Starman (John Carpenter - 1984)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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akira64

Starman (John Carpenter - 1984)

Post by akira64 »

Starman de John Carpenter : Il convient de rappeler la situation de Carpenter a ce moment la tellement elle est frappante en voyant le film. Apres s'etre donc ramassé avec The Thing tant au niveau commercial que critique (au profit d'un certain ET), il livre Christine sa (enfin vu qu'il devait deja realiste Firestarter alias Charlie)collaboration avec le King qui il faut bien l'avouer n'est pas grandiose...
Bref, etant passé au terme d'un film de realisateur prometteur a rejete des producteurs, il decide donc de livrer l'anti these de The Thing et de montrer que lui aussi bien que ses comperes peut faire preuve de d'espoir, de beaute,...
Bien entendu, il rompt donc avec la noirseur de ces films anterieurs et parviens pourtant a bien se debrouiller. Ainsi dans la traditionnelle partie comique de la decouverte et l'integration dans la societe, il arrive a surprendre (le coup du feu orange, ...) et ne fais pas preuve de lourdeur en cherchant le gag a tout prix, au contraire il commence deja a depeindre un Jeff Bridges emouvant, comprenant que c'est de la que passera la reussite. Et en cela c'en est une, Jeff Bridges est vraiment touchant, son attitude et son innocence est vraiment parfaitement interprete ce qui est sans doute la plus grosse reussite du film! Le film est egalement composé de scenes que j'ai trouvé tres belles (la scene de la tele, la resurection du chevreuil,...) et si le scenario n'est clairement pas tres original, il en reste logique (comme la plupart des reactions de Jenny).
Reste donc la scene finale, qui souffre quand meme de ses effets qui aujourd'hui passent vraiment assez mal (quoique certains s'en suffisent encore cf Mission to mars), mais la partie adieu entre Jeff Bridges et Karen Allen sous la neige et sur fond rouge est vraiment superbe, j'ai trouvé ca vraiment emouvant :oops:
Ca en reste donc comme une belle reussite de Carpenter malgre que ce soit un film mineur a mes yeux de sa filmo, ce sera d'autant mieux qu'il sera bien acceuilli par la critique et permettra donc a Carpenter de se remettre en confiance juste le temps de signer son hommage a Zu de Tsui Hark Little Trouble in Big China qui en terme d'echec s'avera plutot monumental! Et cette fois Carpenter ne repondra pas de la meme facon ne cherchant meme plus la renommé avec son tres noir Prince of Darkness! C'est pour ca qu'on l'aime Carpenter! :wink:
7,5/10
Tuck pendleton
Mogul
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Starman (John Carpenter, 1984)

Post by Tuck pendleton »

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Starman naît de la volonté des studios de surfer sur la vague des gentils extraterrestre initié par le succes public du E.T de Spielberg au début des années 80 et de l'envie de Carpenter de réaliser un road movie romantique dans la veine de New york Miami de Frank Capra. C'est donc en 1984 que Michael Douglas interesse Big John avec un projet longtemps mis à l'écart offrant une occasion pour le cinéaste, qui n'a jusqu'alors signé que des films d'épouvante ou très sombre, de travailler dans un autre registre. A savoir une histoire d'extra-terrestre échoué sur terre qui viendra bouleverser la vie d'une veuve (Karen Allen) en prenant l'apparence de son mari défunt (Jeff Bridges). Carpenter se met donc au défi de réaliser un film optimiste porté par un discours humaniste où règne les sentiments.

A ma connaissance, Starman est un des tout premiers film à traiter du sujet d'une intelligence extraterrestre venant résoudre le trauma d'un humain. Ce thème sera repris a plusieurs reprise à la fin des années 90 avec des films comme Contact, Ai (ce ne sont pas des ET mais le propos est similaire), Mission to mars ou Solaris. Il est donc ici question de confronter un personnage avec la représentation de l'être aimé et de le questionner sur les sentiments qu'il peut avoir à son égard. Carpenter introduit véritablement son film par cette thématique en présentant le personnage de Karen Allen se repassant inlasablement les instants de bonheur vécu avec son mari imprimé sur pellicule. C'est grâce à ses souvenirs et à l'Adn d'une mèche de cheveu que l'extraterrestre , auparavant présenté sous la forme d'une boule luminescente, se clonera rapidement pour prendre l'apparence du mari. A noter ici la croissance hyper accéléré du personnage de Jeff bridge assez saisissante et pouvant faire penser à une version adoucie des transformations hideuses de the Thing. Si carpenter délaisse dans Starman, un peu de sa noirceur caractéristique il profite du genre du road movie pour donner sa vision de l'humanité. L'E.T, mémorisant les comportements et les sentiments, est le
personnage qui donnera un point de vue neutre sur l'espece humaine et qui apportera un discours lucide tout en s'inscrivant dans une réalité qui empêche le mal absolue de s'incarner à l'inverse d'autres films du réal.

