Clarence Brown (1890-1987)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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JaimzHatefield
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Post by JaimzHatefield »

Sympathique film initiatique d'une jeune fille passionnée d'équitation et de chevaux, National Velvet a de quoi conquérir toute la famille. Elizabeth Taylor est déjà adorable avec ses yeux bleus-violets et sa frimousse de gamine. Je ne suis pas aussi convaincu par Mickey Rooney mais il s'en tire pas trop mal. Les membres de la famille Brown sont tous très attachants, depuis le père faussement bourru (Donald Crisp) à la mère compatissante (Anne Revere), en passant par le petit dernier avec ses tendances hypocondriaques.

C'est nettement moins abouti que The Yearling ("Jody et le faon"), réalisé deux ans plus tard, à l'esthétique somptueuse et à l'histoire plutôt dure (même pour un grand garçon comme moi)... Un film que je considère comme une réussite sur tous les plans. National Velvet a néanmoins le mérite d'être plus accessible pour les plus jeunes, moins porté sur le drame. La leçon de vie est amenée avec simplicité et justesse : l'apprentissage auprès de la nature et des animaux, le goût de l'effort, du travail et de l'abnégation. La course finale est un grand moment de bravoure, orchestré avec maîtrise dans un rythme soutenu.


La qualité du transfert DVD est plutôt moyen pour du Warner. Je trouve les plans avec effets (fondus enchaînés) assez abîmés (ou moins restaurés, avec pas mal de grain et de signes d'usure) et il y a un ou deux passages accusant des défauts d'alignement des bandes technicolor, engendrant une image floue de quelques secondes.
awopbopaloobopalopbamboom
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Re: Notez les films de mai 2008

Post by awopbopaloobopalopbamboom »

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Angels in the Outfield (1951) de Clarence Brown avec Paul Douglas et Janet Leigh.

Un petit film de rien du tout mais qui m'a transporté. Tout ce qui touche au baseball, moi...

Les Pirates de Pittsburgh sont à la rue, la blague de la MLB, leur entraineur raille, rouspète ses joueurs à la moindre occasion, une journaliste (Janet Leigh) noircit le journal local de la ville avec un papier incendiant l'entraineur, il en devient l'homme le plus détesté de la ville...

Un soir après une défaite 21-2^^, l'entraineur (Paul Douglas) sur la seconde base entend la voix d'un ange qui lui promet de faire gagner son équipe si son comportement irascible disparait. Des anges qui viennent en aide à des Pirates :lol: . Et ce pacte va se poursuivre jusqu'au match final pour la tête de la National League contre les NY Giants. Ce film vaut surtout pour la rédemption construite petit à petit de l'entraineur (belle relation avec son joueur "vedette" dont le quart d'heure de gloire est passé depuis belle lurette)

Joe DiMaggio, Ty Cobb et Bing Crosby (propriétaire minoritaire des Pirates à l'époque) y font une très très brève apparition. Et "Take Me Out To The Ball Game", la chanson qui retentit dans tous les ballparks d'Amérique dans la septième manche, est bien présente dans le film.

5,5/10
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someone1600
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Re: Notez les films de mai 2008

Post by someone1600 »

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Angels in the Outfield (1951) de Clarence Brown avec Paul Douglas et Janet Leigh.

Un petit film de rien du tout mais qui m'a transporté. Tout ce qui touche au baseball, moi...

Les Pirates de Pittsburgh sont à la rue, la blague de la MLB, leur entraineur raille, rouspète ses joueurs à la moindre occasion, une journaliste (Janet Leigh) noircit le journal local de la ville avec un papier incendiant l'entraineur, il en devient l'homme le plus détesté de la ville...

