Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Troma
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Post by Troma »

Jack Torrance wrote:C'est au-delà des mots encore une fois. C'est devenu un instant de ma vie, un vrai tournant. On se rend compte bêtement que le cinéma, et plus largement l'art, peut changer notre vie (on le dit souvent comme ça, mais quand ça vous arrive, croyez-moi, ça surprend toujours ! :D).
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Ce film là m'a bouleversé à l'époque (au moins 20 ans maintenant). Je ne savais pas tout ce qu'on pouvait faire avec une (des) fille(s). Wow, la trame scénaristique préfigure Eyes Wide Shut. J'ai toujours la VHS mais elle est trop abimée.
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acidparadouze
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Post by acidparadouze »

Kurtz wrote:
Jack Torrance wrote:
C'est au-delà des mots encore une fois. C'est devenu un instant de ma vie, un vrai tournant. On se rend compte bêtement que le cinéma, et plus largement l'art, peut changer notre vie (on le dit souvent comme ça, mais quand ça vous arrive, croyez-moi, ça surprend toujours ! :D).
ha ok

En ce qui me concerne, je pense que l'oeuvre-clé a été The Wall de Pink Floyd.
si une oeuvre a changé ma vie, alors c'est celle-là, sans aucun doute.
Pour ce qui est des films...
c'est trop vaste.
Aucun ne m'a marqué autant que The Wall, je crois, mais beaucoup ont été très importants à différents moments de ma vie (certains le sont toujours, et depuis longtemps...).

Jamais vu The wall mais j'ai vu un doc sur Adryan Parker qui disait grosso modo que sur le plateau personne n'avait la moindre idee de ce qu'ils faisaient a part le leader des pink floyd mais que Parker soupconnait que celui-ci ne le savait meme pas et que finalement a la fin du film il haissait Parker. Je serais incapable de citer exactement mais quand il a dit ca ca m'a bien fait marrer :P
Johnny Doe
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Post by Johnny Doe »

acidparadouze wrote: Jamais vu The wall mais j'ai vu un doc sur Adryan Parker qui disait grosso modo que sur le plateau personne n'avait la moindre idee de ce qu'ils faisaient a part le leader des pink floyd mais que Parker soupconnait que celui-ci ne le savait meme pas et que finalement a la fin du film il haissait Parker. Je serais incapable de citer exactement mais quand il a dit ca ca m'a bien fait marrer :P
Alan Parker :wink:

Sinon je crois que Kurtz voulait parler de l'album (ou la chanson) pas du film... enfin je crois :shock:
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.
Kurtz

Post by Kurtz »

johndoe_df wrote:
acidparadouze wrote: Jamais vu The wall mais j'ai vu un doc sur Adryan Parker qui disait grosso modo que sur le plateau personne n'avait la moindre idee de ce qu'ils faisaient a part le leader des pink floyd mais que Parker soupconnait que celui-ci ne le savait meme pas et que finalement a la fin du film il haissait Parker. Je serais incapable de citer exactement mais quand il a dit ca ca m'a bien fait marrer :P
Alan Parker :wink:

Sinon je crois que Kurtz voulait parler de l'album (ou la chanson) pas du film... enfin je crois :shock:
je parlais d'abord du disque effectivement.
mais bon, je me suis intéressé à tout ce qui touche à The wall, y compris le film que j'ai vu 5 ou 6 fois.
mais c le disque signé pink floyd qui a ouvert la voie
acidparadouze
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Post by acidparadouze »

C'est ce qu'on appelle etre a cote de plaque :roll:
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Demi-Lune
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Re: Edward aux Mains d'Argent

Post by Demi-Lune »

