Le Retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Holden
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Le Retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Post by Holden »

En ce moment, Ciné Classic diffuse The Return of Frank James de Fritz Lang (1940)… avec de belles bandes noires qui viennent couper les têtes des acteurs et déséquilibrer les compositions, etc. C'est d'autres têtes qu'il faudrait couper. :evil:
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Commissaire Juve
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Post by Commissaire Juve »

:shock: :roll: :evil:
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Banane
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Post by Banane »

Il était sorti en VHS dans la collection Fnac/Fox, j'en ai un souvenir très lointain.

Banane
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Jeremy Fox
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Re: Le retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Post by Jeremy Fox »

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Le Retour de Frank James (The Return of Frank James, 1940) de Fritz Lang 20TH CENTURY FOX

Sortie USA : 16 Août 1940

Au vu de l’immense succès obtenu par le Jesse James d’Henry King, la Fox pensa immédiatement lui donner une suite ; comme quoi le phénomène n’est pas si récent même si à l’époque il était encore très rare. Il ne faudra aux spectateurs patienter qu’à peine un an et demi avant de pouvoir découvrir comment Frank James allait se venger des deux assassins de son frère. Chose assez inhabituelle, le film de Fritz Lang débute par la reprise de la séquence finale du précédent, à savoir celle du meurtre de Jesse.


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Ayant appris que Bob et Charles Ford avaient été acquittés par la justice (il faut rappeler que la compagnie de chemin de fer ayant proposée une prime pour la tête de Jesse avait aussi annoncé l’amnistie pour les membres du gang aidant à le dénicher), Clem (Jackie Cooper), un adolescent que Frank a pris sous son aile, pousse ce dernier à aller rendre justice lui même. Réticent au départ, il fini pourtant par se lancer à la recherche des frères Ford. Pour avoir les mains plus libres, ils font croire à la mort de Frank, Clem racontant y avoir assisté. Cette légende est reprise dans le principal journal de Denver suite à l’article d’une jeune reporter, la charmante et émancipée Eleanor Stone (Gene Tierney) qui tombe amoureuse de son présumé défunt ! Frank retrouve Bob et Charles dans un théâtre où ils interprètent eux même leur exploit qui consiste à abattre héroïquement ‘les vils frères James’. Une poursuite s’ensuit dans les montagnes escarpées ; Charles fait une chute mortelle dans un torrent mais Bob parvient à s’enfuir. Désormais tout le monde est au courant que Frank est encore en vie. Il est bien décidé à aller jusqu’au bout de sa vengeance mais dans le même temps il apprend que Pinky, l’homme noir travaillant à sa ferme, est arrêté pour complicité de meurtre et condamné à mort. Sur les conseils d’une Eleanor agacée par les priorités vengeresses de l’homme qu’elle aime, Frank rebrousse alors chemin pour aller défendre celui que l’on accuse à tort…


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Intéressant de voir d’une année sur l’autre deux cinéastes aussi talentueux que différents par leur style et leur sensibilité poursuivre la même histoire avec huit des acteurs du premier film. Mais attention, une fois encore, l’histoire n’a rien à voir avec la réalité puisque Frank James n’est jamais parti à la recherche de ses ex-complices ; il s’était volontairement rendu à la justice déclarant à la presse : « Je suis fatigué de cette vie de hors-la-loi… Je désire vivre comme les autres hommes, avoir un foyer, une épouse et des enfants ». Il fut acquitté en 1883 lors d’un long procès. Destin trop peu enthousiasmant et héroïque pour les spectateurs qui demandait à ce qu’il y ait une vengeance en bonne et due forme ; idée peu originale mais sachant qu’il s’agissait d’un des thèmes de prédilection du grand Fritz Lang, son choix en tant que réalisateur s’avérait assez judicieux même s’il n’était aux USA que depuis 5 ans et qu’il n’avait auparavant encore jamais tourné de western.


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Histoire somme toute très conventionnelle mais à l’intérieur de laquelle on trouve quelques ambigüité au sein même du personnage joué merveilleusement bien par un Henry Fonda magistral. Il faut dire qu’à cette époque déjà, l’acteur en était arrivé à se montrer très exigeant sur le choix de ses films voulant comptabiliser une carrière sans faux pas, n’acceptant que les rôles correspondant parfaitement à sa sensibilité. Il n’accepta de tourner dans cette suite que sur les conseils de son ami Henry Hathaway auquel cas contraire il aurait refusé catégoriquement. Pourtant, avec sa manière toute personnelle de chiquer son tabac, son regard bleu acier perdu dans une espèce de perpétuelle mélancolie, sa démarche particulière, il est tout bonnement parfait d’autant que son personnage n’est pas exempt d’aspects antipathiques ; dès le début on le sent assez condescendant envers son ‘nègre’ qui ne s’en laisse pourtant pas compter (le rôle de Pinky est d’ailleurs plus étoffé que dans le film de King, Ernest Whitman maniant ici une ironie assez bienvenue pour l’époque) et a des idées assez réactionnaires sur le rôle des femmes dans la société, ne comprenant pas comment l’une d’elle peut prétendre à être journaliste alors que sa place devrait être devant les fourneaux. Frank est également un personnage indécis et peu enclin à aller de l'avant de sa propre initiative ; c’est le jeune Clem qui le pousse à aller poursuivre les assassins de son frère et c’est la journaliste qui le sermonne de préférer poursuivre Bob plutôt que d’aller sauver la vie de Pinky. Pour rendre le tout encore un peu moins ordinaire que l’on aurait pu l’imaginer, Sam Hellman et Fritz Lang iront à l’encontre de l’héroïsme du personnage interprété par Tyrone Power puisque Frank ne sera à l’origine d’aucune des deux morts.


