2010 (Peter Hyams - 1984)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Le prisonnier
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Re: Notez les films de mai 2009

Post by Le prisonnier »

Profondo Rosso wrote:2010 : L'Année du Premier Contact de Peter Hyams (1984)

Là où le film s'avère par contre irréprochable, c'est sur son design et ses effets visuels avec la crème des techniciens de l'époque aux commandes, notamment Syd Mead à la conception des décors (des petites choses comme Blade Runner, Tron ou Aliens au CV) et Richard Edlund aux effets visuels. Entre les maquettes saisissantes de détails et les matte painting invisibles, les séquences spatiales sont fabuleuses dans l'ensemble et le film s'avère encore très impressionnant aujourd'hui, la photo splendide de Hyams en personne ajoutant encore à la tenue technique exceptionnelle de l'ensemble. Dénué du génie visionnaire et du pouvoir de fascination du Kubrick, une suite tout à fait honorable donc, tenant largement la route sans être un classique du genre.
Tout à fait d'accord sur la splendeur visuelle du film. Un film effectivement tout à fait honorable, l'un des rares représentants cinématographique du sous-genre de la SF appelé Hard-Science, mais qui souffre forcément d'être dans l'ombre du Kubrick.

A quand une réédition à la hauteur ? (sans les effets de combing, que l'on peut voir dans l'image ci dessous)
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Truffaut Chocolat
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Re: Notez les films de mai 2009

Post by Truffaut Chocolat »

Profondo Rosso wrote:2010 : L'Année du Premier Contact de Peter Hyams (1984)

Neuf années ont passé depuis l’incident, toujours inexpliqué, survenu au vaisseau DISCOVERY qui poursuit seul son errance, en orbite autour de Jupiter. Alors que les relations russo-américaines ne sont pas au beau fixe, le Dr Dimitri Moisevitch s’arrange pour rencontrer Heywood Floyd et émettre l’idée d’une mission conjointe entre astronautes et cosmonautes. En effet, le "ALEXEÏ LEONOV" devrait rejoindre la banlieue jupitérienne au moins un an avant "DISCOVERY 2", dont le départ n’arrête pas d’être retardé. Dimitri Moisevitch pense qu’il serait temps d’outrepasser les décisions des politiques et de profiter de l’occasion pour éclaircir enfin le mystère du dysfonctionnement de HAL et de la disparition du commandant Bowman. Surtout que le temps presse car la position orbitale du vaisseau fantôme américain semble se détériorer dangereusement. Après de nombreuses tergiversations, les instances des deux puissances spatiales finissent par trouver un accord. L’équipage du "LEONOV", sous commandement russe, comportera quelques membres de la NASA, plus à même de remettre en fonction HAL et ramener DISCOVERY sur Terre.

Impensable jusque là, il fallu la folie SF générée par les succès de "Star Wars" et "Alien" (qui retomba avec ce film et "Dune" de David Lynch sortis la même année et echec cuisant au box office) pour que cette suite décriée de l'intouchable chef d'oeuvre de Kubrick voit le jour. A la place du réalisateur visionnaire, un solide technicien déjà rompu au genre avec l'excellent "Outland" 3 ans plus tôt et un ton radicalement différent mais qui parvient à inclure les élément les plus fascinant du film de Kubrick dans son intrigue.

Adapté du roman de Arthur C. Clarke faisant suite à 2001, "2010 : Odyssée Deux", l'intrigue s'en trouve paradoxalement plus datée en plongeant les personnages en pleine guerre froide, ce qui amènera quelques interactions intéressante entre les membres de l'équipage mais qui sape un peu la tension du final sur fond de 3e guerre mondiale. Chose qui étonnement n'aura jamais posé problème à la revoyure dans "Abyss", le contexte et la conclusion des deux films étant très proche, la petite touche de génie et d'émotion en plus pour le Cameron.

