Ennio Morricone (1928-2020)

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Major Tom
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Ennio Morricone (1928-2020)

Post by Major Tom »

Depuis quelques semaines, je me suis replongé dans l’univers de ce maître de la musique de films dont le travail m'a toujours ensorcelé. Musicien exceptionnel et star internationale qu'on ne présente plus, Ennio Morricone a su créer des disques dont je ne me lasse pas. Ils ont parfois l'air tellement parfait, que j’ai décidé d’écrire sur lui. Outre pour parler de l’estime que je porte à ses œuvres, ce topic spécial dont l’écriture dure depuis quelques jours me permet de revenir sur sa carrière, et de faire une discographie sélective (je ne possède pas tout déjà, et cela deviendrait beaucoup trop long). Vos critiques seront évidemment les bienvenues si vous avez envie de parler des albums manquants ou si vous n'êtes simplement pas d'accord avec mes avis. Concernant la rédaction de sa biographie, j'ai vérifié le plus possible mes informations et n'ai retenu que les choses à la fois essentielles et sûres. Par ailleurs, mes recherches sur le web m'ont montrées qu'il n'y a pas beaucoup de sites français ou internationaux franchement intéressants sur cet immense compositeur, ce qui est bien dommage.

ennio
morricone

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Ennio Morricone est né à Rome le 10 novembre 1928. Il étudie la trompette à partir de l'âge de dix ans à l'Académie Santa Cecilia de Rome et devient l’élève d'un compositeur de référence dans la musique italienne, Goffredo Petrassi (1904-2003). Reconnu pour son talent, Ennio décroche tous les premiers prix de composition, d’orchestration et de direction d’orchestre. Un an plus tard, il compose les musiques d'un théâtre musical. Il réalise des arrangements avec des compositeurs vers le milieu des années 50. En 1958, Morricone est engagé comme assistant musical à la télévision italienne (RAI) mais quitte le job dès le premier jour. Il a écrit le « Concerto per orchestra » qui est joué en 1960 par la Fenice Opera School de Venise, puis travaille pour la maison de disques RCA, parfois sous les pseudonymes de Leo Nichols ou Dan Savio. Il est trompettiste dans les boîtes de nuit, et démarre officiellement sa carrière de compositeur de musiques de films en 1961 avec Il Federale de Luciano Salce, même s'il a déjà participé (sans être crédité) à la musique de Morte di un amico (1959, de Franco Rossi). Il continue de jouer de la trompette dans un groupe expérimental d'improvisation, "Nuova Consonanza", qu'il rejoint en 1965 alors qu'il a déjà composé plusieurs musiques de films, dont celle de Prima della revoluzione (1964) de Bernardo Bertolucci, et surtout Pour une poignée de Dollars en 1964, sous le pseudonyme de Don Savio (une grande partie de l'équipe du film est créditée sous des pseudonymes pour américaniser). Le film, réalisé par son ami Sergio Leone, alias Bob Robertson, est considéré comme l'initiateur du "western-spaghetti". C'est un énorme succès. Alors inconnus, Sergio Leone, Ennio Morricone et Clint Eastwood obtiennent aussitôt une renommée internationale. Morricone signera les bandes originales de tous les autres films de Leone : Et pour quelques dollars de plus (1965), Le Bon, la brute et le truand (1966), Il était une fois dans l'Ouest (1968), Il était une fois la Révolution (1971) et Il était une fois l’Amérique (1984) qui est considéré par beaucoup comme sa meilleure composition. Composée avant le tournage des films, la musique a une place essentielle dans les intrigues (l'harmonica d'Il était une fois dans l'Ouest, la boîte à musique dans Et pour quelques dollars de plus...). Morricone compose également les BO de Mon nom est personne (1973) et Un génie, deux associés, une cloche (1975), tous deux produits par Leone.
  • "La Trilogie des Dollars"

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    Pour une poignée de Dollars (1964)
    Curro Savoy est un musicien espagnol connu à ses débuts sous le pseudonyme de Kurt Savoy. C'est lui le fameux siffleur qu'on entendra beaucoup dans les compositions à venir de Morricone et dans celle-ci. Le film contient également tous les éléments que réutilisera le compositeur dans les autres westerns de Leone: la guitare électrique, la trompette ou les chants qui sont pour l'époque très audacieux dans le western. La musique fait partie intégrante du film, elle magnifie tout l'ensemble, admirable de bout en bout, à la fois touchante et inquiétante.
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    Track listing

    1. A Fistful Of Dollars (02:57)
    2. Almost Dead (01:42)
    3. Square Dance (01:35)
    4. The Chase (02:25)
    5. The Result (02:36)
    6. Without Pity (02:09)
    7. Main Title (01:48)
    8. 'A Fistful Of Dollars' Suite (13:39)
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    Et pour quelques dollars de plus (1965)
    Morricone abandonne son pseudonyme de Don Savio et réalise un autre chef-d'œuvre de musique de film, incluant les chants étranges, des sons de cloches ou un fouet qui claque, et le siffleur qui accompagne l'arrivée du désormais célèbre "homme sans nom". C'est une partition inimitable savamment utilisée, où explose son goût très prononcé pour l’expérimentation mélangé à un classicisme pur.
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    Track listing

