Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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cidmaster
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Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by cidmaster »

J'ai vu ce film récemment, et j'ai également lu sur ce film qu'il avait un rapport avec le maccarthysme.
Il me semble que c'était "qualifié de mccarthysme": cela suggererait que ce film est pro-mccarthy, la "chasse aux sorcières" se traduit ici par la chasse aux indiens dans les familles blanches.
Ou alors, j'ai mal compris et le film a été victime du maccarthysme.
Je sais pas si j'ai été clair (je crois que non, mais ça m'etonne pas de moi), mais si quelqu'un pouvait m'aider, ce serait gentil.
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

juste une precision :Le Vent de la plaine est le titre français exact :wink:
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cidmaster
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Post by cidmaster »

fatalitas wrote:juste une precision :Le Vent de la plaine est le titre français exact :wink:
Ok :lol:

Désolé de l'erreur, le titre qui m'est resté, c'est surtout l'original, à cause de la similitude avec le titre d'un autre western de Eastwood :)
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

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Le Vent de la plaine (The Unforgiven - 1960) de John Huston
UNITED ARTISTS



Avec Burt Lancaster, Audrey Hepburn, Lilian Gish, Audie Murphy, Doug McClure
Scénario : Ben Maddow
Musique : Dimitri Tiomkin
Photographie : Franz Planer (Technicolor 2.35)
Un film produit James Hill & Harold Hecht pour la United Artists


Sortie USA : 06 avril 1960


Rachel (Audrey Hepburn), qui a été recueillie bébé par Matilda (Lilian Gish), vit dans une région sèche et désolée du Texas auprès de ses trois frères de lait, Ben (Burt Lancaster), Cash (Audie Murphy) et Andy (Doug McClure). Elevant chevaux et bétail, la famille arrive relativement bien à s'en sortir et semble vivre en bonne harmonie. On prépare même dans l'allégresse les probables futures fiançailles de Rachel avec Charlie, l'un des fils du plus proche voisin, Zeb Rawlins (Charles Bickford). Un jour qu'elle est partie chevaucher dans la plaine, Rachel tombe sur un fantomatique cavalier (Joseph Wiseman), sorte d'oiseau de mauvais augure vêtu en confédéré et semblant tenir des discours d'illuminé ; tout en restant assez flou, il lui dit connaître ses véritables origines qui, si elles étaient dévoilées, pourraient attirer le malheur sur la région. Interloquée, Rachel s'en retourne raconter cette rencontre à sa mère qui semble bouleversée. Il n'empêche que la vie continue sans qu'un quelconque secret ne transpire. Puis un matin, des Indiens Kiowas viennent sur le pas de la porte demander à échanger Rachel contre quelques uns de leurs chevaux ; elle serait en fait la sœur d'un des guerriers de la tribu, et ils souhaitent que la jeune femme réintègre cette dernière. Pour Ben, il n'en est certainement pas question, quitte à devoir combattre pour la garder d'autant qu'il n'est pas insensible à ses charmes. Alors que la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, la communauté des Blancs, sentant un danger imminent, commence à éprouver de l'hostilité à l'égard de Rachel et souhaiterait qu'elle soit chassée afin qu'il n'y ait aucun risque de conflit avec les "sales peaux rouges"...


