Haruki Murakami

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Anorya
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Re: Haruki Murakami

Post by Anorya »

Mini chro qui diffère sensiblement de mon blog mais c'est aussi avant tout pour faire remonter le topic de Murakami. :wink:



Les amants du Spoutnik.


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SPOUTNIK : Le 4 octobre 1957, l'Union soviétique lançait depuis le centre spatial de Baïkonour, dans la république du Kazakhstan, le premier satellite artificiel au monde, Spoutnik 1. Mesurant 58 centimètres de diamètre et pesant 83,6 kilos, Spoutnik fit le tour de la Terre en orbite en quatre-vingt-seize minutes et douze secondes. Le 3 novembre de l'année suivante, Spoutnik 2 fut envoyé à son tour avec succès. La chienne Laïka, première créature vivante à quitter la stratosphère, était à son bord. Le satellite n'ayant pu être récupéré, Laïka fut sacrifiée sur l'autel de la recherche biologique dans l'espace.

(D'après les Chroniques complètes de l'histoire mondiale, aux éditions Kodansha.)

(Extrait du prologue des Amants du Spoutnik de Murakami)





Et bien voilà, je rejoins lentement la meute des admirateurs de Murakami. :D
J'y ai mis un peu de temps mais me voilà, prêt à continuer avidement la lecture de cet auteur. D'autant plus qu'a lire le topic, ce livre semble un peu moyen comparé aux autres qui sont cités. Le meilleur est donc à venir.

J'avais souvent beaucoup entendu parler de Murakami et l'on m'avait bien sûr, à maintes reprises, conseillé son Kafka sur le rivage (que je voyais étonnement lu par de nombreux étudiants dans les couloirs de ma fac) mais comme je ne fais jamais les choses comme tout le monde, que voulez-vous... Suite à une sympathique soirée commencée par la nuit des musée où j'allais à une exposition (gratuite) à la maison de la culture du japon (*), je m'attardai à leur boutique (où tout est toujours horriblement cher hélas). J'étais résolu à prendre le catalogue de l'exposition et dépenser le peu de sous que mon compte avait encore mais je n'ai pas vu ce dernier. Par contre mon regard tomba très vite sur la littérature japonaise. J'avais envie de prendre un livre sur Kitano, ce que je fis, et mes mains tombèrent par inadvertance , comme sur la poitrine de la femme aimée où nos mains glissent inconsciemment sous le fruit d'un désir inexpliqué, sur le rayon consacré à Murakami. Pourquoi alors pris-je ces Amants du Spoutnik ? J'aurais bien pu être séduit par la pulpeuse couverture d' Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil pourtant (magnifiques lèvres rouges qui m'évoquent l'affiche de l'adaptation de Stupeur et tremblements de Corneau). Ou bien même Kafka sur le rivage. Je ne sais pas. Il y avait les mots "amants" et "spoutnik" et mon esprit d'ancien lecteur de Science-Fiction a dû faire "chboum" là-dedans.



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4e de couverture : K est amoureux de Sumire, mais celle-ci n'a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l'orbite de la solitude. Jusqu'au jour où Sumire disparaît... Les amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l'extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l'amour...



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Par la force de son talent, j'ai été happé par l'histoire de l'ancien traducteur japonais de Scott Fitzgerald. Des histoires sur la vie, l'amour, des gens comme vous et moi. Des histoires de désir amoureux, de la romance, des couples qui se font et se défont, le tout avec une incroyable légèreté et un onirisme sans faille, et pourtant, Murakami n'a rien à voir, mais alors rien du tout, avec un quelconque Guillaume Musso qui enrobe de guimauve à l'intention de ses lectrices ses mignonnes petites histoires. Non, qu'on se le dise, Murakami fait mieux, bien plus. Parce que l'auteur décrit sans faille et avec lucidité les tourments de ces personnages, entre réalisme parfois cru et pas mal d'humour. Les descriptions vont droit au but et l'on se reconnait aisément dans ces personnages, à tel point qu'on en arrive parfois à vouloir véritablement entrer dans le roman, vivre ce qu'ils vivent. Et puis chez Murakami, on bascule subtilement dans une poésie fantastique et un onirisme qui ne surgit pas à gros sabots dès le début.


