Starman (John Carpenter - 1984)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Nimrod
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Nimrod »

ingoruptibles wrote:La lecture des posts élogieux ci-dessus me donne vraiment envie de mater ce film sous peu !
Mhhh... alors attend : je n'aime pas du tout.
Voilà. :mrgreen:

(en plus c'est vrai. Je sais, c'est pas super argumenté. Mais j'ai des courses à faire).
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odelay
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by odelay »

Nimrod wrote:
ingoruptibles wrote:La lecture des posts élogieux ci-dessus me donne vraiment envie de mater ce film sous peu !
Mhhh... alors attend : je n'aime pas du tout.
Voilà. :mrgreen:

(en plus c'est vrai. Je sais, c'est pas super argumenté. Mais j'ai des courses à faire).
Je ne suis pas fan non plus (sans aller jusqu'à dire que je n'aime pas du tout).
Ce n'est pas plus argumenté et je n'ai pas de courses à faire, mais c'est comme ça.


PS : par contre j'aime bcp la chanson de David Bowie. Ca n'a absolument aucun rapport je sais, mais comme elle a le même nom...
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Demi-Lune
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Demi-Lune »

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tuck pendleton wrote:La délicatesse dont le metteur en scène fait preuve à travers le jeu très juste des deux acteurs principaux définit en grande partie la réussite du film. Jeff Bridges dans un rôle très casse gueule (c'est au départ Tom Cruise qui avait été envisagé) arrive miraculeusement à s'en sortir épaulé merveilleusement par une Karen Allen très touchante. La narration très fluide baigne constamment le film dans une sorte d'intemporalité qui ne joue que très peu sur l'urgence, Carpenter préférant capter les paysages du grand ouest américain et l'atmosphère de certains lieux traversé (Las vegas, les restau routiers ...). C'est une sensation de plénitude qui ressort du film jusqu'à ce final spectaculaire qui conclut le film de façon quasi-intime et le dernier plan est encore une fois très émouvant.
Je ne l'aurais mieux dit, aussi me permets-je de citer ce paragraphe qui résume fort bien le cœur du film et qui en est à mes yeux, par conséquent, sa principale réussite. Starman n'est certainement pas le meilleur film de John Carpenter, ni sans doute un incontournable dans sa filmographie, mais sa tonalité apaisée et romantique, appuyée par une narration remarquablement fluide et aérienne comme le soulignait tuck pendleton, confère au produit une plénitude où la délicatesse rivalise avec une poésie que l'on n'espérait pas voir chez un cinéaste dont la filmographie laisse en général peu de place à l'optimisme et au sentiment amoureux. Carpenter s'expliquera de ce choix artistique en arguant qu'après l'échec financier de The Thing, il fallait qu'il démontre aux studios qu'il était toujours dans le coup et qu'il pouvait changer de registre. Au vu du résultat, très attachant, on en redemanderait presque, de ce Carpenter-là. Problème (et non des moindres) : bien que bâtis plus ou moins simultanément, les scénarios d'E.T. et Starman partagent de nombreux points communs et la sortie précoce du Spielberg (couplé au fait qu'il bénéficie d'une popularité ô combien méritée supplantant largement celle du Carpenter) fait pas mal de tort au film de Big John dans la mesure où il est souvent difficile, durant le film, de ne pas établir des passerelles entre les deux, de ne pas voir des similitudes aussi bien formelles que narratives (dommageables car nuisant pas mal à la surprise : l'intrigue est très prévisible). Bien que le scénario surfe sans se cacher sur les acquis de Rencontres du 3e type et E.T., au point de récapituler des passages qui semblent presque être dorénavant obligés (l'extraterrestre qui arrive dans la vie d'un être esseulé, l'extraterrestre qui s'attendrit devant un classique naphta, l'extraterrestre qui a le pouvoir de faire revivre des organismes...), Carpenter réussit quand même le prodige de conquérir le spectateur et de l'émouvoir en dosant habilement la charge émotive sous-tendue par cette histoire fantastique. La réussite du film tient alors en grande partie sur les épaules du couple Jeff Bridges / Karen Allen, auquel on s'attache progressivement à l'aide de dialogues sensibles sans verser dans la mièvrerie, et d'une mise en scène éthérée de Carpenter. A la manière d'un Capra (ou d'un Spielberg), il fait preuve de beaucoup d'humanisme tandis qu'au gré de son fil rouge, il fabrique un road-movie intimiste, naviguant dans une mélancolie parfois contemplative, comme lorsqu'il s'arrête quelques instants pour capter, comme le disait si bien tuck, l'ambiance de restos routiers. Le beau final s'achève sur un plan fort qui trotte en mémoire, venant rappeler que cette histoire de SF était avant tout celle d'une femme brisée par la vie. Une réussite, certes relativement balisée, mais émouvante, subtile et atypique dans le parcours de son réalisateur.
Cortez The Killer
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Cortez The Killer »