Les autres grosses différences sont plutôt dû à la volonté de Peter Hyams de donner au film son identité propre, sachant bien qu'il serait lapidé en marchant sur les traces de Kubrick. Là où "2001" est tout en ellipses, mystère et questionnement constant, le scénario de "2010" explique en détail tous les faits restés en suspens dans le premier film, le dysfonctionnement de HAL n'étant pas des moindres. Réalisé au pic de la fascination du grand public pour la conquête spatiale (avec le premier homme sur la lune l'année suivante), Kubrick usait d'une imagerie flamboyante qui dépaysait totalement le spectateur, le faisant rêver en l'emmenant ailleurs. Au contraire Peter Hyams dans la lignée de son "Outland" et fidèle au parti pris réaliste instauré par "Alien" nous dépeint un vaisseau au intérieur moins clinquant que le Kubrick et à l'aspect plus austère et fonctionnel. Il en va de même pour les scène sur Terre identique à l'Amérique de l'époque. Plus globalement, là où Kubrick rendait son monde le plus éloigné possible du notre, Hyams cherche au contraire à entretenir la proximité entre eux.

Une première demi heure exemplaire de concision qui met en place la nouvelle mission et les enjeux pour se retrouver assez rapidement dans l'espace en route pour le Discovery. Roy Scheider reprend le rôle de Heywood Floyd (incarné par un William Sylvester plus mûr dans "2001") rongé par la culpabilité au vu de sa responsabilité de l'expédition du premier film et qui constituera la principale motivation à repartir. Le reste du casting est tout aussi solide avec Helen Mirren en commandant russe, John Lithgow en ingénieur de la NASA et Bob Balaban technicien en charge de révéler les secrets de HAL. L'intrigue assez classique utilise bien les élément mis en place dans 2001, notamment l'attraction et les objectifs obscurs généré par le Monolithe, peu présent mais occasionnant des séquence de toute beauté. Le personnage de Dave Bowman totalement transfiguré par son expérience du premier film revient également et Hyams utilise brillamment ses différentes incarnation de la fin de 2001 lors d'une scène où il vient mettre Roy Scheider en garde. Hyams livre d'ailleurs volontairement d'autres séquences miroirs de 2001, visuellement comme la réactivation de HAL ou encore une haletante sortie dans l'espace, ou thématiquement comme lors du final tendu où une nouvelle crise de paranoïa de HAL pourrait conduire au désastre.

Tout n'est pas parfait cependant, le surexplicatif par le dialogue est assez pénible par moment, tout en en révélant paradoxalement moins que le tout image de Kubrick qui donnait une vraie hauteur aux évènements et laissait libre court à l'interprétation. Kubrick avait d'ailleurs manifesté son mécontentement à ce sujet dans le livre d'entretien de Michel Ciment.

Là où le film s'avère par contre irréprochable, c'est sur son design et ses effets visuels avec la crème des techniciens de l'époque aux commandes, notamment Syd Mead à la conception des décors (des petites choses comme Blade Runner, Tron ou Aliens au CV) et Richard Edlund aux effets visuels. Entre les maquettes saisissantes de détails et les matte painting invisibles, les séquences spatiales sont fabuleuses dans l'ensemble et le film s'avère encore très impressionnant aujourd'hui, la photo splendide de Hyams en personne ajoutant encore à la tenue technique exceptionnelle de l'ensemble. Dénué du génie visionnaire et du pouvoir de fascination du Kubrick, une suite tout à fait honorable donc, tenant largement la route sans être un classique du genre. 4,5/6
Ta critique me donne envie de le voir, merci.
Nestor Almendros
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Re: Notez les films de mai 2009

Post by Nestor Almendros »

Le prisonnier wrote:
Profondo Rosso wrote:2010 : L'Année du Premier Contact de Peter Hyams (1984)
A quand une réédition à la hauteur ? (sans les effets de combing, que l'on peut voir dans l'image ci dessous)
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Le Bluray est sorti il y a peu de temps aux USA. Peut-être y aura-t-il son équivalent en dvd?
frédéric
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by frédéric »

Je l'avais vu il y a une vingtaine d'années dans de mauvaises conditions, redécouvert complètement avec le blu-ray sortit récemment.

Faire une suite au chef d'oeuvre de Kubrick était une gageure dont Hyams s'en tire plus qu'honorablement. Le film se suit sans temps mort et le final très réussit n'est pas sans annoncer le Abyss de James Cameron. Certains trucages pour l'époque sont vraiment bien foutus. Le tout est tout à fait réussit.