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En 1951, John Huston mettait en scène La Charge victorieuse (The Red Badge of Courage), sa première semi-incursion dans le genre d'après le célèbre roman éponyme de Stephen Crane. Le cinéaste nous conduisait alors pour la première fois sur les champs de bataille de la guerre de Sécession et nous plongeait au cœur de l’action (ou de l’inaction) en compagnie de simples soldats qu’il suivait de très près, fouillant leur intimité jusqu’à aller sonder leurs rêves, tout en restant - second paradoxe - à la limite du documentaire. La Guerre Civile américaine avait bien évidemment été abordée à maintes reprises au sein du western, mais jamais de cette manière rugueuse et réaliste. A travers cette évocation d'une force peu commune d’une page peu glorieuse de l’histoire américaine, Huston parlait d’ailleurs de toutes les guerres et notamment de celle de Corée qui avait lieu à ce moment-là, de leur bêtise, de leurs violences et de leur inutilité. Avec The Unforgiven, John Huston renouait quasiment dix ans plus tard avec le genre, à priori plus classiquement cette fois-ci mais toujours dans la volonté de dénoncer un comportement stupide, cette fois lié à l'intolérance et au racisme : "Je voulais faire un film sur les différents genres de fanatisme. Le fanatisme religieux, racial, familial." Mais, alors qu'il ne désavoue pas La Charge victorieuse malgré le fait que ce film ait subi l'un des charcutages les plus éhontés de l'histoire du cinéma (il faut cependant avouer que cela ne se ressent à aucun moment), le réalisateur a toujours eu la dent dure avec Le Vent de la plaine dont il se plaisait à dire qu'il s'agissait du pire titre de sa filmographie. "Je voyais dans cette histoire un potentiel dramatique plus large que celui qui était prévu. Je voulais en faire un plaidoyer contre l'intolérance, le racisme, la morale couramment admise. Malheureusement les producteurs ne voulaient qu'un banal film d'action, avec un homme de l'Ouest plus beau que nature. J'eus le grand tort de ne pas tout envoyer promener. Sans doute le ciel voulait-il me punir de ne pas avoir été fidèle à mes principes. Certains de mes films ne me plaisent guère, mais celui-ci est le seul que je déteste vraiment. Tout y est faux, grandiloquent, démesuré" disait-il dans le livre An Open Book de John Huston & Alfred A. Knopf. Tout cela est évidemment fort exagéré, mais le tournage lui avait tant pompé d'énergie qu'il se désintéressa de son film avant même la phase du montage. Si le résultat ne le satisfit pas, ce fut donc quand même en partie de sa faute, ayant préféré se rendre immédiatement sur un autre tournage plutôt que de suivre la postproduction de son western dont le projet au départ l'avait parait-il attiré surtout pour combler d'urgents besoins financiers.


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Après des previews néanmoins élogieuses lors de la présentation de sa première version qui durait 150 minutes, les producteurs mutilèrent pourtant le film de plus d'une demi-heure, sacrifiant entre autres le beau personnage de Johnny Portugal interprété par John saxon et qui, pour Huston, devait être le contrepoids idéal à celui de Burt Lancaster pour mieux faire passer son message de tolérance. Cet état de fait contraria donc fortement Huston, surtout qu'il intervint après un tournage qui s'avéra on ne peut plus épique et tourmenté et qui en aurait fait abandonner plus d'un à sa place. Jugez plutôt ! Alors qu'au départ il voyait dans le fait d'aller filmer près de Guernacava une bonne occasion pour s'acheter des œuvres d'art précolombien, dont il était passionné, il s'en mordit bien vite les doigts. La région de Durango était non seulement soumise à de violentes tornades et à d'épouvantables pics de chaleur mais elle se trouvait être dans le même temps très dangereuse à fréquenter, infestée qu'elle était de bandits, d'aventuriers et de trafiquants en tous genres. La paie de l'équipe fut d'ailleurs un jour cambriolée alors que des meurtres avaient lieu dans les alentours. La poussière soulevée par le vent salissait les objectifs des caméras et la pellicule devait être envoyée à Londres pour y être développée, d'où l'impossibilité de visionner les rushes. Un accident d'avion tua même trois membres de l'équipe technique. Comme si cela ne suffisait pas, les comédiens ne firent pas de cadeau à leur réalisateur. Burt Lancaster, quand il ne jouait pas au golf entre deux prises, ne cessait de lui donner des conseils de mise en scène alors que Lilian Gish n'arrêtait pas de se lamenter, se plaignant de ne plus pouvoir travailler comme au bon vieux temps de Griffith. Audie Murphy, psychologiquement perturbé, parlait sans arrêt de suicide et se baladait toute la journée avec des armes à feu en tirant sur tous les animaux qui passaient à sa portée. Quant à Audrey Hepburn, elle se brisa des vertèbres en chutant de cheval et perdit l'enfant qu'elle attendait. On aura connu tournage moins mouvementé ! On peut comprendre la frustration de John Huston qui, après ces conditions épouvantables, connut encore des problèmes avec la production qui n'était autre que la compagnie créée par Burt Lancaster, James Hill et Harold Hecht (et dont ce fut le dernier film).


