Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

pol gornek
chat gratte !
Posts: 5072
Joined: 21 Feb 05, 12:32
Location: Devant la petite lucarne

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by pol gornek »

Excellente initiative. Bon courage dans ta démarche. :D
Le public qui grandit devant la télé affine son regard, acquiert une compétence critique, une capacité à lire des formes compliquées. Il anticipe mieux les stéréotypes et finit par les refuser car il ne jouit plus d'aucune surprise ni curiosité, les deux moteurs de l'écoute.Il faut donc lui proposer des programmes d'un niveau esthétique plus ambitieux. La série télé s'est ainsi hissée, avec ses formes propres, au niveau de la littérature et du cinéma. (Vincent Colonna)
O'Malley
Cadreur
Posts: 4213
Joined: 20 May 03, 16:41

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by O'Malley »

Très bonne initiative qui demande de l'endurance: garder le souffle et l'enthousiasme sur la longueur. En tout cas, je suivrai pas à pas les chroniques.
Je souhaite, par contre, savoir si tu comptes continuer à visionner, en parallèle, des westerns qui te restent à découvrir et qui sortiront à en DVD -Blu Ray à l'avenir ou te les réserver pour le moment "chronologique ", quitte à rater le coche, pour certains.
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Jeremy Fox »

Merci à tous ; après tous ces encouragements par contre, je vais me sentir dans l'obligation de tenir mes promesses :mrgreen:
O'Malley wrote: Je souhaite, par contre, savoir si tu comptes continuer à visionner, en parallèle, des westerns qui te restent à découvrir et qui sortiront à en DVD -Blu Ray à l'avenir ou te les réserver pour le moment "chronologique ", quitte à rater le coche, pour certains.
Je n'aurais pas la patience d'attendre et par exemple les Sidonis des mois de mars et avril, je les visionnerais immédiatemnt à réception et les reverrais ensuite en les intégrant à la chronologie.

Sinon, je vais prendre modèle sur le bouquin de Phil Hardy et inclure dans ma liste des films du style Harvey Girls, Calamity Jane ou Seven Brides, Red Garters, Annie reine du cirque..., des comédies musicales se déroulant à l'époque du western incluant des personnages célèbres de l'époque.
villag
Accessoiriste
Posts: 1716
Joined: 24 Feb 08, 09:48
Location: la rochelle

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by villag »

Une toute petite question, Jeremy : feras-tu le compte rendu de tous les westerns ou seulement ceux parus en dvd car dans ce dernier cas, ça limite le nombre; sinon , tres belle initiative , et bon courage......
F d F ( Fan de Ford )
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Jeremy Fox »

villag wrote:Une toute petite question, Jeremy : feras-tu le compte rendu de tous les westerns ou seulement ceux parus en dvd car dans ce dernier cas, ça limite le nombre; sinon , tres belle initiative , et bon courage......
La réponse est déjà en ligne puisque j'ai commencé à écrire sur Straight Shooting qui n'existe pas en DVD à ma connaissance. :wink: Je parlerais donc de tous les westerns mais plus des 3/4 proviennent du DVD. Car comme je le disais en introduction, malgré notre ronchonnement intempestif, il faut bien avouer que la plupart des grands classiques du genre sont à notre disposition grâce au DVD.
User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5662
Joined: 28 Jul 05, 18:33

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Truffaut Chocolat »

Je ne suis vraiment pas fan du genre mais c'est assez fabuleux ce que tu fais là. :!:
C'est un boulot d'historien ou presque...