Content que tu aies apprécié car généralement on fait (trop)souvent l'impasse sur ce film qui montre à quel point Big John est un génie dans tous les registres qu'il aborde.
Je rajouterais juste que la séquence finale est à mon égard, l'une des plus belles si ce n'est la plus belle, jamais filmée dans toute la carrière du cinéaste! Le score de Jack Nitzsche est l'exemple même de la bande son en parfaite adéquation avec les images, il en résulte un instant magique qui reste en mémoire à jamais!
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Demi-Lune
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Demi-Lune »

Cortez The Killer wrote:Je rajouterais juste que la séquence finale est à mon égard, l'une des plus belles si ce n'est la plus belle, jamais filmée dans toute la carrière du cinéaste! Le score de Jack Nitzsche est l'exemple même de la bande son en parfaite adéquation avec les images, il en résulte un instant magique qui reste en mémoire à jamais!
Ben justement, la musique ne m'a convaincu qu'à moitié. Nitzsche se la joue synthés façon Carpenter, en mode planant et délicat, mais il nous sort un thème un peu pompier lors des scènes aux envolées poétiques. Une orchestration symphonique aurait peut-être été plus judicieuse.
Jericho
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Jericho »

Cortez The Killer wrote:Je rajouterais juste que la séquence finale est à mon égard, l'une des plus belles si ce n'est la plus belle, jamais filmée dans toute la carrière du cinéaste! Le score de Jack Nitzsche est l'exemple même de la bande son en parfaite adéquation avec les images, il en résulte un instant magique qui reste en mémoire à jamais!
Je confirme, j'ai failli chialer. L'une des plus belles fins du cinéma tout court pour ma part. Et pourtant ce n'est pas un film que j'adore au point d'en être fana et de le considérer comme une oeuvre importante au sein de la filmo de Carpenter.
C'est surtout la fin qui m'a mis sur le cul, la mise en scène (caméra subjective montant peu à peu observant le visage de l'actrice principale), la musique et le contexte, font que c'est irrésistible.
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Demi-Lune
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Demi-Lune »

Une belle fin, très émouvante en effet (comme je l'ai dit, j'ai été très sensible au plan final, travelling s'élevant sur le visage de Karen Allen), mais pourtant très similaire à celle de
Spoiler (cliquez pour afficher)
Rencontres du 3e type ou plus encore E.T.
L'émotion fonctionne donc grâce aux talents des acteurs et du réalisateur (la photo est plus que jamais superbe sur cette séquence) mais la scène en elle-même ne peut se prévaloir d'une grande originalité, à mon humble avis.
Cortez The Killer
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Cortez The Killer »

Demi-Lune wrote:
Cortez The Killer wrote:Je rajouterais juste que la séquence finale est à mon égard, l'une des plus belles si ce n'est la plus belle, jamais filmée dans toute la carrière du cinéaste! Le score de Jack Nitzsche est l'exemple même de la bande son en parfaite adéquation avec les images, il en résulte un instant magique qui reste en mémoire à jamais!
Ben justement, la musique ne m'a convaincu qu'à moitié. Nitzsche se la joue synthés façon Carpenter, en mode planant et délicat, mais il nous sort un thème un peu pompier lors des scènes aux envolées poétiques. Une orchestration symphonique aurait peut-être été plus judicieuse.
Je ne serais pas très objectif sur ce point-là, Nitzsche étant un compositeur que j'estime énormément mais je comprends ce que tu veux dire, cependant, je trouve que Carpenter a bien fait de s'associer avec car dans un sens, ils prennent à contre-pied tout ce qui se faisait à l'époque notamment Williams sur E.T c'est-à-dire en allant vers quelque chose de plus primaire, plus atypique. Après, je conçois parfaitement qu'on puisse trouver ça pompant et redondant mais cela aura au moins le mérite d'aller jusqu'au bout de son concept.
Jericho
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Jericho »

Demi-Lune wrote:Une belle fin, très émouvante en effet (comme je l'ai dit, j'ai été très sensible au plan final, travelling s'élevant sur le visage de Karen Allen), mais pourtant très similaire à celle de
Spoiler (cliquez pour afficher)
Rencontres du 3e type ou plus encore E.T.
L'émotion fonctionne donc grâce aux talents des acteurs et du réalisateur (la photo est plus que jamais superbe sur cette séquence) mais la scène en elle-même ne peut se prévaloir d'une grande originalité, à mon humble avis.
Oui de suite on pense aux deux films que t'as cité.
D'accord pour dire que ce n'est pas original. Ce qui m'a surtout enthousiasmé, c'est la manière dont c'est emballé.
C'est tout simple mais ça marche à fond, et c'est là que réside le véritable talent: la jouer simple et sobre sans tomber dans la mièvrerie la plus insupportable.