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Bref, il ne faut pas prendre les déclarations de John Huston pour argent comptant ; son film, non dénué de défauts, pas pleinement satisfaisant, est loin d'être honteux, s'intégrant au contraire parfaitement au sein de l'une des filmographies les plus passionnantes du cinéma américain. Si l'on reconnait immédiatement son style novateur et unique (les personnages qui entrent violemment dans le plan en surgissant à l'improviste dans le cadre, un certain côté iconoclaste qui vient dynamiter certaines scènes très sérieuses, des plans assez culottés, un mélange des tons qui ne l'est pas moins...), un déséquilibre dans le scénario - dû au montage non surveillé par Huston - empêche qu'on adhère pleinement à l'ensemble de l'œuvre car on a parfois du mal à se sentir en empathie avec la plupart des personnages. Si la première heure est formidable, si le film regorge de séquences inoubliables (nous les décrirons plus tard), la dernière demi-heure (le siège de la demeure des Zachary) parait bien trop longue, distendue et moyennement bien rythmée, la puissance attendue n'étant pas forcément au rendez-vous comme nous l'espérions au vu de la mise en place passionnante. Mais toutes ces imperfections sont vite balayées par la beauté de la mise en scène, la perfection de l'interprétation et la richesse du scénario qui n'a d'ailleurs pas fini de faire parler après avoir fait déjà couler beaucoup d'encre.


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Que John Huston se rassure s'il pense que son message a pu ne pas être compris ! Si le film a été taxé de raciste, il faudrait être aujourd'hui de bien mauvaise foi ou avoir une dent contre le cinéaste pour aller dans ce sens, surtout quand on connait un peu Huston et après avoir lu ses déclarations. Il est vrai qu'aux yeux d'un spectateur naïf ou d'un enfant, le massacre systématique lors du dernier quart d'heure de tous les Indiens par des personnages auxquels ils se sont probablement attachés au cours du film aurait pu les influencer et leur faire mal interpréter une histoire qui, au contraire, dénonce le racisme et fustige toutes formes d'intolérance. Car si l'intrigue telle qu'elle est présentée peut parfois sembler ambigüe (et d'autant plus passionnante du coup à décrypter), les intentions semblent limpides : décrire le moins schématiquement possible les rapports complexes et conflictuels entre deux cultures que tout opposait. Les pionniers qui s'étaient installés sur les terres indiennes connaissaient les dangers qu'ils encourraient et savaient qu'ils devraient en arriver à tuer pour se protéger ; leur état d'esprit était celui de conquérants qui ne se souciaient guère des véritables propriétaires de ce territoire. Comme toute installation accomplie par la force, elle a laissé de graves séquelles dans les deux camps. En l'occurrence, pour ne prendre que l'exemple des familles qui peuplent The Unforgiven, les Zachary y ont perdu leur père (d'où la haine du personnage d'Audie Murphy à l'encontre des Kiowas), le patriarche des Rawlins ses jambes et Kelsey son fils ainsi que sa raison. Mais comme nous l'apprendrons plus tard, les pertes ont été bien plus grandes du côté des natifs puisque les Blancs n'hésitèrent pas à aller massacrer tout un campement indien d'où fut néanmoins retirée une Rachel encore tout bébé. Bref, de quel côté se situe le regard raciste ? C'est assez vite vu, les Indiens (montrés sans mépris mais au contraire avec une grande noblesse, Rachel s'étonnant même de trouver l'un d'entre eux beau et digne) ne faisaient que défendre leur territoire et voulaient récupérer l'une des leurs qui leur a été enlevée. Le premier sang versé a été celui d'un Indien qui était venu avec des intentions pacifiques. On ne pouvait être plus clair !


