Kathryn Bigelow

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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locktal
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Re: Kathryn Bigelow

Post by locktal »

Après la vision du superbe Zero dark thirty :

1. Zero dark thirty
2. Aux frontières de l'aube
3. Démineurs
4. Strange days
5. Le poids de l'eau
6. K 19
7. Blue steel
8. Point break

J'émets quelques réserves sur Blue steel et surtout Point break, mais j'apprécie tous ses autres films, et même le mal-aimé Le poids de l'eau, qui contient certes quelques maladresses mais que je trouve assez émouvant.

Pas vu encore The loveless (qui traîne pourtant sur mes étagères depuis un certain temps !).
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El Dadal
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Re: Kathryn Bigelow

Post by El Dadal »

Mon petit top, d'une réalisatrice qui ne m'a jamais réellement déçu. Je me sens particulièrement en phase avec ses films des 80's et 90's, moins avec les films à tendance militaire qui ont suivi. J'espère qu'avec le suivant elle se dirigera vers d'autres contrées.

Point Break: 10/10
Un film de chevet parfait pour ce qu'il est, parfois un peu con, mais ça reste le compendium du divertissement absolu à mes yeux, avec un potentiel de revisionnage quasi infini. Gary Busey à lui seul fait le film de toute façon ("Utah, des sandwiches aux boulettes, j'en veux deux!")
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Strange Days: 9,5/10
Un film bluffant de technique (écouter le commentaire de Bigelow concernant la scène d'ouverture, ça ouvre des perspectives), mais qui est plus que ça. Le mélange des genres fonctionne particulièrement bien, et lui donne un cachet de film "millénariste" ultime, un des fleurons des 90's. Ralph Fiennes et Angela Bassett faisaient un très joli couple je trouve.

Near Dark: 8,5/10
Une des plus belles réinventions du film de vampires, avec ces moments de romance décalés chers à la réalisatrice. Une poésie macabre, contrebalancée par une sacrée bande de rigolos et une virtuosité de chaque moment.

Zero Dark Thirty: 8,5/10
Il faudra sans doute un peu de temps pour le laisser maturer, mais nul doute qu'il s'agit d'un film somme. Heureusement pour moi, il ne s'agit pas d'un film de guerre, genre avec lequel j'ai beaucoup de mal. J'y vois plus un film sur le travail d'investigation dans la droite lignée des films des 70's, réactualisé. Malgré sa déjà très belle carrière, j'y vois la meilleure interprétation de Jessica Chastain.

The Weight of Water: 8/10
Celui-là, il y a peu de monde à le défendre. Pourtant, depuis la découverte en salle, je ne cesse d'y revenir. Quelques kitscheries n'entachent pas un film globalement dépressif et à vif. Les séquences de flashbacks avec Sarah Polley et Ciaran Hinds sont juste majestueuses.

Blue Steel: 8/10
Désolé, j'adore les femmes flics ("I wanna shoot people", pas sûr que la blague passerait aujourd'hui :wink: ), j'adore Jamie Lee, j'adore Ron Silver (quel acteur sous employé), j'adore la BO de Brad Fiedel. Et c'est un film important à mes yeux sur le rapport de fascination que les américains entretiennent avec les armes à feu.

The Loveless: 8/10
Un esthétisme à toute épreuve pour un film moite, imbibé, habité, à la BO monstrueuse. Willem Dafoe est stupéfiant de magnétisme et d'assurance.

The Hurt Locker: 7/10
J'aime particulièrement le rapport froid que Bigelow entretient avec les soldats qu'elle nous présente. Jeremy Renner est lui aussi excellent dans ce rôle ambigu de martyr potentiel, shooté à l'adrénaline. Et avec un sujet pareil, la tension est quasi permanente. Mais le genre même du film créé une distance certaine avec le spectateur que je suis.

K-19 The Widowmaker: 6,5/10
Un romantisme un peu malvenu, un choix de la langue anglaise à gros accents assez fatiguant et quelques longueurs, mais un Harrison Ford dans ce qui est quasiment son seul rôle digne d'intérêt des années 2000, et une séquence du réacteur absolument bouleversante.

Et son épisode de Wild Palms, c'était assez moyen, j'y trouvais peu sa patte, un petit 5,5/10 je pense. Mais il n'y pas de raté à proprement parler.
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Jericho »

El Dadal wrote:Gary Busey à lui seul fait le film de toute façon ("Utah, des sandwiches aux boulettes, j'en veux deux!")
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:lol:

Il me semble que ses répliques qui précédent ce passage sont tout aussi marrantes.
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mannhunter
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Re:

Post by mannhunter »

kyle reese wrote:4- Blue Steel

Bel exercice de style avec sans doute le meilleur rôle dramatique de Jamie Lee.
Vic Vega wrote:Chef d'oeuvre:

1) Near Dark

Très grands films:

2) Blue Steel
Je viens de le revoir, toujours solide ce "Blue Steel".
Jamie Lee épatante dans l'un de ses tous meilleurs rôles, Clancy Brown et Ron Silver (déjà très bon dans "l'emprise") en psycho illuminé halluciné batemanien très bons aussi, et le style efficace froid élégant de Bigelow...elle avait une patte, du style à ses débuts! La parenté avec "Hitcher" via Eric Red au scénario est évidente, ce jeu du chat et de la souris cruel, quasi surréaliste dans ses situations...et la fin amère avec les deux personnages qui semblent errer comme des zombies. Très bon!
El Dadal wrote:Blue Steel: 8/10
Désolé, j'adore les femmes flics ("I wanna shoot people", pas sûr que la blague passerait aujourd'hui :wink: ), j'adore Jamie Lee, j'adore Ron Silver (quel acteur sous employé), j'adore la BO de Brad Fiedel. Et c'est un film important à mes yeux sur le rapport de fascination que les américains entretiennent avec les armes à feu.
Un film à voir en double programme avec cet autre portrait de femme flic réalisé par une autre femme :) à la même époque, l'intéressant "Impulse" ("Double jeu" en vf!) de Sondra Locke:

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El Dadal
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Re: Kathryn Bigelow

Post by El Dadal »

Oh, et avec Theresa Russell en prime ? Je me le note !
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Thaddeus
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Aux frontières de l’aube
Ils ont la chiquenaude meurtrière, aiment se siroter un rouge vif à l’apéro et crament au soleil. Leur nom n’est jamais prononcé et leurs origines gothiques effacées au profit d’un environnement westernien à la Peckinpah. Belle manière de sortir le fantastique de sa tanière, de le greffer aux motifs du road-movie et du grand ouest américain, et de l’engloutir dans les ténèbres des temps modernes. Époque oblige, Bigelow ne lésine pas sur les flashs de lumière, les néons, les filtres, les afféteries colorées raccord avec l’électro-rock ambient des Tangerine Dream, mais sa relecture du mythe trouve des images assez éloquentes, parfois réellement effrayantes, qui font oublier les quelques saillies nanardesques à imputer aux poncifs du genre. Du peps, de la gueule, une certaine audace : vraiment pas mal. 4/6

Blue steel
Avec le même esprit accrocheur et une démarche esthétique similaire, la réalisatrice tente de charmer cette fois les amateurs de polar. Sa faculté à mener un récit, à lui insuffler une vigueur constante sans verser dans la lourdeur pyrotechnique, son aisance à capter une certaine atmosphère urbaine, nocturne, troublante et inquiétante à la fois, ne la prémunit toutefois pas de certains défauts qui ont plombé le genre durant toutes les années 80 : une certaine propension aux effets excessifs, un dispositif dramatique qui dépasse plus qu’à son tour la ligne raisonnable de l’invraisemblance, une suite un peu trop gourmande de climaxs. Mais elle dispose d’un atout ravageur : Jamie, forte et vulnérable, aussi attachante que séduisante de beauté androgyne. Impossible de ne pas frissonner pour elle. 4/6

