Brian De Palma

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Demi-Lune
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

Roy Neary wrote:Oui, ce n'est pas sympa pour Demi-Lune tout ça. :lol:
Allez, je confirme que "Short Round" est un vrai forumeur et non pas un multi.
Merci, Roy :lol:
Grimmy
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Re: Brian De Palma

Post by Grimmy »

Mais nom de Dieu, y'a combien de Steve McQueen ici ? !!! :D
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cinephage
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Re: Brian De Palma

Post by cinephage »

Grimmy wrote:Mais nom de Dieu, y'a combien de Steve McQueen ici ? !!! :D
Franchement, mon vieux, pas très original, ton avatar... :fiou:
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CrankyMemory
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Re: Brian De Palma

Post by CrankyMemory »

Steve mcQueen est aussi un très bon album de Prefab Sprout...
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Alligator
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Re: Brian De Palma

Post by Alligator »

Body Double (Brian De Palma, 1984) :

http://alligatographe.blogspot.com/2009 ... ouble.html

_______________

C'est vraiment à pas feutrés que je découvre l'oeuvre de Brian De Palma, un auteur dont les abords m'ont longtemps et difficilement été accessibles. Je trouvais la plupart de ses films juste intéressants mais peu enthousiasmants. J'en ai oublié une floppée. Jusqu'à la découverte récente de Carlito's way qui est pour moi un chef d'oeuvre d'écriture et de mise en scène, le regard que je portais sur De Palma était presque méprisant, j'avoue et mon attention sur ce réalisateur n'était pas des plus soutenues. Carlito's way a dû modifié plein de choses. Au début de ce film, j'avais beaucoup plus d'attente et d'espérance et par conséquent d'envie.

Décontenancé pendant un long moment par les nombreux emprunts au cinéma d'Hitchcock que je trouvais au mieux d'insistants hommages au pire de faciles plagiats, je me suis laissé embarqué par le procédé et ai fini par lui trouver même un charme certain. Moins admiratif sur les séquences de "Fenêtre sur cour" voyeuristes, j'ai par contre été subjgué par les scènes où le héros suit celle qui le fascine le long des rues d'Hollywood.

Il en a été de même pour la prestation de Craig Wasson que j'ai trouvée au départ très conventionnelle et qui finit par me plaire au fur et à mesure que sa claustrophobie l'assaille. Heureux également de retrouver Gregg Henry dont la folie m'avait marqué dans Payback. Et puis Mélanie Griffith, mi-fille, mi-putain, dans un rôle gentillet, tente de donner une image moderne de la jeune femme délurée, mais objet de tous les fantasmes et désirs masculins, un peu fluette par instants elle parvient tout de même, grâce à son sourire à machoire inférieure proéminente, à vamper la caméra. Inexplicable. Mais que dire alors du regard hypnotisant de Deborah Shelton, des yeux à se faire damner?

Remercions enfin De Palma de clore son film sur une très belle paire de seins. Après avoir éteint lecteur, téléviseur et lumières, ces images sont restées longtemps imprégnées sur le fond de mes yeux, en promesse de doux rêves.
bronski
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Re: Brian De Palma

Post by bronski »

Au fait, dans le clip de Frankie goes to Hollywood on voit Craig Wasson et je crois que le clip est lié au film. C'est De Palma qui l'a réalisé?
Bugsy Siegel
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Re: Brian De Palma

Post by Bugsy Siegel »

bronski wrote:Au fait, dans le clip de Frankie goes to Hollywood on voit Craig Wasson et je crois que le clip est lié au film. C'est De Palma qui l'a réalisé?
D'après Wikipedia, oui, mais il existe un autre clip réalisé par Bernard Rose (je ne connaissais que celui-là, banni des télévisions US et britanniques mais largement diffusé en France).
on faisait queue devant la porte des WC comme au ciné lors du passage de l'Atlantide à l'écran. Jean Ray, Hôtel de Famille, 1922
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Major Tom
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Re: Brian De Palma

Post by Major Tom »

bronski wrote:Au fait, dans le clip de Frankie goes to Hollywood on voit Craig Wasson et je crois que le clip est lié au film. C'est De Palma qui l'a réalisé?
En fait, la séquence du film aurait dû être le clip à la base. Mais finalement les prods ont décidé de réjouter d'autres images, certainement tournées par Bernard Rose. On y voit l'indien au milieu des punks, le faux-vrai chanteur Frankie regardant la voisine dans un téléscope, etc.
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Demi-Lune
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

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Le Bûcher des vanités (1990)