    1. Per Qualche Dollaro In Piu' (03:50)
    2. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 2] (01:13)
    3. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 3] (02:53)
    4. Osservatori Osservati (02:05)
    5. Poker D'Assi (01:22)
    6. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 6] (02:41)
    7. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 7] (00:46)
    8. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 8] (02:16)
    9. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 9] (02:25)
    10. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 10] (01:16)
    11. La Resa Dei Conti (03:08)
    12. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 12] (01:58)
    13. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 13] (01:20)
    14. Carillon (01:10)
    15. Il Vizio Di Uccidere (02:28)
    16. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 16] (02:11)
    17. Il Colpo (02:26)
    18. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 18] (00:53)
    19. Per Qualche Dollaro In Piu' [sequence 19] (01:15)
    20. Addio Colonnello (01:45)
    21. Occhio Per Occhio (03:01)
    22. Eye For An Eye (03:01)
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    Le Bon, la brute et le truand (1966)
    Monument musical grandiose et score charnière dans l'histoire de la musique de film, servi par une instrumentation toujours aussi inventive, la musique démarre d'entrée de jeu par son célèbre cri du coyote repris par le siffleur dans le générique. C'est l'aboutissement d'un style à part entière et d'une forme cinématographique propre à Leone. Chef-d’œuvre indiscutable, Le Bon, la brute et le truand est tout simplement un des sommets de sa carrière, un disque où tous les thèmes sont beaux à pleurer. En 2001, une nouvelle version italienne du disque est parue. Absolument complet, c'est un disque indispensable dans lequel on retrouve toutes les musiques utilisées dans le film, avec la version longue (7’14) de "Il Triello (The Trio)"...
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    Track listing

    1. Il Buono Il Brutto Il Cattivo (titoli) (02:38)
    2. Il Tramonto (01:14)
    3. Sentenza (01:39)
    4. Fuga A Cavallo (01:05)
    5. Il Ponte Di Corde (01:51)
    6. Il Forte (02:19)
    7. Inseguimento (02:22)
    8. Il Deserto (05:14)
    9. La Carrozza Dei Fantasmi (02:06)
    10. La Missione San Antonio (02:13)
    11. Padre Ramirez (02:36)
    12. Marcetta (02:49)
    13. La Storia Di Un Soldato (05:30)
    14. Il Treno Militare (01:22)
    15. Fine Di Una Spia (01:12)
    16. Il Bandito Monco (02:43)
    17. Due Contro Cinque (03:45)
    18. Marcetta Senz Speranza (01:48)
    19. Morte Di Un Soldato (03:07)
    20. L'Estasi Dell'Oro (03:20)
    21. Il Triello (07:14)


    En comparaison, la précédente version fait pâle figure :

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    1. The Good, The Bad And The Ugly (02:38)
    2. The Sundown (01:12)
    3. The Strong (02:20)
    4. The Desert (05:11)
    5. The Carriage Of The Spirits (02:06)
    6. Marcia (02:49)
    7. The Story Of A Soldier (03:50)
    8. Marcia Without Hope (01:40)
    9. The Death Of A Soldier (03:05)
    10. The Ecstacy Of Gold (03:22)
    11. The Trio (Main Title) (05:00)
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Après le succès de Pour une poignée de Dollars, Ennio Morricone est très sollicité par les réalisateurs et signe les musiques à un rythme impressionnant. Il commence à composer pour des films d’horreur avec Gli amanti d’oltretomba (1965) de Mario Caiano avec Barbara Steele, et il rencontre Franco Zeffirelli en 1966 sur son documentaire Per Firenze. La même année, Morricone débute sa collaboration avec un autre grand cinéaste italien, le provocateur Pier Paolo Pasolini sur le film Des oiseaux petits et grands, et continue d’écrire régulièrement de la musique pour le réalisateur Luciano Salce avec lequel il entretient une collaboration régulière et productive. Il compose en 1966 la musique de Navajo Joe de Sergio Corbucci avec Burt Reynolds (une partition que Quentin Tarantino réutilisera bien plus tard dans la bande-son de Kill Bill Volume 2). Morricone poursuit dans des domaines de plus en plus divers, touchant à tous les genres. Extrêmement productif, il va faire une rencontre importante avec Henri Verneuil quand ce dernier fait appel à lui pour La bataille de San Sebastian en 1968. Les deux hommes travailleront ensemble pour encore cinq films: Le clan des Siciliens (1969), Le casse (1971), Le serpent (1973), Peur sur la ville (1975) et I comme Icare (1979).
  • Morricone et Verneuil

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    Le Clan des Siciliens (1969)
    On retrouve les instruments qu’utilise Morricone dans les westerns, tels qu’un orchestre à cordes, des guitares, une batterie, une guimbarde qui brise les silences ou la mélodie du thème principal (sifflée par un homme), etc. La musique garde un ton dramatique et rythmé avec de temps en temps un côté plus sombre, et parfois des petites touches de légèreté avec sa guitare très "années 60". Je trouve cette BO particulièrement réussie. C'est peut-être ma préférée du compositeur dans la série des polars français. Quant au succès du film, il doit beaucoup à Morricone.
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    Track listing

    1. Il Clan Dei Siciliani (03:36)
    2. Snack Bar (02:24)
    3. Mostra Dei Gioielli (02:50)
    4. Dialogo N. 1 (03:16)
    5. Jeanne E La Spiaggia (03:15)
    6. Dialogo N. 2 (03:21)
    7. Tema Per Le Goff (03:11)
    8. Per Nazzari E Delon (02:22)
    9. Tema Italiano N. 2 (01:31)
    10. Francobolli (02:23)
    11. Il Clan Dei Siciliani (Finale) (02:23)
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    I... Comme Icare (1979)
    Pour cette musique, Morricone a reçu un César en 1980. Le thème principal qui inclue violons, hautbois, percussions ou orgue, reste très étonnant dans ce thriller. Cela dit ce n'est pas mon préféré. Il y a des morceaux que je trouve vraiment brillants, comme l'étrange "City at Night" et son début calme au piano et dont l'air est repris dans "Night Thoughts", ou "Desperate Search", un peu funky et bizarre, qui montre que Morricone a toujours envie d'expérimenter.
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    Track listing

    1. The Truth And The Sun (02:53)
    2. Prelude To Icarus (00:56)
    3. Icarus (03:58)
    4. Desperate Search (03:34)
    5. The Truth And The Sun (02:08)
    6. Two Headlights In The Night (01:14)
    7. False Friendship (02:35)
    8. I For Icarus (03:51)
    9. The City At Night (02:17)
    10. The Truth And The Sun (03:07)
    11. Night Thoughts (03:38)
    12. Sentimental (02:35)

