Jacques Deray (1929-2003)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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La mouche savante
Machino
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Post by La mouche savante »

phenryl wrote:J'adore ce réalisateur


tu peux y ajouter "flic story", le tandem Delon Trintignant est grandiose...Trintignant nous livre une composition toute en froideur et intelligence et Delon est sobre et trés efficace, le face à face est vraiment prenant...un polar excellent tiré d'une histoire vraie

"Borsalino"...arf un de mes films préférés, François Capella et Roch Siffredi (et oui ça vient de là lol), le duo implaccable...les 2 acteurs ne se font pas d'ombre dans ce film, Deray a su exploité au mieux le caractére des 2 acteurs et il nous livre un film plein d'émotions, de violence et d'humour ...et le final, arf que dire du final 8) à noter la présence de l'excellente Catherine Rouvel que l'on retrouve dans Borsalino and co.

"Borsalino and co" que j'aime beaucoup, plus noir que le 1 er épisode "borsalino"...Delon est grand dans ce film

"Netchaiev est de retour"...un des derniers bons films de Montand, une histoire d'espionnage trés bien ficellée

"la piscine"...dans un autre registre...trés beau trio Delon Schneider Ronet...

"les bois noirs", je n'aime pas Dalle mais dans ce film je la trouve vraiment excellente, j'aime bien ce film trés peu connu.

"un papillon sur l'épaule"...un film à découvrir

Deray a livré ses plus beaux roles à Delon je pense avec Melville et Losey...il excellait dans le polar noir et efficace...J'aimais beaucoup son style epuré
Le seul des titres cités, que je n'ai pas vu est "Les bois noirs".
Je suis d'accord avec toi, sauf sur "Netchaiev est de retour".
A sa sortie en salle, je l'ai trouvé nul et insupportable.
Et le jeux des acteurs très mauvais.
En y pensant, j'ai encore une réplique de Miou-Miou qui me sonne dans les oreilles, "Mais Netchaiev est mort :!: :!: :!: "
Je n'ai pas l'habitude de sortir de la salle avant la fin, mais je me souviens en avoir eu très envie à cette séance.
Je n'ai pas eu le courage de le revoir, certainement à tort, lorsqu'il est passé il y a quelques mois à la TV. :?
Vous connaissez quelqu'un qui peut prétendre avoir eu la vie sauve, grâce à "Gorge profonde"?
Sheldrake
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Post by Sheldrake »

Mon Deray préféré, c'est Flic Story. J'aime beaucoup Le Gang aussi. C'est le genre de film qui manque au cinéma français actuel, je trouve.

Je voudrais aussi signaler l'excellent Clarissa, d'après Stephen Zweig. Deray l'a tourné pour la télévision car c'est le petit écran qui lui a permis de faire ses derneirs films.
La mouche savante
Machino
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Post by La mouche savante »

J'ai regardé hier soir "Un papillon sur l'épaule", que j'avais pas revu depuis très longtemps.
De ma précédente vision, alors que j'étais ado, j'en ai gardé un souvenir d'oppression et un film marquant.
Même si ce ne fut finalement pas la claque que j'attendais, c'est tout de même un sacré bon film, avec un Ventura magnifique.
A garder précieusement dans sa dvdthèque. :D
Vous connaissez quelqu'un qui peut prétendre avoir eu la vie sauve, grâce à "Gorge profonde"?
Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

TROIS HOMMES A ABATTRE (France 2)

Je semble être dans une période Alain Delon: après avoir rattrapé mon retard avec Gabin et d'autres, je commence à être curieux de sa filmographie, au hasard des diffusions tv.

Sans être une oeuvre immense qui nous plonge dans des réflexions pertinentes, ce film de Deray est efficace, distrayant, et finalement assez prenant. Je ne l'ai cependant pas apprecié au point de le revoir si vite, mais j'avoue avoir pris un petit plaisir sympathique devant ce thriller bien mené, "carré et efficace" (comme un forumeur précédent qualifie le cinéma de Deray). L'environnement d'espionnage industriel, de machination, etc. ne compte pas plus que ça. Seule importe la sphère mystérieuse qui tire les ficelles et le résultat à l'écran: un étau qui se resserre. Le récit utilise des ficelles efficaces, avec des scènes d'action très correctes (la poursuite en voiture par exemple).

Je n'ai pas pu m'empêcher de déceler quelques preuves à peine cachées du nombrilisme de l'acteur principal, et ici producteur. 2-3 détails me font sourire et rendent le film tel un miroir positif de l'image virile que Delon veut faire partager. Evidemment, sa copine dans le film est une belle et jeune italienne. Ou bien à la fin de la séquence de poursuite en voiture, il manque d'écraser une petite fille à qui il va sourire. Quelques détails tracés à gros traits, donc, mais heureusement perdus dans un récit bien emballé.