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Et si le touchant personnage joué par Audrey Hepburn choisit finalement de rester auprès de sa famille d'adoption quitte à tirer à bout portant sur son frère de sang, si les frères de lait et la mère décident de se battre pour garder Rachel en leur sein, cela prouve bien qu'il n'est nullement question de race d'un côté comme de l'autre (auquel cas, la jeune Indienne serait partie pour éviter une effusion de sang, sa "famille" l'aurait bannie par dégoût et aurait accepté qu'elle retourne chez les siens) mais d'attaches familiales, affectives et amoureuses (puisque Ben n'en est que plus épris de Rachel après la découverte de ses origines : "Ma petite peau rouge" lui susurre-t-il tendrement en lui caressant le front). Et enfin, qui a déclenché ces hostilités ? Tout simplement Kelsey, aussi haineux envers les Zachary qu'envers les Indiens ! Le personnage fantomatique et illuminé joué par un étonnant Joseph Wiseman (déjà inoubliable dans le rôle du journaliste dans Viva Zapata de Kazan par exemple) fait parfois penser au Achab interprété par Gregory Peck dans une précédente grande réussite signée Huston, Moby Dick. C'est lui en quelque sorte qui est à l'origine du drame, c'est le fou qui tire les ficelles et qui se trouve partout où il se passe quelque chose, le témoin et le déclencheur du drame. Même si ce n'est pas clairement dit, c'est sans aucun doute lui qui apprend aux Indiens que Rachel est des leurs (la folie faisant peur aux Indiens qui la respecte en l'assimilant à de la magie, il a ainsi pu se rendre au sein de la tribu sans danger) tout en dévoilant par bribes le secret de la naissance de Rachel aux Blancs de la région. C'est donc bien le blasphémateur Kelsey, plein de rancœur, qui s'avère le prophète du malheur, le cavalier de l'apocalypse semant expressément la zizanie dans le but de faire s'entretuer les deux camps adverses qu'il estime lui avoir fait autant de mal l'un que l'autre. Un ex-soldat confédéré qui plus est, dont on connait la position quant à l'esclavage.


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Il devient dès lors évident qu'il n'est pas question de racisme anti-Indien dans ce film d'une considérable richesse dans la description sans manichéisme de tous ses personnages. Le scénario est tiré d'un roman d'Alan Le May, l'écrivain de La Prisonnière du désert (The Searchers) de John Ford, les deux romans et les deux films possédant d'évidentes filiations. Le Vent de la plaine est d'ailleurs en quelque sorte le reflet inversé de La Prisonnière du désert puisque dans le film de Ford, c'était un enfant blanc qui avait été sauvé de la mort par les Indiens lorsqu'ils massacrèrent sa famille. Et la réflexion est toute aussi passionnante d'un côté comme de l'autre. Pour en revenir à la galerie de personnages, outre l'inquiétant Kelsey, aucun autre n'est non plus ni tout blanc ni tout noir. Ben (impeccable Burt Lancaster au fort charisme) n'hésite pas à employer la pire violence irraisonnée quand il voit que l'on touche un cheveu de sa sœur adorée (on touche presque ici à l'inceste, puisqu'ils ont été élevés ensemble comme frère et soeur depuis le plus jeune âge) : possessif et jaloux, il humilie Johnny Portugal uniquement pour l'avoir vu s'extasier devant les cheveux de Rachel et n'hésite pas à tuer de sang-froid les Indiens venus pacifiquement, juste pour voir leur réaction et les faire fuir. Sa mère (Lilian Gish, au jeu un peu théâtral mais qui convient parfaitement au personnage) est elle aussi prête à tout pour garder l'enfant qu'elle estime être de sa chair et de son sang, quitte à précipiter le lynchage de celui qui, seul à part elle, connait la vérité sur les origines "honteuses" de la jeune fille. Cash (Audie Murphy dans un remarquable contre-emploi) vit avec une haine viscérale qu'il exprime avec une violence inaccoutumée quitte à ce qu'on le prenne pour un fou dangereux : la séquence où il tombe dans les bras de son frère après avoir déchargé son fusil contre les Indiens est hallucinante de force, de réalisme et de vérité - surtout en sachant que le comédien était aussi détraqué que son personnage sur le tournage. Mais son racisme outrancier finira par s'effriter lorsqu'il acceptera que Rachel reste vivre à leurs côtés. Heureux choix que celui de Huston (à la place de Tony Curtis et Richard Burton au départ pressentis) pour démontrer que Murphy méritait mieux que sa réputation de petit acteur sans intérêt de série B. C'était d'ailleurs déjà le réalisateur qui lui avait confié le rôle du déserteur dans La Charge victorieuse.


