L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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cinephage
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by cinephage »

Tancrède wrote:L'oeuvre de Ford ne peut certainement pas être découpée de manière aussi simpliste.
voir par exemple Le massacre de Fort-Apache (1948)...
Absolument. Je pense aussi à des films comme le mouchard, très pessimiste, ou les raisins de la colère, mais aussi à quatre hommes et une prière, dans lequel on assiste à des scènes de massacres assez épouvantables...

J'aurais plutôt tendance à considérer que Ford raconte le plus souvent l'histoire d'une communauté face à une menace, extérieure, mais aussi, parfois, interne, et que la foi, ferveur religieuse, conviction en ses principes, ou espoir en un jour meilleur, y parait souvent la meilleure réponse, permettant, sinon de vaincre l'adversaire, de lui survivre.
Mais c'est un canevas très lâche, auquel s'ajoutent une multitude d'autres thèmes (parmi lesquels, en premier jet, l'Irlande et son histoire révolutionnaire, le temps qui passe, l'instauration de la civilisation/loi...).
L'oeuvre de Ford est tout de même assez complexe dans son évolution.
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O'Malley
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by O'Malley »

cinephage wrote:
Tancrède wrote:L'oeuvre de Ford ne peut certainement pas être découpée de manière aussi simpliste.
voir par exemple Le massacre de Fort-Apache (1948)...
Absolument. Je pense aussi à des films comme le mouchard, très pessimiste, ou les raisins de la colère, mais aussi à quatre hommes et une prière, dans lequel on assiste à des scènes de massacres assez épouvantables...

J'aurais plutôt tendance à considérer que Ford raconte le plus souvent l'histoire d'une communauté face à une menace, extérieure, mais aussi, parfois, interne, et que la foi, ferveur religieuse, conviction en ses principes, ou espoir en un jour meilleur, y parait souvent la meilleure réponse, permettant, sinon de vaincre l'adversaire, de lui survivre.
Mais c'est un canevas très lâche, auquel s'ajoutent une multitude d'autres thèmes (parmi lesquels, en premier jet, l'Irlande et son histoire révolutionnaire, le temps qui passe, l'instauration de la civilisation/loi...).
L'oeuvre de Ford est tout de même assez complexe dans son évolution.
En effet, l'oeuvre de Ford ne peut pas être découpé de manière si simpliste mais plus qu'une analyse en profondeur de l'évolution de son oeuvre, c'est surtout un état d'esprit qui en résulte et qui transcende la majeure partie de sa carrière que je tente d'exprimer... état d'esprit qui se caractérise en effet par ce qu'explique cinéphage.
Et cet état d'esprit, qui est un mélange de serenité, d'humanisme, d'espièglerie voire de nonchalence, montre que Ford préfère embellir les sentiments et les actions humaines plutôt que les montrer sous un jour plus sombre. Et même si Le massacre de Ford Apache montre les abus de la Cavalerie envers les indiens, même si Les raisins de la colère montre les ravages de la Depression sur une famille qui a tout perdu, malgré tout, ils sont empreints de cet état d'esprit fordien (je n'ai par contre pas vu Le mouchard ni quatre hommes et un eprière ainsi qu'un paquet d'autres) qui fait que ces films penchent plus vers la lumière que l'obscurité...
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by someone1600 »

Pour le mouchard c'est clair, tu ne trouveras pas grand chose d'optimiste dans ce film, mais une enorme réussite de Ford tout de meme. :wink:
Strum
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by Strum »

O'Malley wrote:On se rejoint finalement, il me semble, sur la relation entre Ford et son cinéma. :wink: La légende c'est le cinéma de Ford de 1916 à 1956; à partir de 1956 commence l'introspection.
Comme le disent Tancrède et Cinéphage, il n'existe pas de césure si nette. Et d'ailleurs, Fort Apache, cité par Tancrède est un bon exemple de l'ambivalence à l'oeuvre chez Ford : de mémoire, l'épilogue du film, est assez frappant en ce qu'il semble être un commencement de construction de légende, alors que le film vient de nous présenter des faits peu glorieux. Dans un autre genre, Les Sacrifiés, très beau film de guerre, donne un très rare exemple à ma connaissance de l'alternance entre attente et missions qui est le lot quotidien des soldats en temps de guerre. Rien d'héroïque là-dedans.
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by Sybille »

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L'homme qui tua Liberty Valance
John Ford (1962) :

