Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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ballantrae
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by ballantrae »

Merci pour toutes ces précisions!
Si je mets en avant deToth c'est grâce à ma meilleure connaissance de celui-ci :None shall escape, Day of the outlaw, Springfield rifle,Pitfall, Play dirty sont de sacrés films!Je suis un peu plus réservé sur Carson city ou house of wax...
Dwan sera un continent à découvrir un de ces quatre par delà ce Montana Belle au souffle un peu court!
Quels autres films ayant fait appel à ce procédé photographique peut-on retenir?
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

ballantrae wrote: Quels autres films ayant fait appel à ce procédé photographique peut-on retenir?
daniel gregg te parlera certainement de A man Alone de Ray Milland car le reste m'est totalement inconnu
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Tiens, puisque je pensais faire ça pour l'année 1952 qui ne va pas tarder à s'achever, je ne vois pas pourquoi je ne reviendrais pas sur les deux années précédentes. Un mini bilan tout à fait subjectif qui s'ajouterait au résumé de l'année.


1950

Western préféré de l'année : La Porte du Diable (Devil’s Doorway) : Anthony Mann
Année dominée par Anthony Mann et John Ford
Plus belle découverte (film quasiment inconnu) : L'Aigle et le Vautour (The Eagle and the Hawk) : Lewis R. Foster
Les grands classiques qui m'ont beaucoup déçu : Aucun

1951

Western préféré de l'année : Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) : William Wellman
Année dominée par William Wellman
Plus belle découverte (film quasiment inconnu) : Tomahawk : George Sherman
Les grands classiques qui m'ont déçu : Les Aventures du Capitaine Wyatt (Distant Drums) : Raoul Walsh et, dans une moindre mesure, Une Corde pour te pendre (Along the Great Divide) : Raoul Walsh
O'Malley
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by O'Malley »

Pour en revenir à La mission du commandant Lex (désolé pour le retour en arrière) qui m'avait laissé un souvenir agréable mais loin d'être enthousiasmant, à la manière des autres de Toth avec Randolph Scott, je trouve l'anecdote du réalisateur, rapportée par Tavernier, sur la version de 2h30 peu vraisemblable compte-tenu des contraintes de productions de ce western (une série B avec ses limitations de temps et d'argent). Vouloir faire un nouvel Autant en emporte le vent avec ce sujet et les moyens dont De Toth disposait me paraît aussi peu crédible. Soit la Warner disposait d'un budget de série A et le vendait tel quel, soit il s'agit d'une prod de série et le tournage et la logistique du film était en accord avec les conditions de production.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:Pour en revenir à La mission du commandant Lex (désolé pour le retour en arrière) qui m'avait laissé un souvenir agréable mais loin d'être enthousiasmant, à la manière des autres de Toth avec Randolph Scott, je trouve l'anecdote du réalisateur, rapportée par Tavernier, sur la version de 2h30 peu vraisemblable compte-tenu des contraintes de productions de ce western (une série B avec ses limitations de temps et d'argent). Vouloir faire un nouvel Autant en emporte le vent avec ce sujet et les moyens dont De Toth disposait me paraît aussi peu crédible. Soit la Warner disposait d'un budget de série A et le vendait tel quel, soit il s'agit d'une prod de série et le tournage et la logistique du film était en accord avec les conditions de production.
(désolé pour le retour en arrière)

Au contraire, ils sont toujours les bienvenues :wink:

Sinon justement, le film a des allures de série B mais du point de vue du budget, il s'agit d'un film de série A pour la Warner ; les moyens alloués pour le film ont l'air d'avoir été considérables d'après ce que j'ai pu lire. Et la comparaison avec le film de Fleming portait uniquement sur la durée.

Ceux qui auraient lu ce livre pourraient peut-être nous en dire plus

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O'Malley
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by O'Malley »

Jeremy Fox wrote:Sinon justement, le film a des allures de série B mais du point de vue du budget, il s'agit d'un film de série A pour la Warner ; les moyens alloués pour le film ont l'air d'avoir été considérables d'après ce que j'ai pu lire. Et la comparaison avec le film de Fleming portait uniquement sur la durée.

oui c'est ce tu précises justement au début mais de là à bénéficier des moyens et d'une durée d'une super-production (De Toth n'était pas De Mille ou Ford ou Walsh pour les majors?). Pour ensuite réduire le film a un volume de série B et de couper des séquences dites "superbes" ou cruciaux dont certaines (celles qui développent les personnages) étaient prévues dans le scénario initial.
Je ne veux pas dire que De Toth affabule (mais presque... :mrgreen: ). En tout cas, ses propos me laissent dubitatif. Je ne vois pas La mission du commandant Lex en un projet initial de 2h30. :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:
Jeremy Fox wrote:Sinon justement, le film a des allures de série B mais du point de vue du budget, il s'agit d'un film de série A pour la Warner ; les moyens alloués pour le film ont l'air d'avoir été considérables d'après ce que j'ai pu lire. Et la comparaison avec le film de Fleming portait uniquement sur la durée.