Une suggestion pour quelqu'un comme moi qui pense que "Le Western, c'est un peu toujours la même chose" : est-ce que c'est possible d'avoir un tri thématique ?
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Jeremy Fox »

Truffaut Chocolat wrote:
Une suggestion pour quelqu'un comme moi qui pense que "Le Western, c'est un peu toujours la même chose" : est-ce que c'est possible d'avoir un tri thématique ?
Ce ne sont pas tant les thèmes qui changent que leurs traitements. Sinon ça doit pouvoir se faire car c'est loin d'être comme tu le penses justement si tu sors des films de série et que tu tapes dans ceux des grands réalisateurs comme Ford, Boetticher, Daves, Mann, Sturges, Hawks ou Walsh. Une fois que ma liste du premier post sera complète (j'en ai quand même pour un moment), il sera possible de les trier par genre de thème oui. Quoique ça ne veuille surement pas dire grand chose.
O'Malley
Cadreur
Posts: 4213
Joined: 20 May 03, 16:41

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by O'Malley »

Jeremy Fox wrote: Sinon, je vais prendre modèle sur le bouquin de Phil Hardy et inclure dans ma liste des films du style Harvey Girls, Calamity Jane ou Seven Brides, Red Garters, Annie reine du cirque..., des comédies musicales se déroulant à l'époque du western incluant des personnages célèbres de l'époque.
Il me semble que Phil Hardy intègre aussi les westerns modernes tels que Un homme est passé, Seuls sont les indomptés, Le plus sauvage d'entre tous ou Géant, non?

Je l'ai consulté il y a très longtemps en bibliothèque et je ne l'ai plus eu sous la main depuis pas mal de temps. Ma mémoire peut me faire défaut mais il me semble que son livre reprend la définition la plus large possible du genre (tant au niveau chronologique, géographique que thématique).
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:
Jeremy Fox wrote: Sinon, je vais prendre modèle sur le bouquin de Phil Hardy et inclure dans ma liste des films du style Harvey Girls, Calamity Jane ou Seven Brides, Red Garters, Annie reine du cirque..., des comédies musicales se déroulant à l'époque du western incluant des personnages célèbres de l'époque.
Il me semble que Phil Hardy intègre aussi les westerns modernes tels que Un homme est passé, Seuls sont les indomptés, Le plus sauvage d'entre tous ou Géant, non?

Je l'ai consulté il y a très longtemps en bibliothèque et je ne l'ai plus eu sous la main depuis pas mal de temps. Ma mémoire peut me faire défaut mais il me semble que son livre reprend la définition la plus large possible du genre (tant au niveau chronologique, géographique que thématique).
Exact, tous ces titres sont intégrés et on ne peut faire plus large comme englobement des thèmes et époques pour décrire le western.
joe-ernst
Décorateur
Posts: 3722
Joined: 20 Mar 06, 15:11
Location:

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by joe-ernst »

Tout d'abord bravo à Jeremy pour cette initiative et je me réjouis déjà de lire ces chroniques. Petite suggestion cependant : vu l'ampleur du projet, ne pourrait-on pas ouvrir un topic spécialement dédié à la discussion sur les films ? Cela éviterait de voir les chroniques noyées dans un flot de commentaires... Merci :)
Image

We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars. Oscar Wilde.
L'hyperréalisme à la Kechiche, ce n'est pas du tout mon truc. Alain Guiraudie
Chip
Electro
Posts: 819
Joined: 22 Oct 08, 10:26

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Chip »

Question western voir aussi westernmovies.fr
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Jeremy Fox »

joe-ernst wrote:Tout d'abord bravo à Jeremy pour cette initiative et je me réjouis déjà de lire ces chroniques. Petite suggestion cependant : vu l'ampleur du projet, ne pourrait-on pas ouvrir un topic spécialement dédié à la discussion sur les films ? Cela éviterait de voir les chroniques noyées dans un flot de commentaires... Merci :)
Pas nécessaire du moment que le numéro de page à laquelle se trouve mon avis soit reporté en première page. Non ? Sinon, il y a toujours le topic western N°2.
Strum
n'est pas Flaubert
Posts: 8451
Joined: 19 Nov 05, 15:35

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Strum »