Point break
D’un cocktail assez inédit visant à marier le film de braquage urbain et les sports extrêmes, Bigelow tire une assez étonnante énergie. On peut légitimement trouver le propos un peu (très) bateau, qui mêle la vie, la mort et le risque sur le registre adolescent du "Si tu veux, tu peux, et tu verras c’est bien", et qui assimile la réflexion sur les limites de chacun, l’euphorie qu’il y a à les atteindre, le danger à les dépasser, à un hymne à la gloire du corps, de l’exploit et de la compétitivité. Mais la cinéaste fait parfaitement ressentir l’aspect tribal de cette communauté, et surtout l’efficacité brute de la mise en scène, sa sensitivité visuelle, son sens du rythme et du découpage, le premier degré très beach and sun de son approche rendent le thriller aussi secouant qu’une grosse vague un jour d’océan déchaîné. 4/6

Strange days
Décembre 1999. Los Angeles est plongée dans un climat spasmodique de guérilla, de décadence et d’insurrection. Ambiance convulsive de fin de millénaire, mais scénario de polar des années 50, pas loin d’un Port de la Drogue par exemple, où flics et truands collent aux talons d’un héros en possession d’une preuve compromettante, avec aussi de la nuit, du pavé mouillé, des bars glauques, une envie de dénoncer l’hypocrisie, l’ambition humaine et de mettre tout le monde dans le même sac. Riche et pertinente, la réflexion sur le devenir des images dans notre société capitaliste et corrompue trouve à s’épanouir dans une mise en forme haletante, fiévreuse, proche de la trépidation névrotique et parfois véritablement impressionnante (voire le recours récurrent au plan-séquence). Une vraie réussite. 4/6

Le poids de l’eau
Devant ce drame biscornu où l’intrigue d’une sorte de roman-photo contemporain s’entrelace à celle d’une tragédie criminelle plantée dans un décor insulaire à fleur de vent, en 1873, on pense à La Maîtresse du Lieutenant Français de Reisz. Son parti pris consiste à confronter deux récits amoureux à un siècle d’écart et observer les résonances, pertes et acquis d’une époque à l’autre : les sentiments de jalousie et de colère, les transformations du puritanisme et des rapports de couple, depuis l’arrivée des frustres migrants norvégiens en Nouvelle-Angleterre jusqu’aux mœurs plus ou moins libérées des Américains intellectuels et aisés d’aujourd’hui. Si le trouble, le mystère et l’ambigüité recherchés ne sont pas pleinement atteints, le film n’en reste pas moins intrigant et séduisant, à l’image de ses interprètes. 4/6

Démineurs
Bigelow ausculte cette fois les dérives psychologiques de drogués d’adrénaline constituant une troupe de démineurs américains mobilisés au Moyen-Orient, et restitue le climat anxiogène et infernal de la poudrière irakienne. Elle se distingue par la description de la camaraderie compliquée de cette unité de soldats, par le rendu physique des rues de Bagdad en temps de guerre : sueur, poussière, chaleur, expérience corporelle d’un temps concentré et d’un espace quadrillé obéissant aux seules lois de la balistique. Bien plus qu’une exaltation de l’action militaire, il faut y voir une démarche subjectiviste, lucide et singulière, qui confère une intensité constante à l’action – à cet égard, la longue scène centrale d’attente et d’échange de tirs dans le désert est un modèle de construction et de mise en scène. 4/6

Zero dark thirty
Comme accouché des plaies ouvertes de la mauvaise conscience américaine, ce film stupéfiant, à la documentation bétonnée, capte le pouls d’un pays confronté aux impasses de son idéologie. Bigelow opère une admirable mise au plat des enjeux sous-tendant la traque de Ben Laden, souscrit à une neutralité aussi éloignée de la dénonciation que du refrain patriotique, et met en images le visage d’une rétribution aveugle qui se nourrit de sa propre vanité : la torture pratiquée dans une indifférence bureaucratique, la déshumanisation progressive tandis que forcit l’obsession vengeresse, les balles tirées froidement dans le dos lors d’un assaut nocturne et abstrait, et les larmes qui coulent lorsque, la mission accomplie, ne reste que le vide laissé par elle. Un geste politique d’une audace et d’une amertume rares. 5/6
Top 10 Année 2012

Detroit
Il fallait, pour reconstituer la tragédie ordinaire survenue à l’Algiers Motel en 1967, la main de fer et le regard d’aigle de cette grande réalisatrice polémiste qu’est désormais Kathryn Bigelow. La violence et l’abjection des faits y sont comme passées dans un bain photosensible, analysées, scrutées, dénoncées avec une rage et un engagement d’autant plus frappants que rien ne vient en écorner la remarquable objectivité, l’exemplaire pondération. Brûlot viscéral mettant implacablement à nu certains des points de tension et d’injustice les plus sensibles de la société américaine, cette éprouvante mais salutaire fresque de sueur, de sang et de larmes entremêle brillamment l’intime et le collectif, perpétue avec ardeur le glorieux héritage d’un cinéma contestataire et lucide, humaniste et généreux. 5/6
Top 10 Année 2017


Mon top :

1. Zero dark thirty (2012)
2. Detroit (2017)
3. Strange days (1995)
4. Démineurs (2008)
5. Point break (1991)

Cette filmographie révèle une réalisatrice souvent passionnante, assez réfractaire aux conventions des genres dans laquelle elle opère, dotée d’un sens de l’efficacité brute et, dans les meilleurs des cas, d’une acuité de propos qui sortent des sentiers battus. Elle peut sans doute être considérée aujourd’hui comme l’une des portraitistes les plus vigoureuses, pertinentes et engagées de la société américaine.
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moonfleet
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Re: Kathryn Bigelow

Post by moonfleet »

Thaddeus wrote: Detroit
Il fallait, pour reconstituer la tragédie ordinaire survenue à l’Algiers Motel en 1967, la main de fer et le regard d’aigle de cette grande réalisatrice polémiste qu’est désormais Kathryn Bigelow. La violence et l’abjection des faits y sont comme passées dans un bain photosensible, analysées, scrutées, dénoncées avec une rage et un engagement d’autant plus frappants que rien ne vient en écorner la remarquable objectivité, l’exemplaire pondération. Brûlot viscéral mettant implacablement à nu certains des points de tension et d’injustice les plus sensibles de la société américaine, cette éprouvante mais salutaire fresque de sueur, de sang et de larmes entremêle brillamment l’intime et le collectif, perpétue avec ardeur le glorieux héritage d’un cinéma contestataire et lucide, humaniste et généreux. 5/6
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J'attendais d'être prête (in the mood) à visionner Detroit car je savais que cela allait être très éprouvant, violent... Je l'ai regardé il y a qq jours, grand film !!
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MJ
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Re: Re:

Post by MJ »

mannhunter wrote:Un film à voir en double programme avec cet autre portrait de femme flic réalisé par une autre femme :) à la même époque, l'intéressant "Impulse" ("Double jeu" en vf!) de Sondra Locke:
En prenant le dénominateur commun Theresa Russell, il fait aussi une bonne double-soirée avec Whore de Ken Russell (c'est grosso modo le personnage en lequel la policière se déguisait dans le film de Sondra Locke).
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Re: Kathryn Bigelow

Post by batfunk »

Revu Bluesteel et c'est une petite déception. Au niveau technique et atmosphère, rien à dire, on a droit à un New York décadent et inquiétant parfaitement rendu, avec cette photo Blue Seel et la partition menaçante de Fiedel.
La première partie est top, avec la plongée rapide et brutale de la bleue dans la rue. Le portrait du futur tueur,un Yuppie, ébloui par la puissance des armes à feu, en dit long aussi sur les années reaganiennes et le sentiment de supériorité qui habitent ses classes supérieures.
La réaction des proches et des collègues au métier de
de Curtis en dit long aussi aussi sur les préjugés sexistes de l'époque... et les propres motivations de Bigelow dans ce métier de réalisatrice, à 99% réservé aux hommes.
On s'attend alors à un thriller autant politique qu'action mais tout bascule avec la rencontre de Curtis avec le tueur.
On bascule alors dans un cas cliché des polars américains,
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un tueur dont elle tombe amoureuse
. Idem pour le tueur. On pensait que son goût du meurtre gratuit venait de sa situation sociale et de son goût de la domination mais non
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:Monsieur entend des voix
:roll:. Adieu critique politique...
La suite n'est qu'une succession de clichés(les
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Camarades flics se tombent dessus sans préavis, avec le tueur caché dans la pièce voisine;le tueur échappe trois ou quatre fois à l'héroïne, après s'être pris trois ou quatre Bastos;il est relaché faute de preuve deux fois après avoir tué à nouveau... :
uhuh:).
La scène finale est du Grand n'importe quoi, avec moults ralentis inutiles, là où Bigelow tenait une mise en scène sèche et serrée.
Au final, une oeuvre très imparfaite, avec en germe les thèmes chèrs à la cinéaste(la fascination des Armes à feu, une Amérique fracturée...) et ses qualités de cinéaste(une mise en scène sèche, une violence montrée frontalement)
Un film qualitativement mineur mais important pour comprendre la filmographie de Bigelow.

