Patrice Leconte

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jericho
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Re: Patrice Leconte

Post by Jericho »

Moi je viens de découvrir Les Bronzés 3, et je suis encore choqué de ce que je viens de voir...
Mais comment peut-on valider un film pareil sérieux ? :shock:
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Joe Wilson
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Re: Patrice Leconte

Post by Joe Wilson »

Ridicule

Découvert également hier soir....une des réussites de Patrice Leconte. L'évocation de la Cour comme un espace clos, où le verbe ne peut exprimer que cruauté ou amertume, est remarquablement cohérente tout au long du film. La mise en scène ne bascule jamais vers le grotesque et la caricature, ce qui permet au propos de conserver toute sa pertinence.
Ridicule dévoile alors une froideur proche d'un renoncement, une violence sèche signifiant la fin d'une époque, à l'image de l'épilogue et du carton final.
Et en effet, cette perception des dérives d'un univers social replié sur lui-même dépasse un contexte, même si Patrice Leconte ne cherche jamais à appuyer une démonstration. Il insiste cependant sur un douleur sourde qui devient le reflet d'une illusion, à travers l'horizon invisible de cet "esprit" que chacun cherche à approcher.
Une frustration majeure tout de même, je reste beaucoup moins convaincu par la superposition d'intrigues sentimentales plutôt utilitaires...Fanny Ardant et Judith Godrèche manquent de présence, et cet aspect fragilise trop souvent la rigueur de l'ensemble.
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Federico
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Re: Patrice Leconte

Post by Federico »

Leconte est un cinéaste très inégal mais avec Ridicule, il a fait du joli travail, bien aidé par des scénaristes et dialoguistes talentueux (et ça m'avait amusé de découvrir à sa sortie que j'avais souvent croisé l'un d'eux autrefois). Tous les comédiens sont au diapason de la petite musique acerbe avec un très grand numéro de Giraudeau. Je ne me lasse pas de sa désastreuse envolée dialectique sur l'existence/inexistence divine :lol: .
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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AtCloseRange
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Re: Patrice Leconte

Post by AtCloseRange »

Federico wrote:Je ne me lasse pas de sa désastreuse envolée dialectique sur l'existence/inexistence divine :lol: .
http://www.dailymotion.com/video/x5x1qo ... shortfilms
mannhunter
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Re:

Post by mannhunter »

Nestor Almendros wrote:MONSIEUR HIRE

Après avoir revu PANIQUE en mai dernier, l'occasion était trop belle de redécouvrir à son tour l'adaptation des "Fiançailles de Mr Hire" par Patrice Leconte. Découvert pendant l'adolescence, ce fut un petit choc à l'époque (j'en étais alors à mes balbutiments de cinéphile). Revu il y a quelques années j'avais été beaucoup moins emballé.

Cette nouvelle vision rehausse le niveau, sans toutefois atteindre des sommets.

En fait, je n'aurais pas dû attendre si longtemps pour voir MONSIEUR HIRE. Car ma mémoire est bien fragile et je n'ai déjà plus assez de souvenirs de l'adaptation de Duvivier. Je me souviens que le canevas était assez différent, mais sans plus. Dans les bonus, Leconte souligne que dans PANIQUE (ou dans le bouquin, je ne sais plus trop) il y a plus de police que d'amour, tandis que dans son film il y a plus d'amour que de police.
On garde dans les deux films le personnage reclus qui propose à la population (qui ne demande que ça) une image biaisée. Là où Duvivier enfonçait le clou de la bétise avec la masse populaire idiote et aveugle, Leconte ne montre rien, ou presque. Mis à part Alice, son petit ami, et le policier qui harcèle Hire, nous n'avons que très peu d'éléments extérieurs. C'est un scénario qui privilégie la relation du couple, ou du duo (au choix). J'ai été assez surpris de voir une certaine crudité dans quelques répliques ou des passages sensuels entre Bonnaire et Blanc. C'est l'enjeu du film qui a;motivé Leconte: la sensualité des rapports amoureux, le désir des rapports amoureux.
Face à Hire, Alice est un personnage ambigu, et riche. Sa double liaison m'a paru sincère, sa démarche profonde mais la fin du film transforme le récit en mélodrame. Je n'ai pas senti de réelle manipulation, juste une sorte de saut dans le vide (sans jeu de mot, par rapport au film) pour sauver son vrai amour. Encore une fois, l'histoire ajoute au drame de la vie de cet homme qui ne demandait qu'à être heureux. La distance apparente que pose l'ambiance joue peut-être, malgré l'intérêt des personnages, contre l'identification attendue par le spectateur. D'où peut-être mon léger bémol (qui n'enlève en rien toutes ses qualités au film).