Belle initiative en effet, surtout si cela permet de dégager et de préciser les évolutions qui se sont produites dans le choix des thèmes et de leur traitement, en fonction des époques et des réalisateurs. Un western, cela peut être tellement de choses différentes... Et puis, la photo qui ouvre le topic (Monument Valley, un endroit magique), est bien choisie. Good luck, Jeremy. :)
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89198
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

The Iron Horse

Post by Jeremy Fox »

Image




Et déjà un grand bond temporel de presque 7 ans pour tomber une fois encore entre les mains de John Ford. Il faut dire qu'entre temps, peu de titres sont restés à la postérité et que, pour être franc, je n'ai pas non plus cherché à en connaître davantage, ma connaissance du cinéma muet étant de ce fait quasi nulle. En tout cas, la même année que le sublime Les Rapaces (The Greed) sortait aussi cette belle fresque westernienne.

Le Cheval de Fer (The Iron Horse) de John Ford 1924 FOX

Sortie USA : 28/08/1924

La Paramount avait fait carton plein en 1923 grâce à James Cruze et à sa “Caravane vers l’Ouest” (“The Covered Wagon”) qui narrait l’histoire de quelques courageux pionniers partant de Kansas City à destination de leur Terre promise, à savoir la Californie et l’Oregon, affrontant obstacles divers et variés. La Fox décide alors d’exploiter ce succès et de riposter, mettant en œuvre à son tour son ‘super-western’ spectaculaire et semi-documentaire ; ce sera le “Cheval de Fer” mis en scène avec vigueur par un John Ford d’à peine 29 ans dont le style et le ton étaient déjà bien en place même s’il s’aventurera rarement par la suite dans cette forme épique à l’intérieur de laquelle un Raoul Wash par exemple se sentait plus à l’aise.


Image


Le film débute par une séquence où, devant un ‘Young Mister Lincoln’ encore inconnu (celui-là même dont John Ford fera un portrait tout en délicatesse dans “Vers sa destinée”), le père de Davy Brandon dévoile son rêve grandiose d’un chemin de fer transcontinental reliant les deux Océans. Il est tué sous les yeux de son fils par un indien curieusement grimé alors qu’ils étaient tous deux partis en reconnaissance du futur tracé de leur chimérique voie ferrée. Davy rejoint plusieurs années après les rangs des ingénieurs de l’Union Pacific, Abraham Lincoln ayant entre temps ratifié ce projet fou le 1er juillet 1862 alors même que la Guerre de Sécession continuait à faire rage et contre l’avis de ses conseillers qui ne comprenaient pas qu’on puisse dépenser une telle somme d’argent alors que leur armée en avait encore grandement besoin…


Image


C’est cette page d’histoire américaine, une fresque de la civilisation en marche, l’unification réussie de la Nation par le peuple et les machines, que nous suivons pas à pas avec ses implications politiques et sociales, ses hommes illustres (Lincoln, Buffalo Bill, Wild Bill Hickock) ou inconnus qui l’écrivirent ; une entreprise surhumaine qui consistait donc à relier l’Est et l’Ouest des Etats-Unis par une voie ferrée, deux compagnies ferroviaires devant se rejoindre à ‘mi-parcours’ (à Promontery Point exactement), l’Union Pacific démarrant de Californie, la Central Pacific de l’Atlantique. Le film s’achève par la réussite de ce projet, les deux locomotives (la ‘Jupiter’ et la ‘116’ authentiques que purent utiliser la Fox) se rejoignant face à face, le dernier clou doré étant enfoncé après des années d’efforts et grâce au travail harassant de milliers de chinois, noirs, irlandais, indiens Pawnee ou italiens ayant vécus côte à côte durant des années ; John Ford évite encore en revanche d’aborder les conséquences qu’auront eu cette avancée technologique sur l’ensemble de la Nation indienne.