oui c'est ce tu précises justement au début mais de là à bénéficier des moyens et d'une durée d'une super-production (De Toth n'était pas De Mille ou Ford ou Walsh pour les majors?). Pour ensuite réduire le film a un volume de série B et de couper des séquences dites "superbes" ou cruciaux dont certains (celles qui développent les personnages) étaient prévues dans le scénario initial.
Je ne veux pas dire que De Toth affabule (mais presque... :mrgreen: ). En tout cas, elle me laisse dubitatif. Je ne vois pas La mission du commandant Lex en un projet initial de 2h30.
:wink:
Tu as probablement raison et je préfère d'ailleurs ta version de l'histoire auquel cas contraire j'aurais toujours rêvé qu'on puisse retrouver la version longue :mrgreen:

Il y avait de la matière je trouve à rallonger le film d'au moins un quart d'heure notamment pour s'appesantir plus longuement sur les relations du couple (je me suis dit à plusieurs reprises qu'il devait manquer des scènes avant de lire cette anecdote). En même temps, c'est justement la grande qualité de De Toth que d'arriver à boucler le tout avec cette faible durée. Ca file à 100 à l'heure et mon enthousiasme ne date d'ailleurs que de cette dernière revision.
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Jeremy Fox
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Hangman's Knot

Post by Jeremy Fox »

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Le Relais de l'or maudit (Hangman's Knot, 1952) de Roy Huggins
COLUMBIA


Avec Randolph Scott, Donna Reed, Lee Marvin, Claude Jarman Jr, Frank Faylen, Clem Bevans, Ray Teal
Scénario : Roy Huggins
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Photographie : Charles Lawton Jr. (Technicolor)
Un film produit par Harry Joe Brown et Randolph Scott pour la Columbia


Sortie USA : 15 novembre 1952

Cette année 1952 avec laquelle nous en aurons bientôt fini s'avère être la première à avoir mis la série B westernienne à son plus haut. Voyez plutôt cette liste de très belles réussites sans le domaine : A Feu et à sang (The Cimarron Kid) et Le Traître du Texas (Horizons West) de Budd Boetticher, Fort Osage de Lesley Selander, Au Mépris des lois (The Battle of Apache Pass) de George Sherman, Duel sans merci (Duel at Silver Creek) de Don Siegel, La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) de André De Toth... Le Relais de l'or maudit vient les rejoindre sans avoir à rougir devant n'importe lequel d'entre eux.


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Seule et unique réalisation de Roy Huggins, Le Relais de l’or maudit nous fait regretter que cet homme de cinéma n’ait pas persévéré dans le métier de metteur en scène. Heureusement, quelques ouvrages ne l’ont pas oublié, à commencer par le fameux 50 ans de cinéma américain de Bertrand tavernier et Jean-Pierre Coursodon. Dans une petite notule classée à la rubrique scénariste, ils écrivent « Roy Huggins mérite d’être cité pour la nostalgie qu’il a gardée pour le film noir. Du thriller il a conservé l’ambiance trouble, les péripéties nombreuses, les points de départs étranges ou originaux, l’ambiguïté morale ». Professeur de l’université de Californie en 1939 puis ingénieur dans l’industrie pendant la guerre, Roy Huggins se tourne ensuite vers la littérature et écrit trois romans policiers, des nouvelles puis des scénarios tirés d’abord de ses propres ouvrages. Il devient ensuite l’un des scénaristes les plus féconds de la Columbia. Parmi ses travaux citons Gun Fury (Bataille sans merci - 1953) de Raoul Walsh, Three Hours to Kill (1954) de Alfred Werker, mais surtout l’un des très beaux films noir romantiques des années 50 : Pushover (Du plomb pour l’inspecteur -1954) de Richard Quine avec Kim Novak et Fred Mac Murray. En 1952, il met en scène pour une société indépendante, la Producers Actors, un scénario dont il est entièrement l’auteur : c’est justement le western dont nous parlons ici même, Hangman’s Knot. Marié à l’actrice et ancienne chanteuse de l’orchestre de Xavier Cugat, Adèle Mara (Le Réveil de la sorcière rouge), Roy Huggins souhaite désormais avoir le contrôle total de ses films à une époque où cette pratique est vue de travers par les gros pontes ; il l'obtint pourtant mais pas en tant que cinéaste mais en devenant scénariste et producteur de séries télévisées fort célèbres comme 77 Sunset Strip, Maverick, Le Fugitif... Depuis 1961, il ne se consacre plus qu’à la petite lucarne.


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1865 dans le Nevada. Après six semaines d’attente dans le désert à la tête d’un petit commando de Sudistes en mission spéciale, le major Matt Stewart (Randolph Scott) attaque un convoi d’or de l’armée adverse. Ils déciment tous les soldats et s’emparent du quart de million de dollars en lingots d’or. Mais ils apprennent avec horreur de la bouche d’un officier nordiste mourant que la guerre civile est terminée depuis un mois et que leur coup d’éclat les transforme ainsi en hors-la-loi. Matt et ses quatre hommes rescapés retrouvent le Capitaine Peterson qui devait prendre livraison du butin ; ce dernier ne les a pas prévenus de la fin officielle des hostilités, pensant pouvoir ainsi s’approprier le magot. Ralph (Lee Marvin) l’abat alors sans sommation. Ils décident de rentrer chez eux au plus vite tout en s’octroyant l’argent qu’ils estiment avoir mérité et en guise de compensation pour la défaite subie par le Sud. Ils réquisitionnent alors une diligence et ses deux passagers (dont Molly (Donna Reed), une infirmière) pour passer inaperçus. Mais malheureusement, un groupe de soi-disant hommes de loi, qui se révèle bien vite être une bande de truands, souhaite à son tour s’approprier le butin. Matt et ses hommes sont vite pris en chasse et trouvent refuge au premier relais de diligence qu’ils trouvent sur leur route. Il est tenu par un grand-père et sa fille dont l’époux et le fils ont été abattus par les soldats confédérés et qui, par ce fait, supportent assez mal cette intrusion. Le blocus et l’assaut du relais commencent alors. Les esprits s’échauffent de part et d’autre ; la tension est au plus haut à l’extérieur comme à l’intérieur du relais… Le Relais de l'or maudit


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Ce coup d’essai que représente Le Relais de l’or maudit s’avérait très concluant. Une excellente série B, un western qui effectue une espèce de transition entre le cinéma de André De Toth dont il retrouve la vitalité, la simplicité de facture, le sens de l’action et celui de Budd Boetticher, dont il annonce le dépouillement et les descriptions de tensions qui se font jour au sein d’un groupe obligé de se retrouver cloîtré dans un endroit restreint et de partager leur quotidien. Peu de temps morts, y compris quand le film d’action du début (utilisant à merveille les paysages rocailleux et impressionnants de Lone Pine) se transforme en "western de chambre à suspense" par la suite, une écriture serrée et tendue ainsi qu’une mise en scène qui, si elle ne brille pas par de quelconques traits de génie, est d’une redoutable efficacité. La scène d’introduction, l’embuscade du convoi, est parfaitement maîtrisée et assez originale, les attaquants se servant surtout de la dynamite pour déstabiliser l’ennemi (dynamite réutilisée à de nombreuses reprises dans le courant du film). Le deuxième morceau de bravoure, la poursuite de la diligence par les truands, est frénétiquement réglé par le cascadeur hors norme qu’est Yakima Canutt (le cascadeur attitré de John Wayne et qui dirigera plus tard la course de char inoubliable du Ben-Hur de William Wyler). L’ultime grande scène d’action concluant le film se déroule alors que les assaillants tentent d'enfumer les occupants du relais et que ces derniers font une sortie à la faveur d'un violent orage nocturne ; elle décrit l’affrontement entre les deux groupes ennemis. Tournée vraiment de nuit cette fois (alors qu’au début, quelques séquences, faute d’un budget conséquent, furent filmées assez maladroitement en nuit américaine), cette séquence est très efficace et absolument splendide plastiquement parlant grâce aussi au travail sur la photographie de Charles Lawton Jr.


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Mais de l’action bien enlevée sans personnages bien dessinés, ce pourrait être vite rébarbatif surtout quand le film de plein air prend la tangente vers le huis-clos. Roy Huggins, aussi bon scénariste que metteur en scène le sait très bien qui nous offre une galerie de personnages, peut-être pas très fouillée, assez schématique et conventionnelle certes mais suffisamment intéressante pour qu’on s’y intéresse, voire même s’y attache. On ne connaît rien de leurs antécédents et une certaine ambiguïté peut alors se faire jour quant au passé de chacun des protagonistes. Matt est le "héros" de cette histoire, interprété par un Randolph Scott dont le visage de plus en plus buriné au fil des ans faisait de lui l’un des cow-boys par excellence du western dans les années 50. Matt représente l’homme viril, dur mais à la moralité apparemment sans failles, étant toujours prêt à sauver ses compagnons en danger et dissimulant une grande sympathie sous son apparence très austère. L’acteur, futur interprète des meilleurs films de André De Toth et Budd Boetticher, incarne cet archétype à la perfection, tout en sobriété, son charisme étant largement suffisant pour qu’il n’ait pas à en faire des tonnes. Vêtu de sa fameuse veste de cuir élimé, il fait encore une fois une très forte impression !