Leconte adapte sa mise en scène à l'humeur et à la vie de son héros. Ambiance très retenue, calme, presque austère. Mais toujours une savante mise en images, très graphique, stylisée (beaucoup de travellings, comme souvent chez Leconte). Je me suis demandé pendant une bonne partie du film dans quelle époque nous nous trouvions. Le decorum suggère fortement les 40's/50's (le mobilier, le bowling, par exemple) mais quelque chose me titillait. Probablement l'aspect très propre du film, ainsi que sa lumière, qui en feraient presque quelque chose d'intemporel (le seul vrai anachronisme que j'ai relevé concerne les trains modernes de la SNCF). Il y a aussi un aspect presque fantastique avec ces lumières, ces couleurs décalées, et surtout une brume présente très souvent, et qui enveloppe l'histoire un peu comme dans un rêve.

Un exercice de style fort pertinent, audacieux pour son réalisateur qui, à l'époque, commençait à s'émanciper des comédies populaires qui l'avaient rendu célèbre.
Revu récemment et j'ai bien aimé ce film un peu glacé...Michel Blanc y est impressionnant.
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AtCloseRange
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Re: Re:

Post by AtCloseRange »

mannhunter wrote:
Nestor Almendros wrote:MONSIEUR HIRE

Après avoir revu PANIQUE en mai dernier, l'occasion était trop belle de redécouvrir à son tour l'adaptation des "Fiançailles de Mr Hire" par Patrice Leconte. Découvert pendant l'adolescence, ce fut un petit choc à l'époque (j'en étais alors à mes balbutiments de cinéphile). Revu il y a quelques années j'avais été beaucoup moins emballé.

Cette nouvelle vision rehausse le niveau, sans toutefois atteindre des sommets.

En fait, je n'aurais pas dû attendre si longtemps pour voir MONSIEUR HIRE. Car ma mémoire est bien fragile et je n'ai déjà plus assez de souvenirs de l'adaptation de Duvivier. Je me souviens que le canevas était assez différent, mais sans plus. Dans les bonus, Leconte souligne que dans PANIQUE (ou dans le bouquin, je ne sais plus trop) il y a plus de police que d'amour, tandis que dans son film il y a plus d'amour que de police.
On garde dans les deux films le personnage reclus qui propose à la population (qui ne demande que ça) une image biaisée. Là où Duvivier enfonçait le clou de la bétise avec la masse populaire idiote et aveugle, Leconte ne montre rien, ou presque. Mis à part Alice, son petit ami, et le policier qui harcèle Hire, nous n'avons que très peu d'éléments extérieurs. C'est un scénario qui privilégie la relation du couple, ou du duo (au choix). J'ai été assez surpris de voir une certaine crudité dans quelques répliques ou des passages sensuels entre Bonnaire et Blanc. C'est l'enjeu du film qui a;motivé Leconte: la sensualité des rapports amoureux, le désir des rapports amoureux.
Face à Hire, Alice est un personnage ambigu, et riche. Sa double liaison m'a paru sincère, sa démarche profonde mais la fin du film transforme le récit en mélodrame. Je n'ai pas senti de réelle manipulation, juste une sorte de saut dans le vide (sans jeu de mot, par rapport au film) pour sauver son vrai amour. Encore une fois, l'histoire ajoute au drame de la vie de cet homme qui ne demandait qu'à être heureux. La distance apparente que pose l'ambiance joue peut-être, malgré l'intérêt des personnages, contre l'identification attendue par le spectateur. D'où peut-être mon léger bémol (qui n'enlève en rien toutes ses qualités au film).

Leconte adapte sa mise en scène à l'humeur et à la vie de son héros. Ambiance très retenue, calme, presque austère. Mais toujours une savante mise en images, très graphique, stylisée (beaucoup de travellings, comme souvent chez Leconte). Je me suis demandé pendant une bonne partie du film dans quelle époque nous nous trouvions. Le decorum suggère fortement les 40's/50's (le mobilier, le bowling, par exemple) mais quelque chose me titillait. Probablement l'aspect très propre du film, ainsi que sa lumière, qui en feraient presque quelque chose d'intemporel (le seul vrai anachronisme que j'ai relevé concerne les trains modernes de la SNCF). Il y a aussi un aspect presque fantastique avec ces lumières, ces couleurs décalées, et surtout une brume présente très souvent, et qui enveloppe l'histoire un peu comme dans un rêve.