Image


Jusque là, le genre n’était encore guère pris en considération par les historiens et journalistes de cinéma. Les films de James Cruze et John Ford allaient enfin lui apporter une certaine reconnaissance avant qu’il ne retombe aux oubliettes au vu de l’intelligentsia jusqu’en 1939 ; et ce sera encore par John Ford que le genre se relèvera avec “Stagecoach” ; mais n’anticipons pas ! Avec un budget et des moyens considérables, au prix d’un tournage éprouvant au Nevada, John Ford réussi à rendre crédible sa monumentale épopée. “Le Cheval de Fer” brasse grande et petites histoires avec un entrain, une puissance et une vitalité rarement prises en défauts. Seulement, dans le courant du film, on se prend parfois à regretter que le côté documentaire n’ait pas été plus mis en avant, que la variété des paysages traversés n’aient pas été plus exploités, que l’ampleur de certaines images aient été coupées trop vite par un montage trop dynamique (mais Ford est encore jeune et l’aspect élégiaque touchant parfois au sublime de certaines de ses œuvres à venir n’est pas encore en germe ici), que certains séquences n’aient pas été raccourcies (voire même supprimées telle celle du dentiste que l’on croirait sortie d’un film de Mack Sennett et qui, certes drôle et très caractéristique des aspects pittoresques du cinéma de Ford, jure avec le ton global du film), que la partie romantique soit si sacrifiée et dans le même temps si peu touchante, et enfin que les scénaristes se soient un peu trop éparpillés même si leur travail est très bien construit, Ford ne s’étant révélé par la suite jamais aussi génial que quand il eut à décrire un seul groupe, une seule communauté (“Les Sacrifiés”, “Le Convoi des braves”, “Les Raisons de la colère”, sa trilogie cavalerie...).


Image


Mais ce serait malhonnête de reprocher à un récit homérique, à une telle monumentale odyssée, un trop plein d’aventures ou de personnages, d’imputer à Ford d’en avoir donné au public pour son argent ! Il eut juste fallu qu’il nous implique un peu plus émotionnellement parlant et qu’il s’appesantisse plus longuement sur la merveilleuse plastique de ses extérieurs. Car à côté de ça, il nous délivre un spectacle plus qu’estimable avec un sens aigu du détail et du cadre, une humanité qui lui est propre dans sa description d’une faune bigarrée et cosmopolite, un réalisme certain (les trognes, les vêtements, les lieux et paysages, encore une fois très éloignés du cliché glamour et propre sur lui qu'on se fait trop systématiquement du western américain d'avant Peckinpah et Leone) ainsi qu'une virtuosité déjà admirable ; voire à ce propos le montage fabuleux de la scène de la bagarre dans le saloon ou la puissance des images lors de la chasse aux bisons ou de l’attaque du train par les indiens.


Image


Et puis, la dernière composition écrite par Christopher Caliendo ne serait-elle pas la cause majeure de ma semi-déception après une découverte enchanteresse quelques années plus tôt alors que la musique était signée John Lanchbery ? En effet, même si la partition et son orchestration font preuve d’une certaine puissance lors des séquences spectaculaires, il faut bien avouer que le manque de leitmotiv entêtant s’avère assez vite frustrant et que, dans l’ensemble bien trop illustrative, elle se révèle être trop souvent tour à tour grandiloquente ou sombrant dans une pénible sensiblerie. Pas mauvaise mais bien décevante ; dommage ! Mais tel quel, le premier grand film de Ford demeure une belle réussite.
User avatar
Truffaut Chocolat
Rene Higuita
Posts: 5662
Joined: 28 Jul 05, 18:33

Re: Le Western Américain : Parcours chronologique

Post by Truffaut Chocolat »

Strum wrote:Un western, cela peut être tellement de choses différentes...
J'en suis convaincu, mais je n'ai jamais eu l'occasion et / ou le goût d'explorer le genre plus en profondeur. Ca viendra certainement un jour... :idea:
Et au risque de faire le perroquet, je trouve l'initiative fantastique.