Les amants du Spoutnik fait en outre aisément penser à un cinéaste et un film en particulier : L'Avventura de Michelangelo Antonioni. Indéniablement, on retrouve cette difficulté à établir une relation avec un représentant de l'autre sexe, homme ou femme et à faire parfois affleurer notre désir. Comme dans l'Avventura, Sumire à l'instar d'Anna, disparaît dans une petite île grecque (tiens, tiens). Et comme chez Antonioni, la disparition ne sera jamais véritablement expliquée. Sauf qu'ici, il y a une certaine chaleur (et un humour) que ne possède par le film d'Antonioni. Et la suite diffère aussi sensiblement puisque K ne sortira pas avec Miu mais que cette disparition (vite oubliée chez Antonioni car "comblée" par une nouvelle relation) créera un manque profond chez le narrateur qui l'amènera à changer intérieurement.
On peut même se dire que le lecteur est aussi amené à changer aussi un peu à la lecture du livre, à l'instar des derniers chapitres, tout simplement fabuleux, qui restent lentement en mémoire...



Bien aimé ce livre et plus que hâte de me procurer d'autres Murakami au plus vite. :D






(*) "Doubles Lumières", exposition commune de Aiko Miyanaga et Naoko Sekine, du 14 avril au 26 juin 2010. Maison de la culture du Japon, Paris, ligne 6, M° Bir-Hakeim.
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Anorya
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Re: Haruki Murakami

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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil.


Extrait choisi.




"Je n'ai pas grand chose à raconter sur mes quatre années d'université.

Au cours de la première, je pris part à quelques manifestations, me battis avec les forces de police. Je soutins les grèves universitaires, apparus dans quelques meetings étudiants où je rencontrai plusieurs personnages intéressants, mais sans jamais réussir à me passionner complètement pour ces activités politiques. Chaque fois que, dans une manifestation, je donnais la main à mon voisin, je ressentais un vague malaise, et quand je devais jeter des pavés sur les policiers j'avais l'impression de ne plus être moi-même. Je me demandais si c'était vraiment là ce que je souhaitais. Je n'arrivais pas à établir un sentiment de solidarité avec les autres. L'odeur de violence qui flottait dans les rues, les slogans criés à tue-tête perdirent peu à peu leurs charmes à mes yeux. Je me mis à penser avec nostalgie aux moments que j'avais passés avec Izumi. Mais il m'étais impossible de revenir en arrière. J'avais tourné le dos à ce monde-là et fermé la porte derrière moi.

Par ailleurs, je ne m'intéressais guère à ce qu'on nous enseignait à l'université. La plupart des cours que j'avais choisis me paraissaient creux et d'un ennui mortel. Rien de tout cela ne soulevait mon enthousiasme. Je me mis à faire de petits jobs pour gagner de l'argent de poche et y consacrai bien plus de temps qu'a l'université, si bien qu'on peut dire que l'obtention de mon diplôme à l'issue de ces quatre années tient du miracle. J'avais une nouvelle petite amie. En troisième année de fac, nous vécûmes même six mois ensemble. Mais à la fin, cela ne marcha plus entre nous et nous nous séparâmes. A cette époque, je n'avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire de ma vie.

Un beau jour, je m'aperçus que le temps de la politique était passé. Les quelques soubresauts que nous prenions pour un énorme mouvement utérin capable d'ébranler la société et de donner naissance à un monde nouveau avaient perdu toute leur puissance, retombant comme un drapeau dans un ciel sans vent, absorbés par la terne banalité du quotidien.

En quittant l'université, je trouvai par relation un emploi dans une maison d'édition de manuels scolaires. Je coupai mes cheveux, me mis à porter un costume et des chaussures de cuir. A vue de nez, ce n'était pas une société très importante, mais les conditions d'embauche cette année-là n'étaient pas très favorables à un étudiant frais émoulu de la fac de lettres. Etant donné mes médiocres résultats aux examens et la piètre étendue de mes relations, je me serais fait fermer la porte au nez si j'avais visé des entreprises plus intéressantes. Je devais m'estimer heureux que celle-ci m'ait accepté.

Ma tâche se révéla aussi ennuyeuse que prévu. L'atmosphère du bureau n'était pas désagréable en soi, mais malheureusement je n'éprouvais aucune joie à corriger des épreuves de manuels scolaires. Je me plongeais pendant six mois avec enthousiasme dans ma tâche, espérant y découvrir un intérêt quelconque. Je me disais que si l'on se consacrait de toutes ses forces à un travail, quel qu'il fût, on pouvait toujours en tirer quelque chose. Mais, au bout du compte, je renonçai. J'en arrivai à la conclusion que ce métier ne me convenait décidément pas. J'étais déçu, il me semblait que ma vie s'arrêtait là, qu'elle s'userait désormais peu à peu. Tout mon temps allait s'écouler à corriger des manuscrits d'un ennui mortel. Je passerais les trente-trois ans qui me restaient avant la retraite dans ce bureau, les yeux fixés sur des épreuves, à calculer le nombre de caractères par page, à vérifier l'exactitude des idéogrammes. Et puis, j'épouserais une femme à ma convenance, lui ferais deux ou trois enfants, et les deux mois de prime annuelle que m'octroyait la maison d'édition deviendraient mon unique joie dans la vie. L'amertume m'envahissait chaque fois que je me rappelais ces paroles prononcées par Izumi : "Je suis sûre que tu deviendras quelqu'un de magnifique. Il y a quelque chose de si beau en toi." Non, tu vois, Izumi, il n'y a vraiment rien de beau en moi, d'ailleurs maintenant tu dois l'avoir compris toi aussi. Tout le monde peut se tromper.