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Enfin et surtout, c'est une admirable Audrey Hepburn qui endosse le rôle de Rachel. Magnifique de bout en bout, l'actrice porte le film sur ses frêles épaules, aussi à l'aise dans la première partie apaisée que dans la suite bien plus tragique. Elle est à l'origine des rivalités qui vont se faire jour et l'on compatit à ses doutes et à ses douleurs concernant les décisions qu'elle doit prendre, ses questionnements sur le regard des autres, ses familles véritables et adoptives, les sentiments qui la lie à son frère... On arrive même à comprendre son geste final même s'il aura et n'a sûrement pas fini de faire grincer quelques dents. Il s'agit d'un drame humain et les comportements ne sont pas forcément "politiquement corrects" pour reprendre une expression aujourd'hui à la mode : la couleur de la peau compte moins que les attaches et les affinités personnelles. Il faudrait aussi pouvoir s'étendre sur les personnages joués par Charles Bickford ou John Saxon, tout aussi captivants, mais laissons quelques surprises à ceux qui ne connaîtraient pas le film. Le casting est en tout cas parfaitement bien choisi pour porter cette histoire dramatique sur les rapports complexes et extrêmement difficiles entre deux civilisations et cultures trop différentes, pour faire vivre cette tragédie familiale. Si malgré tout le fond pourrait continuer à poser problème et à déranger certains spectateurs, une grande majorité s'accordera probablement sur la forme. John Huston, dont certains bizarrement continuent à ne pas lui concéder de talent plastique, s'avère justement en pleine possession de ses moyens malgré les difficultés du tournage, et son film est esthétiquement splendide et rempli de formidables idées de mise en scène. Et ce dès les premières secondes avec cette image d'une vache paissant tranquillement, la caméra recule lentement en travelling arrière pour nous faire prendre conscience qu'elle se trouve sur le toit d'une maison ! Puis les plans qui suivent immédiatement nous font découvrir la région sublimement photographiée par Franz Planer, suivis de ces plans en contre-plongée sur Audrey Hepburn avec les cieux immenses au-dessus d'elle. Ses chevauchées à travers la plaine possèdent le souffle et l'ampleur des grands westerns, et l'on assiste à maints fabuleux et lyriques mouvements de caméra comme le panoramique qui suit l'arrivée du troupeau de chevaux traversant la rivière. Beaucoup de séquences inoubliables parsèment le film comme ce repas familial des retrouvailles, l'apparition fantomatique - proche du fantastique - de Joseph Wiseman sabre au poing à travers le brouillard, la longue séquence de son lynchage à la lueur des torches, la scène au cours de laquelle Lilian Gish, de nuit, joue du Mozart sur son piano à queue déposé à l'extérieur de la maison, le piétinement du toit de la maison par un troupeau de chevaux amenés exprès par les Indiens pour la faire s'écrouler, ou encore la dernière image, superbe plan d'ensemble en plongée de la famille réunie après une journée harassante et tragique... A noter que le cadre se resserre au fur et à mesure de l'avancée du film, les immenses plans d'ensemble du début assez idyllique se raréfient alors que le ton général se fait de plus en plus sombre.


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Mais s'il ne fallait conserver qu'une seule séquence pour louer le génie du cinéaste sur le plan de la mise en scène, ce serait celle de la course poursuite de l'inquiétant Joseph Wiseman par le métis interprété par John Saxon. Avant d'aller combattre les Indiens et de verser du sang pour rien, la communauté blanche décide de rattraper le déclencheur des hostilités, l'oiseau de mauvais augure, afin de lui faire dévoiler tous les secrets qu'il semble détenir. On demande donc à Johnny Portugal, le plus virtuose dans son maniement des chevaux (il venait de le prouver lors d'une séance de rodéo), de filer à sa poursuite. L'idée est qu'il parte en tirant derrière lui trois autres chevaux pour pouvoir galoper sans arrêt en changeant de monture dès que l'une d'elles montre des signes de fatigue. Le voilà parti, caracolant au sein de paysages grandioses, la caméra lancée dans d'impressionnants et superbes travellings qui font ressentir le souffle des grands espaces, le tout sur un thème musical superbe de Dimitri Tiomkin qui malheureusement aura écrit pour ce film une partition pas toujours de très bon goût, très éloignée de celle qu'il venait de composer la même année pour le chef-d'œuvre de John Wayne, Alamo.


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En effet, la musique de Tiomkin fait partie de ces éléments qui viennent parfois gâcher la vision du film. Trop ambitieux, il semble avoir voulu écrire sa grandiose symphonie sauf que ses notes et son orchestration ne collent pas toujours forcément aux images. On y trouve des accents wagnériens et certains thèmes pris au Dies Irae assez bien intégrés, des morceaux splendides comme le thème alloué au personnage de Rachel, celui de la veillée funèbre de Charlie ou encore celui entendu lors de la séquence de poursuite évoquée au paragraphe précédant. Hormis cela, la musique s'avère trop souvent pesante, envahissante, voire parfois pénible comme lors de la scène du rodéo, véritable cacophonie dont on voudrait qu'elle s'arrête au plus vite. Quelques éléments scénaristiques devenus obscurs suite aux coupures subies par le film, certains à coups peu harmonieux dans le courant de l'intrigue pour les mêmes raisons, un certain manque d'intensité dramatique à des moments clés du film, quelques éléments musicaux pas très judicieux empêchent donc Le Vent de la plaine d'accéder au statut de grand western. Et pourtant il s'avère assez unique et moderne, inhabituel et douloureux, culotté et plastiquement superbe, ample et riche pour en faire un western plus que très recommandable, mélangeant réalisme et poésie, lyrisme et noirceur, âpreté et grandeur, sauvagerie et douceur, le tout parsemé de notations originales et d'éclairs iconoclastes. Quoi qu'il en soit, il constitue une ode à l'acceptation de l'autre non pour ce qu'il représente (une race, un peuple...) mais pour ce qu'il est. Que Rachel soit indienne ou blanche importe peu ; il faut pouvoir l'apprécier ou non indépendamment de ses origines et c'est bien ce qu'arrivent à comprendre les Zachary, même les plus virulents ! L'amour triomphera des préjugés raciaux. Telles pourraient être les leçons à tirer de ce film par ailleurs absolument jamais moralisateur. Le Vent de la plaine est imparfait mais tout à fait estimable ,et en tout cas fortement recommandable !


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Kurwenal
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Post by Kurwenal »

Jeremy Fox wrote:Le vent de la plaine de John Huston
Semi déception donc mais film unique, moderne et comportant assez de bons moments pour en faire un western très recommandable.
C'est un film auquel je reconnais des défauts non négligeables que tu exposes bien mais que j'aime beaucoup cependant.

Et même si ce n'est pas comparable, j'en conviens, il ne m' a pas déçu comme vient de le faire Duel in the Sun ( que je croyais découvrir mais qu'en fait j'avais déjà vu et oublié).. je ne me sens pas la force d'en débattre, il y a tant à dénoncer, et j'ai pas de gout particulier pour le lynchage en règle que me feraient subir les aficionados de ce bébé joufflu sous intraveineuse de Big Mac :oops: :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Kurwenal wrote:
Jeremy Fox wrote:Le vent de la plaine de John Huston
Semi déception donc mais film unique, moderne et comportant assez de bons moments pour en faire un western très recommandable.
C'est un film auquel je reconnais des défauts non négligeables que tu exposes bien mais que j'aime beaucoup cependant.
Oh mais j'aime bien aussi ;-)

Duel in the sun : je n'ai aimé qu'après au moins 3 visions assez pénibles.
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Post by Profondo Rosso »

Le Vent de la Plaine de John Huston (1960)

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Pour sa première incursion dans le western, Huston signe là une belle réussite même s'il reniera le film à cause de divers événements exterieur (Audrey Hepburn victime d'une fausse couche suite à un accident de cheval sur le tournage, l'aspect antiraciste attenué par la réduction au montage du rôle du dresseur indien Johnny Portugal par les producteurs).
Le cadre du western permet à Huston de signer un flamboyant drame familial. Durant la première heure nous est longuement décrit un cadre de vie idyllique, prospère et plein d'avenir où chacun vit en bon voisinage mais tout cela implose lorsque le secret des origines du personnage d'Audrey Hepburn est révélé. Le racisme ordinaire et les rancoeurs se dévoilent, et cela au sein même de la famille Zachary. Le ton s'avère bien sombre et pessimiste notamment lors des apparitions fièvreuse de Joseph Wiseman vieux fou dévoré par le ressentiment. Visuellement, Huston traduit cela par une photo de plus en plus sombre et un cadre qui se ressere alors que le début nous éblouissait avec ses cadres somptueux sur des plans d'ensemble de la plaine.
Le film s'avère assez dérangeant aussi au niveau des rapports entre Burt Lancaster et Audrey Hepburn, élevés comme frères et soeur mais irrésistiblement attirés l'un vers l'autre. Sans appuyer dessus trop fortement le malaise demeure au détour de quelques scènes ou dialogue (Lancaster rossant ceux qui approchent sa soeur, ou encore presque triste lorsqu'elle est demandée en mariage par un prétendant) et même si on insiste pas outre mesure ils finissent tout de même le film ensemble.
Plus centré sur les tensions psychologiques que sur l'action pure, Huston réserve le grand morceau de bravoure pour les 20 dernières minutes avec un long siège épique de la famille Zachary face à une horde d'indiens venu récupérer leurs soeur avec un déchirement interieur très bien traduit par Audrey Hepburn forcée à décimer ses congénères. Sinon un excellent Burt Lancaster comme d'habitude et un tout jeune Doug Mclure qu'on retrouvera dans une flopée de nanars quelques années plus tard. 5/6
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston, 1960)

