Shutter Island (Martin Scorsese - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jericho
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Jericho »

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Alphonse Tram
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Alphonse Tram »

Mouais... Après avoir lu le livre, je me demande si ça vaut le coup d'aller au ciné...
Vu la structure, que peuvent apporter de plus les images ? Un ultime retournement de fin ?
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- « Il y aura toujours de la souffrance humaine… mais pour moi, il est impossible de continuer avec cette richesse et cette pauvreté ». - Louis ‘Studs’ Terkel (1912-2008) -
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Watkinssien
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Watkinssien »

Alphonse Tram wrote:Mouais... Après avoir lu le livre, je me demande si ça vaut le coup d'aller au ciné...
Vu la structure, que peuvent apporter de plus les images ? Un ultime retournement de fin ?
Heureusement que je ne me suis pas dit la même chose pour Mystic River ou pour The Shining ou pour Gens de Dublin ou pour...
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Alphonse Tram
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Alphonse Tram »

Watkinssien wrote:Heureusement que je ne me suis pas dit la même chose pour Mystic River ou pour The Shining ou pour Gens de Dublin ou pour...
Tu as bien raison ! J'espère que le film de Scorsese atteindra les sommets qu'ont atteint tes exemples !
De toute façon je n'irai pas le voir, je n'aime plus ses films (à par l'épisode The blues).
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Jack Griffin
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Jack Griffin »

Watkinssien wrote:
Alphonse Tram wrote:Mouais... Après avoir lu le livre, je me demande si ça vaut le coup d'aller au ciné...
Vu la structure, que peuvent apporter de plus les images ? Un ultime retournement de fin ?
Heureusement que je ne me suis pas dit la même chose pour Mystic River ou pour The Shining ou pour Gens de Dublin ou pour...
Faut dire que le Lehane n'est pas très bon...Mais on a déjà vu de bonnes adaptation de mauvais bouquins
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cinephage
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by cinephage »

Hitchcock disait d'ailleurs préférer adapter des livres médiocres, parce qu'ils étaient plus faciles à manipuler, à agencer... On se sentait moins obligé de tout respecter à la lettre, on pouvait s'approprier le texte, sans se faire critiquer pour cela.

Pour ma part, j'ai tellement été enthousiasmé par les derniers Scorsese qu'il a largement droit à l'erreur... Surtout au rythme où il enchaine les films...
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
Gounou
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Gounou »

La critique de excessif.com... pour ce que ça vaut.
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frédéric
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by frédéric »

Gounou wrote:La critique de excessif.com... pour ce que ça vaut.
J'ai vu d'autres avis qui disent que c'est très bon dans d'autres forums.
Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

Cinéma Actuel : http://sallesobscures2.over-blog.fr/

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Anorya
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Anorya »

Mercredi 17 février, dans un manoir perdu du 92...
Mon paternel ayant obtenu une avant-première du dernier Scorsese dans un club privé avec ses fournisseur, il me demanda si j'étais intéressé.
Bien sûr que je l'étais, tu penses bien ! D'autant plus que Scorsese était contre les avant-premières mais que le directeur France de Paramount faisant parti du club, nous avons donc pu avoir accès à une copie du film (le monsieur s'est joyeusement fait applaudir dans la salle). Et après quelques mots rapides, c'est, installés dans des fauteuils très confortables (je crois que je viens de comprendre pour la première fois de ma maigre vie ce qu'était une salle privée d'un endroit appartenant à une personne très aisée :shock: ) que le film commençait. En V.O, ce qui fait grincer un tant les dents du papounet.

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Après avoir parcouru un peu ce court topic en devenir, le film est donc une adaptation du roman de Denis Lehane. Je n'ai pas lu le livre mais je comprends mieux maintenant les remarques tenant trait au fait que le livre était difficilement adaptable. Le tout dernier Scorcese, d'une durée de 2h17 se révèle très riche et la narration permet d'apposer de multiples niveaux de lectures qui iront jusqu'a une explication finale (le twist semble conservé). Le casting se révèle impeccable : Di Caprio est formidable, Mark Ruffalo est des plus crédibles, de même que Ben Kingsley, Max Von Sydow ou Emily Mortimer, d'une beauté surprenante. Après, il y a néanmoins quelques longueurs et points discutables. Par exemple, les hallucinations (je n'en dirais pas plus tant que personne n'a encore vu le film) qui, bien que très esthétiques, finissent par prendre un peu trop le pas sur l'histoire et finalement sonner un peu creux dans la seconde moitié du film (Hmm, Marty, c'est quoi ce ralenti avant l'explosion ? :lol: ). Les rêves, magnifiques, colorés et inquiétants mais sans doute en décalages avec la teneur grisâtre du film mais qui eux, sont bien plus justifiés à la fin (de même que l'aspect grisâtre de la photographie). Je regrette aussi que le film n'ait pas plus exploité une certaine noirceur liée aux bâtiments de l'île, notamment le fameux bâtiment C où résident les prisonniers dangereux mais là encore, en raison de ce qui est dévoilé dans la fin, c'est aussi justifié. D'ailleurs l'ambiance carcérale et paranoïaque du film s'accorde merveilleusement bien aux décors. L'histoire, bien que complexe se suit très facilement et aborde plusieurs problématiques (la solitude, le monstre et l'humain --parallèle avec le nazisme mais aussi la condition des prisonniers assez lucides quand on y réfléchit--, la barbarie, l'acte d'aimer et le sacrifice).
Mis à part donc quelques longueurs et deux-trois détails, le film est particulièrement brillant et hante pour un bon moment l'imagination du spectateur après la séance. Merci Mr Scorsese.