Au bureau, je m'acquittais mécaniquement des tâches qui m'étaient confiées et passais le reste de mes journées à lire ou écouter de la musique, seul. J'essayais de me convaincre que tout travail était ennuyeux et obligatoire, et qu'il me fallait employer efficacement mes loisirs pour profiter de la vie à ma façon. Je n'étais pas un être asocial, ni délaissé par les autres. Mais je ne faisais aucun effort pour développer des relations individuelles positives avec mes collègues en dehors des heures de bureau. Je voulais si possible garder mon temps libre pour moi seul.

Quatre ou cinq années s'écoulèrent ainsi en un éclair. J'eus quelques amourettes, mais elles ne duraient jamais bien longtemps. Je fréquentais une fille quelques mois, puis je me disais : "Non, ce n'est pas encore ça." En aucune je ne parvenais à trouver quelque chose qui me soit vraiment destiné. Je couchais avec elles, mais sans émotion particulière. Telle fut la troisième étape de ma vie : ces douze années entre mon entrée à l'université et mes trente ans, je les passai dans la solitude, le silence et le désespoir. Ce furent des années glacées, au cours desquelles je ne rencontrai pratiquement personne qui me paraisse en accord avec mon coeur.

Je me retirai encore plus profondément dans mon monde intérieur. Je mangeais seul, me promenais seul, me rendais seul à la piscine; j'étais habitué à aller seul au concert ou au cinéma. Cela ne me rendait pas particulièrement triste, ne m'étais pas particulièrement pénible. Je pensais à Shimamoto-san, à Izumi, me demandant ce qu'elles avaient fait de leur vie. Etaient-elles mariées, avaient-elles des enfants ? Quelle qu'ait pu être leur situation, cela m'aurait plaisir de les revoir et de parler un peu avec elles, ne serait-ce qu'une heure. Je savais qu'avec Izumi ou Shimamoto-san j'aurais pu exprimer honnêtement ce que je ressentais. Je réfléchissais à la façon dont je pourrais me réconcilier avec Izumi, ou retrouver Shimamoto-san, ça me passait le temps. "Comme ce serait bien si ça arrivait !" me disais-je. Mais je ne fis aucun effort pour que cela ait une chance de se réaliser. Finalement, elles avaient disparu de ma vie. On ne peut pas faire marcher les aiguilles d'une montre en sens inverse. Je me mis à parler tout seul de plus en plus souvent, à boire tout seul le soir. A cette époque, je commençai à songer que je ne me marierais sans doute jamais."




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Synopsis : Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n'a pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ?




Bon j'ai déjà 3 Murakami au compteur, bientôt 4 (je commence Kafka sur le rivage prochainement) mais j'avais un peu oblitéré d'évoquer qu'entre ce dernier et Les amants du spoutnik (chronique de mai 2010), j'avais complètement dévoré le fabuleux Norvegian Wood (alias La ballade de l'impossible qui devait aussi être adapté en film. Plus aucune nouvelles de ce côté-ci... :o ), que je classe d'ailleurs un cran au dessus des amants du spoutnik et plus légèrement au dessus du présent livre. En somme, j'ai débuté Murakami avec un roman que les fans du maître trouvent mineur et ensuite entrepris ma lancée sur des choses plus ardues. Et je n'ai toujours pas lu Kafka sur le rivage (ça va venir du coup, cf achats livres récents :mrgreen: ). Je pense qu'inconsciemment je dois me le garder pour la fin car il semble qu'on atteint des sommets en termes d'écriture, de situations... de pages aussi. L'objet est gros, son prix grimpe de deux euros cinquante de plus qu'une bonne partie des Murakami édités par 10/18.
Désespérant. Bon, passons.