Peinture humaniste d'une petite ville de l'Ouest américain, "L'homme qui tua Liberty Valance" est un superbe western. La réalisation de John Ford est admirable. Il réussit à plonger le spectateur au coeur même du récit, lui faisant revivre et partager une époque désormais révolue. La tension sourde qui émane du film dans son ensemble tient au poids du changement, à l'évolution sociale qui traverse la petite communauté. Elle agit en contraste avec la douceur brumeuse, la mélancolie élégiaque qui imprègne le récit. Au point de nous faire douter : doit-on croire à la nostalgie qui nous fait immanquablement regretter un passé pas forcément heureux ? De quelle valeur sont les souvenirs dans notre vision des évênements antérieurs ? Film sur l'illusion apportée par le temps qui passe, "L'homme qui tua Liberty Valance" se retrouve doté de personnages parfois fragiles, mais aussi las et tranquilles. Des êtres à l'existence feutrée, peu à peu usés par l'écoulement de la vie, mais néanmoins sans vision pessimiste des choses et des gens. Heureux donc, avec un détachement et une sérénité non feints. Le tout est admirablement interprété par des acteurs magnifiques : James Stewart et John Wayne bien sûr, mais aussi Vera Miles, Woody Strode... Tous sans exception, grâce à une retenue toute en subtilité composent des portraits frémissants et intenses. En même temps description de la vie politique américaine au début du 20ème siècle (avec insistance sur l'utilité de la démocratie), relation d'une amitié qui ne se dit pas, puis affirmation de la nécessité d'entremêler dans un ensemble commun souvenir, pardon et oubli, "L'homme qui tua Liberty Valance" n'est rien d'autre qu'un des meilleurs films de John Ford. Indispensable. 9/10
villag
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by villag »

A noter aussi la musique: quand Vera Miles revient sur les ruines de la maison de J Wayne, on entend la même musique que dans YOUNG MR LINCOLN quand Henry Fonda vient se recueuillir sur la tombe de son 1er amour .....
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Strum
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Strum »

villag wrote:A noter aussi la musique: quand Vera Miles revient sur les ruines de la maison de J Wayne, on entend la même musique que dans YOUNG MR LINCOLN quand Henry Fonda vient se recueuillir sur la tombe de son 1er amour .....
Oui. Si je peux me permettre, le topic ci-dessous est consacré à cette reprise musicale : :wink:

http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 30&t=29845
villag
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by villag »

Strum wrote:
villag wrote:A noter aussi la musique: quand Vera Miles revient sur les ruines de la maison de J Wayne, on entend la même musique que dans YOUNG MR LINCOLN quand Henry Fonda vient se recueuillir sur la tombe de son 1er amour .....
Oui. Si je peux me permettre, le topic ci-dessous est consacré à cette reprise musicale : :wink:

http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 30&t=29845

Je ne connaissais pas ce topic, Stum ........SUPERBE ! et felicitations !!!
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Demi-Lune
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Demi-Lune »