Pour la HD, certaines scènes dans l'espace sont quand même pas mal, mais fallait pas trop s'attendre à un miracle pour un film un peu oublié et qui date de plus de 20 ans.
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by Anorya »

frédéric wrote: Pour la HD, certaines scènes dans l'espace sont quand même pas mal, mais fallait pas trop s'attendre à un miracle pour un film un peu oublié et qui date de plus de 20 ans.
Les scènes dans l'espace, à base de réelles photographies de la NASA sont même plus qu'honorables. A l'époque (enfin l'année d'après, en 1985), les effets spéciaux de Richard Edlund étaient même nominés aux oscars (de même que le maquillage et le son). Dire que je ne l'ai qu'en VHS et que ça a quand même --sur projecteur dans une salle aménagée pour ça :fiou: -- une certaine beauté, j'ose pas imaginer le blu-ray. D'ailleurs ça pourrait bien être avec 2001 mon premier blu-ray je sais pas. Je suis assez tenté. :)
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frédéric
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by frédéric »

Anorya wrote:
frédéric wrote: Pour la HD, certaines scènes dans l'espace sont quand même pas mal, mais fallait pas trop s'attendre à un miracle pour un film un peu oublié et qui date de plus de 20 ans.
Les scènes dans l'espace, à base de réelles photographies de la NASA sont même plus qu'honorables. A l'époque (enfin l'année d'après, en 1985), les effets spéciaux de Richard Edlund étaient même nominés aux oscars (de même que le maquillage et le son). Dire que je ne l'ai qu'en VHS et que ça a quand même --sur projecteur dans une salle aménagée pour ça :fiou: -- une certaine beauté, j'ose pas imaginer le blu-ray. D'ailleurs ça pourrait bien être avec 2001 mon premier blu-ray je sais pas. Je suis assez tenté. :)
Oui, c'est vrai je le répète les scènes de l'espace sont bien fichus, mais comparé par exemple au Blu-Ray d'Event Horizon, y'a pas photos, mais encore une fois pour un film vieux de 20 ans, ça tient très bien la route.
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by Demi-Lune »

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Année 2010. Alors que le monde vit toujours dans le bras-de-fer de l'antagonisme américano-soviétique, un représentant de l'astronautique russe propose au professeur américain Heywood Floyd (Roy Scheider), ancien directeur évincé de la mission Discovery, de participer à l'expédition spatiale que l'URSS est en train de mettre sur pied, parallèlement aux Etats-Unis. Il s'agit d'atteindre la navette spatiale Discovery qui, depuis neuf ans, demeure à l'abandon en orbite de Jupiter - et de percer le mystère qui entoure les disparitions des astronautes David Bowman et Frank Poole, notamment en reconnectant l'ordinateur de bord HAL-9000. Dans un contexte de tension diplomatique bilatérale en Amérique du Sud extrêmement préoccupante, Floyd fait valoir à ses supérieurs tout l'intérêt qu'il y aurait pour les Etats-Unis à coopérer avec la mission soviétique - plus rapide que la leur - afin de mieux contrôler l'accès aux renseignements que fournira la réactivation de HAL-9000. A cette fin, il appareille sur la navette soviétique Alexei Leonov, commandée par Tanya Kirbuk (Helen Mirren), avec l'ingénieur Curnow (John Lithgow), concepteur de la navette Discovery, et avec le docteur Chandra (Bob Balaban), le créateur de HAL-9000. Aux confins de l'univers, l'insaisissable monolithe noir continue de graviter dans le giron de Jupiter et d'imposer à ses visiteurs terriens le bon-vouloir de sa force mystique.