4,5/6
Last edited by Anorya on 22 Feb 10, 17:20, edited 1 time in total.
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Romero's son
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Romero's son »

wa la presse papier casse le film et pas mal de sites disent du bien. le film a l'air casse gueule. on verra à sa sortie mais je pense pas que les critiques papier est tort. Ce qui revient c'est que les fans du bouquin vont etre decu.

ah je viens juste de te lire anorya. va falloir que j'aille le voir alors si tu dis que c'est brillant. L'avantage c'est que j'ai pas lu le bouquin.
angel with dirty face
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by angel with dirty face »

Romero's son wrote:wa la presse papier casse le film et pas mal de sites disent du bien. le film a l'air casse gueule. on verra à sa sortie mais je pense pas que les critiques papier est tort. Ce qui revient c'est que les fans du bouquin vont etre decu.
Toi, tu as lu la critique d'Eric Libiot...
Chronique

Shutter Island, vu par Eric Libiot

Par Eric Libiot (L'Express), publié le 22/02/2010 à 00:00

A peine quelques mots d'écrits et je sens déjà que cette chronique ne va pas être facile à goupiller. Pourquoi ? Parce que Shutter Island, de Martin Scorsese, est l'adaptation du roman homonyme de Dennis Lehane et ceux qui l'ont lu comprendront parfaitement le problème. Pourquoi, demandent alors les autres ? Parce que ce formidable polar, qui suit un flic enquêtant sur la disparition d'une criminelle internée dans une prison-hôpital psychiatrique située sur une île, mélange les genres, les styles et les ambiances pour s'ouvrir, au final, sur un gouffre en forme de chausse-trape avec triple axel et double salto arrière. Bref, en parler, c'est déjà trop en dire - ça y est, c'est fait.

Une chose me semble à peu près sûre : les fans du bouquin seront déçus. Non pas tant parce qu'ils connaissent les ficelles de l'intrigue, mais parce que l'adaptation qu'en a faite Laeta Kalogridis est totalement aberrante - et que Scorsese l'ait acceptée l'est encore plus. Pour faire court : elle a délaissé l'aspect purement enquête, qui avait l'avantage de créer de la péripétie, lui préférant le simple mystère brumeux, créateur de pas grand-chose, si ce n'est de laisser le spectateur passif. La subtile construction narrative inventée par Lehane se retrouve ainsi mise en pièces pour coller au point de vue du héros, bouffé par la culpabilité. Mais, du coup, le récit prend du mou.

Et puis, il y a ceux qui n'ont pas lu le roman. Une chose me semble à peu près sûre : Shutter Island est mieux que le catastrophique Les Nerfs à vif, mais moins bien que la plupart des films de Scorsese. Les premières séquences sont réussies, une ou deux autres scènes tiennent la route, Leonardo DiCaprio assure comme il faut, mais, visiblement, le cinéaste, qu'on aimerait tant aimer à chaque fois, reste paralysé devant l'enjeu final qu'il ne veut pas rater (et qu'il rate). Tout son récit tend, en ligne droite, vers cet acmé (mais bon sang, que s'est-il donc passé ? !), quand Lehane suivait un chemin plus détourné, et donc plus excitant, pour parvenir au même final.

Décevant d'un côté, raté de l'autre. Et pas de milieu.
Sinon ici...
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Zelda Zonk
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Zelda Zonk »

En avant-première demain soir à La Rochelle.
Mais c'est dans un grand complexe et en VF. :?
Je vais donc attendre un peu, tant pis, car je tiens vraiment à le voir en VO.
angel with dirty face
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by angel with dirty face »

Amériques

Box office nord-américain: entrée fracassante de "Shutter Island"

AP | 22.02.2010 | 11:51

Le voyage terrifiant dans l'asile perdu de "Shutter Island" en compagnie de l'acteur Leonardo DiCaprio permet au film du réalisateur Martin Scorsese de s'installer confortablement en tête du box office nord-américain du week-end.