Un exercice de style fort pertinent, audacieux pour son réalisateur qui, à l'époque, commençait à s'émanciper des comédies populaires qui l'avaient rendu célèbre.
Revu récemment et j'ai bien aimé ce film un peu glacé...Michel Blanc y est impressionnant.
(Quasi) chef d'oeuvre. A noter une partition hypnotique une fois de plus de Michael Nyman.
Dire que c'est le même réalisateur qui a fait la Guerre des Miss ou Voir la Mer...
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Supfiction
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Une promesse (2014)

Post by Supfiction »

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Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, d’origine modeste, devient le secrétaire particulier d’un homme âgé, patron d’une usine de sidérurgie. L’état de santé du patron se dégrade et lui impose de rester à domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler. L’épouse du patron est une femme de trente ans, belle et réservée. Le jeune homme s’éprend d’elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huis-clos de la demeure, couve cette passion amoureuse, sans geste ni parole, tout en regards et en silences. Brusquement, le patron décide d’envoyer son protégé au Mexique, afin d’y superviser l’exploitation de mines de fer. L’annonce de ce départ provoque chez l’épouse une réaction désespérée. Le jeune homme réalise qu’il est aimé d’elle, lui aussi, en secret. Mais la présence du mari malade interdit à leur amour de s’accomplir ici et maintenant. L’épouse fait une promesse : au retour du jeune homme, dans deux ans, elle sera à lui.

Adaptation réussie de la nouvelle de Stefan Zweig "Le Voyage dans le passé" de 1929, le dernier Patrice Leconte est un petit bijou qui pallie le manque d'originalité du récit par la grande délicatesse du réalisateur, la beauté et la sensibilité de l'actrice Rebecca Hall, et la très belle musique de Gabriel Yared traduisant les sentiments intérieurs des personnages.

On est pas loin du Temps de l'innocence, de Brève rencontre, des Vestiges du jour ou même du Chéri de Colette.
Après la série Parade's End, Rebecca Hall semble faite pour les costumes et les mœurs du début du siècle dernier.
Alan Rickman toujours parfait et la jeune et prometteuse Shannon Tarbet ne sont pas en reste. Le personnage principal est incarné par Richard Madden (connu desormais pour être Robb Stark dans la série dont tout le monde parle, alias Game Of Thrones - Le Trône De Fer). Assez sobre, il évite les écueils de ce genre de rôle de jeune premier.

Le dénouement est particulièrement réussi, mais je n'en dirait pas plus..

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AtCloseRange
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Re: Patrice Leconte

Post by AtCloseRange »

Je suis en train de lire son bouquin d'entretien, J'Arrête le Cinéma. C'est très instructif, sans langue de bois et ça confirme la bonne image que je me fais de lui.
Dommage qu'il ait arrêté le cinéma depuis trop longtemps...
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Supfiction
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Re: Patrice Leconte

Post by Supfiction »

Si c'est comme cela qu'on "arrête le cinéma", il faut espérer que bien d'autres réalisateurs "arrêtent" également.

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Re: Patrice Leconte

Post by AtCloseRange »

Le meilleur film que j'ai vu de lui depuis "Ridicule" reste "Confidences Trop Intimes" et c'est juste correct alors espérer un rebond avec ce nième film, je n'y crois guère (il s'est bien fait dézinguer dans le dernier numéro du Cercle).
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Jeremy Fox
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Re: Patrice Leconte

Post by Jeremy Fox »

Ma femme s'appelle reviens - 1982

Quelle belle surprise que ce Patrice Leconte trop peu souvent cité et qui pourrait néanmoins s'avérer être un de ses meilleurs films. C'est la chronique sensible de deux solitudes, un médecin qui vient de se faire quitter par sa femme (Michel Blanc) et une photographe qui traverse une passe difficile entre boulimie et dépression (Anemone). Patrice Leconte trouve le dosage idéal entre drôlerie et amertume, mettant en scène une multitude de personnages attachants que ce soit au travers des premiers ou seconds rôles (Xavier Saint Macary, Catherine Gandois, Pascale Rocard...) On ne rit pas énormément mais lorsque ça arrive, c'est souvent hilarant (la séquence avec Patrick Bruel en boite de nuit ; la nuit au commissariat...) et à côté de ça on arrive assez souvent à être ému par ces solitaires à la recherche d'un peu de chaleur humaine. Nous sommes donc très loin de la grosse rigolade et ça fait vraiment du bien d'autant que je n'ai pas vu beaucoup de comédie françaises esthétiquement aussi chiadée : les cadrages en scope sont magnifiques ainsi que la photo de Robert Fraisse. Ajoutez à cela un sax chaleureux de William Sheller, une attention attentive portée aux détails (objets, décors...), un couple Michel Blanc/Anemone qui fonctionne à a merveille et vous tiendrez là l'une des meilleures comédies françaises des années 80. Dommage que depuis des années Patrice Leconte n'ait pas renoué avec cette veine ; il y a longtemps que son cinéma ne me parle plus.
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Commissaire Juve
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Re: Patrice Leconte

Post by Commissaire Juve »

Jeremy Fox wrote:Ma femme s'appelle reviens - 1982

Quelle belle surprise que ce Patrice Leconte trop peu souvent cité et qui pourrait néanmoins s'avérer être un de ses meilleurs films. C'est la chronique sensible de deux solitudes, un médecin qui vient de se faire quitter par sa femme (Michel Blanc) et une photographe qui traverse une passe difficile entre boulimie et dépression (Anemone). Patrice Leconte trouve le dosage idéal entre drôlerie et amertume, mettant en scène une multitude de personnages attachants que ce soit au travers des premiers ou seconds rôles (Xavier Saint Macary, Catherine Gandois, Pascale Rocard...) On ne rit pas énormément mais lorsque ça arrive, c'est souvent hilarant (la séquence avec Patrick Bruel en boite de nuit ; la nuit au commissariat...) et à côté de ça on arrive assez souvent à être ému par ces solitaires à la recherche d'un peu de chaleur humaine. Nous sommes donc très loin de la grosse rigolade et ça fait vraiment du bien d'autant que je n'ai pas vu beaucoup de comédie françaises aussi chiadée plastiquement parlant : les cadrages en scope sont magnifiques ainsi que la photo de Robert Fraisse. Ajoutez à ça un sax chaleureux de William Sheller, un couple Michel Blanc/Anemone qui fonctionne à a merveille et vous tiendrez là l'une des meilleures comédies françaises des années 80. Dommage que depuis des années Patrice Leconte n'ait pas renoué avec cette veine ; il y a longtemps que son cinéma ne me parle plus.
C'est un film sympa, c'est vrai.

L'année suivante, il a remis le couvert avec Michel Blanc dans Circulez, y a rien à voir... Je l'ai souvent entendu en parler avec embarras. Même si Michel Blanc renoue un peu avec son personnage de loser plus ou moins casse-couilles, perso, je le trouve très bien aussi.

EDIT : cela dit, les goûts et les couleurs... J'ai également beaucoup de tendresse pour La guerre des miss ; alors... :oops:
Last edited by Commissaire Juve on 24 Oct 14, 23:00, edited 1 time in total.
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
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Re: Patrice Leconte

Post by Jeremy Fox »

Commissaire Juve wrote: L'année suivante, il a remis le couvert avec Michel Blanc dans Circulez, y a rien à voir... Je l'ai souvent entendu en parler avec embarras. Perso, je le trouve très bien aussi.
Oui, assez bon souvenir aussi ; je le mets sur ma wishlist. D''ailleurs le DVD de Ma femme s'appelle reviens est vraiment très bon techniquement.
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Rick Blaine
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Re: Patrice Leconte

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:Ma femme s'appelle reviens - 1982

Quelle belle surprise que ce Patrice Leconte trop peu souvent cité et qui pourrait néanmoins s'avérer être un de ses meilleurs films. C'est la chronique sensible de deux solitudes, un médecin qui vient de se faire quitter par sa femme (Michel Blanc) et une photographe qui traverse une passe difficile entre boulimie et dépression (Anemone). Patrice Leconte trouve le dosage idéal entre drôlerie et amertume, mettant en scène une multitude de personnages attachants que ce soit au travers des premiers ou seconds rôles (Xavier Saint Macary, Catherine Gandois, Pascale Rocard...) On ne rit pas énormément mais lorsque ça arrive, c'est souvent hilarant (la séquence avec Patrick Bruel en boite de nuit ; la nuit au commissariat...) et à côté de ça on arrive assez souvent à être ému par ces solitaires à la recherche d'un peu de chaleur humaine. Nous sommes donc très loin de la grosse rigolade et ça fait vraiment du bien d'autant que je n'ai pas vu beaucoup de comédie françaises esthétiquement aussi chiadée : les cadrages en scope sont magnifiques ainsi que la photo de Robert Fraisse. Ajoutez à cela un sax chaleureux de William Sheller, une attention attentive portée aux détails (objets, décors...), un couple Michel Blanc/Anemone qui fonctionne à a merveille et vous tiendrez là l'une des meilleures comédies françaises des années 80. Dommage que depuis des années Patrice Leconte n'ait pas renoué avec cette veine ; il y a longtemps que son cinéma ne me parle plus.
:D
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Kevin95
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Re: Patrice Leconte

Post by Kevin95 »

Je souscris ! :D

J'ai personnellement plus d'affection pour le Leconte un poil mélancolique voir cafardeux (hello Monsieur Hire) que lorsqu'il se lance dans de la pure comédie (le diptyque des Bronzés ou Viens chez moi, j'habite chez une copine sont d'excellents films mais paraissent corsetés dans un scénario calibré pour le rire). J'ai souvenir de n'avoir pas énormément ri devant Ma femme s'appelle reviens mais au contraire d'avoir été ému par le destin de ces deux solitaires (et que dire du final magnifiquement pudique dans le restaurant vide de bord de mer).

Moins abouti mais aussi empreint d'une certaine mélancolie, je conseille dans le même esprit Le Quart d'heure américain de Philippe Galland.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)