    Il existe aussi cette "expanded version":

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    1. La Vérité Et Le Soleil (Générique) (02:53)
    2. I Comme Icare (Marche Allègre) (03:17)
    3. I Comme Icare (Hymne Majestueux) (02:07)
    4. La Ville Dans La Nuit (02:17)
    5. La Vérité Et Le Soleil (02:08)
    6. Réflexion Nocturne (Disparitions De Témoins) (02:27)
    7. Recherche Obstinée (03:34)
    8. Réflexion Nocturne (Autres Disparitions) (02:19)
    9. Deux Phares Dans La Nuit (01:14)
    10. Sentimental (02:34)
    11. Icare (00:51)
    12. Sentimental (Deuxième Partie) (01:55)
    13. Sentimental (Troisième Partie) (01:06)
    14. Réflexion nocturne (03:37)
    15. Prélude A Icare (Version Disque) (00:56)
    16. Icare (03:59)
    17. La Vérité Et Le Soleil (03:05)
    18. Prélude A Icare (Version Film) (00:55)
    19. I Comme Icare (Générique De Fin) (03:52)
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    Peur sur la ville (1975)
    Le compositeur offre ici une musique à la fois sombre et envoûtante, sans doute un des scores hypnotisant des plus noirs qu'on ait entendu dans le paysage cinématographique français. Morricone débute avec des percussions rappelant un battement de cœur, puis fait intervenir un harmonica. L'ambiance est glaciale, jusqu'aux cordes stridentes et les fausses notes des cuivres, créant une ambiance étrange... L'album témoigne du don certain de Morricone à savoir musiquer un genre quel qui soit. Il arrive à faire exprimer la peur, la solitude, la crainte par sa musique.
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    Track listing

    1. Peur Sur La Ville (04:10)
    2. Considération Su Un Homicide (03:14)
    3. Sur Les Toits de Paris (01:41)
    4. Une Bouffée de Radio (05:54)
    5. Paris Secret (02:16)
    6. Paranoïaquement Vôtre... (04:10)
    7. Otages (04:29)
    8. Peur Sur La Ville (01:41)
    9. Défense De Stationner (02:22)
    10. Mannequins (01:15)
    11. À L'angle D'une Rue De La Périphérie (02:42)


    Je conseille la version japonaise collector sortie en 1995...

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    1. Paura sulla Citta' (04:10)
    2. Considerazioni su un Omicidio (03:12)
    3. Avvertire la Polizia (01:56)
    4. Dolcemente Ambigua (03:21)
    5. Minaccia Telefonata N.1 (02:24)
    6. Sui Tetti di Parigi (01:45)
    7. Essere Preso dal Panico (01:28)
    8. Sospiri da una Radio Lontana (05:54)
    9. Parigi Segreta (La Parigi Nera) (02:16)
    10. La Scorta (01:10)
    11. Azioneparanoica (04:10)
    12. Le Tellier e Helene (01:06)
    13. Minaccia Telefonata N.2 (03:06)
    14. Ostaggi (04:29)
    15. Assassinio (01:08)
    16. Sosta Vietata (02:22)
    17. All'Angelo di una Strada di Periferia (02:43)
    18. Notturno Primo (04:15)
    19. Notturno Secondo (04:40)
    20. Manichini (01:17)
    21. Paura sulla Citta' (Finale) (01:41)
    22. Paura sulla Citta' (Suite) (15:20)
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    Le casse (1975)
    Il y a principalement deux thèmes importants, le reste du score sont des variations de ces mêmes titres (chantés en italien par Astrud Gilberto et en français par Mireille Matthieu) à quelques exceptions près : le thème du générique et le thème d'amour. Le premier est efficace, il répète indéfiniment les mêmes notes en variant les instruments et en montant crescendo du plus grave au plus aigu. Le deuxième est une très belle ballade sereine et simple. Je ne crois pas l'avoir entendu dans une des nombreuses compilations du compositeur. C'est étonnant.
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    Track listing

    1. The Burglars (03:17)
    2. Love Theme (03:07)
    3. Rodeo (04:20)
    4. Dangerous Curves (03:15)
    5. The Girl With The Fringe (02:24)
    6. Erotico (03:40)
    7. Ciao Mantovani (03:15)
    8. Marinella (03:15)
    9. To Carlo S. (03:25)
    10. To Melachrino (03:12)
    11. Irene (04:08)
    12. For Zacharias (02:55)

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    LE CASSE :
    1. Le casse (générique) (03:17)
    2. Thème d'amour (03:06)
    3. Marinella (01:37)
    4. Argomenti [interprété par Astrud Gilberto] (03:36)
    5. Pour Zacharia (02:54)
    6. La fille à la frange (02:26)
    7. Virage dangereux (03:20)
    8. Ma non troppo erotico (03:44)
    9. Rodéo (04:21)
    10. Une donna che ti ama [interprété par Astrud Gilberto] (02:55)
    11. Le casse [Version inédite hors film] (02:40)
    PEUR SUR LA VILLE :
    12. Peur sur la ville (04:09)
    13. Sur les toits de Paris (01:44)
    14. Menace téléphonique I (02:24)
    15. Paris secret (02:16)
    16. Nocturne (02:15)
    17. Pris de panique (01:28)
    18. Défense de stationner (02:22)
    19. Paris la nuit (02:01)
    20. Letellier et Hélène (01:08)
    21. Paranoïaquement vôtre... (04:11)
    22. Menace téléphonique II (03:05)
    23. Peur sur la ville (finale) (01:41)
    BONUS LE CASSE :
    24. Mon ami de toujours [Mireille Mathieu] (03:30)
    25. Pas vu, pas pris [Mireille Mathieu] (02:20)
Morricone a été et est toujours demandé par les plus grands réalisateurs italiens (Bernardo Bertolucci, Pier Paolo Pasolini ou encore Mauro Bolognini). Il fait montre encore et toujours d'une puissance de travail phénoménale en cumulant les musiques de films. Toujours en 1968, Il était une fois dans l'Ouest est un triomphe discographique sans précédent...
  • Morricone et Leone : "Il était une fois..."