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En 1968, le monumental 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, d'après l'oeuvre d'Arthur C. Clarke, s'imposait comme une expérience cinématographique sans équivalent, définissant les nouveaux standards de la science-fiction et des trucages, tout en marquant au fer rouge toute une génération de cinéastes en herbe - des Lucas, des Spielberg, des Scott, qui une dizaine d'années plus tard, ayant parfaitement digéré la vision kubrickienne, accouchaient d'oeuvres de SF triomphales tout autant influencées par l'héritage de 2001 (l'importance primordiale des trucages et de la bande son, par exemple) que parfois construites en opposition à lui (un exemple : la vétusté crade du Nostromo de Scott contre le flambant neuf et aseptisé Discovery). Les succès d'Alien ou de la saga Star Wars font de la science-fiction un genre très en vue à Hollywood et il n'est donc pas surprenant que les gros pontes de la MGM se jettent en 1982 sur le nouveau bouquin de Clarke, 2010 : odyssée deux. Mais Kubrick, contacté, n'est pas intéressé pour transposer la suite de l'odyssée spatiale. C'est finalement au réalisateur américain Peter Hyams, qui vient de boucler un film de SF remarqué (Outland, 1981) et qui manifeste beaucoup d'intérêt pour le projet, qu'incombera la lourde tâche de succéder au Dieu Kubrick. Il prend contact avec Clarke, avec qui il rédigera, tout le long de l'année 1983, le scénario du film. Il contacte également Kubrick. Hyams raconte : "J'ai eu une longue conversation avec Stanley, et lui ai expliqué ce qui allait se passer. Si cela rencontrait son approbation, je ferais le film ; et si ce n'était pas le cas, je ne le ferais pas. Je n'aurais certainement pas songé faire le film si je n'avais pas eu la bénédiction de Kubrick. C'est l'une de mes idoles, tout simplement l'un des plus grands talents qui aient jamais foulé la Terre. Il a plus ou moins dit : "Bien sûr. Vas-y. Peu m'importe." Et une autre fois il a dit : "N'aies pas peur. Fais juste ton propre film"". Faire son propre film, telle semble bien être la clé et la seule issue de Hyams pour mener à bien cette ambitieuse entreprise. Comment, en effet, peut-on donner une suite réussie à l'intouchable chef-d'oeuvre qu'est 2001 ? N'est-ce pas hérésie que de prétendre, seize ans après, chasser sur les terres de Kubrick et livrer un produit aussi visionnaire et abouti ? Projet en or pour la MGM, 2010 est donc un casse-tête pour le réalisateur qui s'est vu remettre les commandes du navire. Mais Hyams n'est pas idiot : le statut de 2001 et la personnalité unique du génial cinéaste qui en est le géniteur l'empêchent de suivre bêtement le chemin tracé en 1968. Copier pâlement Kubrick pourrait affaiblir la force de 2001 et prêter le cinéaste aux flancs de la critique facile. La meilleure solution est donc d'aborder cette Odyssée Deux de manière relativement neuve. Sans trahir le matériau de Clarke ni fragiliser l'aura de 2001 et de Kubrick, Hyams fait le choix d'un 2010 en filiation directe, respectueux, mais également indépendant, humble, différent.

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C'est un choix risqué mais qui se révèle très pertinent, pour peu que l'on fasse un peu abstraction de 2001. Hyams n'est pas Kubrick et son 2010, qui ne peut rivaliser avec l'opus fondateur du Maître, entend par conséquent emprunter des sentiers qui lui sont propres. Des sentiers que l'on peut critiquer, d'ailleurs. Car là où Kubrick faisant dans l'elliptique, dans l'allusif, dans l'écrasante fable philosophique et métaphysique, Hyams et Clarke entendent apporter, de manière relativement plus légère, des réponses aux diverses interrogations qui faisaient toute la richesse thématique et interprétative de 2001. Ainsi découvrera-t-on les raisons du dysfonctionnement de HAL-9000, ce qu'est devenu David Bowman, la nature et la teneur du "message" du monolithe. Kubrick le reprochera. Alors qu'on pourrait accuser Hyams d'avoir défloré la beauté hypnotique du film de Kubrick, les explications de 2010 ne m'ont pas paru - et c'est remarquable - altérer l'opacité de 2001, sa capacité à nous faire s'interroger, la liberté qu'il nous donne dans son interprétation. 2010 apporte quelques lumières qui pourront paraître regrettables aux yeux des puristes, mais ne verse pas non plus dans le surexplicatif, même si certains dialogues (ou le monologue final) sont sans doute dispensables. Le film prolonge les questionnements de Kubrick et ouvre de nouveaux horizons - à l'image de son superbe final dont l'influence sur James Cameron et son Abyss saute aux yeux -, que l'on est en droit de trouver inférieurs à ceux de Kubrick (du fait d'un relatif "désambuage"), mais qui restent cependant tout à fait cohérents et courageux. De la même manière, si le scénario s'ancre plus dans la temporalité que son prédécesseur - au risque de rendre les scènes terriennes presque étrangement kitsch -, l'affrontement USA-URSS qui est au coeur de l'histoire est une vraie bonne idée. Tout n'est pas toujours réussi : les apparitions/manifestations de Bowman ne sont pas follement convaincantes, et il manque un grain de folie visuelle et musicale à 2010. Là où 2001 était une imposante montagne sacrée qui transpire le génie à chaque plan, 2010 apparaît tant dans sa construction que dans ses visées, plus humble, plus apaisé. Surtout, le soin apporté à la photographie, aux décors des vaisseaux, sous influence d'Alien, ainsi qu'aux trucages, souvent époustouflants, font de l'oeuvre de Hyams, sinon un chef-d'oeuvre (c'etait pratiquement mission impossible), du moins un très bon film de SF formellement splendide. Toute l'ironie est que le choix d'avoir voulu rester humble face à l'ombre imposante de Kubrick a finalement relégué 2010 dans un petit oubli assez immérité. Allez, c'est l'année ou jamais pour le réhabiliter !
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by Anorya »