Delon apparait au début comme un quidam quelconque embarqué dans une intrigue mortelle malgré lui. Evidemment Super Delon cache bien son jeu, et dans ce cas précis ce qui pourrait paraitre comme un énième détail à sa gloire, enrichit en fait le personnage en le rendant plus mystérieux (d'autant que certaines de ses réactions vers la fin sont plutôt directes et violentes).
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Brody
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Post by Brody »

La piscine est son film que je préfère. On y sent la moiteur, le désir entre les parsonnages comme rarement. Un film qui m'a vraiment troublé, j'aurais du mal à expliquer comment. L'impression de double-jeu permanent des personnages, de la dissimulation. Chapeau aux interprètes, vraiment formidables.

MJ wrote:Le truc c'est que j'y ai clairement vu des qualités, mais il n'empêche que ça ne m'a rien fait. J'en suis sortit comme j'en était entré. Le fait que je sois quelqu'un de très sensoriel et hédoniste doit sûrement jouer un rôle là-dedans. Et l'âge aussi bien évidemment.
Je suis étonné que justement le côté sensoriel ne t'aie pas touché, redonne-lui une chance :wink:
Joe Wilson
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by Joe Wilson »

La piscine (Deray)

Delon, Ronet, Schneider...et c'est malheureusement à peu près tout. La mise en scène ne parvient jamais à transcender cette ambiance incertaine, d'une sensualité étouffante. Certes, la présence des acteurs suffit à maintenir un intérêt (même si le personnage de Jane Birkin joue davantage les utilités), mais le malaise Delon/Ronet ne prend pas d'ampleur, et la trame policière intervient de manière tout à fait gratuite.
Deray se laisse trop vite dépasser par son casting, cette atmosphère de torpeur moite. L'attention portée au récit est largement insuffisante et maintient le spectateur à une distance confortable...le rythme est statique et confortable, contradictoire avec le trouble que le film veut analyser.
Le charisme d'un Delon impulsif et incohérent, la fascination d'un Ronet dans sa légèreté vénéneuse, permettent par instants de remplir les trous. Quant à Romy Schneider, elle subit en silence, et le masque du désir se brise assez vite pour révéler une souffrance retenue. Malheureusement, leurs prestations auraient mérité un meilleur support.
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Alligator
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Alligator »

Par un beau matin d'été (Jacques Deray, 1965) :

http://alligatographe.blogspot.com/2010 ... -dete.html

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Le jeune Deray continue de se faire les dents dans le polar. Dans une production franco-italienne tournée chez le Caudillo, sous les auspices d'un Michel Audiard dont les dialogues fleuris sentent bon le cinéma de Papa (France) ou Mononcle (Québec). Bizarrement ils ne volent pas toujours très haut.
"Arrêtez de juger ma peinture!
- Je la juge pas. J'dis juste que c'est de la merde."
On a connu Michel Audiard plus inspiré. L'argot fait chanter le langage de ces messieurs mais le double sens est absent. Audiard se contente du service minimum.

Le scénario également. Sur une idée de départ mille fois abordée ailleurs (un rapt qui tourne mal), le film ne prend jamais son envol et en reste à des balbutiements peu énervés. Action passive, rythme nonchalant, dialogues peu percutants : les acteurs se trouvent un peu dépourvus d'os à ronger. Avec le peu qu'ils ont, ils se débrouillent pour faire exister leurs personnages, gesticulent un chouïa. Poussif.

Heureusement Deray manie bien son cinémascope, lui fait donner de la tension où il n'y en a pas vraiment.

Bref, c'est quasiment un beau ratage. Pourtant on ne s'ennuie pas non plus. On attend sagement que le film prenne une autre envergure.

Les actrices sont belles (excepté Géraldine Chaplin). Les acteurs ont de la bouille, les cadrages intriguent et maintiennent l'attention du spectateur. Quelques moments un peu tendus agitent le film, réoxygènent le tout.

Peu de surprises. Un film qui n'a pas marqué les esprits et qui ne le fera jamais probablement.
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Boubakar
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Boubakar »

Borsalino & co (1974)

Suite directe de Borsalino, nous voyons ici Roch Siffredi partir à la recherche des commanditaires de l'assassinat final du premier volet.
Alors, ici, la relative légèreté laisse place à un univers plus "noir", mais il me semble que Delon y a vraiment imprimé sa patte ; l'esprit revanchard, plus mutique (à l'image de ses années polar), il dézingue du truand à tout va.
Même si on y retrouve les même qualités techniques que j'avais tant appréciées dans Borsalino, le scénario ne réserve guère d'originalité, plus proche d'un film policier.
Mais i l y a certaines scènes d'excécution qui sont assez marquantes, jusqu'à ligoter un homme pour le faire bruler vif dans une cheminée de train ! :shock:
Peut-être est-ce un film de transition pour Delon, mais ça n'a pas la même fraicheur, ni la même qualité que le premier volet.
Tobold
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Tobold »