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    Il était une fois dans l'Ouest (1968)
    Morricone s'autorise quelques expériences sérielles dans la lignée des musiciens contemporains de son époque, et dépasse ici le simple cadre du western pour offrir une partition absolument forte au niveau émotionnelle, portée par une sensibilité exacerbée. La musique devient un personnage à part entière dans le film auquel elle apporte une dimension humaine étonnante. Ce disque imaginatif regorge aussi de moments d'une très grande noirceur. Le fameux motif de trois notes que joue le personnage de Charles Bronson à l'harmonica est une sorte de signature musicale du protagoniste, une mélodie sur la vengeance. Ce motif abouti sur l'épique et tragique "L'Uomo Dell'Armonica", un thème magnifique où la traditionnelle guitare électrique chère au compositeur est encore une fois incluse dans la formation instrumentale. Un disque incontournable du compositeur...
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    Track listing

    1. Once Upon A Time In The West (03:43)
    2. As A Judgment (03:05)
    3. Farewell To Cheyenne (02:37)
    4. The Transgression (04:40)
    5. The First Tavern (01:38)
    6. The Second Tavern (01:31)
    7. Man With A Harmonica (03:28)
    8. A Dimly Lit Room (05:06)
    9. Bad Orchestra (02:22)
    10. The Man (01:00)
    11. Jill's America (02:45)
    12. Death Rattle (01:42)
    13. Finale (04:10)
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    Il était une fois en Amérique (1984)
    Chef-d’œuvre au lyrisme poignant, la partition d’Il était une fois en Amérique est considérée comme un très grand classique de l’histoire de la musique de film. Le compositeur parvient encore à traduire le sentiment de nostalgie très présent dans l’œuvre de Leone et créer une musique vibrante et touchante. Entre des thèmes confiés à des cordes et un piano dont la sonorité évoque les vieux saloons du Far West, une utilisation tout à fait inattendue de la flûte de pan de George Zamfir, et des mélodies mélancoliques comme le thème "Friends" (que Morricone décline tout au long du film), il se dégage du disque un véritable pouvoir émotionnel, un envoûtement suscité par les cordes, comme le "Deborah’s theme", l’un des plus beaux titres où émane un sentiment de nostalgie poignante.
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    Track listing

    1. Once upon a time in America (02:12)
    2. Poverty (03:35)
    3. Deborah´s theme (04:23)
    4. Childhood memories (03:21)
    5. Amapola (05:19)
    6. Friends (01:33)
    7. Prohibition dirge (04:18)
    8. Cockeye´s song (04:19)
    9. Amapola - Part II. (03:06)
    10. Childhood poverty (01:43)
    11. Photographic memories (01:00)
    12. Friends (01:22)
    13. Friendship and Love (04:13)
    14. Speakeasy (02:21)
    15. Deborah´s theme - Amapola (06:13)
L'année 1969 montre que l'artiste est toujours assez productif puisqu'il signe pas moins de 26 musiques de films, dont Le Clan des Siciliens et Queimada. En 1970, il collabore pour la première fois avec Dario Argento sur L’oiseau au plumage de cristal. Il composera la musique de quatre autres films d'Argento: Le chat à neuf queues (1971), Quatre mouches de velours gris (1971), Le syndrome de Stendhal (1996) et Le fantôme de l'opéra (1998).
  • Morricone chez Argento

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    L’oiseau au plumage de cristal (1970)
    Dans la partition italienne, une fois encore Ennio Morricone frappe fort. Il nous prouve qu’il sait comment traduire les plus fortes émotions en musique avec une profondeur musicale toujours aussi viscérale et poignante. Débutant par un thème principal qui ne laissera aucun auditeur indifférent, "Piume di cristallo" (une sorte de berceuse chantée doucement par une voix féminine presque rassurante), l'album avance progressivement vers un son plus confus, avec l'introduction d'instruments ou de sons insolites au sein de la formation orchestrale (voix humaines étranges, hurlements, corne de brume, cliquetis... des effets que Morricone affectionne). La voix féminine change de registre, devenant angoissée, en transe ou simulant une agonie quasi-orgasmique dans "L'uccello dalle Piume di Cristallo" (track 8).
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    Track listing

    1. Piume di cristallo (05:12)
    2. Non rimane piu nessuno (03:17)
    3. Corsa sui tetti (04:59)
    4. Se sei stonato (00:48)
    5. Svolta drammatica (02:43)
    6. Frasseggio senza struttura (04:16)
    7. La citta si risveglia (03:09)
    8. L'uccello dalle piume di cristallo (01:25)
    9. Silenzio nel caos (02:12)
    10. Violenza inattesa (04:08)
    11. Frasseggio senza struttura [alternate version] (02:26)
    12. piume di cristallo [alternate version] (02:08)


    Plus difficile à trouver, ce score complètement différent de la version italienne :

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    1. Theme From "The Bird With The Crystal Plumage" (02:56)
    2. Theme For Julia (02:15)
    3. The Breath Of Death (02:17)
    4. Mad Montage (02:40)
    5. Black Glove Underground (Part 1) (04:56)
    6. Agony Or Ecstacy? (02:07)
    7. Objets D'Art (02:13)
    8. Shrouds (02:07)
    9. Black Glove Underground (Part 2) (02:58)
    10. Girl Stalk (02:40)
    11. Theme From "The Bird With The Crystal Plumage" (Reprise) (03:14)