D'ailleurs ici le regard reste nuancé et Jeff Bridges représente moins le bien qu'un certain reflet de l'humanité. A travers les péripéties du couple en fuite, Carpenter présente également les marginaux et la jeunesse comme une source d'espoir témoignant d'une richesse humaine en opposition à l'uniformisation et la rigidité des membres de l'armée ou de la police et c'est avec l'aide du premier groupe que les personnages arriveront à s'en sortir. L'avant dernière séquence du film se passera d'ailleurs dans un restaurant à l'allure d'un tippie construit sur l'indian country. Le scientifique spécialiste des manifestations exraterrestre , incarné par Charles Martin Smith, le binoclard des incorruptibles, sera lui aussi présenté en opposition par rapport aux forces militaires et gouvernemental. Le cigare qu'il allumera fièrement au nez du conseiller du président à la fin fait encore écho à d'autres personnage carpenterien.

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L'enfant que donnera Bridges à Allen peut objectivement laisser perplexe mais il participe à l'entreprise du film de laisser un message optimiste et un parallèle audacieux peut se faire avec l'idée du surhomme que Kubrick montrera dans 2001.

La délicatesse dont le metteur en scène fait preuve à travers le jeu très juste des deux acteurs principaux définit en grande partie la réussite du film. Jeff Bridges dans un rôle très casse gueule (c'est au départ Tom Cruise qui avait été envisagé) arrive miraculeusement à s'en sortir épaulé merveilleusement par une Karen Allen très touchante. La narration très fluide baigne constamment le film dans une sorte d'intemporalité qui ne joue que très peu sur l'urgence, Carpenter préférant capter les paysages du grand ouest américain et l'atmosphère de certains lieux traversé (Las vegas, les restau routiers ...). C'est une sensation de plénitude qui ressort du film jusqu'à ce final spectaculaire qui conclut le film de façon quasi-intime et le dernier plan est encore une fois très émouvant.

5/6

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Jordan White
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Post by Jordan White »

Un des rares films ratés de John Carpenter. J'ai décroché au bout d'une heure.
Le projet est courageux, mais je ne sais pas où le réalisateur veut en venir et le film a pris une claque sur le plan visuel.
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mannhunter
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Post by mannhunter »

tout pareil que Tuck,j'aime beaucoup ce film,l'un de mes préférés de Carpenter,mais qui reste un peu mésestimé dans sa filmo (car trop "gentil" et sentimental?) :wink:
Susie Derkins
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Post by Susie Derkins »

Voui voui voui, en fan de Carpenter "gentille et sentimentale", j'ai beaucoup aimé !
Certes, ce n'est pas Vampires, mais justement, je trouve qu'il a fort bien réussi ce changement d'univers.
Certes c'est tout plein de bons sentiments, mais ce n'est pas un cynique, non plus, le bonhomme, et c'est tant mieux.
Tuck pendleton
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Post by Tuck pendleton »

Un des rares films ratés de John Carpenter. J'ai décroché au bout d'une heure.
Le projet est courageux, mais je ne sais pas où le réalisateur veut en venir et le film a pris une claque sur le plan visuel.
:shock: Le film est surprenant dans la filmo du cinéaste mais le trouver raté me semble assez excessif. Qu'est ce qui te déplait tant Jordan?