:cry:
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mannhunter
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by mannhunter »

Jericho wrote:
Cortez The Killer wrote:Je rajouterais juste que la séquence finale est à mon égard, l'une des plus belles si ce n'est la plus belle, jamais filmée dans toute la carrière du cinéaste! Le score de Jack Nitzsche est l'exemple même de la bande son en parfaite adéquation avec les images, il en résulte un instant magique qui reste en mémoire à jamais!
Je confirme, j'ai failli chialer. L'une des plus belles fins du cinéma tout court pour ma part. Et pourtant ce n'est pas un film que j'adore au point d'en être fana et de le considérer comme une oeuvre importante au sein de la filmo de Carpenter.
C'est surtout la fin qui m'a mis sur le cul, la mise en scène (caméra subjective montant peu à peu observant le visage de l'actrice principale), la musique et le contexte, font que c'est irrésistible.
outre l'efficacité des acteurs,de la mise en scène,de la musique et de la photo c'est aussi émouvant pour le contexte de la scène en elle-même,contexte assez différent à mon sens des deux films de Spielberg cités
Spoiler (cliquez pour afficher)
"Starman" joue sur l'opposition entre le passé et le présent,le fait que l'extraterrestre "soit" le mari décédé de Jenny Hayden,avec les situations compliquées et troublantes que cela amène et là à la fin la jeune femme perd son mari une deuxième fois :(
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Père Jules
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Re: Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Père Jules »

Vu hier soir et beaucoup aimé ce film de "SF intimiste". Sans connaître à fond l'ensemble de l'oeuvre de Carpenter, il me semble qu'on est là dans l'un (son) de ses films les plus humains. Il faut dire que la première scène de Karen Allen (celle du film qu'elle se projète seule avec un verre de vin) plante d'emblée le décor. Ce sera un beau film. Et ça l'est. Le "personnage" campé par Jeff Bridges est particulièrement bien écrit. Sans verser dans la sensiblerie ni la "mièvrerie" pour reprendre l'expression de Demi-Lune, cet "alien" venu sur Terre étudier les humains, cette race si spéciale, n'a pas d'intentions violentes ou revendicatrices. En cela, Carpenter est dans la droite ligne d'un Wise et de son Jour où la Terre s'arrêta. De nombreuses scènes tout à fait remarquables parsème cette belle (bien que sous-estimée) réussite: la séquence finale bien sûr mais aussi (et surtout) la résurrection du chevreuil, véritable moment de grâce.

J'étais très content en allant me coucher et la nuit n'a pas altérer tout le bien que je pense de Starman. :)
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Re: Starman (John Carpenter - 1984)

Post by riqueuniee »

Contente que tu aies aimé ce très beau film de "SF intimiste".
Plus qu'au Wise, j'ai pensé aux deux films de Spielberg (E.T. et "Rencontres"...). Le Starman du titre ne vient pas avertir les humains ou délivrer un quelconque message. C'est juste un visiteur désireux d'entrer en contact avec les humains. (ici, pour répondre à l'"invitation" de la sonde lancée quelques années plus tôt).
A noter que le film engendra une série (même titre).
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Père Jules
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Re: Starman (John Carpenter - 1984)

Post by Père Jules »

J'aurais dû préciser que ce n'est juste le personnage de Jeff Bridges qui est excellemment écrit. L'ensemble du film est scénarisé avec une grande justesse. Si j'évoquais Wise c'était comme point de départ d'une tradition où c'est bien souvent l'être humain qui est à blâmer. Carpenter traite ce thème tout à fait comme il faut: avec cette navette de "salutations" et le son des Stones... pour au final une réception pour le moins musclée. L'individu est privilégié au groupe. Il ne sont finalement que deux à comprendre cet être venu d'ailleurs. C'est triste.
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Re: Starman (John Carpenter - 1984)

Post by riqueuniee »

Effectivement. Mais dans E.T., les humains (du moins les adultes) ne sont guère compréhensifs non plus. Là aussi, c'est juste un point de départ. Le film de Spielberg est un conte pour enfants (ce n'est pas un reproche), celui de Carpenter un drame intimiste, au-delà de l'aspect SF.
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Père Jules
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Re: Starman (John Carpenter - 1984)

Post by Père Jules »

riqueuniee wrote:Effectivement. Mais dans E.T., les humains (du moins les adultes) ne sont guère compréhensifs non plus. Là aussi, c'est juste un point de départ. Le film de Spielberg est un conte pour enfants (ce n'est pas un reproche), celui de Carpenter un drame intimiste, au-delà de l'aspect SF.
Je n'ai pas revu E.T. depuis mes onze ou douze ans, je serais bien en peine d'argumenter dessus :)
Quoiqu'il en soit, on est loin de The Thing. Le travail d'un Spielberg a donc eu, quasi nécessairement, une incidence sur celui de Carpenter (du moins pour ce film).