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    Le syndrome de Stendhal (1996)
    Morricone articule sa partition qui mêle sonorités cauchemardesques et voix entêtantes, autour d’un thème principal répété pendant les 7 premières minutes de film. Morricone représente parfaitement à travers cette musique hypnotique toute la fascination morbide et malsaine d’Anna, le personnage du film interprété par Asia Argento. Quand même incroyable de se dire qu'il fait chanter "La, la, la, la" à la soliste Alexys Schwartz (avec une économie d'effets) et ça suffit à créer un malaise.
    Spoiler (cliquez pour afficher)
    Track listing

    1. The Standhal Syndrome Theme (07:20)
    2. Entering the Opera (03:57)
    3. From Caravaggio to Canaletto (02:10)
    4. Canto for Alexis (02:13)
    5. Desperation and Madness (02:30)
    6. For Fiore and Asia (04:27)
    7. A Bad Dream (02:58)
    8. For Flower and Asia (01:54)
    9. A New Reality (01:47)
    10. Canto for Alexis (03:20)
    11. The Offices (02:19)
    12. Only Alexis (01:46)
    13. A Silent Cry (01:27)
    14. A Perturbed Mind (02:28)
    15. Dopo il Silenzio (04:13)
    16. The Stendhal Syndrome Theme (01:36)
Le succès discographique est toujours là, comme en témoigne la chanson "Here's to You" que chante Joan Baez pour la très belle BO de Sacco et Vanzetti (1971), et il signe en 1973 la musique du Trio infernal, le premier film de Francis Girod avec Michel Piccoli et Romy Schneider. Il travaillera encore à deux reprises avec Girod, pour René la canne en 1978 et La banquière en 1980.
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    Le trio infernal (1973)
    C'est de passage à Paris que Morricone rencontre Francis Girod qui lui montre une vingtaine de minutes de son film. Morricone apprécie l'humour noir et il décide de composer la musique. Il utilise une clarinette basse obsessionnelle tout au long de la partition, et compose notamment le morceau le plus célèbre du film, le "Requiem à l'acide sulfurique" ("Requiem All' Acido Solforico"). C'est un disque assez plaisant.
    Spoiler (cliquez pour afficher)
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    Track listing

    1. Acido E Charme (03:44)
    2. Rag Nuziale (Primo Matrimonio) (03:22)
    3. Il Trio Infernale (06:00)
    4. Rag Nuziale (Secondo Matrimonio) (03:22)
    5. Acido E Charme (2) (03:17)
    6. Sinfonietta - Requiem All' Acido Solforico (05:19)
    7. Rag Nuziale (Ultimo Matrimonio) (01:14)
    8. Il Trio Infernale (2) (01:53)
    9. Rag Nuziale (Primo Matrimonio) [Version Alternative] (02:41)
    10. Acido E Charme (3) (01:50)
    11. Rag Nuziale (Secondo Matrimonio) [Version Alternative] (02:19)
    12. Il Trio Infernale (3) (01:43)
    13. Acido E Charme (4) (02:13)
    14. Il Trio Infernale (02:27)
En 1976, il retrouve Pasolini pour Salò ou les 120 journées de Sodome et Bernardo Bertolucci avec 1900. Il arrive à Hollywood en 1977 et signe la musique de L'exorciste 2: l'hérétique de John Boorman. Il fait également la musique d'Orca de Michael Anderson et poursuit avec un thriller de science-fiction, Holocaust 2000 avec Kirk Douglas. En 1978, Morricone a écrit la magnifique partition des Moissons du Ciel de Terrence Malick et signe la même année la musique de La cage aux folles d’Edouard Molinaro. Toujours prolifique, il multiplie les projets : La luna (1979) de Bernardo Bertolucci, The Island (1980) de Michael Ritchie, La cage aux folles II (1980) d’Edouard Molinaro ou La dame aux camélias (1980) de Mauro Bolognini avec Isabelle Huppert.
  • Des expériences difficiles...

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    Le professionnel (1981)
    Lautner pense d'abord engager son vieux camarade et néanmoins excellent compositeur Philippe Sarde, lorsque Jean-Paul Belmondo propose Ennio Morricone en raison de son travail sur les films d'Henri Verneuil. Lautner a tout juste mis la main sur la musique du film de Jerzy Kawalerowicz, Maddalena, que Morricone a composée en 1971. Il est emballé. Il contacte puis engage Morricone mais malheureusement, sa partition originale ne réussi pas à convaincre Belmondo et la production. Lautner a choisi de remonter le film avec la musique de Maddalena, plus particulièrement le désormais célèbre thème de "Chi Mai". Ce thème se retrouve présent tout au long du film, à tort et à travers, et devient plus tard rien de mieux qu'une bonne blague avec la pub pour "Royal Canin" qui l'a dégradée. Quant à la partition originale, une bonne partie a filé à la poubelle. Une mauvaise expérience qui sera renouvelée un an plus tard avec John Carpenter sur The thing...
    Spoiler (cliquez pour afficher)
    Track listing

    1. Le vent, le cri (1) (05:20)
    2. Bach (1) (01:20)
    3. Le vent, le cri (1) (00:26)
    4. Décision finale (01:25)
    5. Le vent, le cri (2) (02:14)
    6. Bach (2) (01:47)
    7. D'Afrique (02:11)
    8. Le retour (Sur le nom de Bach) (05:29)
    9. Bach (3) (01:30)
    10. Le vent, le cri (3) (00:40)
    11. Le vent, le cri (4) (01:19)
    12. Fée Morgane (2 interludes pour harpes) (05:00)
    13. Chi Mai (03:30)
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    The thing (1982)
    Film génial, scénario glauque et musique glaciale, synthétisée, à la fois envoûtante et lugubre... The thing est une réussite dû à cet alliage. La partition contribue donc à donner la chair de poule que procure déjà le film: parfois déprimante, elle reste assez lente mais efficace. Lorsque Carpenter rencontre Morricone à Rome, les deux hommes sont emballés à l'idée de travailler ensemble : Morricone aime le film, compose quelques titres synthétisés susceptibles de plaire à Carpenter et s'envole vers Los Angeles. Là, Carpenter choisit le thème qui est maintenant celui du film en rejetant tout le reste. Un thème fantastique, hypnotisant, où le motif est répété à l'infini et qui évoque la peur, la fin de l'humanité. Le reste de la partition? Il figure sur le disque à défaut d'être dans le film, sans quoi les seuls thèmes du films en auraient fait un album plutôt mince...
    Spoiler (cliquez pour afficher)
    Track listing

