Les Guerriers de la nuit (Walter Hill - 1979)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Frank Bannister
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Post by Frank Bannister »

c'est simplement une histoire de jaquette. La jaquette orange est la version director's cut.
Nicolas Mag
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Post by Nicolas Mag »

j'oubliais aussi de dire attention que l'ancienne version ne disparaissse totalement comme l'exorciste et apocalypse now donc achetez l'ancien dvd rapidement :wink:
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Boubakar
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Post by Boubakar »

Le film a l'avantage de ne pas souffrir de baisse de rythme (le film fait moins de 90 minutes, et on ne les sent pas passer), et on suit cette guerre des gangs avec avec un certain plaisir.
Quelquepart, dans l'attitude du chef de gang noir, et la photo très sombre du film dans des lieux clos, on pense souvent à Oz, ce qui n'est pas rien pour la série de Tom Fontana.
Le film a son lot de péripéties, mais je connaissais déjà cet univers par le jeu, édité il y a quelques années, et qui lui est très fidèle.
C'est sympa, mais ça ne casse pas non plus trois pattes à canard.
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Brody
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Re: Les Guerriers de la nuit (Walter Hill)

Post by Brody »

Voila un film qui a pris un sacré coup de vieux ! Sans doute relativement novateur à l'époque de sa sortie, pour le sujet traité et la volonté de l'aborder comme un western urbain, l'œuvre accuse aujourd'hui un sérieux manque de rythme et de grosses faiblesses dans la progression de l'intrigue.
A noter un aspect un peu en avance sur son temps, le côté "jeu de plateforme" (le plateau du métro, le plateau du gang des filles, etc…) mais trop linéaire pour maintenir une grosse tension. C'est sans doute dû également au peu d'intérêt que l'on a pour les personnages, dont la plongée ex nihilo dans la course-poursuite empêche toute caractérisation et donc toute identification ou empathie. On ne tremble pas vraiment, et puis de toutes façons ce ne sont que des voyous, hein (c'est en tous cas comme cela que Hill semble les dépeindre) ?
Une déception en ce qui me concerne. 4/10.
L'étranger...
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Re: Les Guerriers de la nuit (Walter Hill - 1979)

Post by L'étranger... »

Marrant, je l'ai revu le week-end dernier et je ne me suis pas ennuyé une seule minute (pourtant, c'est un film que j'ai dû voir un paquet de fois il y a vingt ans et que je connais bien), le charisme des personnages emporte les -rares- baisses de rythmes, et oui, le film est daté car il est bien ancré dans son époque, mais le thème et la trame restent toujours d'actualité, ne serait-ce que par ce côté bandes déssinées/jeux vidéos, non vraiment, moi, j'aime toujours autant.
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johell
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Re: Notez les films naphtas - Janvier 2010

Post by johell »

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LES GUERRIERS DE LA NUIT (The Warriors) de Walter Hill (1979)

A New York, où une centaine de gangs se partagent les rues, les combats font rage. La bande la plus puissante, les Gramercy Riffs dirigés par Cyrus, désirent unifier les forces et convoquent tous les gangs à un rassemblement pacifique. Mais la réunion dérape et finit dans le sang : Cyrus est assassiné. Ce meurtre, attribué par erreur aux Warriors, déclenche sur eux la vengeance de tous les autres. La lutte pour la survie commence, le long du trajet de 40 kilomètres qui les relie à leur quartier général...

Wow! La claque!
Une guerre des gangs présentée comme une longue fuite en avant sur une nuit. Walter Hill utilise au mieux son scénario "ticket de métro" pour se concentrer pleinement sur sa gigantesque course-poursuite où l'on suit 9 types du gang des "Warriors" à travers un New York nocturne bien dangereux. L'intrigue réduite au minimum, se révèle tout de même passionnante à suivre et est un modèle d'efficacité exemplaire. Pas forcément d'ultra-violence, mais une imagerie graphique très forte, qui s'allie très bien au look années 70 des différents gangs. On y trouve de tout, des filles charmeuses, des indiens, des clowns, des hippies, des karatékas... Pour chacun d'eux, un style vestimentaire uniques parfois ridicules (le film accuse tout de même ses années!) mais la plupart du temps souvent très réussis, comme le "Baseball Furies"!

La trame scénaristique du film se déroule un peu comme une sorte de jeu vidéo grandeur nature, où chaque nouveau quartier révèle ses différents dangers à affronter. Et une fois le "niveau" passé, un point de la situation est effectuée depuis une station radio prise par le gang des Riffs (des noirs qui font du kung-fu!) qui s'amusent à détailler la progression des 9 "Warriors" tout en passant des chansons de circonstance comme "Nowhere to Run" ou "You're Moving Too Slow". Et forcément, ce qui doit arriver arrivera : Les "Warriors" devront se séparer en deux groupes, rencontreront tout plein d'ennemis et des flics mais aussi une jolie fille qui deviendra la copine du leader nommé Swan. Celui-ci est interprété par Michael Beck, dégageant un charisme impressionnant pour son rôle et domine l'ensemble d'un casting composé de sacrées gueules, à se demander s'il ne s'agit pas réellement de figures appartenant à des gangs véritables. Au niveau authenticité, c'est une incontestable réussite.

Haut en couleurs et bourré de morceaux de bravoure, LES GUERRIERS DE LA NUIT est un film d'action sans temps mort et rondement mené. Walter Hill lui donne une énergie et un punch incroyable, aidé par une mise en scène nerveuse et bien stylisée, qui cultive des séquences souvent mémorables, dont cette énorme scène d'ouverture complètement dingue qui vaut à elle seule le détour. Le final, dont les enjeux semblent paraître comme une grosse plaisanterie, renforce le côté sans complexe de ce film énorme qui est tout simplement génial. Une grande découverte! :D
someone1600
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Re: Notez les films naphtas - Janvier 2010

Post by someone1600 »

Personnelement j'ai trouvé ca sympa, mais pas plus, rien pour crier au génie... :?
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Demi-Lune
Bronco Boulet
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Re: Les Guerriers de la nuit (Walter Hill - 1979)

Post by Demi-Lune »

Je n'en attendais pas forcément grand-chose, et je n'ai pas eu grand-chose.
Auréolé d'une réputation de film culte, Les Guerriers de la nuit présente un intérêt sociologique certain en ce qu'il constitue un instantané d'une époque et d'un lieu précis, en l'occurrence New York à la fin des années 1970 - bien avant le grand ménage de Rudolph Giuliani -, grouillant dès la nuit tombée d'une armée de gangs aux looks improbables qui investissent chaque parcelle urbaine et y marquent leur empreinte quasi animale. A la manière du Cruising (1980) de William Friedkin, la représentation franchement glauque de cette ville (de stations de métro désertes et blafardes en rues sombres et mouillées), tracée en parallèle de la fuite en avant des Warriors, donne lieu à un alignement de décors inquiétants, dégueulasses, dangereux, décrépis, tagués, dans lesquels vivent comme des rats toute une faune urbaine et miséreuse tapie dans l'ombre, et attendant que les salauds dorment en paix pour ne serait-ce qu'exister. Cet intérêt rétrospectif trouve cependant ses limites.

Le postulat est intéressant mais tourne selon moi rapidement court : si l'on ferme les yeux sur ses nombreuses facilités (des personnages qui apparaissent subitement comme un cheveu sur la soupe, par exemple), le scénario, aussi épais qu'un sandwich SNCF, accuse quand même une linéarité mécanique qui rend vite pénibles ces séquences de combat répétitives entre les Warriors et les différentes bandes qu'ils rencontrent sur leur chemin de retour. Si elles ont pu provoquer scandale à l'époque, ces bastons souffrent d'ailleurs aujourd'hui du gradient toujours supérieur en terme de violence à l'image, faisant qu'elles sont désormais plutôt quelconques. Les acteurs ont certes des trognes patibulaires et crédibles mais se montrent globalement aussi expressifs que des pylônes téléphoniques, incarnant des personnages de toute façon taillés à la serpe et servis par des dialogues très pauvres. Walter Hill injecte son amour du cinéma nerveux et viril dans une mise en scène globalement dynamique (belle ouverture d'une dizaine de minutes), même si l'ensemble souffre plus d'une fois d'importantes baisses de rythme. Bref, le résultat est pour moi loin d'être satisfaisant ; comme souvent avec Hill, les carences sont trop grandes. J'ajouterai d'ailleurs que, même si le film est très connoté BD (j'ai d'ailleurs, à ce titre, beaucoup aimé les transitions ajoutées par le director's cut), cette espèce de fascination de Hill pour ces bandes violentes et l'héroïsation finale des Warriors (des "gentils", mais par rapport à qui ?) créent un discours et une imagerie que l'on peut trouver assez ambiguë... je ne m'étonne donc pas que le film ait pu être compris, en 1979, comme un appel à la violence générale.