André de Toth (1913-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Federico
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Federico »

Et pour admirer Hayden tel quel, dans son jus, c'est-à-dire jouant quasiment lui-même, surtout ne pas oublier son rôle hemingway-ien dans le génial Privé d'Altman ! :D
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Jeremy Fox
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jeremy Fox »

Je viens de me prendre House of Wax (encore jamais vu) sur Play ; j'espère qu'il contient les sous titres français.
Julien Léonard
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Julien Léonard »

Jeremy Fox wrote:Je viens de me prendre House of Wax (encore jamais vu) sur Play ; j'espère qu'il contient les sous titres français.
Fort logiquement, oui. :wink:

En plus, tu trouveras en bonus la version de 1933 réalisée par Michael Curtiz (dans une copie en technicolor bichrome relativement bonne) et qui s'avère, me concernant, 100 coudées au-dessus du film d'André De Toth.
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Jeremy Fox
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jeremy Fox »

Julien Léonard wrote:
Jeremy Fox wrote:Je viens de me prendre House of Wax (encore jamais vu) sur Play ; j'espère qu'il contient les sous titres français.
Fort logiquement, oui. :wink:

En plus, tu trouveras en bonus la version de 1933 réalisée par Michael Curtiz (dans une copie en technicolor bichrome relativement bonne)
Génial ; je n'avais même pas vu qu'il y avait le film de Curtiz en supplément. Le tout pour 4.99 euros, la belle affaire :D
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hellrick
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by hellrick »

Jeremy Fox wrote:Je viens de me prendre House of Wax (encore jamais vu) sur Play ; j'espère qu'il contient les sous titres français.
Tu verras que les cinéastes actuels n'ont rien inventé dans le genre 3 D inutile, la scène du jokari reste mémorable :D
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Jeremy Fox
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jeremy Fox »

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Le Sabre et la flèche (Last of the Comanches, 1953) de André De Toth
COLUMBIA


Avec Broderick Crawford, Barbara Hale, Johnny Stewart, Lloyd Bridges, Chubby Johnson, Martin Milner, Mickey Shaughnessy
Scénario : Kenneth Gamet
Musique : George Duning
Photographie : Ray Cory & Charles Lawton Jr (Technicolor)
Un film produit par Buddy Adler pour la Columbia


Sortie USA : 01 février 1953

Le Sabre et la flèche fait partie de cette catégorie de western (qu'on pourrait qualifier de 'survival') dont une grande partie (très souvent la deuxième moitié) se déroule en vase clos alors qu’un groupe se retrouve confiné dans une église, un chalet ou autre relais de diligence. Il doit souvent lutter contre un ennemi qui fait le blocus à l'extérieur et parfois même, dans le même temps, gérer les conflits et les tensions qui le gangrènent de l'intérieur. Parmi les réussites issues de ce style de scénario où le suspens doit être grandissant au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue, on trouvait déjà L'Attaque de la malle poste (Rawhide) de Henry Hathaway, Le Relais de l'or maudit (Hangman's Knot) de Roy Huggins, Les Bannis de la Sierra (The Outcasts of Poker Flat) de Joseph Newman sans oublier le désormais ‘cultissime’ Quand les tambours s'arrêteront (Apache Drums) de Hugo Fregonese. Mais il s'avère qu'il n'est pas du tout évident de capter l'attention du spectateur tout du long lors de ses huis-clos westerniens ; il doit impérativement y avoir un scénario et des dialogues bétonnés sous peine de voir rapidement pointer l'ennui. De grands noms comme Gordon Douglas ou Robert Wise n'y ont malheureusement pas échappé mais leurs semi-ratages sont sans commune mesure avec le film que nous donne à voir André De Toth faute avant tout à un très mauvais scénario de Kenneth Gamet (qui n'en est pas à un près). Une immense déception au vu de ce à quoi le réalisateur nous avait habitué jusqu'alors : rappelez-vous de ces réjouissants Le Cavalier de la mort (Man in the Saddle) et La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) sortis très peu de temps avant, sans compter les chefs-d’œuvre ultérieurs que seront La Rivière de nos amours (The Indian Fighter) ou La Chevauchée des bannis (Day of the Outlaw) ! Le Sabre et la flèche est le western le moins connu de sa filmographie : il est désormais pas très difficile de comprendre pourquoi !

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1876. Les Soldats ont réussi à pacifier le Far-West et à 'mater' la plupart des tribus indiennes renégates. Seulement, les Comanches ne s'avèrent pas encore vaincus ; le film débute ainsi par l'attaque de la ville de Dry Buttes par Black Cloud et ses hommes. Un massacre dont seuls six survivants s'en sortent indemnes parmi les 'Tuniques Bleues'. Les voilà partis pour se réfugier à Fort Macklin, à des lieues de là, devant, pour arriver à destination, traverser des régions désertiques privées d'eau. Sur le chemin de la petite troupe commandée par le Sergent Matt Trainor (Broderick Crawford), ils sauvent une diligence et ses passagers d'une attaque indienne ; le groupe se compose désormais d'une dizaine d'unités avec parmi eux une femme, Julia Lanning (Barbara Hale), en route pour rendre visite à son frère, officier de cavalerie. En continuant à avancer, ils intègrent encore à leur 'communauté', un meurtrier et un jeune indien Kiowa, échappé des griffes de Black Cloud. Alors qu'ils commençaient sérieusement à être à cours d'eau, l’enfant Kiowa les conduit jusqu'à une ancienne mission espagnole abandonnée où il sait que les membres de sa tribu allaient se ravitailler. Ils y trouvent effectivement un puits qui semble asséché mais au fond duquel ils découvrent que le liquide est présent même s'il ne s'écoule que goutte à goutte. A peine le temps de se réapprovisionner qu'ils voient les Comanches, assoiffés eux aussi, arriver aux abords de leur refuge ; il va falloir tenir le plus longtemps possible, au moins le temps que le Kiowa aille prévenir la cavalerie du danger imminent qui les guette...

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Raoul Walsh s’était inspiré de la trame de son film de guerre Objective Burma (Aventures en Birmanie) pour l'intrigue de Les Aventure du Capitaine Wyatt (Distant Drums). Pour Le Sabre et le flèche, André de Toth reprend celle d’un autre film de guerre, Sahara, réalisé par Zoltan Korda avec dans le rôle principal Humphrey Bogart. Un bataillon de rescapés en manque d'eau se réfugie dans un lieu où ils finissent par en trouver mais où ils sont bientôt rejoints et encerclés par des ennemis supérieurs en nombre ; ces derniers souhaitent non seulement se ravitailler à leur tour mais également massacrer les occupants de la place qui étaient au départ leurs poursuivants. Les tensions qui montent au sein du groupe, la peur du danger qui les entourent, l'attente interminable d'hypothétiques secours, etc., tous les éléments du 'survival' sont présents ici et là. Mais comme pour le premier exemple, celui de Walsh, le 'remake' westernien n'arrive pas à la cheville de l'original. Le film de Korda, sans être mémorable, était plaisant tout du long ; il n'en va pas de même pour Le Sabre et la Flèche. Ca fait toujours un peu mal de voir des réalisateurs appréciés se fourvoyer dans la médiocrité. Et c'est pourtant ce qui arrive avec ‘le quatrième borgne d'Hollywood’ qui livre ici l'une de ses œuvres les plus faibles, pour ne pas dire mauvaises faute à un scénario banal et guère captivant, à des personnages ectoplasmiques et à des dialogues inintéressants. Est-ce pour cette raison que les acteurs dans leur ensemble, paraissant ne pas être concernés non plus, font eux aussi le strict minimum quant ils n'ont pas l'air, comme Broderick Crawford, de se demander tout du long ce qu'ils viennent faire dans cette galère ! Rarement l'interprétation d'un protagoniste principal m'aura paru aussi plate et monocorde que celle qu'il nous dessert ici, entraînant tous ses petits camarades sur la même pente. Quant à la pauvre Barbara Hale, on ne lui a donné quasiment aucune ligne de dialogue, l’actrice ne servant ici que de ‘décoration’.

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Et pourtant, le film semblait bien parti, nous plongeant directement au cœur de l'action dès le premier plan se déroulant sur le champ de bataille, les morts et blessés jonchant les rues d'une ville alors qu’un premier assaut venait de se terminer. S'ensuit une deuxième attaque qui nous permet de voir pour la première fois en couleurs dans un western des indiens faire une violente intrusion dans une ville du Far-West. Malheureusement, on se prend déjà à se dire que la mise en scène de De Toth nous parait bien manquer de rythme malgré la violence des combats. Puis c'est le départ des survivants dans le désert et la rencontre avec une diligence à l'aspect fantomatique et qui sort d'on ne sait où (Sergio Leone s'est peut-être remémoré ce film pour une séquence à peu près similaire dans Le Bon, la brute et le truand). La beauté des cadrages très modernes, de très nombreux plans très originaux comme celui au cours du dialogue entre Broderick Crawford et Lloyd Bridges en contre jour sur fond de crépuscule, quelques jolis mouvements de caméra (qui nous prouvent que c’était quand même De Toth derrière la caméra) et dans l'ensemble une esthétique très inspirée … et pourtant l'ennui s'installe pour ne plus quasiment nous quitter si ce n'est lors d'une séquence d'explosion à la dynamite très photogénique qui vient nous sortir de notre torpeur et pour laquelle on se demande si la plus grande partie du budget ne lui a pas été allouée. Même si la photographie de Charles Lawton Jr est splendide et même si De Toth s'amuse à constamment innover formellement parlant, le film n'est malheureusement pas toujours très harmonieux faute à une continuelle succession de gros plans en studio avec transparences hideuses et de plan d'ensemble en extérieurs (dont quelques stock-shots issus de La Peine du talion de Henry Levin). Musicalement, la partition de George Duning est en revanche une jolie réussite.

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En résumé, pas grand chose à sauver hormis de nombreuses fulgurances esthétiques et quelques choix de décors peu banals (comme celui de la mission espagnole fantôme) dans ce western bavard, sans suspense, sans tension ni éclats, dans lequel les indiens n'ont pas été gâtés par le figuration et où la direction d'acteurs semble inexistante. Un western qui aurait pu atteindre des sommets grâce au métier de André de Toth mais presque complètement ruiné par une écriture d'une grande médiocrité. Film de commande ou non, je ne saurais le dire ; quoiqu’il en soit, un des moins bons opus de son réalisateur. Dommage !
daniel gregg
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by daniel gregg »

Vu hier Ramrod ("La femme de feu") d'Andre de Toth, avec le jingle Wild side, ce qui signifie que le film diffusé sur Classic est bien la version que va exploiter Wild side à partir de Février.
Très beau travail de restauration, un noir et blanc impeccable et propre.
Quand au film, j'y reviendrai sans doute un peu plus longuement, mais j'avoue avoir été très déçu.
Des dialogues inextricables, des personnages guère attachants, on dirait la synthèse non aboutie d'une série de 30 épisodes.
Même les extérieurs sont mal filmés, alors que la matière était pourtant là !
De Toth n'est pourtant pas n'importe qui, ou bien c'est moi qui suis passé au travers... :?
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Jeremy Fox
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jeremy Fox »

daniel gregg wrote:Vu hier Ramrod ("La femme de feu") d'Andre de Toth, avec le jingle Wild side, ce qui signifie que le film diffusé sur Classic est bien la version que va exploiter Wild side à partir de Février.
Très beau travail de restauration, un noir et blanc impeccable et propre.
Quand au film, j'y reviendrai sans doute un peu plus longuement, mais j'avoue avoir été très déçu.
Des dialogues inextricables, des personnages guère attachants, on dirait la synthèse non aboutie d'une série de 30 épisodes.
Même les extérieurs sont mal filmés, alors que la matière était pourtant là !
De Toth n'est pourtant pas n'importe qui, ou bien c'est moi qui suis passé au travers... :?
Impatient quand même de le voir (déjà bien que la copie soit correcte) en espérant que ce sera quand même plus passionnant que son navrant Last of the Comanches
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Jack Carter
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jack Carter »

daniel gregg wrote:Même les extérieurs sont mal filmés, alors que la matière était pourtant là !
bah..il etait trop occupé à filmer sa femme, et on le comprend :lol:

bien aimé pour ma part (je lui avais mis 6.5/10), nullement gené par les dialogues, et si les personnages ne sont peut-etre pas attachants, je trouve qu'ils sont interessants (Mc Crea, Lake). Bon, apres, l'avoir vu au festival lumiere dans le contexte d'une vision sur grand ecran avec des centaines de personnes, avec un commentaire de Garnier ou Tatav', je sais plus, a du jouer peut-etre favorablement, je vais me le remater ces jours-çi :wink:
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by daniel gregg »

Jack Carter wrote:
daniel gregg wrote:Même les extérieurs sont mal filmés, alors que la matière était pourtant là !
bah..il etait trop occupé à filmer sa femme, et on le comprend :lol:

bien aimé pour ma part (je lui avais mis 6.5/10), nullement gené par les dialogues, et si les personnages ne sont peut-etre pas attachants, je trouve qu'ils sont interessants (Mc Crea, Lake). Bon, apres, l'avoir vu au festival lumiere dans le contexte d'une vision sur grand ecran avec des centaines de personnes, avec un commentaire de Garnier ou Tatav', je sais plus, a du jouer peut-etre favorablement, je vais me le remater ces jours-çi :wink:
Peut être en effet, n'étais je pas dans les conditions adéquates, quoique hier soir, j'étais quand même préparé pour voir un bon De Toth.
Mais là, dés le début cette énumération interminable de noms de personnages qu'on ne connait pas, franchement, et une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec le commentaire de Tulard, on se croirait dans un Soap, ce qui ne facilite pas du tout l'immersion immédiate dans ce film qui m'a paru du coup très distant ! :o
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jack Carter »

daniel gregg wrote:
Jack Carter wrote:
bah..il etait trop occupé à filmer sa femme, et on le comprend :lol:

bien aimé pour ma part (je lui avais mis 6.5/10), nullement gené par les dialogues, et si les personnages ne sont peut-etre pas attachants, je trouve qu'ils sont interessants (Mc Crea, Lake). Bon, apres, l'avoir vu au festival lumiere dans le contexte d'une vision sur grand ecran avec des centaines de personnes, avec un commentaire de Garnier ou Tatav', je sais plus, a du jouer peut-etre favorablement, je vais me le remater ces jours-çi :wink:
Peut être en effet, n'étais je pas dans les conditions adéquates, quoique hier soir, j'étais quand même préparé pour voir un bon De Toth.
Mais là, dés le début cette énumération interminable de noms de personnages qu'on ne connait pas, franchement, et une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec le commentaire de Tulard, on se croirait dans un Soap, ce qui ne facilite pas du tout l'immersion immédiate dans ce film qui m'a paru du coup très distant ! :o
moi, dès que j'ai vu le visage de Veronika Lake, l'immersion etait totale :mrgreen: :oops:
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote: moi, dès que j'ai vu le visage de Veronika Lake, l'immersion etait totale :mrgreen: :oops:
Il y a des chances pour que j'entre dans ce cas de figure :oops:
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Jack Carter
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Jack Carter »

daniel, tu en attendais peut-etre trop. Perso, je ne m'attendais pas à voir un classique du genre et ne le considere d'ailleurs pas comme tel apres vision, ni comme une decouverte du tonneau de Whispering Smith ou Tomahawk pour Jeremy, juste un bon film, ni genial, ni mauvais.
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daniel gregg
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by daniel gregg »

8)
J'y suis pourtant sensible, pas autant que Feb "alias le loup de Tex Avery", mais là çà n'était pas suffisant. :mrgreen:
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Re: André de Toth (1912-2002)

Post by Nestor Almendros »

FEMME DE FEU (RAMROD) - 1947 - CINE+CLASSIC

Ma foi pas désagréable, sans être non plus transcendant. C'est surtout frustrant car le film pêche par une situation finalement assez peu originale (celle d'une vallée prise entre deux feux, un vent de liberté et de révolte ou la soumission à un dangereux cow-boy) qui va plus ou moins ampouler toutes les tentatives dramaturgiques suivantes, l'impression d'être devant un scénario assez classique, alors que les personnages, eux, sont plutôt mieux traités, en tout cas davantage creusés que le point de départ. On retiendra Connie Dickason, héroine vénéneuse qui apparaît d'abord très courageuse (elle qui fait face au dictat masculin, portée par un sentiment de justice et d'honneur) mais qui se révèlera ensuite beaucoup plus nuancée, semant la mort sur sa route vengeresse. J'ai aussi beaucoup aimé le personnage de Bill Schell, suffisamment bien écrit pour que l'amitié qui le lie à Dave Nash (le héros) nous paraisse crédible au-delà des actes. Peut-être est-ce dû au casting, je ne connaissais pas Don DeFore qui est très bon ici, où j'ai retrouvé avec un immense plaisir Joel McCrae qui est, je dois dire, absolument parfait dans ce rôle de cow-boy fatigué et déconsidéré par tout le monde (son réveil en héros bon tireur et protecteur est peut-être aussi un peu trop attendu, par la suite). Il y a chez cet acteur une absence de tic de jeu, je dirais presque un "non jeu", qui m'a tout de suite plu. Il a une présence, il n'apparaît pas comme l'acteur habituel hollywoodien. J'ai un peu plus de mal avec Veronica Lake, avec qui j'ai toujours eu quelques difficultés (j'ai eu bien du mal à supporter ses polars avec Alan Ladd il y a quelques années). Ceci dit, ce RAMROD est peut-être l'un de ses meilleurs films, où elle arrive à défendre son personnage avec conviction, à la rendre à la fois attirante et presque malsaine, malgré un physique fragile qui pourrait titiller les plus pointilleux amateur de far west.

La copie diffusée sur Classic est celle que sortira Wild Side en dvd prochainement. Pour ce que j'en ai vu (réception SD par ADSL sur un écran HD) c'est de très bonne qualité. Les contrastes sont parfois instables dans les scènes de nuit mais l'image est belle, lumineuse et propre. Si j'en crois les crédits post-générique, c'est l'éditeur lui-même qui a supervisé la restauration d'un transfert HD effectué à partir d'un contretype sauvegardé par l'UCLA.
"Un film n'est pas une envie de faire pipi" (Cinéphage, août 2021)