Notez les films avril 2012

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 22858
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Notez les films avril 2012

Post by AtCloseRange »

L'Heure du Crime (Capotondi - 2010)
Ce "polar" à tiroirs italien à l'ambiance parfois onirique est passé relativement inaperçu à sa sortie à l'été 2010 et c'est peut-être bien dommage puisque dans le genre, c'est vraiment maîtrisé. Réalisation élégante, BO sobre et mélancolique à souhait et un scénario qui dans ses limites (il faut en accepter les nombreux méandres) fonctionne bien.
Dommage que la toute fin soit vraiment insatisfaisante et laisse un petit goût d'inachevé.
Image
riqueuniee
Mogul
Posts: 10077
Joined: 15 Oct 10, 21:58

Re: Notez les films avril 2012

Post by riqueuniee »

Ce très bon thriller est en effet quelque peu passé inaperçu, et c'est bien dommage. Il n'a sans doute pas été aidé par la distribution, la date de sortie et le titre français (le titre original, la doppia hora/l'heure double, se rapporte à un détail de l'histoire ). Le scenario présente certes quelques conventions (notamment en ce qui concerne les retournements de situation), mais il est très bien construit, et la réalisation est à la hauteur. Pour moi, la fin n'est pas insatisfaisante, mais ouverte.
A noter aussi (du moins pour la France) une très belle affiche, très inspirée par celles de Saul Bass (notamment Autopsie d'un meurtre)
Profondo Rosso
Howard Hughes
Posts: 15774
Joined: 13 Apr 06, 14:56

Re: Notez les films avril 2012

Post by Profondo Rosso »

Les Sentiments de Noémie Lvovsky (2003)

Image

Jacques, médecin, et Carole, son épouse, habitent une maison en région parisienne. Dans la maison voisine s'installent François et Edith. Ce dernier doit succéder à Jacques et reprendre sa clientèle. Jacques passe beaucoup de temps avec François pour lui transmettre sa succession. Carole et Edith, pendant ce temps, deviennent amies. Très vite, Jacques tombe amoureux d'Edith. Elle est tout d'abord émue par le trouble qu'elle provoque chez lui. Puis elle se met à l'aimer.

Avec son avant-dernier film La Femme d'à côté (1981), François Truffaut réalisa son grand film sur la passion destructrice mais aussi un des plus beaux mélodrames adultère qui soit. C'est une œuvre si marquante pour le cinéma français que depuis de nombreux réalisateur ont cherché à s'y confronter pour le plus souvent des résultats désastreux comme le récent Les Regrets qui ne semble avoir retenu du chef d'œuvre de Truffaut qu’une hystérie ridicule et un drame plombant en lieu et place de la fièvre originelle. Noémie Lvovsky est une des rares à s'être approchée de la flamboyance du maître avec ce beau Les Sentiments. Les raisons ? Tout en entretenant volontairement le mimétisme par des éléments trop communs pour être innocents (l'adultère entre voisin, le vis à vis entre les maisons) Noémie Lvovski trouve sa propre voie en maintenant sa personnalité plutôt que de singer Truffaut.

Tout débute ici par les liens se nouant entre deux couples que tout oppose. Jacques (Jean-Pierre Bacri) et Carole (Nathalie Baye) sont un couple usé et éteint par les ans qui voit arriver dans la maison voisine François (Melvil Poupaud) et Edith (Isabelle Carré), jeune mariés radieux et exubérants. La narration entretien un contraste constant entre l'atmosphère des deux foyers au détour de diverses scènes. Edith accompagne en tenue d'Eve son homme sur le seuil de la porte pour son premier jour de travail quand en face Bacri quitte le domicile en râlant de la saleté de la cuisine. La maison rayonnante et éclairée du jeune couple s'oppose à celle désordonnée et aux rideaux fermés au plus tard de l'après-midi de leurs aînés. Et bien évidemment le teint éclatant et la joie de vivre d'Isabelle Carré jure avec les traits tirés et la démarche fatiguée d'une Nathalie Baye qu'on devine alcoolique. Bientôt cette opposition va se muer en rapprochement lorsqu'on s'attardera plus particulièrement sur Jacques et Edith qui sous leur stabilité apparente, retrouvent finalement chez l'autre ce qui manque à leur mariage. Edith est séduite par la fantaisie et la gaucherie de Jacques plus attachant que son époux à l'assurance trop distante. Jacques est lui charmé par le caractère mutin et espiègle d'Edith la femme enfant et après des sobres amorces de séduction le temps de jolies scénettes (le sauvetage de canard, Jacques qui se barbouille d'encre le visage dans sa gêne de téléphoner à Edith) la première manifestation d'adultère surgit le plus naturellement du monde le temps d'une séquence toute en délicatesse.