5/10
Ouf Je Respire
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Ouf Je Respire »

Thaddeus wrote: 24 Feb 20, 19:44 Detroit
Il fallait, pour reconstituer la tragédie ordinaire survenue à l’Algiers Motel en 1967, la main de fer et le regard d’aigle de cette grande réalisatrice polémiste qu’est désormais Kathryn Bigelow. La violence et l’abjection des faits y sont comme passées dans un bain photosensible, analysées, scrutées, dénoncées avec une rage et un engagement d’autant plus frappants que rien ne vient en écorner la remarquable objectivité, l’exemplaire pondération. Brûlot viscéral mettant implacablement à nu certains des points de tension et d’injustice les plus sensibles de la société américaine, cette éprouvante mais salutaire fresque de sueur, de sang et de larmes entremêle brillamment l’intime et le collectif, perpétue avec ardeur le glorieux héritage d’un cinéma contestataire et lucide, humaniste et généreux. 5/6
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J'ai vu ce film hier soir sur Arte. Je n'aurais pas mieux écrit que toi ce que je pense. Je tiens à ajouter la précision chirurgicale du montage, qui réussit à vous donner ce sentiment de finir dans les cordes tout en ayant une hyperconscience de ce que vous venez de voir. Très impressionnant.
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Supfiction
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Supfiction »

Blue Steel ce soir sur ARTE.
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Watkinssien »

Une réalisatrice qui a finalement toujours été atypique, et qui a su se renouveler. Disons qu'elle a su très souvent s'adapter à ses sujets variés et à son temps, mais avec une même énergie déployée. Jusqu'à un style frontal et captatif dans ses trois derniers films, dont j'adore réellement Démineurs et Zero Dark Thirty.
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Shin Cyberlapinou
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Shin Cyberlapinou »

Supfiction wrote: 5 Oct 20, 20:07 Blue Steel ce soir sur ARTE.
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Pas pu résister. Pas le meilleur Bigelow mais un thriller bien troussé, cohérent dans la filmographie de la cinéaste, et un intéressant double programme avec The hitcher, lui aussi écrit par Eric Red (également auteur d'Aux frontières de l'aube, très discret depuis un dramatique accident de la route où le scénariste a tué deux personnes et a essayé de s'égorger immédiatement après les faits :? ) .
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Supfiction »

Malgré certains effets de mise en scène datés et peu inspirés (les effets sonores et les ralentis en particulier), Blue Steel offre un vrai suspense. Il est appréciable de suivre une héroïne qui a peur et n’est pas toujours habile (là où un John McClane aurait buté le méchant depuis longtemps). Dommage que le rôle du psychopathe soit assez mal joué.
A noter que la musique de certaines scènes d’action ressemble étrangement à celle de Terminator.
Shin Cyberlapinou
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Re: Kathryn Bigelow

Post by Shin Cyberlapinou »

Normal, c'est Brad Fiedel qui fait la musique... Je n'avais pas été choqué par la prestation de Ron Silver à l'époque mais je sais qu'elle n'a pas que des fans, peut-être que ça passera moins à la révision... Et McClane *a* peur et s'en sort souvent de justesse, sauf sur Die Hard 2, 3, 4 et 5... Bon, bref.