Bravo Demi-Lune et merci pour cette très belle chronique qu'on sent passionnée envers 2010. :D
Cela me donne une fois de plus envie de voir le film et d'user une nouvelle fois ma VHS en attendant de prendre le film en dvd ou, qui sait, blu-ray... :wink:
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Demi-Lune
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by Demi-Lune »

Anorya wrote:Bravo Demi-Lune et merci pour cette très belle chronique qu'on sent passionnée envers 2010. :D
Cela me donne une fois de plus envie de voir le film et d'user une nouvelle fois ma VHS en attendant de prendre le film en dvd ou, qui sait, blu-ray... :wink:
Merci. :wink:
Le dvd français est un peu naze. Les screenshots donnent l'impression d'être anamorphiques mais l'image est en fait en 4/3 : j'ai coupé le superflu. Le dvd français ne propose d'ailleurs pas le petit making-of de 10 minutes qui était présent sur le zone 1. En revanche, le récent blu-ray a l'air splendide.
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by Anorya »

Revu le film hier soir en... VHS.
Outre qu'il m'est maintenant difficile de revenir du dvd à la vhs (en plus sur un grand écran), le film était en VF et la K7 commençait à livrer des signes de fatigue intense (ça sautait trop souvent). Néanmoins ça ne gâche pas tant que ça un excellent film de SF que j'ai pris plaisir à me revoir à la lecture des avis du topic. Je reste soufflé une fois de plus par les effets spéciaux et les bonnes idées du film de Hyams. C'est une bonne adaptation de Clarke qui se savoure effectivement à l'ombre de l'insurpassable chef d'oeuvre de Kubrick.
4,5/6.
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by nobody smith »

Comme on l’aura remarqué sur un autre topic, je ne suis pas particulièrement fan du travail de Peter Hyams. Le voir s’attaquer à une suite de 2001 n’a pourtant pas de quoi m’énerver. Le principe même d’une suite à un tel chef d’œuvre apparaît tellement casse-gueule que je n’attends rien du projet qu’il soit réalisé par Hyams ou un autre. Forcément, je ne peux qu’être agréablement surpris par un film effectivement terre à terre mais évitant de péter plus haut que son cul. D’après ce que j’avais cru comprendre, l’écrivain Arthur C. Clarke avait déjà avancé l’idée de la guerre froide dans 2001 mais Stanley Kubrick n’avait pas voulu la retenir pour le long-métrage. Il faut dire que cela allait en contradiction avec son ambition d’accoucher d’un film absolu, intemporel et transcendant toute culture. Je n’ai pas lu le roman 2010 mais je peux supposer que Hyams se soit contenter du matériel à disposition pour construction son film. Cela expliquerait d’ailleurs pourquoi il choisit d’inclure sans grande logique 2 séquences terrestres sur l’entourage de l’astronaute Bowman interrompant brutalement sa nouvelle odyssée spatiale. Une odyssée de forte belle tenue il faut le dire. Si les relations entre les scientifiques russes et américains sont intéressantes, elles ne pèsent pas forcément lourd face au déploiement visuel du film. Les effets spéciaux de Richard Edlund sont impressionnants, les décors bien foutus et la photographie a une très belle gueule comme toujours chez Hyams. Des qualités graphiques que j’avais déjà pu noter sur outland sans forcément apprécier ce dernier. Toutefois, le bonhomme se montre bien plus inspiré ici. Il ne fait pas qu’enchaîner les belles images, il arrive également à concevoir quelques grands moments magiques. On retiendra longtemps le réinvestissement du vaisseau Discovery, la discussion de Floyd avec un Bowman hors du temps ou ce suspense lors de la discussion entre un savant et HAL. Même si le film accuse des coups de mou (un premier acte pas très bien rythmé notamment) et apparaît inéluctablement daté de par son concept (le message final se retrouve amoindri par ce contexte historique dépassé), 2010 arrive à fonctionner au-delà de toutes espérances. Par contre, gros point noir pour la musique de David Shire franchement pas transcendante. Si j’en crois ce qu’il y a d’écrit plus haut c’est plus un problème d’utilisation de la musique que de composition. C’est assez étrange puisqu’au niveau de l’ambiance sonore, le film s’est bien des leçons de son aîné.
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by hellrick »