Jean-Pierre Bacri loin de l'emploi bougon auquel on l'associe trop facilement est ici parfait en homme mûr retrouvant les joies de la passion. Il passe avec aisance d'une allure terne à celle de grand amoureux un peu ridicule et emprunté, et surtout très attachant. Isabelle Carré prouve elle une nouvelle fois qu'elle est l'actrice française la plus lumineuse de ces dernières années : le charme, la fragilité toute enfantine et la drôlerie, tout est là et le spectateur ne demande qu'à la protéger. Noémie Lvovsky montre cette courte relation coupable sans la moindre culpabilité justement, comme une sorte bulle éphémère de bonheur dans lequel s’abandonnent les amants sans se poser de question. On a ainsi de superbe moment comme le pique-nique en campagne ou la première étreinte filmée avec une infinie tendresse par la réalisatrice. L'idée de génie, c'est cette chorale aux chanteurs for démonstratifs qui accompagne toute la narration du film. Avec son très beau La Vie ne me fait pas peur dépeignant l'année du bac d'un quatuor de lycéennes, Noémie Lvovsky avait montré sa capacité d'alterner facilement rires et larmes à travers l'anodin et réussit le même pari ici avec cette astuce. La chorale donne donc un tour d'autant plus sautillant aux amourettes des amants insouciants, prend des élans extatiques lors du bonheur premier des jeunes mariés et fait décoller vers un lyrisme bouleversant la séparation finale qui à l'écran est une volontairement terne scène de déménagement. La logique de départ se maintient lorsque la liaison sera découverte, le couple installé sombrant dans le non-dit alors que ce sera bien plus volcanique chez les jeunes.

La très belle fin est un contraste à l'image du reste du film, le souvenir d'un moment léger de ce bonheur perdu venant accompagner la solitude du présent d'un bouleversant Bacri. Si ce n'est la petite facilité dans la manière de faire renouer Bacri et Nathalie Baye (toute aussi inspirée que ses partenaires), un des plus beaux mélodrames français des années 2000. Noémie Lvovsky offre un bel et discret hommage à Truffaut et réalise un film qui n'appartient qu'à elle. 5/6
Last edited by Profondo Rosso on 4 Apr 12, 10:07, edited 1 time in total.
riqueuniee
Mogul
Posts: 10077
Joined: 15 Oct 10, 21:58

Re: Notez les films avril 2012

Post by riqueuniee »

Machete (Robert Rodriguez, 2010) Je ne m'attendais à rien, n'étant pas familière du style. C'est une très bonne surprise. Certes, c'est très violent, mais jamais gratuit ou complaisant. C'est très second degré (par moments, on frôle la parodie), ce qui n'est pas désagréable (l'interprétation est réjouissante). Un bon moment, donc.
Colqhoun
Qui a tué flanby ?
Posts: 33320
Joined: 9 Oct 03, 21:39
Location: Helvetica

Re: Notez les films avril 2012

Post by Colqhoun »

Sitcom | François Ozon
Une petite comédie féroce, qui rentre dans le lard de la bourgeoisie qui s'emmerde.
Le prétexte du rat qui pousse tout le monde à se désinhiber ne fonctionne pas complètement pour moi, mais donne lieu à de nombreuses scènes amusantes.
Le final, notamment, est vraiment très drôle.
Mais bon, très sincèrement, en l'état, j'espérais que le film soit capable de mieux naviguer entre gêne et humour féroce et là ça reste globalement assez gentil.

Tropa de Elite | José Padilha
Le futur réalisateur du remake de Robocop réalisait ici son premier long-métrage de fiction.
L'histoire d'une bande de flics, confrontés à des trafiquants de drogues dans les favelas et à la corruption rampante à l'intérieur de leurs services.
Et c'es grand. Réalisation ultra vive, énergique, scénario qui passe sans complexe d'un personnage à l'autre, sans jamais lâcher sa ligne directrice. Description captivante d'une situation sociale qui fait froid dans le dos, où des gamins se prennent des balles perdues pendant que d'autres se font exécuter pour le moindre coup de colère des trafiquants.
Une suite est sortie 3 ans plus tard et s'en prend cette fois-ci à la corruption dans les hautes sphères de l'état brésilien, sur fond d'émeute de prison.
"Give me all the bacon and eggs you have."
Dunn
Producteur Exécutif
Posts: 7306
Joined: 20 Aug 09, 12:10
Location: Au pays des merveilles

Re: Notez les films avril 2012

Post by Dunn »

Profondo Rosso wrote:Les Sentiments de Noémie Lvovsky (2003)

Image

Jacques, médecin, et Carole, son épouse, habitent une maison en région parisienne. Dans la maison voisine s'installent François et Edith. Ce dernier doit succéder à Jacques et reprendre sa clientèle. Jacques passe beaucoup de temps avec François pour lui transmettre sa succession. Carole et Edith, pendant ce temps, deviennent amies. Très vite, Jacques tombe amoureux d'Edith. Elle est tout d'abord émue par le trouble qu'elle provoque chez lui. Puis elle se met à l'aimer.

Avec son avant-dernier film La Femme d'à côté (1981), François Truffaut réalisa son grand film sur la passion destructrice mais aussi un des plus beaux mélodrames adultère qui soit. C'est une œuvre si marquante pour le cinéma français que depuis de nombreux réalisateur ont cherché à s'y confronter pour le plus souvent des résultats désastreux comme le récent Les Regrets qui ne semble avoir retenu du chef d'œuvre de Truffaut qu’une hystérie ridicule et un drame plombant en lieu et place de la fièvre originelle. Noémie Lvovsky est une des rares à s'être approchée de la flamboyance du maître avec ce beau Les Sentiments. Les raisons ? Tout en entretenant volontairement le mimétisme par des éléments trop communs pour être innocents (l'adultère entre voisin, le vis à vis entre les maisons) Noémie Lvovski trouve sa propre voie en maintenant sa personnalité plutôt que de singer Truffaut.

Tout débute ici par les liens se nouant entre deux couples que tout oppose. Jacques (Jean-Pierre Bacri) et Carole (Nathalie Baye) sont un couple usé et éteint par les ans qui voit arriver dans la maison voisine François (Melvil Poupaud) et Edith (Isabelle Carré), jeune mariés radieux et exubérants. La narration entretien un contraste constant entre l'atmosphère des deux foyers au détour de diverses scènes. Edith accompagne en tenue d'Eve son homme sur le seuil de la porte pour son premier jour de travail quand en face Bacri quitte le domicile en râlant de la saleté de la cuisine. La maison rayonnante et éclairée du jeune couple s'oppose à celle désordonnée et aux rideaux fermés au plus tard de l'après-midi de leurs aînés. Et bien évidemment le teint éclatant et la joie de vivre d'Isabelle Carré jure avec les traits tirés et la démarche fatiguée d'une Nathalie Baye qu'on devine alcoolique. Bientôt cette opposition va se muer en rapprochement lorsqu'on s'attardera plus particulièrement sur Jacques et Edith qui sous leur stabilité apparente, retrouvent finalement chez l'autre ce qui manque à leur mariage. Edith est séduite par la fantaisie et la gaucherie de Jacques plus attachant que son époux à l'assurance trop distante. Jacques est lui charmé par le caractère mutin et espiègle d'Edith la femme enfant et après des sobres amorces de séduction le temps de jolies scénettes (le sauvetage de canard, Jacques qui se barbouille d'encre le visage dans sa gêne de téléphoner à Edith) la première manifestation d'adultère surgit le plus naturellement du monde le temps d'une séquence toute en délicatesse.

Jean-Pierre Bacri loin de l'emploi bougon auquel on l'associe trop facilement est ici parfait en homme mûr retrouvant les joies de la passion. Il passe avec aisance d'une allure terne à celle de grand amoureux un peu ridicule et emprunté, et surtout très attachant. Isabelle Carré prouve elle une nouvelle fois qu'elle est l'actrice française la plus lumineuse de ces dernières années : le charme, la fragilité toute enfantine et la drôlerie, tout est là et le spectateur ne demande qu'à la protéger. Noémie Lvovsky montre cette courte relation coupable sans la moindre culpabilité justement, comme une sorte bulle éphémère de bonheur dans lequel s’abandonnent les amants sans se poser de question. On a ainsi de superbe moment comme le pique-nique en campagne ou la première étreinte filmée avec une infinie tendresse par la réalisatrice. L'idée de génie, c'est cette chorale aux chanteurs for démonstratifs qui accompagne toute la narration du film. Avec son très beau La Vie ne me fait pas peur dépeignant l'année du bac d'un quatuor de lycéennes, Noémie Lvovsky avait montré sa capacité d'alterner facilement rires et larmes à travers l'anodin et réussit le même pari ici avec cette astuce. La chorale donne donc un tour d'autant plus sautillant aux amourettes des amants insouciants, prend des élans extatiques lors du bonheur premier des jeunes mariés et fait décoller vers un lyrisme bouleversant la séparation finale qui à l'écran est une volontairement terne scène de déménagement. La logique de départ se maintient lorsque la liaison sera découverte, le couple installé sombrant dans le non-dit alors que ce sera bien plus volcanique chez les jeunes.

La très belle fin est un contraste à l'image du reste du film, le souvenir d'un moment léger de ce bonheur perdu venant accompagner la solitude du présent d'un bouleversant Bacri. Si ce n'est la petite facilité dans la manière de faire renouer Bacri et Nathalie Baye (toute aussi inspirée que ses partenaires), un des plus beaux mélodrames français des années 2000. Noémie Lvovsky offre un bel et discret hommage à Truffaut et réalise un film qui n'appartient qu'à elle. 5/6
Très belle critique pour un film que je n'ai pas revu mais que j'avais beaucoup apprécié.Isabelle Carré comme toujours est effectivement merveilleuse :oops:
frédéric
1st Degree
Posts: 12958
Joined: 28 Aug 04, 18:49
Location: Une galaxie lointaine, très lointaine

Re: Notez les films avril 2012

Post by frédéric »

Sur la piste du Marsupilami

Disons le tout de suite, c'est moins réussit que Mission : Cléopâtre et c'est complètement débile, mais miraculeusement ça passe assez malgré une première partie assez lourde. Cela s'arrange vraiment par la suite avec un rythme assez frénétique et surtout, surtout un numéro ahurissant de Lambert Wilson qui vaut à lui seul le déplacement. La créature est plutôt bien foutue et assez craquante, y compris les
Spoiler (cliquez pour afficher)
bébés à la fin
. Voilà.
Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

Cinéma Actuel : http://sallesobscures2.over-blog.fr/

"And Now Mr Serling"
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 22858
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Notez les films avril 2012

Post by AtCloseRange »

Go (Doug Liman)
Ah, quelle époque! La fin des années 90 quand Tarantino donnait le ton de la plupart des productions indés et que les Guy Ritchie et Danny Boyle imposaient le nouveau "cool" (mmmmh...).
Go est dans la droite lignée de tout ça avec sa structure à la Pulp Fiction, son humour décalé, ses personnages abrutis et sans morale, sa violence si "fun"... Je dois avouer que sur le principe, c'est un peu tout ce que je déteste (Tarantino étant vraiment un cas à part, en tout cas à ses débuts) mais ce n'est pas désagréable et plutôt bien ryhtmé. Heureusement qu'il y a la toujours impeccable Sarah Polley pour donner un peu d'humanité à l'ensemble par sa simple présence. Et puis William Fichtner réussit une fois de plus en quelques scènes à emporter le morceau.
Image
User avatar
Flavia
My Taylor is rich
Posts: 3603
Joined: 4 Jun 11, 21:27

Re: Notez les films avril 2012

Post by Flavia »

Beginners - Mike Mills (2010)

Image

Oliver, illustrateur à Los Angeles, collectionne les ex et les déceptions amoureuses. Quand son père Hal décède, 5 ans après avoir fait son coming-out, Oliver se penche sur ses relations familiales et ses échecs sentimentaux, jusqu'au jour où il rencontre Anna.

Mike Mills s'est inspiré de sa propre vie en réalisant ce film, son père ayant révélé son homosexualité à la mort de son épouse. De cette histoire familiale, le réalisateur signe un film charmant, avec un mélange doux-amer de mélancolie et d'humour. L'interprétation très convaincante des acteurs est portée tout d'abord par un Ewan Mc Gregor touchant, émouvant en fils désorienté par le décès de son père. Cet homme si important dans sa vie est quant à lui magnifiquement interprété par Christopher Plummer. La touche féminine du film est quant à elle apportée par Mélanie Laurent.
Il faut également mettre en avant l'importance du chien qui échange tel un humain avec son maître (petit détail qui a son charme dans le film), et qui, au delà de répliques fortes telles que "Dis-lui que les ténèbres nous engloutiront si rien de radical n’advient sur-le-champ", se révèle être un élément important pour Oliver et pour l'histoire. J'ai vraiment apprécié ce film très attachant et d'une grande justesse.
frédéric
1st Degree
Posts: 12958
Joined: 28 Aug 04, 18:49
Location: Une galaxie lointaine, très lointaine

Re: Notez les films avril 2012

Post by frédéric »

Blanche Neige (Tarsem Singh)

Revenu des Immortels, Singh signe une version très curieuse du célèbre conte, c'est visuellement époustouflant, Julia Roberts s'en donne à coeur joie au côté de la ravissante Lily Collins, les nains sont fort drôles et les effets spéciaux sont réussis. Reste que la partie humoristique est assez bancale et plutôt déroutante, mais le tout demeure sympathique.
Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

Cinéma Actuel : http://sallesobscures2.over-blog.fr/

"And Now Mr Serling"
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 22858
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Notez les films avril 2012

Post by AtCloseRange »

Tiny Furniture (Dunham - 2010)
7Swans en parlait à propos de la nouvelle série d'HBO (Girls) et c'est donc le film qui a permis à Lena Dunham de se faire remarquer (ce film du mouvement mumblecore a même eu droit à une sortie chez Criterion).
Par rapport aux autres films mumblecore que j'ai pu voir, c'est esthétiquement d'un tout autre niveau grâce aux progrès techniques des nouveaux appareils photos numériques (c'est bien le cas ici? que les férus de technologie me le confirment) et on arrive ici à une qualité d'image assez étonnante pour un film de ce budget. J'ai eu parfois l'impression de retrouver une esthétique visuelle à la Bergman 70s voire Antonioni, impression renforcée par l'utilisation quasi-permanente de plans fixes dans lesquels les comédiens se meuvent.
Pour ce qui est du style, c'est très bavard (c'est du mumblecore, hein) mais il y a un ton assez personnel qui ne fait pas beaucoup de cadeaux à ses personnages sans aller jusqu'à la caricature.
ça m'a parfois rappelé le très bon Greenberg (on y retrouve d'ailleurs dans un petit rôle, Merrit Wever, l'excellente Zoey de Nurse Jackie).
Derrière la drôlerie, il y a pas mal d'inconfort dans la relation de l'héroïne Aura au monde, à son corps, sa famille, ses amies, aux hommes.
Je vais me laisser tenter par Girls maintenant.
Last edited by AtCloseRange on 21 Apr 12, 20:58, edited 1 time in total.
Image
User avatar
Flol
smells like pee spirit
Posts: 44804
Joined: 14 Apr 03, 11:21

Re: Notez les films avril 2012

Post by Flol »

Ok, je sais ce qu'il me reste à faire...
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 22858
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Notez les films avril 2012

Post by AtCloseRange »

C'est là que je me rends compte que je l'ai un peu survendu...
Si je cite Greenberg, c'est quand même une bonne taille en-dessous. Disons que c'est intéressant.
Dans le genre mumblecore, Humpday était, par la force même de son postulat, d'un autre niveau.
Image
User avatar
7swans
Nuits de Sheen...
Posts: 7561
Joined: 17 Feb 06, 18:50

Re: Notez les films avril 2012

Post by 7swans »

AtCloseRange wrote:Tiny Furniture (Dunham - 2010)
7Swans en parlait à propos de la nouvelle série d'HBO (Girls) et c'est donc le film qui a permis à Lena Dunham de se faire remarquer (ce film du mouvement mumblecore a même eu droit à une sortie chez Criterion).
Par rapport aux autres films mumblecore que j'ai pu voir, c'est esthétiquement d'un tout autre niveau grâce aux progrès techniques des nouveaux appareils photos numériques (c'est bien le cas ici? que les férus de technologie me le confirment) et on arrive ici à une qualité d'image assez étonnante pour un film de ce budget. J'ai eu parfois l'impression de retrouver une esthétique visuelle à la Bergman 70s voire Antonioni, impression renforcée par l'utilisation quasi-permanente de plans fixes dans lesquels les comédiens se meuvent.
Pour ce qui est du style, c'est très bavard (c'est du mumblecore, hein) mais il y a un ton assez personnel qui ne fait pas beaucoup de cadeaux à ses personnages sans aller jusqu'à la caricature.
ça m'a parfois rappelé le très bon Greenberg (on y retrouve d'ailleurs dans un petit rôle, Merrit Wever, l'excellente Zoey de Nurse Jackie).
Derrière la drôlerie, il y a pas mal d'inconfort dans la relation de l'héroïne Aura au monde, à son corps, sa famille, ses amies, aux hommes.
Je vais me laisser tenter par Girls maintenant.
On retrouve toutes les qualités que tu sembles pointer, dans sa série pour HBO. ça ré-affirme mon intérêt pour ce premier film de Dunham.
AtCloseRange wrote:aux progrès techniques des nouveaux appareils photos numériques (c'est bien le cas ici? que les férus de technologie me le confirment)
Je confirme, tourné en Canon 7D.
Pour Girls, elle passe sur du format professionnel (en Arri Alexa, principal concurrent des caméras RED).
AtCloseRange wrote:Dans le genre mumblecore, Humpday était, par la force même de son postulat, d'un autre niveau.
Pour le coup, j'ai surtout l'impression que tu sur-évalues (amplifies/embellis, comme tu veux), ton souvenir de Humpday.
Ou qu'il te faut un concept scénaristique fort ou un postulat original pour accepter les tâtonnements techniques, et surtout les flots de bavardages qui font quand même la couleur du mouvement mumblecore (au delà d'un gros point de départ type "et si deux mecs hétéros tournaient un porno gay").
There's no such thing as adventure. There's no such thing as romance. There's only trouble and desire.
User avatar
monk
Décorateur
Posts: 3627
Joined: 21 Jun 05, 09:55

Re: Notez les films avril 2012

Post by monk »

Image


Children who chase lost voices from deep below de Makoto Shinkai

Asuna, orpheline de père, vit globalement seule, avec sa mère jamais à la maison. Elle est témoin de l'entrée dans notre monde d'une créature extraordinaire mais dangereuse, et en est sauvée par un mystérieux jeune homme, possésseur d'une pierre encore plus étrange...

Le Shinkai nouveau est un film d'aventure dans un monde fantastique, avec une réflexion sur la solitude et plus interessante sur le deuil. Pitché de la sorte, on pourrait croire à un vieux Ghibli. Sans vouloir rechercher la comparaison à tout prix, il faut avouer que Shinkai tend sans cesse le baton pour se faire battre.

Véritable shojo, on retrouve l'univers extrèmement romantique et nostalgique de ces pécédents films, avec cette lumière assez caractéristique baignant la plupart des plans, où la nature abondante de la campagne japonaise est ultra mise en valeur.

Image


Nature omniprésente donc, témoin distant de l'action des hommes, très travaillée, qui se veut à la foi réaliste et fanstasmée, rappelant sans contexte les productions Ghibli. Malgré la comparaison, il faut avouer que les décors (Nature ou habitations) sont absolument magnifique, et soulèvent l'interet.

Image


A coté, le chara-design ne tient pas la distance. Déjà un point faible des précédents films de Shinkai, les personnages manquent cruellement de personnalité. Très communs, ils auraient plutôt tendence à nous rappeler d'autres personnages, notement, évidement, issus de l'univers Ghibli...ce qui est une fois de plus assez dommageable.

Image


Dernier rappel vers L'univers de Miyazaki: l'univers fantastique ! Les créatures, très belles et imposant le respect, renvoient aux films du maitre de manière étonnement directe, au point qu'on pourrait y voir un hommage (au mieux) ou un plagiat (au pire):

Image


Image


Image


A part ça ? Une animation extrèmement fluide et dynamique, avec un coté assez old school, au service d'une histoire somme toute assez classique mais qui offre des personnages non manichéens. Il n'y a finalement pas de méchant, juste des désirs contradictoires.

Au final, un film un peu longuet parfois mais qui se consomme sans déplaisir, comme un Ghibli inédit.