Traînant une réputation peu encourageante (l'un des plus gros bides critiques et publics de son auteur), Le Bûcher des vanités, s'ouvrant ironiquement sur un aigle dominant New York, adapte la peinture corrosive de la cupidité et de l'arrivisme de la haute finance américaine des "yuppies" 80's, du romancier Tom Wolfe. Sur le ton de la légèreté et de la comédie parfois burlesque, De Palma érige le portrait peu glorieux d'une haute société hypocrite, obnubilée par la réussite, l'argent (le personnage de Tom Hanks et celui de la mère de la victime), le sexe (Mélanie Griffith), l'alcool (Bruce Willis), la soif du pouvoir (F. Murray Abraham), les duplicités mondaines (Kim Cattrall), voire aveuglée par la religion (le Révérend manipulateur). On s'étonne moins, du coup, de l'échec rencontré par ce film sapant une à une les sacro-saintes institutions (Justice, Wall Street, les politiciens racistes, les journalistes, montrés comme des opportunistes charognards...) et dévoilant une Amérique hautaine et vermoulue, dont les seuls vestiges de droiture sont le père de Sherman McCoy, un vieillard atterré par la folie du capitalisme, et le juge White (campé par... Morgan Freeman, hilarant dans son rôle d'arbitre obligé de gueuler systématiquement pour faire régner le calme dans sa salle de tribunal).

Bien que la réalisation soit virevoltante (split-screen, impressionnant plan-séquence inaugural de près de 7 minutes dans lequel on croise un De Palma flic et imberbe, cadrages compliqués, travellings circulaires au sol... et même au plafond !), et le casting luxueux, ce film singulier dans la carrière de son réalisateur comporte néanmoins de trop nombreux défauts pour être une réussite. On pourrait débattre de la pertinence du choix de Tom Hanks dans le rôle principal, trop frêle, pas vraiment crédible en carnassier impitoyable de la haute finance ; on pourrait pointer la pauvreté de la musique de Dave Grusin, au mieux quelconque, au pire ennuyeuse dans sa volonté d'appuyer lourdement la satire ; mais il faut surtout convenir que le film ne fonctionne pas des masses. Est-ce un problème de scénario, d'adaptation ? Je le crois, car on ne peut pas vraiment dire que ce Bûcher des vanités soit un modèle de subtilité. De Palma est exceptionnellement lourd, se montrant peu à l'aise avec cette forme d'humour et forçant le trait déjà consciemment caricatural par certains excès futiles ou redondants. Difficile de retrouver le génie calculé du cinéaste quand il s'adonne avec balourdise aux exagérations de la farce visuelle, comme lors du pétage de plomb de Sherman McCoy ou dans ces cadrages très appuyés. Bruyant, parfois à la lisière de l'hystérie, outrancier, prévisible, un peu vain au final, Le Bûcher des vanités correspond, de l'avis du cinéaste, exactement à l'idée qu'il s'en était faite, mais son film verse dans la surenchère fatigante pour un propos très convenu et moralisateur. Le plaidoyer final et extrêmement sentencieux de Morgan Freeman est d'ailleurs, à ce titre, significatif. Le film épingle les puissants new-yorkais dans une posture dénonciatrice et satirique, mais le peu de finesse de l'ensemble accouche sur un goût fade, inoffensif, où seules dépassent finalement de cette paradoxale insipidité les répliques crues de Melanie Griffith (qui hérite encore d'un rôle de petite aguicheuse vicieuse).
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boulgakov
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Re: Brian De Palma

Post by boulgakov »

J'aurai pu le placer dans le topic bollywood:

http://www.angelfire.com/de/palma/blog/ ... -de-palma/
Mathématiques : dessèchent le coeur
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nobody smith
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2010

Post by nobody smith »

Sisters

C’est assez ahurissant de voir comment un film qui arrive à être juste fascinant pendant 75 minutes peut se ramasser à un tel point la gueule dans son dernier quart d’heure. Non mais vraiment quel chieur ce Brian de Palma. Les 3/4 de sisters sont de mon point de vu une franche réussite. Les effets de mise en scène si cher au réalisateur de snake eyes sont encore assez rudimentaires par rapport à ce qui suivra l’année suivante sur le chef d’œuvre phantom of the paradise. Le talent du bonhomme est toutefois déjà bien là et je trouve presque saluable cet absence d’étalage de virtuosité. J’ai souvent eu un problème avec le certain mépris qu’a de Palma envers l’écriture et c’est tout particulièrement le cas sur ses films les plus hitchcockiens où sa virtuosité au service de clins d’œil au maître semble lui excuser des scripts rocambolesques et sérieusement alambiqués. La surprise de sisters est de me retrouver face une intrigue qui tient cet fois la route et qui se déroule sans foncièrement mettre trop à l’épreuve la crédulité du spectateur. Reste quand même le problème du final dans l’asile juste épuisant par un ton inutilement surexplicatif et un retour en force des effets de mise en scène surprenants au service d’un grotesque qui n’a guère mes faveurs. En attendant une révision, je reste donc partagé entre passion et frustration par rapport à cet opus.
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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Demi-Lune
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2010