    1. Humanity (1) (06:50)
    2. Shape (03:16)
    3. Contamination (01:02)
    4. Bestiality (02:56)
    5. Solitude (02:58)
    6. Eternity (05:35)
    7. Wait (06:22)
    8. Humanity (Part 2) (07:15)
    9. Sterilization (05:12)
    10. Despair (04:58)
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Avec Sergio Leone en 1985

S’ensuit une série de partitions pour des films français: Espion, lève-toi (1982) d'Yves Boisset, Le ruffian de José Giovanni (1983), Le marginal (1983) de Jacques Deray avec qui il travaillera à nouveau sur Le solitaire en 1987, et des films américains comme White Dog (1982) de Samuel Fuller, Sahara (1983) d’Andrew V. McLaglen (avec Lambert Wilson) et même des navets comme Red Sonja (1985) avec Arnold Schwarzenegger. Il signe également la musique du troisième Cage aux folles: "Elles" se marient (1985) réalisé par Georges Lautner. Mais on retiendra surtout l'année 1986, où la bande originale du film de Roland Joffé, Mission, s’est vendue à des milliers d’exemplaires et est devenue l’une des plus célèbres partitions du compositeur.
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    Mission (1986)
    La musique de ce film est une tentative de Morricone à exprimer toute sa foi en Dieu et sa spiritualité. Il recherche par ses orchestrations qui incluent principalement des cordes, une guitare, des flûtes de pan et flûtes indiennes (et bien sûr un hautbois) à atteindre une beauté musicale profonde et des harmonies divines, comme ce dernier titre, "Misere", chanté par un petit garçon. Bien que je lui reconnaisse quelques qualités, comme "On Earth as It Is Heaven", les deux versions de "Gabriel's Oboe" ou même "Falls" qui sont très beaux, j'avoue ne pas être particulièrement séduit par ce score. Pour beaucoup un chef-d'œuvre incontournable, pour ma part une petite déception.
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    Track listing

    1. On Earth As It Is In Heaven (03:48)
    2. Falls (01:53)
    3. Gabriel's Oboe (02:12)
    4. Ave Maria Guarani (02:48)
    5. Brothers (01:30)
    6. Carlotta (01:19)
    7. Vita Nostra (01:52)
    8. Climb (01:35)
    9. Remorse (02:46)
    10. Penance (04:00)
    11. The Mission (02:47)
    12. River (01:57)
    13. Gabriel's Oboe (02:38)
    14. Te Deum Guarani (00:46)
    15. Refusal (03:28)
    16. Asuncion (01:25)
    17. Alone (04:18)
    18. Guarani (03:54)
    19. The Sword (01:58)
    20. Miserere (00:59)
En 1986 toujours, Les incorruptibles marque la première collaboration de Morricone avec Brian de Palma. Il lui compose également (en un temps record) la partition d'Outrages (1989) et celle de Mission to Mars (2000).

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  • Morricone chez De Palma

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    Les incorruptibles (1986)
    On reconnaît dès le thème du générique le style de Morricone, son goût pour les percussions nerveuses, le piano et les cordes en fond. La bande originale comporte des thèmes triomphants ou d'action, comme des thèmes tristes ou nostalgiques. Al Capone possède son thème propre qui évoque l'univers mafieux, et le thème principal est très émouvant, représentant l'amitié entre les quatre incorruptibles. Morricone a composé là une de ses grandes œuvres.
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    Track listing

    1. The Untouchables (End Title) (03:13)
    2. Al Capone (02:56)
    3. Waiting At The Border (03:46)
    4. Death Theme (02:43)
    5. On The Rooftops (02:36)
    6. Victorious (02:10)
    7. The Man With The Matches (02:47)
    8. The Strength of the Righteous (Main Title) (02:27)
    9. Ness and His Family (02:46)
    10. False Alarm (01:13)
    11. The Untouchables (03:05)
    12. Four Friends (02:52)
    13. Machine Gun Lullaby (07:02)
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    Outrages (1989)
    Je ne suis pas particulièrement fan de celle-ci. Là, Morricone m'a déçu. Bien qu'il nous offre ici une nouvelle partition lyrique, dramatique et mélancolique, décrivant une ambiance de désespoir, cela reste très en-dessous de ce qu'il a pu faire auparavant. Parmi les thèmes importants, l'un est joué par une flûte de Pan asiatique et il décrit la douleur, le désespoir, et un thème final imposant où apparaissent violons et chœurs. Là ça devient tout à coup assez solennel, emphatique. Outrages est l’album que j’aime le moins de son auteur.
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    Track listing

    1. Casualties Of War (09:20)
    2. Trapped In A Tunnel (04:36)
    3. No Escape (07:00)
    4. The Abduction (04:46)
    5. No Hope (02:30)
    6. The Rape (03:58)
    7. The Death Of Oahn (02:30)
    8. The Healing (02:12)
    9. The Fragging (01:19)
    10. Waste Her (03:39)
    11. Elegy For A Dead Cherry(01:14)
    12. Elegy For Brown (03:43)
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    Mission to Mars (2000)
    La musique de Morricone est tour à tour mystérieuse, plaisante, poétique, entraînante... C'est une belle composition qui alterne les passages dissonants et les moments harmonieux, avec un côté paisible, spirituel. Le compositeur utilise un orchestre avec quelques chœurs (qui rappellent le final d'Outrages d'ailleurs) et rajoute des sons électroniques, notamment un synthétiseur sur quelques titres. C'est une BO riche, bien meilleure que la précédente citée et que je réécoute avec plaisir.
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    Track listing

    1. A Heart Beats In Space (07:58)
    2. A Martian (06:06)
    3. A World Which Searches (02:58)
    4. And Afterwards? (06:33)
    5. A Wife Lost (03:27)
    6. Towards The Unknown (08:15)
    7. Ecstasy Of Mars (02:57)
    8. Sacrifice Of A Hero (13:20)
    9. Where? (05:32)
    10. An Unexpected Surprise (02:33)
    11. All The Friends (02:39)
Morricone collabore pour la première fois avec Guiseppe Tornatore sur Cinema Paradiso (1988) pour lequel il se fait aider d'Andrea Morricone, son fils né en 1964, qui a écrit le "Love Theme" du film. Puis il signe la musique de Frantic de Roman Polanski.
  • Réunions d’un seul film: Polanski et Almodóvar

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    Frantic (1988)
    C’est un très beau disque, plus méconnu et difficile à trouver mais que j’affectionne particulièrement. On retrouve en instruments principaux la basse et la trompette. Il y a aussi en fond cet air d'accordéon tristement nostalgique à l'instar du personnage d'Harrison Ford, air qu’on entend notamment dans "On The Roofs Of Paris". Morricone offre de très beaux passages de solo de trompette, certains passages ont un rythme plus rapide, comme "In The Garage" où il fait intervenir un saxophone. Il est dommage que les deux maestros n’ont pas été amenés à retravailler ensemble, surtout lorsqu’on connaît la musique très moche pour le film suivant de Polanski, Lunes de fiel, composée par Vangelis (que j’apprécie en dehors de ça).
    Spoiler (cliquez pour afficher)
    Track listing

    1. I'm Gonna Lose You [Simply Red] (04:05)
    2. Frantic (04:13)
    3. On The Roofs Of Paris (06:07)
    4. One Flugel Horn (03:24)
    5. Six Short Interludes (04:34)
    6. Nocturne For Michel (03:21)
    7. In The Garage (04:17)
    8. The Paris Project (03:22)
    9. Sadly Nostalgic (01:55)
    10. Frantic (06:04)
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    Attache-moi! (1990)
    Pour sa rencontre avec Pedro Almodóvar, Morricone signe ici une partition assez simple mais efficace, où l'utilisation assez particulière de quelques sonorités électroniques me font penser à son futur Syndrome de Stendhal où il utilise un son identique dans le thème principal. Toujours ce goût prononcé pour l'étrange, le bizarre et les expérimentations sonores où il mélange toutes sortes d'influences (Bernard Herrmann notamment).
    Spoiler (cliquez pour afficher)
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    Track listing

    1. Tie Me Up! Tie Me Down! (02:42)
    2. The Enchanted Castle (03:05)
    3. Urban Night (05:39)
    4. The Abandoned Village (02:06)
    5. The Two Sisters (02:30)
    6. Restless (01:18)
    7. Leave me Alone (03:40)
    8. Introduction to the Psychiatrist (02:10)
    9. If You Knew How Many Nights (01:31)
    10. Nursery Rhyme (03:27)
    11. The Horse's Ghost (01:04)
    12. The City Moves (04:00)
    13. Tie Me Up! Tie Me Down! (02:56)
    14. Crazy for Marina (02:58)
    15. Introduction to the Psychiatrist (01:40)
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Morricone retrouve Guiseppe Tornatore sur Ils vont tous bien (1990) ainsi que Franco Zeffirelli sur Hamlet (1990). Il est membre du jury à la Mostra de Venise de 1992 (où Qiu Ju, une femme chinoise de Zhang Yimou gagne le Lion d’Or). Sinon, des années 90, on retiendra les partitions de Bugsy de Barry Levinson (1991), Dans la ligne de mire de Wolfgang Petersen (1993), Wolf de Mike Nichols (1994), U Turn d’Oliver Stone (1997), Lolita de Adrian Lyne (1997), Bulworth de Warren Beatty (1998), La leggenda del pianista sull’oceano de Guiseppe Tornatore (1998), Le fantôme de l’opéra de Dario Argento (1998). Il retrouve Roland Joffe à deux reprises, d’abord pour La cité de la joie en 1992 et Vatel en 2000. Ces dernières années il compose notamment pour la télévision italienne (Padre Pio 2001, Cefalonia 2005). Il a été récompensé plusieurs fois: deux Golden Globes, un Grammy Award, trois ASCAP, un César, etc. À partir de 2001, le compositeur ralentit son travail pour le grand écran, souhaitant aller à la rencontre du public, et c'est ce qu'il a fait avec une tournée musicale où il s'est produit à Verone puis Paris en 2002, à Londres au Royal Albert Hall en 2003, à Tokyo, Moscou... À la tête de l'Orchestre Symphonique de Rome, il a joué à cette occasion quelques-unes de ses plus belles compositions. En 2004, il enregistre un disque avec le violoncelliste Yo Yo Ma contenant ses thèmes à succès. Son avenir cinématographique sera peut-être les retrouvailles avec le réalisateur Giuseppe Tornatore pour Leningrad ou peut-être avec Brian de Palma pour Capone: rising.

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A l’instar d’autres compositeurs pour le cinéma, tels que Bernard Herrmann, John Williams ou Jerry Goldsmith entre autres, la carrière d’Ennio Morricone est constituée de chef-d’œuvres qu’on a adoré et écouté en boucle à un moment donné dans notre vie. En ce début 2007, la 79ème cérémonie des Oscars rattrapant déjà son retard en récompensant Martin Scorsese, lui décerne à lui aussi son premier Oscar après cinq nominations (en 1978 avec Les moissons du ciel de Terence Malick, en 1986 avec Mission de Roland Joffé, en 1987 avec Les incorruptibles de Brian de Palma, en 1991 avec Bugsy de Barry Levinson et en 2000 avec Malena de Giuseppe Tornatore). Le prix le récompense non pas pour un film mais pour sa carrière. Un Oscar d'honneur pour une immense discographie impérissable à la fois novatrice, imaginative, inspirée, remarquable, inégale, qui en a influencé beaucoup et qui continuera de stimuler l’imagination.

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Flol
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Post by Flol »

Joli ! :shock:
Bon j'ai parcouru ton (long) post en diagonale (je le lirai tranquillement plus tard), mais je peux tout de même te féliciter pour le boulot accompli...parce que vu la carrière et la filmographie surréaliste de Morricone, ce n'était pas une mince affaire.
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AlexRow
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Post by AlexRow »

Metal Rider est rouillé ? :?
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" (Albert Camus)

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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Superbe topic ! :D
Je viendrai mettre mon grain de sel plus tard.
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Flol
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Post by Flol »

Roy Neary wrote:Je viendrai mettre mon grain de sel plus tard.
Moi aussi (même si en fait, je ne connais pas beaucoup Morricone.....oui je sais, c'est complètement honteux).
noar13
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Post by noar13 »

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Post by Gounou »

Joli topic Major... l'un de mes compositeurs préférés avec John Barry.
Pour moi, son grand chef-d'oeuvre demeure Once Upon a Time in America, l'une des plus fortes musiques de film que je conaisse, transcendant complètement les images de Leone en contribuant brillamment à cette nostalgie propre au film. Suivent Days of Heaven, The Untouchables, Giu' La Testa, Once upon a Time in the West, Mission to Mars... et le thème de Orca, chef-d'oeuvre malheureusement consacré à un film médiocre (ça arrive...)
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Major Tom
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Post by Major Tom »

Ratatouille wrote:Joli ! :shock:
Bon j'ai parcouru ton (long) post en diagonale (je le lirai tranquillement plus tard), mais je peux tout de même te féliciter pour le boulot accompli...parce que vu la carrière et la filmographie surréaliste de Morricone, ce n'était pas une mince affaire.
Merci. ;) Effectivement c'était dur, mais plaisant. J'écrivais en écoutant les CD cités.
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odelay
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Post by odelay »

Très bon topic superbement présenté.
Dans ceux que tu présentes, j'ai récouté récemment un morceaux de Attache-moi appelé "The enchanted castle". C'est un de mes préférés de son auteur. Une petite merveille hypnotisante, douce avec trompettes et guitare.

On pourrait aussi rajouter deux merveilles des 70s : 1900 avec son sublime thème d'Ada et Les moissons du ciel qui est la perfection même (dommage que dans les deux cas, le son des CD ne soit pas du tout à la hauteur de ces chef d'oeuvre).


Il y a donc trois facettes dans la carrière de Morricone : l'Italienne, la Française et l'Américaine.

La première a toujours été, et la troisième a réellement démarré quand s'est achevée la deuxième : C'était au milieu des années 80s. Quand l'âge d'or des grandes co-productions Franco-italienne touchait à sa fin.
Je me demandais quelle était la dernière partition française de Morricone. Je pense qu'il s'agit de Frantic, film qui du coup est tout à fait symbolique de "son passage à l'Ouest" puisqu'il pourrait très facilement se faire passer pour un film US.
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Major Tom
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Post by Major Tom »

noar13 wrote:Image
Tiens, oui, je l'ai oubliée celle-là.

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AlexRow wrote:Metal Rider est rouillé ? :?
En musique c'est Rider back in black, mais là, il a disparu...
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Kyoko
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Post by Kyoko »

Alors bravo ! :shock:
Parce que mine de rien c'est énormement de travail, et que c'est fait avec beaucoup de rigueur et de justesse.
Dorénavant, lorsque je regarderais un film dont la musique est de Morricone , je porterais une attention toute spéciale sur la partition curieuse de retrouver toutes ces particularités stylistiques dont tu as su si bien nous parler...
Alors merci de m'avoir ouvert les "oreilles" :wink:

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(\__/)
(+'.'+) Copie et colle le lapin dans ta signature pour l'aider à envahir le monde
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Major Tom
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Post by Major Tom »

Merci à tous. ;)
odelay wrote:Dans ceux que tu présentes, j'ai récouté récemment un morceaux de Attache-moi appelé "The enchanted castle". C'est un de mes préférés de son auteur. Une petite merveille hypnotisante, douce avec trompettes et guitare.
Oui j'aime bien aussi ce titre.

1900 c'est trop vieux dans mes souvenirs, il faut que je le retrouve.
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k-chan
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Post by k-chan »

En voilà un topic utile comme je les aime :D
noar13
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Post by noar13 »

Major Tom wrote:
noar13 wrote:Image
Tiens, oui, je l'ai oubliée celle-là.
et moi j'ai oublié chi la vista morire
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recemment rééditée, un peu inegale mais le theme principal avec les voix d'enfants est mythique

côté spagh : facci a faccia, il grande silenzio, les ringo ...et comment oui comment ne pas mentionner vamos a matar companeros
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une que je viens juste de re-découvrir avec le dvd z1 noshame, enormissime avec choeurs et guimbarde
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kayman
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Post by kayman »

Beau dossier, meme si comme Noar (La Moglie Piu Bella, La Resa Dei Conti ou Le Grand Silence sont parmi mes BO préférées du maitre) je trouve que ca manque de ses vieilles compos italiennes des années fin 60 et 70, sa période la plus expérimentale et étonnante.
Seul contre tous.
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