Ce qui me touche chez Murakami et me le fait élever sur un piédestal (en a t'il sérieusement besoin ? J'en doute...), c'est son écriture : douce, éthérée, précieuse, jamais redondante, parfois cruelle, cotonneuse. C'est une ambiance, feutrée, doucement érotique, parfois crue, parfois tendre, souvent proche d'un vécu qui, dans mon cas, me touche énormément. D'ailleurs l'extrait plus haut qui évoquait l'université puis l'après-fac, du moins pour le narrateur principal, ça atteint un point sensible chez moi. Murakami alors, fait référence à l'université japonaise prise dans les soubresauts des 60's et 70's tel qu'il les a connus, mais la grande force de Murakami jusqu'à présent dans tout ce que j'ai pu lire, c'est qu'il ne date pas ses histoires. Bien sûr c'est le XXe siècle, mais ça peut tout aussi bien être les 70's qu'en 2010. Cet aspect intemporel et l'universalité de ce qui est décrit (souvent une histoire d'amour ou de retrouvailles avec un amour de jeunesse, ou la disparition de la personne qu'on aime, ou l'évocation de jours heureux avec l'être chéri) en font sa force. En partie.



Parce qu'au délà donc, il y a le style Murakami malgré des histoires qui peuvent se répéter.
Mais qu'importe justement, en retrouvant son style si délicat et poétique à travers des variations d'histoires, c'est comme rentrer à la maison, se retrouver chez soi, en terrain connus (plus ou moins). Pas étonnant donc qu'on devienne accro à cet écrivain et qu'on parcourt d'autant plus vite ses livres. Dans son écriture, à chaque fois se dresse un quotidien si proche de nous et une sorte d'initiation à la vie, constante, par l'amour de l'autre comme par la culture. Cette dernière joue peut-être bien un rôle plus important qu'on ne le croit. Dans Spoutnik, on parlait vins, France, îles perdues de Grèce. Dans Norvegian Wood, les Beatles et la folk des années 60 régnaient avec un bonheur équivalent. Ici, on navigue dans le jazz et Nat King Cole. Le jazz d'ailleurs... Haruki Murakami avant d'écrire des livres et parcourir le monde, tenait deux bars de jazz qu'il avait construit lui-même par autodidactisme.



Curieusement, ce livre (et sans doute Norvegian Wood) est sans doute un fragment autobiographique et personnel de l'auteur. Hajime dans le livre s'occupe de bars de jazz dont il vit très bien. Dans les détails, on retrouve incroyablement ce vécu. La relation avec Shimamoto-San comme la jeune Izumi durant l'adolescence du narrateur ne sont pas en reste. Et toujours ce mystère étrange, fabuleux, qui ne tient qu'a Murakami qui donne nombre de détails mais ne nous montre pas tout. On suit donc Hajime, de son adolescence jusqu'a l'âge adulte. Bien installé dans la vie, il se marie, a deux charmantes jeunes filles. Un bonheur presque parfait. Seulement voilà, Shimamoto-San, sa meilleure amie d'alors, son premier amour ressurgit mystérieusement. Comment ? Pourquoi ? Le lecteur ne le saura jamais vraiment, emporté qu'il est par une passion souterraine qui ressirgit brusquement et laisse Hajime exsangue, ayant furieusement envie de tout lâcher derrière lui. Mais les choses ne se dérouleront pas exactement comme prévu...



Dans mon parcours Murakamien, je n'ai jamais encore été déçu. J'en redemande même continuellement. Je n'avais pas ressenti cela depuis fort longtemps. Mettons quelques années avec la fameuse saga de Frank Herbert, qui m'avait littéralement tenu et agrippé jusqu'a plus soif (il faudra bien que j'en parle un jour ici de la saga de Dune, elle le mérite. L'unique saga que même les gens n'aimant pas la science-fiction apprécient. C'est dire :mrgreen: ) et éclipsé de nombreux écrivains qui n'avaient pas ce style haletant, précipité et sur la brèche. Or, curieusement, Murakami c'est le contraire. Lentement et insidieusement, son oeuvre vient se faire une petite place au soleil près de notre coeur. Sans forcer, jamais. Bravo maître, je continuerais à vous suivre encore un peu.