Un soir après une défaite 21-2^^, l'entraineur (Paul Douglas) sur la seconde base entend la voix d'un ange qui lui promet de faire gagner son équipe si son comportement irascible disparait. Des anges qui viennent en aide à des Pirates :lol: . Et ce pacte va se poursuivre jusqu'au match final pour la tête de la National League contre les NY Giants. Ce film vaut surtout pour la rédemption construite petit à petit de l'entraineur (belle relation avec son joueur "vedette" dont le quart d'heure de gloire est passé depuis belle lurette)

Joe DiMaggio, Ty Cobb et Bing Crosby (propriétaire minoritaire des Pirates à l'époque) y font une très très brève apparition. Et "Take Me Out To The Ball Game", la chanson qui retentit dans tous les ballparks d'Amérique dans la septième manche, est bien présente dans le film.

5,5/10
Voila pourquoi Disney dans son remake a préféré prendre pour cadre son équipe a elle, les Angels d'Anaheim... lol... ceci dit je ne savais pas qu il s'agissait d'un remake, en plus je suis tombé sur ce film a TCM hier, mais comme il était deja commencé je n'ai pas regardé.
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Re: Notez les films - juillet 2008

Post by Ballin Mundson »

A woman of affairs (Clarence Brown - 1928)
Là par contre on est dans le gros, gros mélo, avec amours contrariées par des barrières morales infranchissables, sens de l'honneur et du sacrifice exacerbés, ....
Je ne suis pas trop fan du genre, mais là, j'ai regardé ça sans déplaisir notamment à cause du casting et de la réjouissante propension du scénario à accumuler les situations les plus scabreuses (même si apparemment cette adaptation est édulcorée par rapport au roman).

Donc, la riche et délurée Greta Garbo veut épouser l'honorable, mais sans le sous, John Gilbert, qui, sur les conseils de son père, la plaque pour faire fortune en Egypte. Pendant ce temps, le frère de Gréta, Douglas Fairbanks Jr. en pince sévère pour Johnny Mack Brown, qui attend gentiment de pouvoir épouser Gréta (qui donc vient de se faire plaquer par John...).
Après plein de coucheries (visiblement gréta s'envoie toute la jet set dans ce film), un avortement (ou une fausse couche, on ne sait pas trop, l'audace du scénario n'allant pas si loin) et quelques décès plus tard la morale finit par être (hélàs) sauve. Même avec ce final rédempteur, ce genre de film devait être impensable quelques années plus tard.
Last edited by Ballin Mundson on 22 Jul 08, 16:03, edited 2 times in total.
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Roy Neary
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Roy Neary »

Mini-chronique consacrée à Jody et le faon :

Jody et le faon / Les 5000 doigts du Dr. T
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joe-ernst
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by joe-ernst »

Ames libres (A Free Soul, 1931).

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Dernier film qu'il me restait à voir du coffret Forbidden Hollywood 2, cet épouvantable mélo est sans conteste le titre le plus faible du coffret. C'est l'histoire d'un avocat alcoolique, Stephen Ashe (Lionel Barrymore), qui laisse sa fille chérie Jan (Norma Shearer) fréquenter le tenancier d'un tripot, Ace Wilfong (Clark Gable), qu'il a sauvé lors d'un procès, alors même qu'elle est fiancée à un jeune homme bien sous tous rapports, Dwight Winthrop (Leslie Howard). Lorsque Ace lui demande la main de Jan, il se fâche et exige de sa fille qu'elle rompe avec lui. Elle accepte à condition qu'il s'engage à ne plus boire...

Brown a réalisé ce film à la truelle et s'il se laisse encore voir aujourd'hui, c'est avant tout pour les deux acteurs principaux. Miss Shearer est enjôleuse au possible, assez émouvante aussi et Lionel Barrymore est mémorable dans ce rôle qui lui valut l'Oscar du meilleur acteur. C'est tout.
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We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars. Oscar Wilde.
L'hyperréalisme à la Kechiche, ce n'est pas du tout mon truc. Alain Guiraudie
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Ann Harding
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Ann Harding »