L'adaptation frissonnante du roman policier et best-seller de Dennis Lehane paru en 2003 a récolté 40,2 millions de dollars (29,5 millions d'euros) dans les salles de cinéma nord-américaines lors du week-end. Le long métrage narre l'histoire de deux policiers qui enquêtent sur la disparition d'une meurtrière dans un hôpital psychiatrique.

"Shutter Island", qui est le quatrième film associant le ticket Scorsese/DiCaprio après "Gangs of New York", "Aviator" et "Les Infiltrés", permet aux deux stars de Hollywood de réaliser chacun leur meilleure première semaine au box-office. Jusqu'à présent, le meilleur début pour Scorsese avait été "Les infiltrés" en 2006 avec 26,9 millions de dollars (21,7 millions d'euros) et "Arrête-moi si tu peux" pour DiCaprio en 2002 avec 30,1 millions de dollars (22 millions d'euros).

[...]

Voici les recettes estimées du week-end (vendredi à dimanche) dans les salles nord-américaines, selon Hollywood.com:

1. "Shutter Island", 40,2 millions de dollars (29,5 millions d'euros).

2. "Valentine's Day", 17,2 millions (12,6 millions d'euros).

3. "Avatar", 16,1 millions (11,8 millions d'euros).

4. "Percy Jackson et le voleur de foudre", 15,3 millions (11,2 millions d'euros).

5. "Wolfman", 9,8 millions (7,2 millions d'euros).

6. "Dear John", 7,3 millions (5,4 millions d'euros).

7. "Fée malgré lui" ("The Tooth Fairy"), 4,5 millions (3,3 millions d'euros).

8. "Crazy Heart", 3 millions (2,2 millions d'euros).

9. "From Paris With Love", 2,5 millions (1,8 millions d'euros)

10. "Hors de contrôle" ("Edge of Darkness)
Sources : Nouvel Obs
Anorya
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Anorya »

Romero's son wrote:wa la presse papier casse le film et pas mal de sites disent du bien. le film a l'air casse gueule. on verra à sa sortie mais je pense pas que les critiques papier est tort. Ce qui revient c'est que les fans du bouquin vont etre decu.

ah je viens juste de te lire anorya. va falloir que j'aille le voir alors si tu dis que c'est brillant. L'avantage c'est que j'ai pas lu le bouquin.
Chaque chronique est purement subjective et ne réflète surtout en somme que l'appréciation de celui qui a vu le film... :wink:
Même si j'ai beaucoup aimé les derniers Scorsese (sauf "les infiltrés" mais il est sur ma pile de dvd lui donc pas vu, ça viendra) je sais que ça ne plaira pas forcément aux autres. Mais pour moi, c'est le Scorsese d'aujourd'hui que j'apprécie de plus en plus, inutile de vouloir en référer à ses grands films du passé, ça se voit que le bonhomme ne refera jamais quelque chose qui approche de Taxi Driver, Mean Streets, Casino et autres merveilles. Je vois déjà deux forumeurs ( :mrgreen: :fiou: ) qui ne vont pas apprécier ce film et on ne saurait leur en vouloir parce que Shutter Island est, en plus d'être assez complexe, très casse-gueule. Sa construction est basée sur l'état d'esprit de Di Caprio et son parcours durant tout le film jusqu'a la fin, privilégiant les rêves, hallucinations et la paranoïa ambiante de plus en plus au détriment du suspense établi (sur la disparition d'une patiente alors que c'était fermé de l'intérieur. Hommage à Gaston Leroux ?). Alors il est facile de trouver les défauts du film bien sûr, mais accepter ses qualités est aussi un challenge bienvenu auquel je concède volontiers en regard du talent de Scorsese. Pas un grand film mais un bon film qui mérite largement d'être vu. :D

Pardon de mettre autant de temps pour répondre. :oops:
angel with dirty face wrote: Toi, tu as lu la critique d'Eric Libiot...
Chronique

Shutter Island, vu par Eric Libiot

Par Eric Libiot (L'Express), publié le 22/02/2010 à 00:00

A peine quelques mots d'écrits et je sens déjà que cette chronique ne va pas être facile à goupiller. Pourquoi ? Parce que Shutter Island, de Martin Scorsese, est l'adaptation du roman homonyme de Dennis Lehane et ceux qui l'ont lu comprendront parfaitement le problème. Pourquoi, demandent alors les autres ? Parce que ce formidable polar, qui suit un flic enquêtant sur la disparition d'une criminelle internée dans une prison-hôpital psychiatrique située sur une île, mélange les genres, les styles et les ambiances pour s'ouvrir, au final, sur un gouffre en forme de chausse-trape avec triple axel et double salto arrière. Bref, en parler, c'est déjà trop en dire - ça y est, c'est fait.