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Anorya
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Re: Haruki Murakami

Post by Anorya »

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Sortie le 4 mai. Johell et moi on a déjà pris rendez-vous. 8)
N'est-ce pas Johell ? :fiou:
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johell
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Re: Haruki Murakami

Post by johell »

Anorya wrote:Sortie le 4 mai. Johell et moi on a déjà pris rendez-vous. 8)
N'est-ce pas Johell ? :fiou:
:D A fond! :D
Aragorn Elessar
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Re: Haruki Murakami

Post by Aragorn Elessar »

On m'a dit que Johnny Greenwood faisait la bande originale.
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Si la vie réelle est un chaos, en revanche une terrible logique gouverne l'imagination.
Ôtez le mensonge vital à un homme moyen, vous lui ôtez le bonheur, du même élan.
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Re: Haruki Murakami

Post by johell »

Aragorn Elessar wrote:On m'a dit que Johnny Greenwood faisait la bande originale.
C'est marqué sur l'affiche. :mrgreen:
La B.O. est déjà disponible! :D
Aragorn Elessar
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Re: Haruki Murakami

Post by Aragorn Elessar »

johell wrote:
Aragorn Elessar wrote:On m'a dit que Johnny Greenwood faisait la bande originale.
C'est marqué sur l'affiche. :mrgreen:
:mrgreen:
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Si la vie réelle est un chaos, en revanche une terrible logique gouverne l'imagination.
Ôtez le mensonge vital à un homme moyen, vous lui ôtez le bonheur, du même élan.
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Re: Haruki Murakami

Post by Flol »

Anorya wrote:Image

Sortie le 4 mai. Johell et moi on a déjà pris rendez-vous. 8)
Ça m'intéresse beaucoup aussi (j'avais adoré le bouquin, auquel je repense régulièrement).
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Re: Haruki Murakami

Post by Anorya »

La course au mouton sauvage / Danse, danse, danse.

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La vie du narateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnel. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême-droite. Le voici contraint de retrouver l'animal --doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables...

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Persuadé qu'une ancienne rencontre l'y appelle en rêve, le narrateur, un publicitaire branché filles, bouffe et scotch, retourne séjourner dans un hôtel. Sur place, il constate que le modeste établissement s'est transformé en un palace d'une vingtaine d'étages. Ce qu'il va découvrir défie les règles de l'imagination. Une chose est sûre, sa vie a changé -- et c'est le plus important. Un roman qui nous emmène danser sur le fil toujours ténu de la réalité.

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Je ne voulais pas chroniquer La course au mouton sauvage sans parler de "sa suite" (qui n'en est pas vraiment une à proprement parler puisque même si l'on retrouve des personnages, l'intrigue n'est plus la même) et vice-versa. Car à la lecture et au recul sur ces deux livres de Murakami, on peut dire que l'ensemble forme un tout. Et râler un peu plus en bon français de ne pas voir les précédents volets traduits chez nous ( :mrgreen: ). Car en fait, c'est toute une saga que Murakami semble avoir construite autour d'un même personnage plongé à chaque fois dans un univers assez décalé. La course au mouton sauvage (1982) et Danse, danse, danse (1988) "suivent" Ecoute le chant du vent (1979, son premier roman) et Le flipper de 1973 (1980).


Mais plus que de simples suites, ce sont des livres qui reprennent un même narrateur (parfois assez imbu de lui-même et critiquant tout ce qui offre un changement assez inattendu entre le personnage de danse danse danse et d'autres caractères masculins Murakamiens), des personnages qui reviennent ou se font écho d'un livre à un autre (on retrouve dans danse danse danse l'étrange "homme-mouton' (*) ou "Kiki" qui étaient dans La course au mouton sauvage) quand ce ne sont pas des endroits (Sapporo, l'hôtel du dauphin) ou des situations similaires (une scène de rencontre à la bougie au chapitre 10 de danse renvoie à une discussion nocturne de la course) qui se répondent d'un livre à un autre.



Pour autant les deux livres sont différents dans l'histoire proposée et l'état d'esprit que renvoie Murakami une fois la lecture finie. Si La course au mouton sauvage semble se finir sur un sentiment étrange et crépusculaire proche de l'amertume, Danse marque une sorte d'éveil et d'ouverture à d'autre choses comme un énième nouveau départ vers de belles promesses. La course est marqué par un sentiment de perte sans doute assez proche de ce que doivent ressentir ceux qui sont en manque du mouton magique --une fois qu'il vous a "investi", le dit-mouton vous guérit, vous ouvre les portes de plein de choses, prolonge votre vie... Mais quand il part, celui qui le portait en lui régresse, se flétrit, se meurt--, là où danse inaugure un processus où il s'agit de combler le coeur d'un narrateur devenu bien solitaire et renfermé (ce qui n'empêche pas des passages aussi sombres que dans l'autre livre). En somme, d'essayer de s'ouvrir à la vie pour "continuer à danser, sans jamais s'arrêter". Le seul point commun des deux ouvrages, un sens de l'humour peu commun chez Murakami ou pas aussi poussé dans ces autres oeuvres, dira-t-on. L'écrivain avouait d'ailleurs dans une de ses rares interviews avoir écrit Danse danse danse comme contrepoint au passionnant La ballade de l'impossible où il s'était sans doute senti trop investi.



Quand on les lit, plus que tout, ces deux Murakami laissent un étrange sentiment à la fois de direct et de surplace que l'on ne ressent pas forcément ailleurs chez lui. Non seulement tout est parcouru de longs passages contemplatifs (l'arrivée au chalet ou le fait de marcher pour y parvenir, observer une fenêtre en face où des gens travaillent jusque tard dans la nuit dans La course, se promener dans l'Hotel du dauphin d'un étage à un autre, faire plusieurs fois le tour d'un pâté de maison dans Danse) mais surtout, il ne s'y passe parfois pas grand chose... Un peu comme dans la vraie vie justement. Or Murakami est un habitué de ces petits passages contemplatifs qu'ailleurs il arrive si bien à transformer en incroyables passages de ressentis (je pense à Kafka sur le rivage, Au sud de la frontière - à l'ouest du soleil ou au génial La fin des temps) mais ici, sans nous plonger dans une trame qu'il a déjà quasiment lancé depuis le début; l'impression donnée est que, littéralement, comme dans la vie, quelque chose semble s'écrire en même temps que nous lisons/vivons.



D'où au final, un sentiment persistant d'être partagé, mi-amusé, mi-déçu. Là où l'on se serait habitué à ce que Murakami nous prenne par la main et nous guide dans son univers, on a quelque chose où il semble rester dans l'ombre, comme enjoignant au narrateur (et donc nous-même) "d'avancer", sans autres indications. Et pour cela, comme d'autres livres du bonhomme, ces deux livres sont donc quand même des réussites. Car même un peu déçus, comment ne pas reconnaître une fois de plus le talent du bonhomme pour faire naître des moments rares, précieux et d'une grande poésie à plusieurs passages ?


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"Minou minou minou, dit le chauffeur au chat, en se gardant bien d'y porter la main. Comment s'appelle-t-il ?

_ Il n'a pas de nom.

_ Comment faites-vous alors pour l'appeler ?

_ On ne l'appelle pas, dis-je. Il est là, c'est tout.

_ Mais il ne reste pas tout le temps immobile. Il bouge, sous l'effet d'une volonté. Ça ne vous semble pas bizarre qu'un être qui agit de part sa volonté n'ait pas de nom ?

_ Les sardines aussi bougent selon leur volonté, et pourtant on ne leur donne pas de nom.

_ Oui, mais il n'y a aucun échange affectif entre une sardine et un être humain. D'ailleurs, une sardine ne comprendrait pas son nom. Cela dit, rien ne vous empêche de lui en donner un.

_ Si je vous comprends bien, pour qu'un animal puisse prétendre à un nom il faudrait qu'il se meuve de sa propre volonté, qu'il soit capable d'échanges affectifs avec les humains et, qui plus est, qu'il soit doté du sens de l'ouïe. N'est-ce pas ?

_ C'est cela, oui, dit le chauffeur qui opina à plusieurs reprises, l'air convaincu. Dites, ça vous dérangerait si je lui donnais un nom ?

_ Absolument pas. Comment l'appelleriez-vous ?

_ Que diriez-vous de "Sardine" ? Puisqu'au fond vous l'avez traité comme une sardine jusqu'à présent.

_ C'est pas mal, dis-je.

_ N'est-ce pas ? fit-il fièrement.

_ Qu'en dis-tu ? demandai-je à ma girlfriend (**).

_ Pas mal du tout, dit-elle. On croirait assister à la création du monde.

_ Et la Sardine fut ! dis-je.

_ Viens, Sardine", dit le chauffeur en prenant le chat dans ses bras. Pris de frayeur, le chat lui mordit le pouce, puis il péta."

(Extrait de La course au mouton sauvage, Editions du Seuil, collection Points, p.186)
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Jack Griffin
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Re: Haruki Murakami

Post by Jack Griffin »

Pas eu de chance avec cet auteur. J'avais débuté avec l'excellent Kafka sur le rivage pour continuer sur le un peu moins bon Chronique de l'oiseau à ressort. J'ai tenté de lire 1Q84 à sa sortie et ça m'est tombé des mains tant je trouvais cela mécanique et ennuyeux; l'univers de Murakami devenait indigeste pour moi. Faut que je retrouve l'envie de me replonger dans d'autres œuvres de l'auteur.
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Re: Haruki Murakami

Post by Anorya »

Essaye si tu le peux un jour La ballade de l'impossible, tu ne seras pas déçu. ;)
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Re: Haruki Murakami

Post by magobei »

Jack Griffin wrote:Pas eu de chance avec cet auteur. J'avais débuté avec l'excellent Kafka sur le rivage pour continuer sur le un peu moins bon Chronique de l'oiseau à ressort. J'ai tenté de lire 1Q84 à sa sortie et ça m'est tombé des mains tant je trouvais cela mécanique et ennuyeux; l'univers de Murakami devenait indigeste pour moi. Faut que je retrouve l'envie de me replonger dans d'autres œuvres de l'auteur.
Assez tenté par ce 1Q84 (et fan aussi de Kafka sur le rivage). Pas très encouragé du coup... :?
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
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Re: Haruki Murakami

Post by Mama Grande! »

Colorless Tsukuru Tazaki and His Years of Pilgrimage

clavier sans accents

Le dernier roman de Haruki Murakami a ete un best-seller instantane au Japon. Comme pour un tome de Harry Potter, certaines librairies ont ouvert leurs portes a minuit, et meme refait leur devanture pour l'occasion. Pourtant, les reactions sont mitigees si l'on en croit les commentaires Amazon.
Qu'en est-il en fait?

Si je me risque a faire un quatrieme de couverture:
Durant ses annees lycee a Nagoya, Tsukuru Tazaki avait un groupe d'amis (2 filles et 2 garcons). Ces cinq amis etaient unis par une amitie fusionnelle qu'il semblait impossible de briser. Pourtant, lors de ses 20 ans, alors qu'il est parti faire ses etudes a Tokyo, ses amis decident de couper les ponts avec lui, sans explication aucune. Cette experience le blesse profondement.
16 ans plus tard, alors que Tsukuru est devenu un ingenieur solitaire et apathique, il rencontre Sara, une femme de 2 ans son aine, qui l'incite a affronter son passe.


C'est du Murakami pur jus. Encore une fois, le heros est un homme solitaire, passif et indifferent, qui aime la lecture et la musique classique. Encore une fois, sa passivite ne l'empeche pas d'etre le tombeur de ces dames. Encore une fois, on saura tout de son activite sexuelle et hormonale. Encore une fois, on aura un personnage qui apres un evenement traumatisant est devenu une coquille vide et est "mort de l'interieur". Etc etc...
Pense a l'origine comme une nouvelle, l'histoire est devenue naturellement un roman, selon l'auteur. Pas forcement une bonne idee a mon avis, car c'est sur la longueur que Murakami est tente de reutiliser des vieilles recettes, qui auront du mal a surprendre le lecteur habitue de son oeuvre.

Mais si l'on oublie le cote deja-vu, nous devons bien reconnaitre qu'il n'a rien perdu de son savoir faire. Le suspense est maitrise comme dans un grand roman policier, et le roman se lit a une vitesse folle. L'utilisation integrale de la 3eme personne, pour une histoire simple, donne une certaine densite a l'ensemble, une force d'analyse qui fait de Tsukuru Tazaki un personnage consistent que l'on accompagne avec plaisir dans sa quete de ressurection. Murakami sait plonger dans l'ame de son heros. Tout comme il sait ecrire ces moments de melancolie douce amere qui captivent malgre tout.

Il s'agit donc d'un bon roman, mais l'absence de renouveau est genante. L'impression que Murakami ne fera jamais rien d'autre que d'appliquer les ficelles de ses precedents romans gene. Un Murakami plaisant certes, mais mineur, dont il ne faut pas trop attendre.
The Eye Of Doom
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Post by The Eye Of Doom »

bruce randylan wrote:Kafka sur le rivage
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Murakami est un dieu.
Ce livre fait parti de ces tous meilleurs et cette histoire qui glisse doucement vers le fantastique et le surréalisme ( avec quelques pointes perverses et angoissantes ) est un vrai régal.
Comme toujours chez l'auteur, l'écriture, est fluide, limpide, évidente et nous guide dans son univers étonnant ( un homme parle aux chats, il pleut des poissons, un adolescent est plongé dans une malédiction incestueuse, un personnage secondaire est hermaphrodite, une blibliothéquaire se dédouble avec son image adolescente... ) avec une facilité et une maitrise parfaite. On s'attache aux personnages et on tente de tisser et lier les différents élements qui finissent par s'associer.
A l'inverse de chroniques de l'oiseau à ressort, Murakami maitrise du début à la fin son récit qui conjuge envolée philosophique, récit d'initation, tragédie grecque, quête mystique et introsepectives.
J’avais lu 1Q84 a sa sortie et le gros roman m’avait laissé dubitatif. J’ai essayé de revenir a Murakami avec Kafka sur le rivage car il me semblait que c’etait un de ses textes les plus celebres.

Bon. Pas convaincu.
C’est bien ecrit. Ca se laisse lire. C’est imaginatif et intrigant. Et emouvant par moment.
Mais il y a des trucs qui me genent :
Tout d’abord le recours a un domaine « fantastique » qui ne semble qu’un prétexte pour appâter le lecteur.
En effet Marakami ne cherche pas a rationaliser ou meme simplement expliquer ou justifier ces saillies etranges . Du coup cela semble des scories superflues, sans raisons etre.
Le roman m’a fait souvent penser a Twin Peaks mais qui n’assumerait pas totalement ses partipris.
A du Stephen King aussi a son meilleur, me disant que finalement King aurait pu ecrire cette belle histoire mais en mieux.
Je passe sous spoiler pour rentrer dans les details.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Murakami utilise volontairement du fantastique, construit un recit fantastique mais on ne sait pas vraiment pourquoi car il ne resouds rien. Il n’en tire rien. On arrive a la fin et on a aucune réponse ou justification.
Qui a tuer le pere de Kafka? Pourquoi ? Celui ci semble etre l’incarnation du mal, en tout cas sous sa forme Johny Walker, mais cette incarnation ne sert aucun propos. On la retrouve a la fin dans un court chapitre, qui n’a aucun interet pour l’intrigue. A part etre une enieme reference a Oedipe (les yeux creves)
Est le meme personnage que le Colonel Sanders, hilarant, mais qui est lui une figure positive et protectrice ?
Pourquoi se donnait la peine de creer de tel personnages/creatures pour n’en faire que des deus ex machina d’un drame d’ado oedipien ?
Idem pour l’episode originel qui se passe pendant la guerre. De nombreuses pages sont consacrées a cet evenement donc on s’imagine qu’il est d’une facon ou d’une autre lié au drame de Kafka. Et bien, pas du tout, ca ne sert a rien a part amener le lecteur sur des fausses pistes et justifier, par la bande, l’existence du personnage de Nakata, de loin le personnage le plus interessant du roman.
On pense de suite a Dale Cooper, dans sa version initiale, provoquant par sa seule presence « pure » l’enchainement des evenements de la saison 1 et bien sur sa version « vide » dans la saison 3, ou il est comme Nakata un etre touché par la grace divine.
Le couple qu’il forme avec le routier Hoshino est pour moi le meilleur du roman.
Or quand Murakami ne sais plus quoi en faire, le personnage meurt, paf, dans son sommeil. Le romancier le jette comme un truc devenu superflu, pour revenir a son vrai sujet : les affres de cet insupportable ado Kafka.
La pauvre Melle Saeki, c’est pas mieux, je ne sais plus comment me sortir de l’intrigue que j’ai bati, alors je fais mourrir le second personnage interessant d’une crise cardiaque, sans raison.
Desinvolture incroyable. Facilités difficilement acceptables.
Marakami construit patiemment une intrigue riche (voire surchargee), qui est comme un chateau de cartes Mais quand il s’agit de poser les deux dernieres cartes a l’edifice, il préfère prendre une carte au millieu et nous la montrer en disant : c’est cette carte qui m’interesse, le reste, le chateau qui s'écroule je m’en fout. Et tant pis pour vous.
Autre exemple de truc nul, dont on se demande franchement ce que ca vient foutre ici: l’espece d’esctoplasme qui sort du corps de Nakata et que le routier fini par achever a coup de hachette. Qu’est ce que c’est que ce truc, mi alien, mi parasite murders???? Qu’est la relation avec le schmilblick ?
Et cette evocation pourtant reussie des limbes ou vivotent les morts en attendant la visite des vivants, sorte de Brigadoon de l’interzone. L’auteur n’en fait rien. Trois dialogue et je repars. Tout ca pour ca.
Et le pauvre Francois Truffaut, que vient’il faire dans ce truc.?
Trop de pistes ouvertes inutilement, trop d’allegories foireuses, trop de symboliques,..., finissent pas gacher ce qui aurait pu etre un tres beau roman d’amour entre cet ado perdu, accablé d’une prophétie oedipienne, et une mere de substitution, traumatisée par la mort de son amour de jeunesse.

Bref, j’ai trouvé ca raté.
J’ai tenté de lire quelles critiques, mais celles ci font l’eloge des elements les plus visibles et/ou les plus reussies du roman et font l’impasse sur tout les defauts.