Post by Nestor Almendros »

Posté par Captain Blood le 5 octobre 2004

Vu hier issue d'une VHS, "Le vent de la plaine" de John Huston avec Burt Lancaster et Audrey Hepburn. Un magnifique western avec pour toile de fond une histoire familiale tourmentée. Filmé dans des décors plus ou moins désertiques, ce western fait la part belle aux personnages et à l'influence d'une orpheline adoptée par une famille sur toute une communauté de fermiers.
Une séquence qui débute le film nous montre une Audrey Hepburn plus resplendissante que jamais, chevauchant sur son fier destrier les cheveux aux vent.
Burt Lancaster en chef de famille, solide comme un roc, fidèle à son image de héros intrépide et habité du sens du devoir, nous livre à mon sens une de ses meilleures interprétations.
L'intensité dramatique va crescendo à mesure que l'on nous dévoile des secrets de famille lourds de conséquences.

Un beau film à la fois sauvage et doux, qui alterne séquences légères (surtout au début) et scènes puissamment dramatiques.

8/10
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Watkinssien
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston, 1960)

Post by Watkinssien »

Une oeuvre excellente de bout en bout, dans un western singulier, intelligent et subversif.
Huston n'hésite pas à placer une forme d'onirisme brillant dans un récit rempli de moments contemplatifs et porté par un grand Lancaster !
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Mother, I miss you :(
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by someone1600 »

Ca me fait penser qu'il faudra bien que je le visionne celui-la... :oops:
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Major Tom
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by Major Tom »

The Unforgiven.
J'en sors à l'instant. Eh bien, quel film, mes enfants! :D

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Je l'avais acheté en même temps que Le Trésor de la Sierra Madre (mon film du mois de décembre -m'aura-t-il fallu 4 mois pour m'en remettre et regarder un autre Huston? :)). Parler de ce cinéaste hier m'a rappelé l'existence de ce film dans la pile de DVD à voir. Huston entre définitivement dans mon top 10 des cinéastes favoris.

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Jeremy Fox wrote:Le vent de la plaine de John Huston

Unique western classique de Huston, une semi-réussite. Si on reconnait immédiatement son style novateur et unique, un déséquilibre dans le scénario empêche qu'on adhère pleinement à l'oeuvre. Si le film a été taxé de raciste, ce n'est pas pour rien ; en effet, si on ne creuse pas plus avant, le massacre systématique de tous les indiens sans trop de prise de conscience peut faire pencher la balance dans ce camp mais il faut connaitre les raisons de ce massacre qui sont d'ordre sentimentales et familiales (je n'en dirais pas plus). Ceci dit, l'ambiguïté est bien présente et Huston a renié son film justement car il n'a pas eu la mainmise sur le scénario.

Mais outre cette histoire qui pourrait être mal interprétée, le scénario est bien trop distendue (cependant très riche) et on ne s'attache pas autant qu'on aurait voulu aux personnages excepté à celui de Audrey Hepburn. Sinon le casting est parfait, un ton presque fantastique se fait jour et quelques scènes inoubliables parsèment le film comme ce repas familial du début, la poursuite du 'fantôme' par un indien ou la toute dernière image.

Un élément vient aussi gâcher parfois la vision du film, la musique de Dimitri Tiomkin bien envahissante parfois. Si le thème principal et celui utilisé pour la poursuite sont magnifiques, le reste de son score est pesant et parfois inssuportable.