Une chose me semble à peu près sûre : les fans du bouquin seront déçus. Non pas tant parce qu'ils connaissent les ficelles de l'intrigue, mais parce que l'adaptation qu'en a faite Laeta Kalogridis est totalement aberrante - et que Scorsese l'ait acceptée l'est encore plus. Pour faire court : elle a délaissé l'aspect purement enquête, qui avait l'avantage de créer de la péripétie, lui préférant le simple mystère brumeux, créateur de pas grand-chose, si ce n'est de laisser le spectateur passif. La subtile construction narrative inventée par Lehane se retrouve ainsi mise en pièces pour coller au point de vue du héros, bouffé par la culpabilité. Mais, du coup, le récit prend du mou.

Et puis, il y a ceux qui n'ont pas lu le roman. Une chose me semble à peu près sûre : Shutter Island est mieux que le catastrophique Les Nerfs à vif, mais moins bien que la plupart des films de Scorsese. Les premières séquences sont réussies, une ou deux autres scènes tiennent la route, Leonardo DiCaprio assure comme il faut, mais, visiblement, le cinéaste, qu'on aimerait tant aimer à chaque fois, reste paralysé devant l'enjeu final qu'il ne veut pas rater (et qu'il rate). Tout son récit tend, en ligne droite, vers cet acmé (mais bon sang, que s'est-il donc passé ? !), quand Lehane suivait un chemin plus détourné, et donc plus excitant, pour parvenir au même final.

Décevant d'un côté, raté de l'autre. Et pas de milieu.
Sinon ici...
Mouais... Un rappel au Nerfs à vif, au polar dont il est adapté, rien sur le style de Scorsese ni sur les seconds rôles (je ne l'ai pas dit mais faut-il préciser que toutes les apparitions de Michelle Williams sont hautement érotiques ? :oops: Et puis Elias Koteas qui passe inaperçu, faut pas le louper) ni l'esthétique déployée en tons de gris par Robert Richardson qui détonne avec les couleurs des rêves ou la fin. Ni les décors travaillés de Dante Ferretti, vieux de la vieille qui travailla avec Fellini et sont des plus réalistes. Ni de Kafka (y'en a !). Chronique moyenne, on sent qu'il a du mal à en parler comme j'ai moi-même du mal à en parler dans ma chronique plus haut --et pour cause, si on commence à raconter... :| -- donc bon. Allez voir le film quoi qu'on en dise, voilà. :)
pour s'ouvrir, au final, sur un gouffre en forme de chausse-trape avec triple axel et double salto arrière
Oui bon, c'est pas Shyamalan non plus... :lol:
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Breezy
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Re: Shutter Island (Martin Scorsese, 2009)

Post by Breezy »

Je suis assez étonné que personne (à ma connaissance) n'évoque l'exercice formel absolument déconcertant auquel se livre Scorsese. Déconcertant mais absolument stimulant.
Spoiler (cliquez pour afficher)
C'est bien simple: le film est un catalogue de raccords complétement hasardeux. Qu'un univers visuel habituellement aussi tenu se dérobe de cette façon dès la première conversation sur le ferry (qui frise l'amateurisme sur le plan du découpage) ne manque pas de susciter d'emblée des interrogations multiples. Et je ne parle des CGI qui concurrent à créer un environnement naturel complétement factice (la silhouette des deux marshals qui se dessinent sur le paysage artificiel). Alors, très vite, il est difficile d'être dupe: le nœud de l'intrigue se révèle assez rapidement, l'intention de Scorsese étant d'épouser l'esprit dérangé de son protagoniste en sabotant constamment toute forme de cohérence visuelle. En cela, le travail de Schoonmaker est presque sans précédent, en plus d'être assez tétanisant par instants (ce verre d'eau qui disparaît sans que l'on s'en aperçoive vraiment lors de l'entrevue avec une patiente). J'en suis même venu à douter de ma propre perception, Scorsese jouant extrêmement habilement sur l'ellipse visuelle et la disparition discrète d'objets d'un plan à l'autre.
Last edited by Breezy on 24 Feb 10, 19:17, edited 1 time in total.
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