Bon, je sens que je vais me prendre une volée de bois vert, mais tant pis, je me lance. J'ai découvert hier soir ce film extrêmement réputé de John Ford, et si je ne peux lui enlever certaines qualités, je dois dire que L'homme qui tua Liberty Valance m'a fait le même effet que le peu de John Ford que j'ai vus jusqu'ici : j'y suis resté relativement hermétique. Mon petit commentaire scandalisera très certainement les férus de westerns de l'Age d'or et les adorateurs du tandem Ford/Wayne, mais pour ma défense, je dirai que je n'ai jamais été très amateur de John Wayne, et que je crois que je suis finalement très insensible au cinéma de John Ford. Cette façon très propre, très "hollywoodienne" dirais-je - à supposer que cet adjectif ait un quelconque sens ici - de faire le western me parle assez peu, et je dois dire que je trouve ça vieilli dans sa forme ; non pas en des termes techniques, car l'apparente simplicité de la réalisation de John Ford cache en fait une science savante du cadrage qui ne saute pas nécessairement aux yeux du premier coup ; non pas dans sa photographie en noir et blanc, superbe ; mais bien dans cette représentation de l'Ouest américain, très "renfermée" (ampoulée ?) car majoritairement tournée en studio, avec des personnages ou blanc, ou noir, voire caricaturés à mort (les interprétations cabotines en diable du journaliste ou du shérif n'aident pas). Ce qui est paradoxal, c'est que justement, le film s'interroge sur la "légende" de l'Ouest américain, et donc en un sens, sur sa représentation dans l'imaginaire collectif - la démarche "magnifiante" et "clichée", mais néanmoins désenchantée de Ford peut donc être pertinente, mais ne me touche pas. Il faut dire que l'approche amère qui est adoptée dès le départ cède souvent à une légèreté un peu hors de propos (on revient à cet humour pataud s'exprimant au travers du journaliste et du shérif). Il est indéniable que le film est thématiquement riche dans ses questionnements vis-à-vis du western, de ses mythes, de l'extinction de l'Ouest sauvage au profit d'une société de Loi, politicienne. Cependant, ces questionnements ne m'ont jamais impliqués tout du long. Ce n'est qu'à la toute fin, avec sa célèbre réplique, interrogation pleine d'intelligence sur la notion d'Histoire et sur la falsification de celle-ci, que le film a commencé à s'ouvrir à moi - bien trop tard, malheureusement. Les westerns de Ford (et je crois, d'ailleurs, tous ceux de l'Age d'or) n'arrivent jamais à me passionner... je suis nettement plus client de westerns diamétralement différents à la Leone ou à la Peckinpah, avec ces gueules, cette amoralité, et ce sable omniprésent - on a presque le goût du sable dans ces films. Ce que je veux dire par là (et je le fais sans doute maladroitement et inintelligiblement), c'est que le peu de westerns de Ford que j'ai vus m'apparaissent comme des écrans projetant des figures fantomatiques et droites, issues de photos sépias jaunies par le temps. A l'inverse d'un Leone ou d'un Peckinpah, les westerns de Ford ne me donnent aucun goût du Far West, juste une peinture en studio légèrement ennuyeuse, idéalisée et poussiéreuse - et ce sentiment était déjà le même devant La Prisonnière du désert, qui est pourtant, lui aussi, un western très amer.
Bref, L'homme qui tua Liberty Valance est certes un bon film, parfois émouvant, intelligent dans son message final, mais ça n'ira pas malheureusement plus loin en ce qui me concerne. J'en suis bien désolé, car le concert quasi unanime de louanges à l'égard de l'oeuvre de John Ford m'incite à penser que je suis le seul à ne pas voir ce qui apparaît pourtant de façon limpide à tous les autres cinéphiles.
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cinephage
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by cinephage »

Le cinéma classique hollywoodien ne s'apprivoise pas en deux ou trois films. Tant que ton regard n'y sera pas "habitué", il achoppera sur des interprétations "à l'ancienne", des décors sommaires ou des situations manquant d'un certain réalisme, studio oblige.

Tu fais bien de persévérer, ce n'est, du moins à mon sens, qu'au bout d'un certain nombre de films que tu parviendras à intégrer ces traits caractéristiques du cinéma des années 50 pour voir l'usage qui en est fait au delà de la "barrière des codes". Tu en es déja à percevoir l'intention derrière la forme, même si la forme te gêne encore. Ca ne suffit pas à te rendre le film agréable, mais c'est déja ça.
Peut-être auras-tu plus de facilité avec des films policiers ou des comédies qu'avec les westerns, que tu ne peux t'empêcher de comparer avec les films plus modernes, justement en rupture avec ces codes anciens...
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Demi-Lune
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Demi-Lune »

cinephage wrote:Peut-être auras-tu plus de facilité avec des films policiers [...] que tu ne peux t'empêcher de comparer avec les films plus modernes, justement en rupture avec ces codes anciens...
Je suis un adorateur des films noirs des années 40-50. :wink: C'est un genre qui me parle bien plus que le western, du moins le western de cette époque.
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by homerwell »

Certaines scènes des films de Leone sont des hommages à Ford. Si tu es un admirateur du grand Sergio, il y a peut être là un axe de compréhension pour éviter de les opposer et peut être voir ce que l'un doit à l'autre.
Et je ne crois pas que les personnages soient tout blanc ou tout noir dans L'homme qui tua Liberty Valance. Bien au contraire. :wink:
Ta position est courageuse, je ne doute pas que tu finiras par aimer ce film. :mrgreen:
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Sybille »