Post by Demi-Lune »

nobody smith wrote:C’est assez ahurissant de voir comment un film qui arrive à être juste fascinant pendant 75 minutes peut se ramasser à un tel point la gueule dans son dernier quart d’heure.
C'est la séquence du rêve qui t'a gêné ? En tout cas, l'avant-dernière scène est typique du cynisme du réalisateur : Grace, qui ne se souvient plus de rien du fait de l'hypnose, est cuisinée par les flics et tandis que la caméra opère un léger travelling circulaire, on voit que figure à côté de Grace... un pantin.

Pour ma part, j'adore sans réserve aucune ce De Palma (si ce n'est éventuellement la dernière scène, qui laisse un peu dans l'expectative), que je trouve très expérimental, et qui comporte à mes yeux le split-screen le plus intelligent de sa carrière. Le petit livret de Luc Lagier qui était avec le collector du film offrait des pistes de réflexion passionnantes sur ce film.
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nobody smith
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2010

Post by nobody smith »

Demi-Lune wrote:
nobody smith wrote:C’est assez ahurissant de voir comment un film qui arrive à être juste fascinant pendant 75 minutes peut se ramasser à un tel point la gueule dans son dernier quart d’heure.
C'est la séquence du rêve qui t'a gêné ? En tout cas, l'avant-dernière scène est typique du cynisme du réalisateur : Grace, qui ne se souvient plus de rien du fait de l'hypnose, est cuisinée par les flics et tandis que la caméra opère un léger travelling circulaire, on voit que figure à côté de Grace... un pantin.

Pour ma part, j'adore sans réserve aucune ce De Palma (si ce n'est éventuellement la dernière scène, qui laisse un peu dans l'expectative), que je trouve très expérimental, et qui comporte à mes yeux le split-screen le plus intelligent de sa carrière. Le petit livret de Luc Lagier qui était avec le collector du film offrait des pistes de réflexion passionnantes sur ce film.
Oui c'est le rêve mais également cette scène consécutive à l'hypnose que tu décris. Je n'ai absolument pas compris son utilité sur le moment. Par rapport à l'aboutissement de l'intrigue, ce cynisme m'apparaît trop appuyé et finalement assez gratuit. J'aurais nettement préféré la douceur de l'ironie. Le livret du collector aurait probablement pu plus m'éclairer mais bon vu que je n'ai que l'édition pocket (à l'époque du collector j'avais préféré prendre profondo rosso et après comparaison, je trouve que j'ai très bien choisit :mrgreen: ).
Sinon le meilleur split-screen de Palma s'est celui de phantom of the paradise, point barre, na :P
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julien
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2010

Post by julien »

nobody smith wrote:Sisters

C’est assez ahurissant de voir comment un film qui arrive à être juste fascinant pendant 75 minutes peut se ramasser à un tel point la gueule dans son dernier quart d’heure. Non mais vraiment quel chieur ce Brian de Palma. Les 3/4 de sisters sont de mon point de vu une franche réussite. Les effets de mise en scène si cher au réalisateur de snake eyes sont encore assez rudimentaires par rapport à ce qui suivra l’année suivante sur le chef d’œuvre phantom of the paradise. Le talent du bonhomme est toutefois déjà bien là et je trouve presque saluable cet absence d’étalage de virtuosité. J’ai souvent eu un problème avec le certain mépris qu’a de Palma envers l’écriture et c’est tout particulièrement le cas sur ses films les plus hitchcockiens où sa virtuosité au service de clins d’œil au maître semble lui excuser des scripts rocambolesques et sérieusement alambiqués. La surprise de sisters est de me retrouver face une intrigue qui tient cet fois la route et qui se déroule sans foncièrement mettre trop à l’épreuve la crédulité du spectateur. Reste quand même le problème du final dans l’asile juste épuisant par un ton inutilement surexplicatif et un retour en force des effets de mise en scène surprenants au service d’un grotesque qui n’a guère mes faveurs. En attendant une révision, je reste donc partagé entre passion et frustration par rapport à cet opus.
Le début de ce film est absolument génial. Un peu d'ailleurs comme Dans Psychose. Il ne se passe rien mais on sait que quelque chose de terrible va se produire. Et cette angoisse peut se percevoir dés le superbe générique d'ouverture avec cette musique stridente et répétitive d'Herrmann plaquée sur les images du nourrisson. Bon ensuite, le problème c'est que De Palma n'est pas Hitchcock et son film n'est pas encore très bien maitrisé. Mais bon, il n'en était qu'au début de sa carrière.
Last edited by julien on 4 Apr 10, 13:07, edited 1 time in total.
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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Re: Brian De Palma