Semi déception donc mais film unique, moderne et comportant assez de bons moments pour en faire un western très recommandable.
Le spécialiste a parlé. ;) J'ai également été agacé par la musique, mais c'est très secondaire, et effectivement on sent que le scénario n'explore pas tous les chemins qu'il commençait à tracer. Par exemple, le personnage de Portugal a été clairement sacrifié (quel dommage d'ailleurs!) et aurait dû avoir un rôle dans la dernière partie (j'ai eu la confirmation dans le livre de Brion: ses scènes, comme tant d'autres, ont été coupées par la production). Cependant, je n'ai pas du tout été déçu. Tout a déjà été dit ici-même à ce sujet mais quand on connait les conditions de tournage de ce film, c'est incroyable de voir un résultat aussi fort et poignant alors que le cinéaste est contraint de faire un film qui ne lui plaît pas. Ici, sa mise en scène est vraiment magnifique, unique. Chaque mouvement d'appareil est subtil mais souvent très beau, comme le travelling vers Burt Lancaster (après le passage du cow-boy à la guimbarde devant la caméra) lors de la fête des retrouvailles. Mauvais présage, hin hin.

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La réalisation fait clairement partie des atouts de ce western. (Du coup, peut-être qu'il plairait davantage à Tancrède ou Demi-Lune?) Huston créé une atmosphère incroyable, à mi-chemin du fantastique notamment de l'apparition du cavalier mystérieux (qui récite des versets de la Bible), et quand apparaît ce fameux vent de la plaine du titre français dont la poussière a salopé plus d'un objectif de caméra.

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Western maudit avec quelques défauts, The unforgiven n'est pas du tout négligeable, bien au contraire. C'est un très beau film, avec une très belle distribution, et qui réserve de grands moments. Comme ça c'est bien concis. :mrgreen: J'en parlerai mieux plus tard j'imagine...

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Jeremy Fox
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by Jeremy Fox »

Critique du film, du DVD et du Bluray
Max Schreck
David O. Selznick
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by Max Schreck »

Le film dépeint en quelque sorte un monde qui se construit, et il suffira de pas grand chose pour en révéler la friabilité. Colons et Indiens n'ont pas encore déterminé les règles de leur coexistence, vivent dans un environnement rude où la Nature peut du jour au lendemain les plonger dans la disette. Dans un scope parfaitement maîtrisé, Huston met remarquablement bien en valeur de grandioses paysages, et se montre également inspiré dans les scènes de dialogue réunissant un grand nombre de personnage, autant par sa science du cadre que de la direction d'acteur. Le film est d'ailleurs relativement chiche en action, jouant plus sur la psychologie, et on pourra presque le qualifier de western intellectuel, avec quelques idées étranges comme la présence surréaliste d'un piano ramené de la ville.

Une telle approche ne pourrait tenir la route qu'avec un casting de premier choix : on savoure donc les présences d'un Lancaster impérial dans la retenue, menaçant de loger une balle chez le moindre contestataire, d'un Audie Murphy étonnamment sanguin, d'une Lilan Gish parfaite en matriarche, d'un Charles Bickford idéal en autorité morale. Au sein de cette troupe se détachent plus particulièrement la composition illuminée de Joseph Wiseman, en soldat fantôme, et un John Saxon inattendu dans le rôle d'un peau rouge, mais son personnage est inexplicablement escamoté du récit. J'ai eu plus de mal avec Hepburn, qui paraît ici un peu déphasée. Certes, on la sent très impliquée mais son rôle manque un peu d'épaisseur, alors qu'elle va être plongé dans un atroce dilemme. Son personnage nous est présenté comme plutôt passif dans un premier temps, seulement préoccupée de se faire marier, et on aurait aimé avoir davantage de scènes exprimant ses tourments.

A l'image de la partition et des orchestrations particulièrement riches de Tiomkin, le film ne manque pas d'ambition dans les thèmes qu'il aborde. Il y est question de racisme, du poid de la rumeur sur la foule, de vengeance et de famille. Mais faute sans doute au désintérêt du réalisateur, le film s'achève de façon peu convaincante, avec cet assaut final manquant de vraie tension, et cet épilogue déstabilisant, qui passe d'un massacre total à la contemplation d'un vol de canards. Huston a montré qu'il savait finir ses films de façon mémorable, ici le manque de résolution ne m'a pas semblé raconter grand chose.
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Brancaleone
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Re: Le Vent de la Plaine (John Huston - 1960)

Post by Brancaleone »

J'ai vu ce film une Quinzaine de fois et je frissonne de peur à chaque fois lors de la 1ère apparition de Joseph Wiseman , c'est une scène et un personnage qui m'ont marqués de manière indélébile

Le Film souffre d'avoir eté charcuté par les producteurs , le rôle de John Saxon notamment était beaucoup plus important au départ