Ah, Wilderness! (Impétueuse jeunesse, 1935) avec Lionel Barrymore, Wallace Beery, Eric Linden, Aline MacMahon, Spring Byington

Cette adaptation d'Eugene O'Neill par Albert Hackett & Frances Goodrich est une réussite totale. Ce film est une délicieuse tranche d'Americana où le jeune Dick (E. Linden) passe insensiblement à l'âge adulte au milieu de sa grande famille. Il se dispute avec sa petite amie Muriel et termine la soirée dans un bar où il va boire son premier verre d'alcool en compagnie d'une dame de petite vertu. Nous sommes dans la nostalgie d'une période qui n'est plus l'enfance, mais une adolescence encore innocente entourée d'une famille parfois envahissante, mais aussi très rassurante. La distribution est formidable avec Lionel Barrymore, en papa ronchonnant, Spring Byington en mère inquiète pour sa nichée, Wallace Beery en oncle porté sur la dive bouteille, et le petite frère (Mickey Rooney) et la petite soeur (Bonita Granville) qui sont tous deux fort turbulents. Nous sommes dans une atmosphère proche de Meet Me in Saint Louis. Clarence Brown réussit la un de ses meilleurs films. Il n'y a pas de grands événements. Mais, des scènes toutes simples qui se révèlent familières et chaleureuses. Les parents se réveillent le 4 juillet au son d'une pétarade de pétards et de fusées que tous les garnements du coin font sauter dans la rue. La rue est soudain envahie d'une fumée incroyable: on n'y voit pas à 10 m! Wallace Beery est un incorrigible poivrot, qui essaye depuis des années d'épouser Lily (Aline MacMahon). Ils sont tous deux formidables en train de se balancer sous le porche en buvant un breuvage dans lequel ce coquin de Beery a ajouté de l'alcool. Le film a fait l'objet d'un remake en 1948 sous le titre Summer Holiday réalisé par Rouben Mamoulian. Un Clarence Brown qu'il faut découvrir.
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Ann Harding
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Ann Harding »

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Kiki (1926) avec Norma Talmadge, Ronald Colman & George K. Arthur

Kiki (N. Talmadge) rêve de devenir chorus girl aux Folies Barbès en vendant ses journaux dans les rues de Paris. Une opportunité se présente et elle réussit à se faire embaucher par le directeur Victor Rénal (R. Colman). Ses débuts sont détonnants...

Clarence Brown a déjà réalisé de très bons films chez Universal (The Goose Woman & Smouldering Fires), quand Joseph M. Schenck, qui est le mari et le producteur de Norma Talmadge, l'embauche pour diriger sa femme dans une comédie. Norma Talmadge, comme sa soeur Constance, a fait ses débuts au cinéma dans les années 10 où elle brillait dans des comédies de la Vitagraph. Puis, elle est devenue une star du mélodrame. Sa prestation dans The lady (1925) de Frank Borzage est remarquable. Elle a également créé les rôles de Smilin' Through (1922) et Secrets (1924) qui seront repris au parlant par Norma Shearer et Mary Pickford. Elle était une des stars les plus côtées au Box-Office dans les années 20. Comment a-t-elle pu être oubliée à ce point ? En fait, ses films n'ont jamais été diffusés ni à la télévision, ni en VHS et ni en DVD. Ses films étaient des productions indépendantes de J.M. Schenck distribuées par First National et United Artists. Heureusement, voici enfin un DVD qui permet de se familiariser avec cette actrice. Dans Kiki, elle redevient une comédienne. C'est une véritable enquiquineuse qui va envahir la vie de Victor Rénal. Elle s'installe chez lui et fait tout son possible pour éjecter sa rivale. Elle se bat même avec le valet, interprété avec panache par l'écossais George K. Arthur. Ronald Colman est totalement dépassé par les événements comme le sera plus tard un Cary Grant face au déchaînement d'une Katharine Hepburn. Clarence Brown mène tout son petit monde avec habilité, et les décors Art Déco de grand luxe sont signés William Cameron Menzies. Une très bonne comédie.
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Post by Cathy »