J'aurais bien voulu, pour ma part, voir au cinéma 3001 Odyssée Finale (2061 étant plus anecdotique mais pas désagréable), il me semble même que le projet était bien avancé voici une dizaine d'années avant qu'il sombre dans l'oubli :(
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Re: 2010 (Peter Hyams, 1984)

Post by AlexRow »

hellrick wrote:J'aurais bien voulu, pour ma part, voir au cinéma 3001 Odyssée Finale (2061 étant plus anecdotique mais pas désagréable), il me semble même que le projet était bien avancé voici une dizaine d'années avant qu'il sombre dans l'oubli :(
Yep. Moi aussi j'en rêve encore à l'occasion.
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Re: 2010 (Peter Hyams - 1984)

Post by Nestor Almendros »

Pas grand chose à ajouter à ces avis inspirés. J'aime bien ce film, à voir bien indépendamment du Kubrick surtout: je me souviens d'un visionnage consécutif des deux opus et le Hyams en avait énormément souffert. Hyams choisit un autre ton, plus terre à terre, utilisant le mystère de l'exploration et de la découverte (un peu comme le début d'ALIEN que j'ai revu la semaine dernière) pour donner au film un suspense moins allégorique que dans le Kubrick. Et puis c'est toujours un plaisir de retrouver le regretté Roy Scheider, même si ses messages envoyés à la Terre et utilisés en ellipses narratives, sont plutôt lourdes et sonnent parfois bizarrement.

Juste un petit mot sur la qualité du master blu-ray. C'est un télécinéma très récent qui est, à mon goût, tout à fait réussi dans le sens où il rend fidèlement l'image d'origine. Amis de l'image lisse passez votre chemin (je comprends quelques réactions négatives lues à l'époque de la sortie du BR mais il faut arrêter de tout voir aux normes d'aujourd'hui). Il y a donc beaucoup de grain, mais c'est un fourmillement fin, tout à fait argentique. La copie est très propre et les couleurs vives (au point que les instruments de contrôle dans la navette semblent presque trop colorés, trop pensés pour éblouir le regard du spectateur). Un premier bémol cependant: les contrastes ne sont pas forcément toujours homogènes et les effets spéciaux dans l'espace s'en ressentent. Pour ceux qui redécouvriront le film en haute-définition (Anorya: garde ta VHS :mrgreen: ) la qualité des effets spéciaux vous paraitra beaucoup moins unanime. Tous les défauts des trucages optiques sont accentués, et notamment concernant les différentes couches d'images qui n'ont pas les mêmes contrastes (voire colorimétrie: on note une dominante rougeâtre plus ou moins prononcée). C'est là qu'on regrette une gestion des contrastes un peu légère parfois: des noirs plus profonds sur les plans dans l'espace auraient certainement masqué beaucoup de défauts...
Gounou
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Re: 2010 (Peter Hyams - 1984)

Post by Gounou »

Merci pour ton retour technique sur 2010, Nestor... je viens de me procurer le blu-ray et ai assez hâte de revoir le film. :wink:
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