Je trouve ton commentaire très intéressant, Demi-Lune :wink: (à la fois sur le film, puis sur le western en général).
Demi-Lune wrote:Les westerns de Ford (et je crois, d'ailleurs, tous ceux de l'Age d'or) n'arrivent jamais à me passionner... je suis nettement plus client de westerns diamétralement différents à la Leone ou à la Peckinpah, avec ces gueules, cette amoralité, et ce sable omniprésent - on a presque le goût du sable dans ces films. Ce que je veux dire par là (et je le fais sans doute maladroitement et inintelligiblement), c'est que le peu de westerns de Ford que j'ai vus m'apparaissent comme des écrans projetant des figures fantomatiques et droites, issues de photos sépias jaunies par le temps. A l'inverse d'un Leone ou d'un Peckinpah, les westerns de Ford ne me donnent aucun goût du Far West, juste une peinture en studio légèrement ennuyeuse, idéalisée et poussiéreuse - et ce sentiment était déjà le même devant La Prisonnière du désert, qui est pourtant, lui aussi, un western très amer.
Tu as parfaitement le droit de ne pas être sensible aux westerns de Ford ou des autres de l'époque ; je suis aussi évidemment d'accord pour affirmer que le 'réalisme' n'est pas souvent la première de leur qualité. :mrgreen:
Mais ce que je trouve toujours bizarre (car tu n'es pas le 1e), c'est cette propension à les opposer à ceux de Leone et Peckinpah... qui - pour ma part cette fois - ne m'apparaissent pas du tout "plus" véridiques que leurs prédécesseurs. Je ne crois pas plus aux personnages, je veux dire dans le sens où je pourrais me dire : "Ah oui tiens, l'Ouest ça devait être comme ça à l'époque." C'est quelque chose qui dépasse mes possibilités je crois. :lol: Mais tout ça pour rappeler qu'il n'y a pas la vision naïve et idéalisée d'un côté, puis le rendu plus perspicace de l'autre. Tu parles d'ailleurs toi-même de goût du Far West et je crois que ce n'est pas plus, si ce n'est qu'on peut préférer l'un.
Last edited by Sybille on 13 Jul 10, 12:01, edited 1 time in total.
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Jeremy Fox
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Jeremy Fox »

C'est justement au contraire le western classique hollywoodien qui m'a donné le goût du Far-West (j'aimais - et j'aime toujours- les héros bien rasés, bien habillés, polis... :mrgreen: ) alors que les westerns italiens ou des années 70 ont eu tendance à m'en éloigner ; mais je comprends aussi tout à fait que l'on puisse ressentir comme toi l'inverse.

A savoir cependant que si j'ai toujours aimé le western hollywoodien, j'ai mis beaucoup de temps à apprécier les westerns de Ford qui m'ont ennuyé en gros jusqu'à 20 ans, notamment et surtout The Searchers et Liberty Valance. Comme quoi, il reste un petit espoir :wink:

Quant à la véracité, comme Sybille, je doute que les films de Leone le soient plus que les westerns des années précédentes. Ce sont deux Far-West éloignés mais pas nécessairement plus véridiques l'un que l'autre. Je dirais même que ceux qui me paraissent les plus proches de la réalité se trouvent dans les années 30, les cinéastes de l'époque ayant eu tous plus ou moins des parents ayant vécus la ruée vers l'Ouest ou la vie de cow-boy.
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Kevin95
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Post by Kevin95 »

J'émets aussi un étonnement sur ce qu'écrit Demi-Lune (bien qu'il n'ait commis aucun blafèmes) mais non pas sur l'argument de la véracité de la peinture de l'Ouest (la vision de Ford très romanesque est aussi faussée que celle opératique de Leone ou celle baroque de Peckinpah) mais parce que ceux deux metteurs en scènes sont à mes yeux de purs enfants de Ford.

Leurs styles differes mais leurs approches, leurs traitements des personnages, leurs narrations sont dans la même lignée. La mise en scène de l'un n'est que la source principale d'inspiration de celle des deux autres. On trouve aussi de l'humour de Hawks mais c'est bien du désenchantement de Ford (même dans un Cheyenne Autumn) dont les deux autres consciemment (Leone) ou inconsciemment (Peckinpah) se rapprochent.

Mais je comprends Demi-Lune car il en fut de même pour moi il y a aujourd’hui bien longtemp (Jeremy Fox pourra en temoigner), une époque où je conspuai Rio Grande et She Wore a Yellow Ribbon au profil des Django et Pour une poignée de dollars. Aujourd’hui j’aime les deux !
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)