Post by Strum »

Je viens de voir en l'espace de quelques jours trois films de De Palma que je n'avais jamais vus ; dans cet ordre : Blow Out, Dressed to Kill et Body Double. Je n'avais pas vu de film de De Palma depuis longtemps, et ceux que j'avais vus, l'avaient été de manière trop espacée dans le temps pour me faire une idée suffisamment précise de son cinéma.

Des trois, j'ai préféré d'assez loin Blow Out. Travolta est excellent là-dedans, et j'ai bien aimé Nancy Allen aussi. Les deux autres films, même s'ils contiennent leurs morceaux de bravoure, sont plus inégaux, et ne parviennent pas à maintenir tout du long l'efficacité et l'atmosphère tendue de Blow Out. C'est aussi le film le plus émouvant des trois, car l'émotion y monte progressivement, jusqu'à la fin (là où par exemple dans Body Double, elle s'arrête au tiers). Les derniers plans de Blow Out sont terribles. Très bon film. Grand film, probablement.

Comme je l'avais entendu dire, mais à un degré que je ne soupçonnais pas, De Palma m'est apparu au travers de ces trois films comme un cinéaste très intellectuel, très conceptuel. L'intrigue semble n'avoir pour lui aucune importance, au sens où les incohérences du récit ne le gênent guère. Comme il ne s'en préoccupe pas, ces incohérences ne m'ont pas gêné non plus. Tout ce qui semble lui importer dans ces trois films, c'est la cohérence thématique et stylistique de l'ensemble. Il travaille les mêmes thèmes et sa caméra rend compte de ce fond. De ce point de vue, on est servi, et je suppose qu'il a été souvent étudié sous cet angle : chacun de ces trois film commence et finit soit par un rêve (Dressed to Kill), soit par une séquence de film dans le film (Blow Out et Body Double). Cette figure du cercle est notamment soulignée par les très nombreux plans circulaires de Blow Out (ex: la scène du studio) et de Body Double (ex: la scène du baiser).

Au sein de ce cercle, et c'est cela le plus intéressant, on remarque que ce monde du rêve ou du film (ou du son), qui existe à côté de la réalité, a un impact énorme sur cette réalité, et sur les personnages. Ils sont tous plus ou moins aimantés par, ou tributaires de, ce monde fantasmé et virtuel du film ou du rêve etc... Acteur, preneur de son ou femme malheureuse, les personnages vivent les pieds dans chacun des deux mondes, même si leurs blessures leur sont infligées par le monde réel. Le split-screen souvent utilisé par De Palma rend compte de ce dualisme, de cette division de la vie entre le réel et le fantasme, l'art, etc.... ce sont peut-être aussi des films sur Hollywood et certains de ses habitants cinéphiles.

Le monde virtuel est parfois simplement vu dans ces films comme une échappatoire, le lieu de tous les fantasmes. Mais de manière plus originale, De Palma montre aussi que la réalité hante et transforme le monde virtuel créé par l'homme (cf dans Dressed to Kill, cette étonnante ouverture où une attaque rêvée sous la douche trouve sa correspondence et son explication dans la réalité dans ce qui est presqu'un viol sur une femme se réveillant dans son lit ; ou dans Blow Out, l'utilisation du cri de Nancy Allen comme bande-son...). Le vrai cauchemar nait dans la réalité et pas dans le monde virtuel. Je présume qu'au début des années 80, une telle insistance sur le thème des interractions entre le réel et le virtuel n'était pas si fréquente.

Enfin, dernière remarque : la police est montrée comme infestée de policiers incompétents ou je-m'en-foutistes. Mais cette méfiance vis-à-vis de l'autorité est propre à beaucoup de cinéastes du Nouvel Hollywood et est moins originale.