Passion immortelle, Song of Love (1947) - Clarence Brown

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Evocation très romancée de la vie de Clara et Robert Schumann et de Johannes Brahms

Clarence Brown tourne ici un biopic très romancé de la vie de Clara Schumann, d'ailleurs un carton prévient de suite le spectateur que les faits racontés dans le film ne se sont pas tous passés dans cet ordre-là. On garde le fait que le mariage entre Clara Wieck et Robert Schumann ait été autorisé par décision de justice contre le refus du père admirablement interprété par Leo G Carroll, plus habitué aux rôles contemporains, les huit enfants du couple sont aussi présents. Il y a de grandes élipses dans la narration, on passe du mariage aux dernières années de la vie de Schumann en un plan. Finalement tout le film se concentre sur ces dernières années de la vie du compositeur, qui semble avoir réussi vu la maison qu'il a mais dont on ne montre que les tourments, et les difficultés artistiques.

Et il est bien évident que des libertés sont prises, notamment avec Clara Schumann qui n'est dans le film qu'une brillante pianiste, toute sa carrière de compositrice n'est aucunement abordée et on ne la voit qu'en tant que fervente admiratrice et femme fidèle de son mari qui sombre peu à peu dans une forme de démence sans que cela ne soit très clair, même si on évoque la mélancolie, le suicide de sa soeur folle, et qu'on évoque sa tentative de suicide avant son internement. La relation avec Johannes Brahms est tout autant fantaisiste, même si effectivement le couple Schumann a abrité le compositeur.
Bref tout cela n'est guère important, car ici nous est plus contée une grande histoire d'amour, une passion immortelle effectivement, une passion née dans l'enfance de Clara et qui continuera bien après la mort de son mari. L'évocation ressemble plus du coup à une sorte de comédie familiale, où finalement la musique passe au second plan, même si on entend naturellement quelques pièces de Liszt, que Clara interprète en tant que virtuose, la célèbre berceuse de Brahms jouée pour endormir une des filles malades du couple, ou quelques oeuvres de Schumann comme son Traumrigkeit ou son Carnaval. Le film tourne plus autour des relations amoureuses entre le couple puis entre Clara et Brahms.

Katharine Hepburn campe une Clara Schumann très attachante, presque en retrait, Paul Henreid incarne un Schumann plein de sympathie et Robert Walker est un Brahms plein de charme. Naturellement on peut critiquer certaines robes de Miss Hepburn qui semblent plus correspondre à une adaptation 19ème siècle d'une robe du 20ème, ah ses décolletés sans manche, avec petite fente, curieuse faute de goût, surtout quand les autres costumes sont admirablement reproduits. Il y a aussi les curiosités, Clara Schumann jouant lors de son dernier récital, un concert pour piano et orchestre et où il n'y a pas d'orchestre, même si on l'entend, mais bon ce sont les fautes hollywoodiennes typiques et le film n'en souffre pas, car l'intérêt n'est pas celui d'évoquer réellement la vie de musiciens, mais une passion amoureuse immortelle !
Cathy
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Cathy »

La Mousson, The rain cames (1939)

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Un médecin indien tombe amoureux de la femme d'un Lord anglais, sur fond de Mousson et de catastrophe.