Sinon, il est vrai que quelques sfx ont un peu vieilli (le halo bleu autour de Jeff Bridges) mais le film en est avare, donc au final ce n'est pas vraiment génant. Je trouve la photo de Donald Morgan très réussi, donnant une certaine douceur au film et j'avais bien aimé son travil sur Christine également.
Je profite de cette réponse pour ajouté un mot sur la musique de Jack Nitzsche. Carpenter quitte ses synthés pour en laisser la place à d'autres. Musique un peu naive mais qui sert le film en accompagnant la tristesse qui s'en dégage.

un lien interessant :
http://perso.wanadoo.fr/reddragon/John% ... tarman.htm
M_RiK
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Post by M_RiK »

mannhunter wrote:tout pareil que Tuck,j'aime beaucoup ce film,l'un de mes préférés de Carpenter,mais qui reste un peu mésestimé dans sa filmo (car trop "gentil" et sentimental?) :wink:
Joli texte Tuck, pas grand chose à rajouter pour l'instant. Moi aussi je l'aime beaucoup ce film (que je n'ai pas revu depuis longtemps d'ailleurs). En même temps c'est un film de Carpenter...
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Jordan White
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Post by Jordan White »

Tuck pendleton wrote:
Un des rares films ratés de John Carpenter. J'ai décroché au bout d'une heure.
Le projet est courageux, mais je ne sais pas où le réalisateur veut en venir et le film a pris une claque sur le plan visuel.
:shock: Le film est surprenant dans la filmo du cinéaste mais le trouver raté me semble assez excessif. Qu'est ce qui te déplait tant Jordan?

Sinon, il est vrai que quelques sfx ont un peu vieilli (le halo bleu autour de Jeff Bridges) mais le film en est avare, donc au final ce n'est pas vraiment génant. Je trouve la photo de Donald Morgan très réussi, donnant une certaine douceur au film et j'avais bien aimé son travil sur Christine également.
Je profite de cette réponse pour ajouté un mot sur la musique de Jack Nitzsche. Carpenter quitte ses synthés pour en laisser la place à d'autres. Musique un peu naive mais qui sert le film en accompagnant la tristesse qui s'en dégage.

un lien interessant :
http://perso.wanadoo.fr/reddragon/John% ... tarman.htm

Excessif non, c'est juste un sentiment personnel. J'y vois une façon pour Carpenter de se remettre de l'échec de The Thing en tentant de faire son E.T à lui, mais rien ne fonctionne à mes yeux : musique, acteurs,photo, et le final. Je lui préfère des fims jugés mineurs comme Les aventures d'un homme invisible
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

D'accord avec Tuck et manhunter, un Carpenter que j'aime beaucoup :wink:
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Dracu
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Post by Dracu »

J'aime beaucoup également, et je pense d'ailleurs que je vais me le revoir d'ici peu... :wink:

En ce qui concerne la musique, je trouve le thème principal vraiment très beau, et s'il paraît naïf, c'est tout à l'honneur du compositeur car il souligne bien cet aspect du personnage de Jeff Bridges...

Voila voila,

D., qui se rend compte qu'il n'a pas encore vu de Carpenter qu'il n'aimait pas... :wink:
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Post by phylute »

fatalitas wrote:D'accord avec Tuck et manhunter, un Carpenter que j'aime beaucoup :wink:
D'accord avec Tuck, Manhunter, Susie Derkins, Fatalitas, M_RiK et Dracu... j'aime beaucoup également
Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. (Frank Pierson)
Susie Derkins
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Post by Susie Derkins »

phylute wrote:
fatalitas wrote:D'accord avec Tuck et manhunter, un Carpenter que j'aime beaucoup :wink:
D'accord avec Tuck, Manhunter, Susie Derkins, Fatalitas, M_RiK et Dracu... j'aime beaucoup également


C'est vrai, tiens, au fait, Fatalitas, c'est quoi c'te ségrégation, enfin ???!!!!! :wink:
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Susie Derkins wrote:
phylute wrote:
D'accord avec Tuck, Manhunter, Susie Derkins, Fatalitas, M_RiK et Dracu... j'aime beaucoup également


C'est vrai, tiens, au fait, Fatalitas, c'est quoi c'te ségrégation, enfin ???!!!!! :wink:
:oops:
c'etait involontaire, je le jure :lol: :wink:
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Susie Derkins
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Post by Susie Derkins »

fatalitas wrote:
Susie Derkins wrote:


C'est vrai, tiens, au fait, Fatalitas, c'est quoi c'te ségrégation, enfin ???!!!!! :wink:
:oops:
c'etait involontaire, je le jure :lol: :wink:
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Tuck pendleton
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Post by Tuck pendleton »

Une scène qui rappelle une toile de Magritte:

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Des petites trouvailles visuelles poétiques; des soldats vacillant sous le vent

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Scènes intimistes et beaux paysages en arrière plan

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