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J'ai un rapport conflictuel avec Edward aux mains d'argent et j'en suis le premier agacé et malheureux, car c'est à l'évidence une œuvre remplie de qualités, et l'une de celles qui définissent le mieux la personnalité artistique particulièrement reconnaissable de Tim Burton. Si le cinéaste ne me convainc plus depuis une dizaine d'années, Edward aux mains d'argent s'intercale dans ce qui était pour moi son âge d'or, cette époque bénie de la fin 80's-début 90's où, avec grand talent, il imposait au cinéma américain sa poésie magique et ses personnages tourmentés et marginaux au service d'un style plastique inédit et de thématiques axées sur la différence, la monstruosité, le flou identitaire, l'étrangeté.
A ce titre, ce n'est sans doute pas s'aventurer loin que d'affirmer qu'Edward aux mains d'argent fait figure, avec Batman le défi, de manifeste esthétique du style Burton. Motifs visuels renvoyant à l'imaginaire du conte de fées, expressionnisme des décors lorgnant vers le gothique biscornu, onirisme graphique assumé et directement constitutif de l'univers proposé, tissent ainsi une sphère esthétique d'une beauté renversante, à la fois naïve et d'une tristesse infinie ; une sphère dans laquelle des flocons de neige portés par les chœurs éthérés de Danny Elfman et effleurés par une adolescente virginale sont capables de submerger le spectateur d'une sacrée émotion. Conte de fée emprunt d'un chagrin immense, Edward aux mains d'argent est une porte ouverte sur son géniteur, lequel fait partager sa perception solitaire du monde en s'identifiant totalement à son personnage, Edward. Sa différence artistique (il est capable de merveilles esthétiques insoupçonnables) et sa différence physique (ses doigts-ciseaux) renvoient bien évidemment à Burton lui-même, jeune cinéaste pâle, timide, solitaire et hirsute - il donne à Johnny Depp, futur acteur-fétiche avec lequel il se sent en symbiose, sa propre coiffure -, filiation confortée par le fait qu'une des grandes figures spirituelles de sa cinéphilie, Vincent Price, se trouve être le "père" d'Edward.
Vous allez me dire : mais alors, Demi-Lune, c'est quoi ton problème ? Eh bien, Edward aux mains d'argent est un film que j'aimerais aimer totalement, mais qui ne m'emporte pas comme je le voudrais. Si sa réussite plastique est évidente, si son autoportrait en filigrane est intéressant, si sa musique est inoubliable, si Winona Ryder est belle à se damner et s'il contient quelques scènes d'une beauté fulgurante, je ne parviens pas à complètement apprivoiser ce film. A l'inverse des deux Batman qui ont marqué mon enfance au fer rouge et qui font désormais partie intégrante de moi, au point de les aimer comme mes enfants, j'ai peut-être découvert Edward trop tard. S'il s'achève certes sans happy-end, le film est bien moins torturé, plus tendre et plus naïf que d'autres Burton sombres vers lesquels mon admiration se porte. Il est clair que cette tendresse et cette naïveté sont totalement assumées puisque le film s'apparente à un conte, mais j'ai décidément bien du mal à supporter ces horripilantes voisines qui donnent à la première partie du film un aspect de farce grotesque et balourde, à laquelle je préfère définitivement la tonalité romantique et délicate de la seconde. J'ai par conséquent l'impression de n'avoir les yeux rivés que sur ce qui m'apparaît être les faiblesses, tandis que je pourrai me repaître des nombreuses qualités. Pour moi, toutes ces qualités seront présentes, sans les défauts, dans l'incroyable chef-d’œuvre Batman le défi, suicide artistique d'une profondeur qui, là, ne lasse pas de me bouleverser.
C'est grave docteur Ratatouille ?
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Re: Edward aux Mains d'Argent

Post by Federico »

Demi-Lune wrote: Edward aux mains d'argent est un film que j'aimerais aimer totalement, mais qui ne m'emporte pas comme je le voudrais. Si sa réussite plastique est évidente, si son autoportrait en filigrane est intéressant, si sa musique est inoubliable, si Winona Ryder est belle à se damner et s'il contient quelques scènes d'une beauté fulgurante, je ne parviens pas à complètement apprivoiser ce film.

(...)

