Notez les films naphtas - Novembre 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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cinephage
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by cinephage »

Le casting est indéniablement un point positif du film. Néanmoins, la simplicité de l'enjeu science-fictif (ce monde où l'on ne pleure pas) contraste violemment avec l'inintelligibilité de la mise en scène, des faux raccords, des dialogues souvent très artificiels. Ca n'a vraiment pas marché sur moi, qui apprécie pourtant beaucoup Pierrot le fou ou une femme est une femme. Mais ici, le dispositif est trop voyant, les enjeux trop faussement intellectuels.

Peut-être que j'y reviendrai un jour et que je réévaluerai mon point de vue... Après tout, c'est un Godard assez estimé, qui avait décroché un ours à Berlin, je crois, donc il a su plaire à beaucoup de gens, et doit donc avoir des qualités qui m'ont échappé.
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Rick Blaine
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Rick Blaine »

cinephage wrote:Ca n'a vraiment pas marché sur moi, qui apprécie pourtant beaucoup Pierrot le fou ou une femme est une femme. Mais ici, le dispositif est trop voyant, les enjeux trop faussement intellectuels.
Je suis plus gêné par cet aspect dans une Femme Mariée par exemple, ou Masculin Feminin, qui m'ont un peu agacé. Je le comparerais justement, à la manière dont je l'ai perçu, à Une femme est une femme pour l’intégration du dispositif.
Mais c'est peut-être du au sujet en lui même, il m'a bien plu. Effectivement peut-être plus simpliste que d'autre de ses films, mais j'ai été touché, je me suis reconnu dans les thèmes abordé, ce qui a probablement facilité mon approche du film.
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Demi-Lune
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Re:

Post by Demi-Lune »

cinephage wrote:Alphaville, de Jean-Luc Godard (1965)

Aie... Très écrit, bourré de citations hors-sujet, artificiel à l'extrême, voici un film qui réunit tous les tics du cinéma de Godard, mais ne parvient ni à les capter pour renforcer son récit, ni à les faire oublier. Alphaville est pompeux et ennuyeux, parfois inaudible, parfois juste stéréotypé : le monde de la raison, dirigé par un ordinateur, où pleurer est criminel, boarf...
Alors que la plupart des films de Godard de la période m'enthousiasment assez, Alphaville est plutôt une déception. Restent quelques beaux échanges, quelques citations ludiques, le charme d'Anna Karina. Mais c'est bien maigre.
4/10
Je partage ton sentiment et je serai même encore plus sévère puisque, sans vouloir blesser les amateurs du film, Alphaville m'a vraiment fait l'effet d'une purge intégrale.
Ça a marqué mon divorce avec Godard que je commençais à découvrir et qui était alors loin de me déplaire. J'ai totalement laissé tomber son cinéma, depuis.
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Watkinssien
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Re: Re:

Post by Watkinssien »

Demi-Lune wrote:
cinephage wrote:Alphaville, de Jean-Luc Godard (1965)

Aie... Très écrit, bourré de citations hors-sujet, artificiel à l'extrême, voici un film qui réunit tous les tics du cinéma de Godard, mais ne parvient ni à les capter pour renforcer son récit, ni à les faire oublier. Alphaville est pompeux et ennuyeux, parfois inaudible, parfois juste stéréotypé : le monde de la raison, dirigé par un ordinateur, où pleurer est criminel, boarf...
Alors que la plupart des films de Godard de la période m'enthousiasment assez, Alphaville est plutôt une déception. Restent quelques beaux échanges, quelques citations ludiques, le charme d'Anna Karina. Mais c'est bien maigre.
4/10
Je partage ton sentiment et je serai même encore plus sévère puisque, sans vouloir blesser les amateurs du film, Alphaville m'a vraiment fait l'effet d'une purge intégrale.
Ça a marqué mon divorce avec Godard que je commençais à découvrir et qui était alors loin de me déplaire. J'ai totalement laissé tomber son cinéma, depuis.
:shock:
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Demi-Lune »

C'est si surprenant que ça ? :mrgreen:
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Watkinssien
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Watkinssien »

Demi-Lune wrote:C'est si surprenant que ça ? :mrgreen:

Oh oui, quand même... Le film de Godard est totalement déconcertant, mais il est surtout très maîtrisé dans son apparente liberté de ton et ne mérite assurément pas le qualificatif que tu lui assènes... :wink:
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Demi-Lune
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Demi-Lune »

Watkinssien wrote:
Demi-Lune wrote:C'est si surprenant que ça ? :mrgreen:

Oh oui, quand même... Le film de Godard est totalement déconcertant, mais il est surtout très maîtrisé dans son apparente liberté de ton et ne mérite assurément pas le qualificatif que tu lui assènes... :wink:
Mes propos à son sujet sont certes radicaux mais, comme dirait jacques2, reflètent totalement ce que j'ai ressenti. Honnêtement, il me faudra bien du courage pour affronter un nouveau film de Godard tant celui-ci m'a été insupportable de long en large. Une expérience de rejet en bloc comme j'en ai rarement eue et qui me désole d'autant plus que j'avais été particulièrement sensible au superbe Mépris. Une vraie histoire avec des vrais personnages et de vrais émotions. Mais finalement, je comprends pourquoi Godard affirme ne pas trop apprécier celui-là. Il n'est peut-être pas assez "godardien" dans le sens où Godard ne passe pas son temps à triturer les formes et les langages dans ses tics caractéristiques qui ont chez moi le don de m'horripiler totalement (voire de me consterner, je l'avoue :oops: ). Alphaville marque pour moi un certain aboutissement du système expérimental antérieur de Godard et, pour rester soft, ce résultat filmique ne s'adresse tout simplement pas à ma sensibilité. Rien de dramatique là-dedans donc, je passe simplement à autre chose pour ma part. :wink:
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Re:

Post by Federico »

cinephage wrote:Alphaville, de Jean-Luc Godard (1965)
Aie... Très écrit, bourré de citations hors-sujet, artificiel à l'extrême, voici un film qui réunit tous les tics du cinéma de Godard, mais ne parvient ni à les capter pour renforcer son récit, ni à les faire oublier. Alphaville est pompeux et ennuyeux, parfois inaudible, parfois juste stéréotypé : le monde de la raison, dirigé par un ordinateur, où pleurer est criminel, boarf...
Alors que la plupart des films de Godard de la période m'enthousiasment assez, Alphaville est plutôt une déception. Restent quelques beaux échanges, quelques citations ludiques, le charme d'Anna Karina. Mais c'est bien maigre.
4/10
Je pense que c'est le type-même de film qui peut autant fasciner que rebuter, émouvoir que raser.
En ce qui me concerne, il reste un des Godard que je préfère... tout en reconnaissant volontiers qu'il est moins "aimable" que les autres tournés avec Karina. Formidablement aidé par la photo de Coutard, il a su d'avance montrer le monde artificiel qui est le nôtre depuis disons une trentaine d'années. On sentira son influence esthétique (avec plus ou moins de réussite) chez quelques réalisateurs apparus dans les années 80 comme Carax et Jarmush. Et son anticipation me semble presque plus tangible que celle de Blade Runner (bien qu'admirant tout autant le film de Scott). Le seul détail qui me heurte à chaque vision, c'est le jeu d'Akim Tamiroff. J'aime énormément les acteurs excentriques, les character actors, mais que ce soit ici ou chez son pote Welles, il m'a toujours très vite fatigué.
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Re: Re:

Post by Jeremy Fox »

Federico wrote: Je pense que c'est le type-même de film qui peut autant fasciner que rebuter, émouvoir que raser.
En ce qui me concerne, il reste un des Godard que je préfère... tout en reconnaissant volontiers qu'il est moins "aimable" que les autres tournés avec Karina. Formidablement aidé par la photo de Coutard, il a su d'avance montrer le monde artificiel qui est le nôtre depuis disons une trentaine d'années. On sentira son influence esthétique (avec plus ou moins de réussite) chez quelques réalisateurs apparus dans les années 80 comme Carax et Jarmush. Et son anticipation me semble presque plus tangible que celle de Blade Runner (bien qu'admirant tout autant le film de Scott). Le seul détail qui me heurte à chaque vision, c'est le jeu d'Akim Tamiroff. J'aime énormément les acteurs excentriques, les character actors, mais que ce soit ici ou chez son pote Welles, il m'a toujours très vite fatigué.
Entièrement d'accord avec ça y compris à propos du jeu de Tamiroff. Un des très grands Godard à mon avis (qui m'avait néanmoins horripilé à la première vision)
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Kevin95 »

... et la musique de Paul Misraki ? et le monologue d'amour de Karina ? et le plan séquence entre couloir et ascenseur ?

Quand bien même le film est abstrait, il y a des éléments qui ne trompent pas, non ?
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Cela dit, Godard pouvait filmer le périf, si Karina jouait dedans je trouve des qualités au film. :oops:
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Tancrède »

il est bien ce film. Outre Anna Karina, la photo et la fin sublime, une de ses qualités essentielles, c'est que Godard a créé une atmosphère futuriste en ne filmant quasiment que des décors urbains contemporains. Et ça, ça accentue grave la pertinence de son propos désabusé.
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cinephage
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by cinephage »

Le film a le mérite de diviser, c'est déja ça. :wink:
Mais puisque tu parles de décors futuristes, Tancrède, j'ai pour ma part été assez peu convaincu quand à "l'atmosphère futuriste", encore que je veuille bien croire que ça marchait mieux en 65. En revanche, c'est vrai que la photo du film est remarquable.

Après,
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le propos d'un terrifiant monde futuriste dirigé par un ordinateur, où les hommes sont sans émotion ni rêves, dans lequel le héros rend leur humanité aux hommes (et de préférence à une femme), émotion incarnée, pour mémoire, par la poésie et l'amour, franchement, c'est tout de même vraiment peu novateur, même pour l'époque. Propos désabusé ? Godard a été plus incisif ailleurs, je pense.
Ce qui fait que le final ne m'a pas semblé sublime, mais, au contraire, très appuyé (l'ordinateur est cassé, la jeune fille retrouve l'amour et apprend à l'exprimer. Anna Karina balbutiant "je... Vous... Aime", nonobstant le charme de la comédienne, ça m'a quand même rappelé Liloo découvrant la méchanceté des hommes dans le 5ème élément, ce qui n'est pas un compliment).
En revanche, j'aime bien la musique de Misraki, bien que son emploi soit souvent déstabilisant et contribue à rendre le film peu agréable. Et j'ai remarqué l'étonnant plan séquence qu'évoque Kevin, qui m'a impressionné et dont parle Coutard dans le bonus du dvd (je me suis d'ailleurs dit que le film débutait bien, tout content).
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by riqueuniee »

Noblesse oblige Un petit bijou d'humour noir (et aussi une satire assez féroce,finalement, de l'aristocratie british). Si la composition de Alec Guinness (huit personnages !) est époustouflante, il ne faudrait pas oublier celle de Dennis Price, dans le rôle du meurtrier. C'est tout de même lui le personnage principal, et son commentaire en voix off (très ironique) apporte beaucoup au film. Un acteur qui n'a pas eu la carrière ciné que cette prestation pouvait laisser espérer.
Federico
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by Federico »

Kevin95 wrote:
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Cela dit, Godard pouvait filmer le périf, si Karina jouait dedans je trouve des qualités au film. :oops:
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OK, la photo est tirée du Petit soldat et ce n'est pas le périph' en arrière-plan moche mais bon... :oops:
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Re: Notez les films naphtas - Novembre 2011

Post by monk »

Les Tueurs de Robert Siodmak

Très belle mise en scène morcelée, beau travail sur la lumière, acteurs charismatiques, scénario complexe. Je n'ai pas grand chose à lui reprocher, mais il m'a laissé pas mal froid, comme si je n'étais pas concerné par ce qui se passait à l'écran. Pas de rejet comme avec Laura, où je trouvais que plein de choses n'allaient pas. Ici, ça tourne bien, le développement n'est pas trop lent; mais j'étais content quand c'était fini et n'ai aucune envie de le garder.
Exactement ce qui s'était passé avec La Dame De Shanghai il y a deux mois, que je n'étais pas venu commenté tant je ne savais pas quoi en dire. Jevois ce qui se passe à l'écran, le travail, la recherche, mais je ne me sens pas concerné. :?

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The Naked City de Jules Dassin

Voilà enfin le premier vrai coup de coeur de mon programme Noir ! Moins complexe que ce que la majorité de ce que j'ai pu voir jusqu'ici, mais beaucoup plus organique et humain - sans être particulièrement humaniste. Les personnages sont touchants, entiers, vrai. Le développement monte en puissance, de manière très progressive, en partant très doucement, mais le final est d'anthologie. Mise en scène efficasse, mais lumière un peu plate; ce qui n'empêche pas rendre la ville extrèmement présente. J'ai aussi beaucoup aimé la narration avec cette introduction très originale.
Très belle réussite, très belle rencontre. Je garde ! 8)

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Side note: j'avais prévu un programme chronologique, mais étant visiblement moins sensible au Noir que ce que j'ai pu l'être avec le Western, je vais retourner à un visionnage par réalisateur (Mann, Fuller, Lang...) avec quelques one-shots (Daves, Siegel, Sturges, Huston...)