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Dommage que les autres personnages principaux soient plus convenus, que ce soit Jackie Cooper ou même l’adorable Gene Tierney qui, pour sa première apparition à l’écran, s’avérait non pas encore une actrice prometteuse mais en tout cas une femme à la formidable photogénie ; Fritz Lang l’avait visiblement remarqué et George Barnes la photographie divinement comme tout le reste d’ailleurs. Plastiquement, on sent grandement l’influence de Lang avec ses clairs obscurs, sa profondeur de champs, son travail sur les ombres, certaines séquences semblant encore devoir beaucoup à l’expressionisme allemand comme celle du hold-up ou celle finale se déroulant dans une grange sombre ; rarement encore dans un western nous avions vu un travail aussi recherché au niveau de la photographie d’autant que George Barnes manie aussi le Technicolor de la Fox avec génie, les habits noirs et bruns de la plupart des personnages faisant mieux ressortir les tâches de couleur de certains costumes et éléments de décors. Quant aux extérieurs, ils sont splendidement filmés et photographiés, témoin l’une des rares séquences mouvementée, celle de la poursuite à cheval des frères Ford qui, malgré quelques transparences embarrassantes, est tout simplement parfaite ; Fritz Lang est tellement confiant en la force et la beauté de ses images et de son montage qu’il n’a même pas voulu y inclure de musique et que ça fonctionne pourtant à la perfection. Une partition d’ailleurs très réussie de la part de David Buttolph dont le leitmotiv inquiétant n’est pas sans préfigurer certains des futurs de Bernard Herrmann.


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Une suite toute à fait honorable au très beau film d’Henry King, moins romantique, moins mouvementée, moins captivante, moins émouvante, moins bucolique et pourtant presque tout aussi réussie du fait justement de ces différences de tonalité et de style ; un accent plus noir sans pour autant se départir d’un humour jamais gênant et au contraire bienvenu dans un western aussi austère. Le procès final au cours duquel on juge Frank du meurtre d’un employé lors du hold-up qui ouvre le film voit Henry Hull se déchainer en tant qu’avocat de la défense qui fait comprendre aux jurés la collusion très forte qu’il existe entre l’accusation et la compagnie de chemin de fer à l’origine de tant de spéculations et de spoliations ayant causés bien des malheurs aux petits fermiers du Sud des Etats-Unis dont la plupart font partie. « Frank a volé le chemin de fer qui vous a volé vos terres ». Une séquence qui finie de rendre ce film un poil trop bavard mais qui se révèle très intéressante par la mise en présence des deux conceptions opposés du rôle des frères James à l’époque de leurs méfaits, des thèses historiquement réelles cette fois et qui divisèrent l’opinion publique à la fin du 19ème siècle. S’ensuit un final digne des grandes précédentes réussites du cinéaste allemand, celle se déroulant dans une grange à peine éclairée entre Frank James et Bob Ford ; superbe travail une fois encore sur les ombres et lumières.


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monk
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Re: Le Retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Post by monk »

J'ai commencé un petit cycle Lang américain et j'ai commencé par ce Retour de Franck James pour faire la transition avec mon cycle western annuel.
Moyennement convaincu dans l'ensemble à l'image de ce que dit Jeremy juste au dessus:
Jeremy Fox wrote:Une suite toute à fait honorable au très beau film d’Henry King, moins romantique, moins mouvementée, moins captivante, moins émouvante, moins bucolique (...)
...que je ne trouve pas, pour ma part, aussi réussie malgré tout que le film auquel il fait suite.
Et pourtant, je n'ai pas grand chose à lui reprocher, très honnêtement. Fonda y est très parfait, il reprend son rôle exactement là où il l'avait laissé, assurant une parfaite continuité. L'aventure se suit sans aucun ennui, tout est à sa place et correctement rythmé, mais rien n'emporte vraiment le film au delà des autres. Je me suis donc retrouvé indécis quand à son avenir dans ma DVDthèque (teeeeeeellement prestigieuse comme chacun le sait) et l'ai laissé de coté pour voir comment il allait vieillir - car le temps fait aussi son travail et on peut avoir des surprises (voir éventuellement mon update sur Joe Dakota). Et en fait, j'en suis toujours au même niveau, le film n'ayant pas mal vieilli, mais n'ayant pas non plus grandi avec le temps.
Un film fort honorable donc, à défaut d'être vraiment remarquable.
Je ne garde pas, au final.
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Watkinssien
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Re: Le Retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Post by Watkinssien »

Un film élégant, touchant qui fait partie des oeuvres plus discrètes de Lang. Il y a moins de moments marquants, moins d'ambition peut-être, mais il y a le talent du cinéaste pour rendre un rythme soigné et varié...

Oeuvre intéressante et plus mineure, mais qui se voit sans aucun déplaisir...
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Mother, I miss you :(
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monk
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Re: Le Retour de Frank James (Fritz Lang - 1940)

Post by monk »

Je vois sans doute le verre à moitié vide là où beaucoup le voit à moitié plein :wink: J'avais beaucoup d'attente pour ce film, peut être trop pour ne pas être un peu déçu ? C'est possible. Ca reste un film confortable, (avec ce que ça peut aussi avoir de péjoratif.) mais pas à ignorer.
C'est de cette petite déception que m'est venue l'envie de me faire ce petit cycle "Lang américain", justement pour approfondir cette partie de sa filmo et voir où se situe ce film.