Il est clair que cette tendresse et cette naïveté sont totalement assumées puisque le film s'apparente à un conte, mais j'ai décidément bien du mal à supporter ces horripilantes voisines qui donnent à la première partie du film un aspect de farce grotesque et - désolé - un peu balourde, à laquelle je préfère définitivement la tonalité romantique et délicate de la seconde.
C'est vrai que la caricature aux couleurs flashies de l'Amérique ultra-clean fait un peu boule à neige ou boîte à bonbons (il y a des similitudes avec certains films de John Waters) et que cette colorimétrie très artificielle peut avoir mal vieilli, de même que le ton naïf de la fable du vilain petit canard mâtinée de Pinocchio. Mais Depp est désarmant, Winona à croquer toute crue dans sa chemise de nuit :oops: et ce film contient une de mes micro-scènes préférées : quand Edward est assis au bord du trottoir, qu'un toutou hirsute vient se poser à côté de lui et qu'il lui arrange sa frange d'un coup de cisaille. (J'ai deux ans d'âge mental mais j'assume totalement). :D
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Watkinssien
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton, 1990)

Post by Watkinssien »

Un des rares films dont la grâce est inexpliquable !

Edward Scissorhands est un chef-d'oeuvre féerique et le plus personnel des longs-métrages de Burton !

Rempli de sous-entendus sexuels et constamment satirique sur une certaine forme de société, ce bijou est une déclaration d'amour à l'artiste reclus et rejeté, un véritable conte de fée, dans lequel Burton met en place un élément récurrent de ce genre littéraire : le doux-amer.

Ainsi, Edward est un artiste fabuleux inventé par Dieu / Vincent Price, à la fois créature de Frankenstein et ange, amoureux fou et sage, éternel enfant.

Le film est beau, tendre, rageant, drôle, une claque de poésie, un émerveillement qui met mal à l'aise autant qu'il nous séduit avec un vrai sens de l'attraction.

Magnifique !
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by jacques 2 »

Actualité oblige, j'ai envie de me replonger dans la filmographie de Burton et "Edward" est un de ses indiscutables sommets sinon LE ...

Question technique : le blu ray vaut il le "coup" par rapport au dvd ?
Ce que j'ai pu glaner sur le net est assez contradictoire finalement donc l'avis d'un (plusieurs) amateur(s) de première ligne seai(en)t bienvenu(s) ...

Merci par avance à celles et ceux qui prendront la peine d'éclairer un peu ma lanterne ... :wink:
hansolo
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton, 1990)

Post by hansolo »

Watkinssien wrote:Le film est beau, tendre, rageant, drôle, une claque de poésie, un émerveillement qui met mal à l'aise autant qu'il nous séduit avec un vrai sens de l'attraction.
Magnifique !
+1
Sauf que le film ne m'a jamais mis "mal à l'aise" pour reprendre tes termes (mais il est vrai qu'à chaque fois que je le vois, je fond en larmes à la fin!)

Sans doute un des plus beaux films du duo Burton/Depp avec une Winona Ryder inoubliable et un Danny Elfman divin ...
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Federico
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by Federico »

Je ne ressens aucun malaise mais beaucoup de poésie et d'ironie (bien sentie mais jamais méchante) dans ce qui restera une des meilleures réussites de Burton.
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by El Dadal »

Pas revu depuis 7 ou 8 ans je pense. Déjà au dernier visionnage, le film avait pris un méchant de coup de vieux. Je crois que je m'abstiendrai désormais, de peur de l'enfoncer définitivement (alors que Beetlejuice ou le 1er Batman tiennent exceptionnellement bien le coup).
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Watkinssien
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by Watkinssien »

Federico wrote:Je ne ressens aucun malaise mais beaucoup de poésie et d'ironie (bien sentie mais jamais méchante) dans ce qui restera une des meilleures réussites de Burton.
Là où je ressens un malaise dans ce film, c'est le moment où Edward sauve le petit frère tout en le blessant au visage... Cette idée que les gestes d'Edward évoquant la protection ou la tendresse sont en fait des moyens de blessure crée, pour moi, une certaine suffocation due à la frustration de ce héros...


Sinon pour répondre au message de El Dadal, je pense très fortement que Edward Scissorhands est le film de Burton qui prend le moins de ride.

J'ai beau revoir et revoir le film, je suis toujours aussi ému, fasciné et envoûté par ce modèle de conte cinématographique...
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by jacques 2 »

OK le film est magnifique, je suis bien d'accord, mais quid de ma question à propos du blu ray ?

Please ... :)
DannyBiker
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Re: Edward aux mains d'argent (Tim Burton - 1990)

Post by DannyBiker »

A mon avis, c'est du portage de DVD...j'attendrais une autre édition, pour les 25 ans par exemple...
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