faire un très mauvais jeu de mots).
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Frances
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Frances »

AtCloseRange wrote:
Federico wrote: Je comprends qu'on puisse s'ennuyer et en même temps je trouve ça triste... :?
Ce joyau que j'ai vu X fois et encore il y a quelques mois (j'ai le double DVD Gaumont) m'émerveille comme au premier jour et à chaque fois, j'en découvre des détails nouveaux. Le personnage d'Arletty me bouleverse et même si le filtrage de ses gros plans est un peu trop criant (pour les raisons que l'on sait), l'émotion n'en transparait pas moins. D'accord pour Casarès dont je n'ai jamais pu supporter le masque et le ton de tragédienne et pour Barrault 100 fois meilleur mime que comédien. Mais nom de nom, le reste, quel festival !!! :D
Au moins, il y a un certain consensus sur Casarés (le rôle ne l'aide sans doute pas).
En fait, c'est sans doute son aspect dramatique qui est le moins réussi. Quand il est dans le panache avec Herrand ou Brasseur, je trouve le film sans équivalent.
Il me semble que c'était le premier rôle de Casares, ceci explique peut être cela.
Je rejoins Federico, ce film regorge de détails, fourmille de personnages. Chaque scène nous donne à voir tellement de choses. Quel bonheur, par exemple, d'accompagner les acteurs du Funambule dans les coulisses faits d'un bric à brac de rêve pour créer l'illusion sur scène.
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Filiba »

monk wrote:Succinctement, 3 polars phychologiques des 70's: Klute de Alan Pakula, Night Moves de Arthur Penn et The long goobye de Robert Altman.

Il n'est pas forcément bon, ni satisfaisant de comparer des films a priori assez similaires, mais sans chercher à monter un podium, j'avais très envie de les voirs à la suite, principalement pour rester dans l'ambience, ce qui ne m'a pas empêcher des les apprécier pour leurs qualités intrinsèques.

Klute

Night moves

Le privé

Trois films très emballants (même s'il y a différents niveaux) donc je garde, je garde et je garde.
3 excellents films, différents mais qui ont en commun la profondeur du fond et de la forme (qui rend profitable des visions multiples, tu as bien fait de garder)
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Kevin95 »

Lola (Jacques Demy, 1961)

J'entame une rétrospective Demy avant l'exposition à la cinémathèque, me permettant pour le coup de découvrir une partie de sa filmographie (au-delà de la célèbre trilogie avec Catherine Deneuve). Bien avant d’entamer la période obscure du cinéaste (oui oui, je vais enfin voir ce fameux Parking) j'ai visionné son premier long métrage à la réputation certaine (Lola donc) et le charme à pris.
La caméra est virtuose, l'émotion bien présente, certaines scènes sont magnifiques (la séquence de la fête foraine avec le marin et la jeune Cécile est sublimissime) et le final un crève cœur. Mes seuls réserves tournent autours d'un budget pas à la hauteur des ambitions du réalisateur (et cela se voit à l'écran), une post-synchronisation assez bâclée et enfin le jeu outrancier d'Anouk Aimée. L'actrice connue pour sa retenue, en fait ici des caisses dans le genre Marilyn du pauvre et si lors des passages dramatiques cela ne se voit pas tellement, dans ceux plus joyeux ou disons léger, c'est assez gênant.
Mais comme dirait mamie, laissons le temps fait son travail car à chaud j'ai tout de même beaucoup de sympathie pour ce film.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Federico »

Je ne suis pas un inconditionnel du cinéma de Demy (et il m'en reste 2-3 à découvrir) mais Lola est celui que je préfère. C'est vrai qu'Anouk Aimée apparaît sous un jour un peu différent de son style habituel mais bon, c'est Anouk Aimée, quoi... :oops:
J'espère que vous n'avez pas loupé le numéro de l'émission Empreintes qui vient de lui être consacré... :wink:
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Père Jules »

monk wrote:Succinctement, 3 polars phychologiques des 70's: Klute de Alan Pakula, Night Moves de Arthur Penn et The long goobye de Robert Altman.