La Mousson est un film bizarre, enfin sans doute est-ce le livre de Louis Bromfield qui va un peu dans tous les sens. Le film est divisé en trois parties. La première présente les personnages et dessine une critique de la société anglaise colonialiste en Inde qui vit pourtant en harmonie avec les indiens. On voit aussi l'influence de la culture occidentale sur eux, comme cette maharani qui fume des cigarettes et joue au poker. Il y a aussi le portrait de Ransome, un aristocrate anglais qui vit dans l'alcoolisme et regarde cyniquement tout ce qui se passe, Il y a Fern une jeune femme qui se rebelle et tombe folle amoureuse de celui-ci, il y a naturellement Lord et Lady Esketh, qui fut une ancienne conquete de Ransome. Le film oscille donc entre cette galerie de portraits peu reluisants, seul le médecin indien semble plein de nobles pensées. Puis il y a cette seconde partie qui tourne au film catastrophe avec la mousson et ce tremblement de terre aux tragiques conséquences. Les scènes de catastrophe sont d'ailleurs superbement filmée d'ailleurs par Clarence Brown, avec ce tremblement de terre, puis le barrage qui cède et amène avec lui la peste. Enfin la troisième partie voit la rédemption des personnages à travers leur abnégation pour soigner l'épidémie de peste.
Côté interprète, si le générique met en tête Tyrone Power, la véritable vedette est Georges Brent qui est admirable en alcoolique cynique, Myrna Loy est encore dans la partie de sa carrière où ses rôles ne sont pas exempts de défaut, quant à Tyrone Power, il est impeccable en médecin indien plein de dignité. Maria Ouspenskaya campe une maharani attachante, avec son physique si particulier sans oublier Brenda Joyce, lumineuse dans son rôle ! Toutefois le film manque sans doute un peu de rythme dans la première partie, même si elle sert de présentation des personnages, et il manque certaines scènes qui nuisent à la cohérence de l'histoire, on se demande ainsi comment Handsome et Fern seuls dans une maison encerclée par les eaux se retrouvent au palais du maharadjah sans que la décrue n'ait été évoquée ou d'autres détails du même acabit. Ceci étant la grande scène catastrophe est admirable et le film reste quand même plaisant sans doute grâce à ses interprètes.
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by francesco »

Le roman est très lisible, un peu touffu en fait, mais pas étouffant. Le scénario est d'ailleurs plus fidèle dans la version Brown que dans la version Negulesco. Je partage ton point de vue, même si je suis peut être plus emballé que toi par la réalisation de Brown. Il y a au moins une scène que je trouve anthologique c'est celle
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de l'empoisonement de Myrna Loy
, la musique, les cadrages, la bande son, le montage, la photo (la manière dont la carafe brille !)... c'est éblouissant et en même temps plein de tensions.

Mais j'ai un faible pour le scope, le technicolor, le clinquant et surtout la distribution du remake.
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Nestor Almendros »

posté fin mai

POUR PLAIRE A SA BELLE (TO PLEASE A LADY) de Clarence Brown - 1950

Je conclue ici le coffret Signature Warner consacré à l'actrice. C'est une petite comédie vite écrite qui vaut principalement pour son duo d'acteurs (Barbara Stanwyck et Clark Gable). L'histoire aborde de façon accessoire le pouvoir des médias et en particulier celui des "éditorialistes" people qui font et défont les carrières tranquillement installées derrière leur machines à écrire. C'est le cas de Stanwyck dont la plume acérée croit donner le change de la bonne morale. La romance avec Clark Gable est plutôt improbable mais c'est l'argument infaillible pour attirer le public féminin. Les hommes, eux, ne sont pas en reste puisque le film les destine à évoluer dans le milieu des courses automobiles. On est plutôt surpris de voir avec quelle efficacité ces trois longues séquences de course donnent au film un intérêt plus consistant. Brown s'en sort assez bien, donnant à ces moments prenants la dose d'adrénaline et de suspense nécessaires pour faire passer un moment agréable. C'est plutôt bien fait, la reconstitution par transparence étant bien utilisée.
Correct mais mineur...
Cathy
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Cathy »

Et la vie continue, The Human comedy (1943)

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A Ithaca, petite ville des USA, la vie quotidienne d'une famille dont le père est décédé deux ans plus tôt, l'ainé des frères est engagé dans l'armée, le cadet délivre les télégrammes une fois les cours terminés, le petit dernier qui n'a que cinq ans.

Nous sommes en 1943, les USA sont en guerre, et ce film est un film de propagande, triste, sinistre, qui sombre plus d'une fois dans le pathos et le patriotisme qui semble aujourd'hui bien trop pesant, et plombant pour ne pas dire ennuyeux, mais qui devaient terriblement parler aux américains qui vivaient cette situation. Tout est terriblement politiquement "correct", entre la première scène qui montre ce petit garçon qui va saluer le train qui passe et dont aucun passager ne répond hormis un vagabond noir, le discours de la mère sur la mort, le discours de la prof, l'importance de la religion avec ce cantique que tous les soldats en route vers la guerre reprennent en choeur ou encore cette fête de la croix rouge où on nous montre que l'Amérique est une grande patrie d'immigrés avec les danses des grecs, des arméniens, des russes... Il y a quelques moments de fraicheur dus en grande partie aux scènes avec le garçonnet, ses escapades avec les garnements de la ville, sa visite de la bibliothèque ou la scène où il découvre ce qu'est la peur. Il y a aussi le personnage truculent que campe Frank Morgan, ce vieux télégraphiste ivrogne dont naturellement l'abus de boisson est lié aux mauvaises nouvelles qu'il se doit de réceptionner. Le film est aussi une ode à l'amitié celle qui nait entre le frère ainé et un soldat orphelin qui s'imagine membre à part entière de cette famille. Si au départ on pense que le père mort va revenir aider sa famille sous forme d'un ange ou d'un esprit invisible, ce n'est nullement le cas, il sert plus à introduire le sujet et à le conclure. Mickey Rooney semble un peu trop âgé pour le rôle de cet adolescent, Van Heflin apparaît quelque peu effacé en frère ainé. Si le film est admirablement filmé par Clarence Brown comme cette scène où le plus jeune des fils interroge sa mère qui joue de la harpe, il n'en semble pas moins aujourd'hui une purge pleine de bons sentiments !

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Landon
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Landon »

DANS LA FILMOGRAPHIE DE CLARENCE BROWN,
un film 1941.. l'aventure commence à BOMBAY mérite un détour
CLARENCE etait dans le coup,en présentant un héros américain
rejoignant l'armée britannique pour combattre en extreme orient.
acteur fetiche CLARK GABLE ET ROSALIND RUSSEL ne jouèrent qu'une fois ensemble.
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Ann Harding
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Re: Clarence Brown (1890-1987)

Post by Ann Harding »

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Emma (1932, C. Brown) avec Marie Dressler, Jean Hersholt, Richard Cromwell et Myrna Loy

Emma (M. Dressler) est gouvernante chez les Smith. Elle sert aussi de mère de substitution aux quatres enfants dont la mère est morte. Vingt ans plus tard, elle est toujours fidèle au poste lorsque le père Smith (J. Hersholt) décide de l'épouser...

Ce film MGM a été conçu pour mettre en valeur une de leurs grandes stars, la comédienne Marie Dressler. C'est l'un des rares exemples d'une star qui ne soit pas mince, belle, jeune et manucurée. Marie était une véritable bête de scène qui savait habiter l'écran avec brio. Elle pouvait aussi virer au cabotinage rapidement. Ici, elle est une mère sacrificielle de substitution contrairement aux héroïnes de mélo de l'époque qui sont des mères biologiques. On pense à Gaby Morlay dans Le Voile Bleu. Mais, le film comporte un élément intéressant en montrant l'ingratitude des enfants Smith. Ils sont devenus riches et ils regardent avec mépris leur ancienne nurse devenue Mme Smith. Ils vont même jusqu'à lui intenter un procès en l'accusant d'avoir tué leur père pour capter l'héritage. Le couple formé à l'écran par Jean Hersholt et Marie Dressler sort des canons habituels du cinéma hollywoodien. Mais, il faut bien le reconnaître l'intrigue est assez mince. Le film repose ensentiellement sur les larges épaules de Marie Dressler qui passe de la comédie au drame en un clin d'oeil.