Boubakar wrote:Borsalino & co (1974)

Suite directe de Borsalino, nous voyons ici Roch Siffredi partir à la recherche des commanditaires de l'assassinat final du premier volet.
Alors, ici, la relative légèreté laisse place à un univers plus "noir", mais il me semble que Delon y a vraiment imprimé sa patte ; l'esprit revanchard, plus mutique (à l'image de ses années polar), il dézingue du truand à tout va.
Même si on y retrouve les même qualités techniques que j'avais tant appréciées dans Borsalino, le scénario ne réserve guère d'originalité, plus proche d'un film policier.
Mais i l y a certaines scènes d'excécution qui sont assez marquantes, jusqu'à ligoter un homme pour le faire bruler vif dans une cheminée de train ! :shock:
Peut-être est-ce un film de transition pour Delon, mais ça n'a pas la même fraicheur, ni la même qualité que le premier volet.
Un film que j'ai vu lors d'une programmation télé il y'a....plusieurs années :mrgreen: , et j'ai effectivement été marqué par cette scène. Je ne pensais pas à l'époque qu'un four de locomotive à vapeur pouvait être assez grand pour y faire rentrer un bonhomme entier. :shock:
Federico
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Federico »

En me replongeant (avec délice) dans un recueil du magazine Pilote des grandes heures (mâtin, quel journal !), je suis retombé sur une des rubriques dessinées "Le film de la semaine" où la rédaction s'amusait à détourner les films alors à l'affiche. Dans le numéro 698 (22-03-1973), c'est Un homme est mort qui s'y colle avec Trintignant discutant le bout de gras avec Deray puis Michel Constantin. Excellement caricaturés par Goussé sur un scénario de... Patrice Leconte, alors un des piliers du magazine.

Pilote a toujours été plus qu'une simple revue BD, ils s'intéressaient à tout et au cinéma en particulier. Dans le même recueil (n°66), il y a par exemple un numéro consacré à L'aventure du Poséidon et le suivant fit sa couv' avec un Pierre Messmer en... Alex d'Orange mécanique :D .
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Léo Pard
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Léo Pard »

Arte diffusera deux films de Jacques Deray lundi 19 septembre : Avec la peau des autres à 14h30 et Un Crime à 20h40.
Grimmy
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Grimmy »

Un crime, l'un des derniers Deray et l'un des dernier Delon, ben c'est pas très bon. Filmé comme un téléfilm, joué sans grand enthousiasme par un Delon à côté de la plaque, photographié avec les pieds, un film a oublier.
O'Malley
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by O'Malley »

Grimmy wrote:Un crime, l'un des derniers Deray et l'un des dernier Delon, ben c'est pas très bon. Filmé comme un téléfilm, joué sans grand enthousiasme par un Delon à côté de la plaque, photographié avec les pieds, un film a oublier.

vu et alors, pas d'accord du tout.

Ca a le goût et le parfum d'un Chabrol mais ce n'est pas un Chabrol. Mais c'est en tout cas bien meilleur que ce que Chabrol nous a donné ces dernières années.
Pourtant, tout commence très mal. Avec son intrigue casse-gueule, le film paraît durant sa première moitié superficiel, très peu crédible. Et voici qu'au fur et à mesure, l'intrigue se dénoue, les petits secrets de la bourgeoisie lyonnaise se révèlent au grand jour (ou plutôt dans ce cas au beau milieu de la nuit) et le film prend son envol, avec une intrigue policière qui acquiert une dimension particulièrement envoûtante.
Deray maîtrise l'exercice en nous offrant une mise en scène sèche, qui prend peu à peu une tournure mortifère, grâce à un subtil jeu d'éclairages et de maquillages et une appropriation du décor judicieuse (l'immense appartement lyonnais, sorte de labyrinte mental). Deray en démontre même aux escrocs Hitchcock et à Singer en utilsant un flash-back qui montre très habilement plusieurs fois la scène du crime, sans rien dévoiler des ressorts et de l'auteur du meurtre, et surtout sans mentir.
La confrontation Alain Delon - Manuel Blanc, assez maladroite au début, fonctionne finalement assez bien sur l'ensemble. Surtout, Delon trouve l'un de ses meilleurs rôles de ces trente dernières années et lors du dernier plan du film, révèle une capacité d'expression qui me semblait déjà révolue en 1992, année du tournage du film.
Bref, le genre de film qui laisse augurer le pire au début et qui prend toute sa dimension au fur et à mesure qu'il se déroule.
Pas un grand Deray mais un bon Deray au final.
Léo Pard
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Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Léo Pard »

Pour ceux qui auraient manqué Avec la peau des autres, il est disponible sur le site Arte +7 et sera rediffusé à plusieurs reprises, toujours dans l'après-midi. :wink:
Federico
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Location: Comme Mary Henry : au fond du lac

Re: Jacques Deray (1929-2003)

Post by Federico »

The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz