Patrice Leconte

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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cinephage
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Post by cinephage »

J'ai découvert un de ses premiers court-métrages, une famille heureuse (on le trouve dans le dvd "Du court au longé vol.1, une série de dvds qui regroupent les courts de réalisateurs français).

L'ironie y est permanente, le ton décalé, et si la conclusion manque un peu de punch à mon gout, on trouve tout de même plein de bonnes choses, dans ce film qui dénonce un certain idéal familial (sans doute très attaqué dans les années 70).

Plusieurs moments m'ont carrément fait rire
Spoiler (cliquez pour afficher)
en particulier la réception du "catalogue", qui vend les merveilles de la société de consommation, et la révélation "Quel bonheur !! Mon mari est bricoleur !!", suivi de la réplique "Oui ! Je suis le roi des bricoleurs".
Une excellente surprise.
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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John Anderton
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Post by John Anderton »

Mes trois films préférés de Leconte (et chronologiquement, dans sa carrière, ils doivent se suivre à peu de choses près) :

LE MARI DE LA COIFFEUSE
LE PARFUM D'YVONNE
LES GRANDS DUCS

Le premier pour la beauté de l'histoire et la justesse des acteurs, le second pour son originalité et son atmosphère, le troisième pour son trio d'acteurs et son humour décapant.
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Tuck pendleton
Mogul
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Post by Tuck pendleton »

Je crois que je ne supporte plus le cinéma de Leconte...Et je me suis fais la reflexion en revoyant un bout de tandem la dernière fois, film d'une grande lourdeur (Rochefort y est vraiment pénible)...Les grands Ducs est catastrophique.
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Watkinssien
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Post by Watkinssien »

Tuck pendleton wrote:Je crois que je ne supporte plus le cinéma de Leconte...Et je me suis fais la reflexion en revoyant un bout de tandem la dernière fois, film d'une grande lourdeur (Rochefort y est vraiment pénible)...Les grands Ducs est catastrophique.
-1.
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Mother, I miss you :(
Frank T.J. Mackey
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Post by Frank T.J. Mackey »

Un artiste caméléon !!
de la comédie au drame, du drame au documentaire, du documentaire à la comédie en repassant par le drame !!

Artiste iconoclaste s'il en est, Patrick leconte s'impose vraiment dans le paysage audio et visuelle français !! à quasiment chacun de ses film il réalise une perle (a part les bronzé 3) j'avais adoré son doc sur le viet nam c'était... magnifique !! une epérience magistrale, pleine d'émotion !!

leconte est bon ciao l'artiste :wink:
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Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

TANGO (NT1)

C'est un film que je n'avais jamais vu (compris dans cette période pré-RIDICULE dont il me reste à découvrir LE PARFUM D'YVONNE, par exemple) et qui démarre plutôt bien. Avec un ton décalé, une certaine originalité, un mélange d'humour noir et de coquineries. Plaisant, mais cela s'essouffle assez vite, la faute à un scénario qui n'arrive pas à maintenir le rythme du début et qui peine à rester aussi imaginatif. Dommage, même si ça se laisse regarder.

Et puis quel casting. Je n'avais pas fait attention au générique mais il y a du beau monde qui passe, souvent en clin d'oeil (comme celui à TANDEM par l'aspect "road movie" et le choix de la voiture, forcément pas innocent).
andrino
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Post by andrino »

Je crois que Patrice Leconte est atteint du syndrome de Molière, qui toute sa vie voulut ecrire une tragedie, mais qui ne reussit que dans la comedie; je prefère de beaucoup le Leconte fantaisiste( les bronzes,circulez ya rien à voir.....)que le Leconte serieux( la veuve de st Pierre....);dans ce dernier genre, je n'ai aimé que MR HIRE,!....voilà, juste une opinoin!
Alligator
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Post by Alligator »

Monsieur Hire (Patrice Leconte, 1989) :
7.5/10

_______________

Personnage extrêmement intéressant que ce monsieur Hire et d'une complexité émouvante : du pain béni pour un acteur commme Michel Blanc.
La réalisation détone avec les précédentes de Patrice Leconte, elle est beaucoup plus léchée, fine, parfois belle, certains plans sont délicieux.
Je reste abasourdi, comme souvent, après avoir vu un film tiré d'un roman de Simenon, ce belge m'impressionne toujours autant, par son incroyable talent imaginatif, ses personnages profonds, originaux et puissants.

J'adore particulièrement ce plan :
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Alligator
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Post by Alligator »

Ma femme s'appelle reviens (Patrice Leconte, 1982) :
7/10
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Ya une scène qui ressemble étrangement à la scène de gêne réciproque après que les deux amis eurent partagé leurs fluides dans Quand Harry rencontre Sally. La ressemblance s'arrête là, le reste est gentil. Les interprètes principaux sont excellents. Et quelques cadrages se permettent le luxe d'être joliment tournés. Les dialogues signés Michel Blanc percutent. Un bien agréable petit film, modeste mais bien foutu.
Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

MONSIEUR HIRE

Après avoir revu PANIQUE en mai dernier, l'occasion était trop belle de redécouvrir à son tour l'adaptation des "Fiançailles de Mr Hire" par Patrice Leconte. Découvert pendant l'adolescence, ce fut un petit choc à l'époque (j'en étais alors à mes balbutiments de cinéphile). Revu il y a quelques années j'avais été beaucoup moins emballé.

Cette nouvelle vision rehausse le niveau, sans toutefois atteindre des sommets.

En fait, je n'aurais pas dû attendre si longtemps pour voir MONSIEUR HIRE. Car ma mémoire est bien fragile et je n'ai déjà plus assez de souvenirs de l'adaptation de Duvivier. Je me souviens que le canevas était assez différent, mais sans plus. Dans les bonus, Leconte souligne que dans PANIQUE (ou dans le bouquin, je ne sais plus trop) il y a plus de police que d'amour, tandis que dans son film il y a plus d'amour que de police.
On garde dans les deux films le personnage reclus qui propose à la population (qui ne demande que ça) une image biaisée. Là où Duvivier enfonçait le clou de la bétise avec la masse populaire idiote et aveugle, Leconte ne montre rien, ou presque. Mis à part Alice, son petit ami, et le policier qui harcèle Hire, nous n'avons que très peu d'éléments extérieurs. C'est un scénario qui privilégie la relation du couple, ou du duo (au choix). J'ai été assez surpris de voir une certaine crudité dans quelques répliques ou des passages sensuels entre Bonnaire et Blanc. C'est l'enjeu du film qui a;motivé Leconte: la sensualité des rapports amoureux, le désir des rapports amoureux.
Face à Hire, Alice est un personnage ambigu, et riche. Sa double liaison m'a paru sincère, sa démarche profonde mais la fin du film transforme le récit en mélodrame. Je n'ai pas senti de réelle manipulation, juste une sorte de saut dans le vide (sans jeu de mot, par rapport au film) pour sauver son vrai amour. Encore une fois, l'histoire ajoute au drame de la vie de cet homme qui ne demandait qu'à être heureux. La distance apparente que pose l'ambiance joue peut-être, malgré l'intérêt des personnages, contre l'identification attendue par le spectateur. D'où peut-être mon léger bémol (qui n'enlève en rien toutes ses qualités au film).

Leconte adapte sa mise en scène à l'humeur et à la vie de son héros. Ambiance très retenue, calme, presque austère. Mais toujours une savante mise en images, très graphique, stylisée (beaucoup de travellings, comme souvent chez Leconte). Je me suis demandé pendant une bonne partie du film dans quelle époque nous nous trouvions. Le decorum suggère fortement les 40's/50's (le mobilier, le bowling, par exemple) mais quelque chose me titillait. Probablement l'aspect très propre du film, ainsi que sa lumière, qui en feraient presque quelque chose d'intemporel (le seul vrai anachronisme que j'ai relevé concerne les trains modernes de la SNCF). Il y a aussi un aspect presque fantastique avec ces lumières, ces couleurs décalées, et surtout une brume présente très souvent, et qui enveloppe l'histoire un peu comme dans un rêve.

Un exercice de style fort pertinent, audacieux pour son réalisateur qui, à l'époque, commençait à s'émanciper des comédies populaires qui l'avaient rendu célèbre.
mannhunter
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Post by mannhunter »

Bons souvenirs :) :

"Tandem"
"la fille sur le pont"
"Monsieur Hire"
"les spécialistes"

Mouais :? :

"les bronzés font du ski"
"1 chance sur 2"
mannhunter
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Re:

Post by mannhunter »

mannhunter wrote:Bons souvenirs :) :

"Tandem"
"la fille sur le pont"
"Monsieur Hire"
"les spécialistes"

Mouais :? :

"les bronzés font du ski"
"1 chance sur 2"
et j'ajoute:

j'aime bien :) :

"ma femme s'appelle reviens"
Alligator
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Re: Patrice Leconte

Post by Alligator »

Tandem (Patrice Leconte, 1987) :

http://alligatographe.blogspot.com/2009/09/tandem.html
_______________

Très joli road-movie, noir et drôle à la fois. Il y a de la comédie italienne là-dedans... du fanfaron.

Le film accompagne deux êtres dépendants l'un de l'autre et de leur travail. Ils font la route pour oublier le vide de leurs petites existences. Ne jamais s'arrêter, surtout pas. Et si Jugnot livre une bonne interprétation, sans moustache ni trompette d'ailleurs mais avec une moumoute pour faire oublier l'image de franchouillard moyen qui lui collait au derme depuis un certain nombre d'années, splendides, c'est bien entendu dans l'étendue du talent de Jean Rochefort que se situe l'attrait principal du film. La très large gamme d'émotions que le bougre d'animal parvient à étaler devant nos yeux ébaubis et pour le plus grand plaisir de ceux qui aiment les acteurs démontre à qui ne lui reconnaitrait pas ces capacités hors du commun qu'il est d'une justesse sans faille, avec la sensibilité mêlée de malice qui touche au but, avec la fantaisie et un physique à nuls autres pareils qui lui permettent des éclats magnifiques alors que chez d'autres ils paraitraient du plus grotesque ridicule. Acteur sur le fil du rasoir, Rochefort trouve là un rôle à sa démesure, tout en nuances déroutantes, extraverti enfouissant au plus profond ses troubles et lourdes angoisses, tari d'amour, désespéré, glauque, comme figé dans le temps qui passe pourtant, inexorable, et dans une solitude à peine apaisée par la présence de son Sancho Panza. Je parierais que Terry Gilliam a vu ce film de Leconte. Rochefort vitupère, bouleverse, explose et subit. C'est une performance admirable.

Leconte a sû ici avec courage s'effacer pour donner volontairement une image assez terne à sa mise en scène, sans tapage, très sobre mais néanmoins assez fine et qui surtout colle à la perfection à l'histoire dépressive. La photographie de Denis Lenoir est volontiers sombre, dans les verts-de-gris. Les paysages déserts, humides et froids évoquent le nez qui goutte et les paupières qui tombent de fatigue, pour des personnages tristes qui ne veulent pas se l'avouer sous peine d'en mourir.

Très joli film qui réussit à mêler mélancolie et sourires. En dépit d'un sujet proche du grand gouffre "Pathos", le film ne tombe jamais grâce entre autres à la furieuse créativité et l'exubérance jouissive de Jean Rochefort et un scénario noir, aigre, mais toujours avec un clin d'oeil rieur, une maligne propension à se moquer avec affection des situations dans lesquelles la ringardise des personnages atteint quelques sommets hors-catégorie. A ce sujet, quelques points communs avec "Les grands ducs" se font jour.
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Boubakar
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Re: Patrice Leconte

Post by Boubakar »

1 - Les Bronzés font du ski
2 - Viens chez moi, j'habite chez une copine
3 - Les grands ducs
4 Les Bronzés
5 - Le Parfum d'Yvonne
6 - Les vécés étaient fermés de l'intérieur
7 - Ma femme s'appelle reviens
8 - Le Mari de la coiffeuse
9 - Mon meilleur ami
10 - La Veuve de Saint-Pierre
11 - Les Spécialistes
12 - Les Bronzés 3 - Amis pour la vie
Nestor Almendros
Déçu
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Re: Patrice Leconte

Post by Nestor Almendros »

LA GUERRE DES MISS

Il était temps que Leconte prenne des vacances. Ce dernier film de fiction (pour l'instant) est indigne du talent du bonhomme et justifie largement l'arrêt (momentané?) de sa carrière cinématographique. Cette GUERRE DES MISS ressemble fort à une commande tant l'ensemble manque d'ambition et apparait comme un prime time du pauvre. Le scénario est digne d'un téléfilm, maintenant ses enjeux et ses personnages dans la caricature et n'ayant à proposer que des coups de théâtre prévisibles (notamment la Ugly Betty gothique :roll: ). La mise en scène est insignifiante et multiplie des tics rapidement indigestes (les zooms furtifs). Patrice Leconte est visiblement en pilotage automatique et il n'y a vraiment que Poelvoorde qui y met un peu du sien. Mais quand l'ensemble piétine...
"Un film n'est pas une envie de faire pipi" (Cinéphage, août 2021)