Trois films très emballants (même s'il y a différents niveaux) donc je garde, je garde et je garde.
Tiens, j'avais laissé passer ça ! Trois films que j'adore (avec ce dernier immense coup de cœur qu'est Klute donc).
C'est donc un triple 8)
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by magobei »

Père Jules wrote:
monk wrote:Succinctement, 3 polars phychologiques des 70's: Klute de Alan Pakula, Night Moves de Arthur Penn et The long goobye de Robert Altman.

Trois films très emballants (même s'il y a différents niveaux) donc je garde, je garde et je garde.
Tiens, j'avais laissé passer ça ! Trois films que j'adore (avec ce dernier immense coup de cœur qu'est Klute donc).
C'est donc un triple 8)
M'intéresse ce Night Moves: vu le DVD zone 1?
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Grimmy »

"La fugue" est uniquement dispo à l'import. Comme c'est un Warner, je ne sais pas si c'est un vrai zone 1 ou si un lecteur zone 2 peut le lire. En tout cas, copie très bonne (sans être exceptionnelle),VF et VOSTF sur le film. Pas de sous-titres sur les bonus.
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by magobei »

Grimmy wrote:"La fugue" est uniquement dispo à l'import. Comme c'est un Warner, je ne sais pas si c'est un vrai zone 1 ou si un lecteur zone 2 peut le lire. En tout cas, copie très bonne (sans être exceptionnelle),VF et VOSTF sur le film. Pas de sous-titres sur les bonus.
Ok merci. Pas de souci, j'ai un lecteur multizones. Je le prendrai à l'occase - surtout qu'il n'est pas très cher...
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by monk »

Grimmy a tout dit ! Fonce Magobei, super film 8)
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Profondo Rosso »

Échec à l'organisation de John Flynn (1973)

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Sorti de prison où il a passé cinq ans, Macklin décide de venger son frère, tué par la Mafia de Chicago.

The Outfit est un polar assez emblématique du genre à cette période et offre une des belles réussites de la trop mince filmographie de l'excellent John Flynn. Le film adapte le roman éponyme de Richard Stark alias Donald E. Westlake. C'est d'ailleurs à une fameuse autre adaptation de Richard Stark qu'on pense ici à savoir Le Point de non-retour (1967) de John Boorman qui révolutionna le polar à sa sortie. Si John Flynn goute peu aux expérimentations psychédéliques à la Boorman, l'intrigue minimaliste quasi abstraite et le héros taciturne entièrement dédié à son objectif (vengeur ici pécuniaire chez Boorman) entretiennent grandement la parenté entre les deux œuvres. Robert Duvall incarne ici Macklin (dans le roman Parker même héros que Point Blank personnage récurrent de Westlake et joué par Lee Marvin dans le Boorman), ancien braqueur fraîchement sorti de prison et qui va immédiatement se trouver la cible de tueur de la mafia. Remontant la piste des commanditaires, il découvre que la cause du contrat planant sur sa tête est un ancien hold-up où il avait avec son frère dévalisé une banque blanchissant de l'argent pour la Mafia. Son frère est froidement assassiné avant sa sortie (dans une glaciale scène d'ouverture muette) et dès lors Macklin entame une vengeance impitoyable en pillant tous les tripots locaux de la Mafia jusqu'à remonter au boss Mailer (Robert Ryan).

The Outfit est clairement au carrefour du style des polars de l'époque avec plusieurs autre classiques qui viennent à l'esprit. La vengeance fraternelle implacable de Duvall penche vers le Get Carter de John Hodges (1971), l'entité criminelle assez nébuleuse poursuivie rappellera à nouveau Le Point de non-retour (tendance due à Richard Stark sans doute) et le cadre rural loin des ambiances urbaines coutumières est lui dans l'esprit du génial Tuez Charley Varrick de Don Siegel sorti la même année avec aussi Joe Don Don Baker en tueur décontracté. Flynn n'égale aucun de ses films à cause d'un certain manque d'identité et des choix artistiques moins radicaux mais trousse tout de même une très plaisante série noire. Robert Duvall, loin du consigliere qui le rendit célèbre dans Le Parrain en impose un maximum ici en truand badass et taciturne, une vraie teigne brutale et méticuleuse qui cogne d'abord et discute ensuite. A ces côtés Joe Don Baker tout aussi imposant (et tout de même moins rigolard que dans Tuez Charley Varrick) en acolyte fidèle, le film étant une succession de confrontations musclées, poursuites et fusillades en tout genre. Flynn également au scénario épure son intrigue au maximum, pas de sous-intrigue ou de respirations superflues dans la narration entièrement vouée (à l'image de son héros) aux règlements de compte. Seul exception, et qui humanise un peu le personnage de Duvall, la petite amie incarnée par Karen Black. En une poignée de scènes intimistes, cet être fragile plongés dans un monde d'hommes violent touche grandement et montre à quel point les préoccupations de ces tueurs sont éloignées de toute réalité par son histoire d'amour malheureuse avec Macklin,lorgnant sur le Guet-apens de Peckinpah. Le côté abstrait de ce monde criminel refermé sur lui-même nous apparaît par elle.

Parmi les quelques points décevants on regrettera un Robert Ryan un peu mou en méchant (alors qu'il excelle dans ces rôles d'ordures détestable mais il était déjà bien atteint par son cancer au moment du tournage ce qui peut expliquer) et un final pas aussi tendu qu'on pouvait l l'espérer mais qui a peut-être inspiré Michael Mann pour celui fabuleux du Solitaire. Un bon moment donc même si Flynn fera mieux dès le suivant et mémorable Rolling Thunder (1977). 4/6
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by Kevin95 »

Scarlet Street (Fritz Lang, 1945)

Remake de mon Renoir préféré (La Chienne, 1931), Scarlet Street n'a certainement pas à rougir de l’œuvre d'origine puisque Lang fidèle à son génie et à ses thématiques, s’approprie l'intrigue et la redirige vers une vision plus cynique et plus personnelle que celle du réalisateur français (intéressant de constater que l'un met en scène une déchéance sociale quand l'autre met en scène une déchéance morale). Rien à reprocher au film (ou presque), tout y est soigné : la mise en scène (venant de Lang c'est quasiment une évidence), le casting (mention spéciale au tordu Dan Duryea dans le rôle du maquereau) et la transposition du récit dans une Amérique des années 40.
Ce n'est que lorsque que l'on opère une comparaison entre le film de 1931 et celui de 1945, qu'émerge un tout petit reproche concernant Scarlet Street à savoir de ne pas être aussi noir et sec que le film de Jean Renoir. Les artifices du cinéma hollywoodien permettent à Lang de réaliser un film élégant mais dans un même temps de ne pas être aussi tranchant que La Chienne. Quoiqu'il en soit, c'est un nouveau coup de maitre par ce diable de Fritz Lang.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Notez les films naphtas novembre 2012

Post by monk »

Obsession de Brian De Palma

Un De Palma que je n'avait jamais vu, découvert à la faveur de sa sortie en BR.
N'en connaissant même pas son sujet, je suis parti vierge de tout a priori. J'ai été très surpris par la photo à la douceur extrème, rendant le film vraiment éthéré. Sensation augmentée par le rythme particulièrement lent (passé l'accident). J'ai suivi poliment Cliff Robertson ne pas cligner de l'oeil, exhibant toutes les étoiles qu'il contenir, dans l'attente de la suite. Difficile cependant de repprocher ça au film, l'ambience collant à l'état psychologique de Court (d'abord anesthésié par la perte de sa famille, puis sur son nuage après la découverte du sosie de sa femme). Le retournement devait arriver, forcément, et il n'arrive pas à moitié ! Le film bascule brutalement dans l'horreur, le faisant entrer directement dans le top 5 des films les plus tordus que j'ai vu :oops: Je regrette juste que le film ne tienne vraiment que par et pour ça. Si j'ai apprécie la découverte, je me demande comment le film passe la seconde vision.
Pour le moment, je vais le garder, comptant aussi voir les courts métrages en bonus.