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Dans les autres rôles, nous trouvons le jeune Claude Jarman Jr, acteur ayant très peu tourné mais qui a marqué de son empreinte nos mémoires de cinéphiles par sa collaboration avec Clarence Brown en jouant le Jody de The Yearling (Jody et le faon - 1946) et le jeune héros du remarquable Intruder in the Dust (L’Intrus - 1949). Il était aussi le fils de John Wayne et Maureen O’Hara dans Rio Grande (1950) de John Ford. Son visage poupin le prédestinait aux personnages timides et ici il interprète Jamie, jeune soldat ayant la tuerie en horreur même en temps de guerre. Dans un premier temps haï par leur hôte qui a vu partir son fils et son époux tués par les Nordistes, il va progressivement être pris d’amitié par la veuve éplorée. Donna Reed, actrice oh combien émouvante dans Les Sacrifiés (They were Expendables) de John Ford et surtout connue pour avoir été l'épouse de James Stewart dans La Vie est belle (It's Wonderful Life) de Frank Capra, est ici Molly, infirmière prise en otage mais qui va soigner les blessés lors du blocus et va finir par tomber amoureuse de Matt. Hangman’s Knot nous offre aussi l’une des premières apparitions marquantes de Lee Marvin, un de ces premiers rôles d'importance. Ralph préfigure ici l’extraordinaire Vince Stone du chef-d’œuvre de Fritz Lang, The Big Heat (Règlements de comptes). Pour cerner son personnage, il suffit d’écouter son échange de répliques avec Matt après qu’il ait tué un homme de sang froid et sans aucun remords :

- Matt : What’s happened to you ? Is it that easy to kill a man ?
- Ralph : Well, isn’t it ? What else we been doing for the past five years ?

Cette séquence et l’individu incarné par Lee Marvin nous amènent une petite réflexion sur la violence et les tueries en temps de guerre. De bout en bout, Randolph Scott et Lee Marvin rivaliseront de talent, chacun dans un style bien différent, les rictus de Lee Marvin opposant un étonnant contraste avec le visage de pierre de Randolph Scott.


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Ce qui fait la force de ce scénario est que le "mal" ne se situe pas que dans un camp, celui des truands à l’extérieur du relais, mais aussi gangrène petit à petit les occupants de ce dernier qui se retrouvent tous plus ou moins en conflit à cause soit d’une femme, soit de l’argent ou bien de leurs idées. La rapacité, la cruauté, l’immoralité sont aussi enfermés et couvent à l’intérieur de cet abri de fortune, ce qui nous donne l’occasion d’assister à un pugilat extrêmement violent et réaliste, une tentative de viol, une mort abrupte, etc., sans que les voleurs effectuant le blocus y soient pour quelque chose. Le final qui voit l’incendie du relais, puis le règlement de comptes, est composé non seulement d’un duel entre les deux camps, pour la première fois face à face, mais aussi de la vision des voleurs amenés à s’entretuer par rapacité. Cette violence est atténuée par l’émotion qui voit le jeune Sudiste enfin compris et adopté par les tenanciers du relais et l’amour gagner le pas à la toute dernière image.

En résumé, 81 minutes sans temps morts, sans mots en trop, d’une tension quasi constante, sans vraiment d’originalité mais d’une efficacité à toute épreuve. Il ne devrait plaire qu’aux mordus du genre mais ces derniers seront ravis de tomber sur une aussi rare pépite ! Ceux qui ont apprécié Rawhide (L’Attaque de la malle-poste) de Henry Hathaway, devraient y trouver pas mal de ressemblances et y prendre tout autant de plaisir. Ce sera le plus gros succès public de la maison de production fondée par Randolph Scott et Harry Joe Brown. Une série B de très haut niveau !
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Euphémiste
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

tres interessant en tout cas !
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Jeremy Fox
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The Pathfinder

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Le Trappeur des grands lacs (The Pathfinder- 1952) de Sidney Salkow
COLUMBIA


Avec George Montgomery, Helena Carter, Jay Silverheels, Walter Kingsford
Scénario : Robert E. Kent d’après un roman de James Fenimore Cooper
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Photographie : Henry Freulich (1.37 Technicolor)
Un film produit par Sam Katzman pour la Columbia


Sortie USA : 09 décembre 1952

En 1754 débute la guerre entre anglais et français pour la domination des territoires entourant la région des grands lacs dans le Nord Est du continent américain. Les Indiens Mingos alliés avec les français massacrent la pacifique tribu des Mohicans affiliée aux anglais et dans laquelle avait été élevé le trappeur blanc surnommé Pathfinder (George Montgomery). Ce dernier rallie les forces britanniques pour se venger. Les anglais en profitent pour faire d’une pierre deux coups et envoient Pathfinder et son ami indien Chingachgook (Jay Silverheels) dans le camp français en mission d’espionnage pour essayer de s’approprier des plans secrets détenus au fort St Vincent, destinés à anéantir les forces ennemis. On leur adjoint un interprète sachant parfaitement parler le français qui se révèle être… une femme, la charmante Alison (Helena Carter). Même si cela ne plait guère à Pathfinder, les voici tous trois partis se jeter dans la gueule du loup…


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A la Columbia, le producteur Sam Katzman et le scénariste Robert E. Kent ont été durant les années 50 réunis à plusieurs reprises pour mettre en boite des films d’aventures se déroulant au milieu du 18ème siècle dans les territoires américains se situant à l’Est du continent. Malheureusement force est de constater que ce sont toutes des bandes de troisième zone, aussi mauvaises les unes que les autres. Parmi ces films, outre celui qui nous concerne ici, La Hache de la vengeance (When the Redskins Rode) de Lew Landers ou encore La Levée des Tomahawks (Brave Warrior) de Spencer Gordon Bennet, tous deux avec le fadasse Jon Hall. Pour ces titres, les faits historiques relatés étaient souvent bien plus passionnants que les films les racontant ; c’est d’autant plus dommage que le nombre de films hollywoodiens consacrés à cette période de l’histoire de l’Amérique reste assez frugal, les deux plus connus étant Le Grand passage (Northwest Passage) de King Vidor ainsi que le magnifique Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk) de John Ford dont les intrigues se déroulaient néanmoins quelques années après celle de The Pathfinder, ce dernier personnage étant le héros de James Fenimore Cooper interprété plus tard par Daniel Day Lewis dans Le Dernier des Mohicans de Michael Mann, film qui malgré ses défauts, vole cent coudées au dessus de tous ceux cités précédemment… et c’est peu de le dire !

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Au milieu du XVIIIème siècle, les Français et les Anglais se disputaient âprement pour la domination coloniale les terres du Nord des USA, chacun des deux pays s’étant allié avec des tribus indiennes, les Iroquois pour les Anglais, quasiment toutes les autres pour les Français. Pathfinder, un homme blanc ayant été élevé par les Mohicans s’associe à l’armée britannique pour se venger des guerriers Mingos qui, encouragés par les français, ont massacré 'son peuple' et surtout celui d'un des seuls survivants, son ami Chingachgook. Il a dans le même temps pour mission de récupérer les plans secrets qui se trouvent à l’intérieur d’un fort ennemi. Le récit du film de Sidney Salkow se déroule donc au tout début de ce conflit anglo-français ; mais, au lieu d'accoucher d'un intéressant film historique ou tout du moins d'un simple western coloré et efficace, The Pathfinder ne se révèle être au final qu’un simple navet hautement fantaisiste avec au programme idiotie du scénario, bêtise des personnages, réalisation totalement indigente, direction d’acteur aux abonnés absent, cascadeurs-zombies ou encore costumes au rabais semblant tout droit sortis de coffres à jouets. Voir d'ailleurs des enfants jouer aux cowboys et aux indiens dans une cour de récréation constituerait probablement un spectacle autrement plus teigneux, captivant et rythmé que les séquences d’action proposées par un Sidney Salkow sous somnifères. Le pire est que le film débutant directement par une scène de massacre totalement amorphe, l’on se rend alors compte d’emblée que ces pourtant courtes 75 minutes vont nous sembler durer une éternité !


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Et c’est effectivement ce qui va se passer, rien n’étant capable de retenir notre attention si ce n’est peut-être quelques plans joliment photographiés par Henry Freulich ou encore le joli minois de Helen Carter ; même le par ailleurs bon comédien qu’est George Montgomery s'avère ici terne et sans aucun charisme. Un sujet peu traité au cinéma pour une représentation historique aussi simpliste que naïve et au final un pré-western que de nombreux spectateurs trouveront une fois encore au choix ennuyeux ou (et) idiot... sans qu’ils n’aient forcément tort ! On aura néanmoins pu mourir de rire durant la séquence de la soirée dansante au cours de laquelle tous les comédiens interprétant des civils et militaires français se mettent à parler notre langue ; n’ayant logiquement pas senti la nécessité de sous titrer ces passages, il aurait pourtant fallu tellement cet épouvantable accent à couper au couteau fait que du dialecte chinois aurait eu le même résultat sur notre compréhension : de l’humour totalement involontaire mais qui vaut son pesant de cacahuètes. De Sidney Salkow, on préfèrera se souvenir de son honnête Sitting Bull ou plus tard d'un bon cru avec Audie Murphy, Feu sans sommation (The Quick Gun).
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

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merci ! :)
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The Raiders

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L'heure de la vengeance (The Raiders - 1952) de Lesley Selander
UNIVERSAL


Avec Richard Conte, Richard Martin ,Viveca Lindfors, Barbara Britton, Dennis Weaver, Morris Ankrum
Scénario : Polly James & Lillie Hayward
Musique : Henry Mancini & Herman Stein sous la direction de Joseph Gershenson
Photographie : Carl E. Guthrie (Technicolor 1.37)
Un film produit par William Alland pour la Universal


Sortie USA : 12 décembre 1952


La ruée vers l’or de 1849 en Californie. Les habitants de la région pensent que la montée de violence qui s’en est ensuivie pourrait être éradiquée si leur territoire entrait dans le giron de l’Union. En effet, en plus de supporter ce climat de constante brutalité, beaucoup se sont fait déposséder de leurs terres en toute impunité par des ranchers sans scrupules ; ces derniers, corrompus jusqu’à l’os, font tout pour que la Californie devienne une République indépendante afin que l’on ne vienne pas fouiller de trop près dans leurs louches et meurtrières affaires. Le contexte politique étant posé, les pro-unionistes étant éliminés les uns après les autres, le prospecteur Jan Morell (Richard Conte) entre en scène. En rentrant chez lui après une dure journée de labeur, il trouve son épouse Mary assassinée, son or pillé. Son frère Frank a eu le temps de voir s’enfuir quatre hommes ; ils décident de se venger mais Frank est tué à son tour, Jan blessé à l’épaule. Ce dernier est soigné par le mexicain Felipe (Richard Martin) qui lui apprend l’identité des tueurs, des hommes à la solde du gros propriétaire terrien Thomas Ainsworth (Morris Ankrum), l’homme qui les spolie de leurs terres. Avec d’autres péons victimes des méfaits de ce dernier et faisant de Jan leur chef, ils décident de lui rendre la monnaie de sa pièce. Jan accepte surtout pour réussir à tuer les meurtriers de sa femme et parce qu'il est tombé sous le charme d’Elena (Viveca Lindfors), la sœur de Felipe. Lors de l’attaque d’une diligence transportant l’argent d’Ainsworth destiné à la cause de l’indépendance de la Californie, les hommes de Jan capturent Hank Purvis (Hugh O’Brian), le plus violent du groupe des assassins à la solde du tyran local sur qui ils trouvent le médaillon pris sur le cadavre de Mary : ils décident de le lyncher s’il ne dévoile pas les noms de ses complices…


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Plus je découvre de nouveaux films du prolifique Lesley Selander, plus je me dis avec une curiosité non dissimulée que sa filmographie doit encore contenir quelques titres assez jubilatoires, et qu’on a un peu trop vite eu tendance à classer le cinéaste parmi les tâcherons du genre. Dans leur ouvrage sur la série B, Pascal Merigeau et Stéphane Bourgoin disent du cinéaste : "on se demande pourquoi diable Selander aurait soudain réalisé un bon film […] Selander, soyons justes, tourna tout de même autre chose que des westerns, mais avec un égal malheur…" Sur plus de cent films, il y eut vraisemblablement pas mal de déchets (pour le peu que je connais, au moins le ridicule Flight of Mars ou, pour en rester dans le western, le nullissime Arrow Dust – Le Défi des flèches) mais finalement le cinéaste aura aussi eu quelques très sympathiques réussites à son actif (Panhandle, Fort Osage, Tall Man Riding, Shotgun...). Alors que jusqu’à présent, il avait œuvré la plupart du temps pour des studios de la Poverty Row (la Allied Artists tout récemment), il put à l’occasion de The Raiders (ou Riders of Vengeance, le film ayant été distribué sous ces deux titres) tourner pour le studio roi du genre, la Universal, même si ce fut une nouvelle fois avec un budget assez limité. Relatant une vengeance ainsi qu’une traditionnelle lutte entre fermiers et gros propriétaires, L’heure de la vengeance est un film de série B assez conventionnel même si le scénario est un peu plus complexe que l’on pouvait s’y attendre au vu du postulat de départ et surtout extrêmement remuant, les guet-apens et autres fusillades se succédant à une vitesse d’enfer, Selander prouvant une fois encore que ses scènes d’action faisaient alors souvent partie des plus teigneuses du genre dans cette première moitié de décennie.


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"1849, the year in which the name John Sutter was heard around the World. Gold was the magic word that sent hundreds, then thousands of men swarming into the vast territory of California. The lust for Gold soon became a raging fever that brought death to conscience and honour. Fear and violence spread throughout the land. Those who tried to enforce the law were destroyed, as were the innocent, the courts were powerless to keep order and the guilty went unpunished. Mob rule reigned and the times were ripe for those who would control at any cost." La description de cette situation infernale et ce climat d'extrême violence pour les tranquilles habitants de la Californie convenait comme un gant à Lesley Selander qui, dans ses bons jours, n’avait pas son pareil pour tourner à toute vitesse des films puissamment acariâtres. Le contexte politique dans lequel se déroule l’intrigue du film de Lesley Selander est à peu près similaire à celui dans lequel se déployait celle de Lone Star (L’étoile du destin) de Vincent Sherman avec Ava Gardner et Clark Gable, à savoir le difficile dilemme qui se présentait aux citoyens (passionnant en revanche pour le spectateur) : devoir choisir entre l'indépendance de leur territoire ou le rattachement à l’Union ; sauf que dans The Raiders il s’agit de la Californie alors que dans Lone Star du Texas. Autre grande différence entre les deux films, celui de Sherman est un western historique et mélodramatique au budget imposant (produit par la toute puissante MGM) avec nombreuses stars et dialogues abondants, alors que celui de Selander est une simple série B nerveuse et mouvementée, peut-être encore plus que de coutume pour l’époque, seuls les films de Nathan Juran lui damant le pion à ce niveau.


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La toile de fond historique et politique étant posée et les deux scénaristes féminines ayant la bonne idée de ne pas l’abandonner en cours de route, vient se greffer dessus une simple et traditionnelle histoire vengeance qui n’est est pas moins pour autant inhabituellement violente, les morts tombant en cascade à commencer dès les dix premières minutes par l’épouse et le frère du héros ; l’arrivée de Hugh O’Brian et ses hommes à la porte de la maison où se trouve seule la très charmante Margaret Field (qu’on regrette qu’elle passe si vite l’arme à gauche d’autant que ses premières scènes avec Richard Conte étaient vraiment attachantes de par leur tendresse, l’alchimie fonctionnement parfaitement entre les deux comédiens) démontre même à quel point Selander, quant il le voulait, était loin d’être un piètre metteur en scène, les inquiétants bandits se dévoilant à nous subrepticement, d'abord par le visage inquiétant de leur chef derrière une fenêtre, puis par un mouvement de caméra assez élégant venant les saisir au passage, nous faisant sursauter en même temps que la femme. La scène de meurtre, même si hors-champ, est assez dure, devinant aisément que Marie s’est non seulement fait tuer mais probablement aussi violer avant ça, l’assassin ayant la figure en sang des griffures reçues. Le portrait de l'épouse était donc plutôt réussi et si on déplore sa mort dès les premières minutes, nos femmes-scénaristes nous la font vite oublier en brossant deux autres figures féminines toutes aussi bien vues. Nous avons tout d'abord la mexicaine paradoxalement interprétée (sans que cela ne choque) par la suédoise Viveca Lindfors (l’inquiétante maîtresse de Jeremy Fox dans Les Contrebandiers de Moonfleet), amoureuse de Richard Conte et n’arrêtant pas, par dégoût de la violence et également par pragmatisme (comme très souvent les femmes dans le genre), d’essayer de freiner son désir de vengeance, lui faisant comprendre de ne pas poursuivre ses inutiles et sanglantes représailles : "Pourquoi ne pas recommencer à zéro sans amertume ? Est-ce qu’une vie pour une vie ne vous suffit pas ?" Cet amour de deux personnes luttant dans le même camp mais totalement opposés quant aux causes à défendre et aux moyens à employer est assez captivant et porteur d'émotions.


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Car premier curieux et moderne élément scénaristique, le ‘héros’ ne se sert de la cause des péons et ne se bat à leurs côtés que pour pouvoir plus facilement assouvir ses intérêts et son désir de vendetta : "Je les veux tous et je dois le faire à ma façon" ; en anglais dans la version originale encore plus directe : "If it takes the rest of my life I'll get every murdering one of them." Avant d’en revenir à cet étonnant personnage principal, parlons rapidement de l’autre jolie demoiselle qui n’est autre qu’une habituée des westerns, ayant tournée entre autres avec Randolph Scott, la ravissante Barbara Britton dont les robes bleues n’ont d’égales en beauté que ses yeux de la même couleur. Elle interprète la fille du vil propriétaire terrien, une femme de tête assez impulsive et moderne. On sent avec plaisir l’influence féminine des deux auteurs (dont Lillie Hayward, déjà à l’origine du très bon scénario de Ciel rouge – Blood on the Moon de Robert Wise) sur ces protagonistes mais qu’on ne pense pas qu’elles aient un rôle de grande importance (malheureusement) car l’action prime néanmoins sur tout dans le film de Selander : ça caracole, ca chevauche, ça se bat et ça tire dans tous les sens, le nombre de morts étant assez impressionnant sur l’ensemble. Le vengeur, c’est donc Richard Conte, un acteur que l’on était plus habitué à rencontrer dans le film noir que dans tout autre genre. C’était lui le personnage principal dans Thieves' Highway (Les Bas fonds de Frisco) de Jules Dassin ou encore, pour n’en citer que deux, The Big Combo (Association criminelle) de Joseph H Lewis. Contrairement à l’avis de nombreux de ses admirateurs, il m’a semblé tout à fait convaincant ici également, aussi renfrogné et revêche que dans ses films noirs, fonçant tête baissée dans la bagarre et les emmerdes. Il porte à de nombreuses reprises une sorte de chapeau un peu avachi et assez inhabituel, comme le seront d’ailleurs d'autres très nombreux petits éléments tout au long du film.


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Car, outre la violence exacerbée, un autre point commun non négligeable à tous les bons westerns de Selander, c’est ce fourmillement de petits détails insolites ou encore jamais vus dont le principal but est de faire ressentir une certaine véracité, mais aussi d’éléments scénaristiques également plus réalistes qu’à l’accoutumée. C'est assez paradoxal de trouver cette recherche de véracité au sein de petits films destinés avant tout au divertissement, mais si Selander mérite de ne pas être négligé, c'est bien au moins pour cette raison. Énumérons-en quelques exemples en essayant de vous faire toucher du doigt leur originalité ou (et) nouveauté. Tout d’abord, la chanson mexicaine pour une fois sans folklore ni caricature, le guitariste semblant plus vrai que nature, la danse par Viveca Lindfors ne cherchant jamais une quelconque factice virtuosité. Je crois n’avoir jamais vu avant ce film (ni après d’ailleurs) le principal ‘Bad Guy’ se faire tuer par erreur par son propre camp lors d’une fusillade nourrie et confuse. Au procès de Jan à la fin du film, malgré à ce qu’on s’y attende tout du long, le personnage joué par Barbara Britton n’interviendra jamais pour le défendre ; au contraire, le shérif qui l’aura poursuivi tout au long de cette histoire, décidera de se mettre dans le camp de l’accusé. Condamné à mort, notre vengeur sera sauvé par l’amnistie qu’accorde à tous les prisonniers le nouveau gouverneur de l’état de Californie : sa sortie de prison donnera lieu à l’occasion à une sorte de mini-suspense romantique assez curieux mais que je vous laisse découvrir, vous en ayant déjà assez dévoilé.


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J’aurais pu vous citer encore plusieurs exemples mais au détriment de la surprise. Arrêtons nous donc là et réjouissons nous encore d’une intrigue bien menée, d’une mise en scène efficace à défaut d’être géniale, de beaux extérieurs plutôt bien utilisés, d’un Technicolor rutilant, de somptueux costumes portés par ces dames, d’un casting convaincant (au sein duquel un Hugh O’Brian sadique à souhait) et d’une réflexion vraiment intéressante sur la situation de la Californie au milieu du 19ème siècle. Ce film me renforce dans l’opinion que j’ai de l’âge d’or du western à la Universal que je situe entre 1948 et 1953, les équipes techniques et artistiques du studio étant alors superbement bien rodés et nous octroyant 9 fois sur 10 un divertissement de très bonne tenue. C’est le cas ici pour ce vigoureux western signé par un réalisateur dont on aimerait beaucoup pouvoir découvrir plus de films.
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Rick Blaine
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote: Bref, dernier film pour l'année 52 à venir : La Dernière flèche (Pony Soldier) : Joseph M. Newman avec Tyrone Power
Vu ce week-end, un film que j'ai trouvé gentillet mais qui ne m'a pas emballé plus que ça. Curieux de te lire.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote:
Jeremy Fox wrote: Bref, dernier film pour l'année 52 à venir : La Dernière flèche (Pony Soldier) : Joseph M. Newman avec Tyrone Power
Vu ce week-end, un film que j'ai trouvé gentillet mais qui ne m'a pas emballé plus que ça. Curieux de te lire.
Oui à priori c'est une constante. D'autant que la superbe scène de bataille initiale est celle du Buffalo Bill de Wellman
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Flavia
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Flavia »

Bravo Jeremy, c'est très intéressant de lire tes chroniques, ça me donne envie de voir tous les westerns :mrgreen: J'ai hâte de connaitre ton avis sur La dernière flèche avec T. Power :wink: