Punch Drunk Love (Paul Thomas Anderson - 2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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NUTELLA

Punch Drunk Love (Paul Thomas Anderson - 2002)

Post by NUTELLA »

C'est confirmé,avec ce film Paul Thomas Anderson prouve définitivement qu'il est un surdoué.avoir dejà à son age une telle maitrise de l'écran,de l'espace,des codes narratifs,est proprement stupéfiant!!!
partir d'un scénario certes original,mais quand meme un peu minimaliste,et arrivé à nous livrer un tel OVNI,c'est du grand art.
impossible de décrire ce film par écrit,il faut s'en imprégner,y rentrer de plein pied.c'est une sorte de comédie romantique baignée d'un esprit cartoon,avec un héros un tantinet lunaire.
le style,l'épure du film va mettre du monde sur le carreau,mais si on accroche c'est un bain de jouvance,c'est proprement emballant,la musique presque experimentale(plutot les brutages) donne là encore un aspect étrange,décalée et surtout poétique au film.c'est je le répéte,extremement étonnant.
Adam Sandler est phénoménal dans le role de ce personnage très -attachant,le reste du casting,Emily Watson en tete assure un maximum.
bref un film atypique,tant par son son histoire que son traitement,loufoque,parfois absurbe,dingue,émouvant qui s'y vous faites l'effort de vous y lover vous rendra heureux...
et tout ca servi par une mise en scéne éblouissante de facilité et de classe.une baffe dans la gueule!!!


P T Anderson,33 ans,4 films,et un avenir cinématographique radieux...


-Hard Eight:8.5/10
-Boogie Night:8/10
-Magnolia:8.5/10
-Punch drunk love:9.25/10
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Flol
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Post by Flol »

100% d'accord avec toi...enfin presque.
Car c'est Paul Thomas Anderson, et non pas Pascal. ;)
Swan
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Post by Swan »

La fusion improbable de Mercredi Folle Journée et Boogie Nights ! :shock: :shock: :shock:
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Jordan White
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Post by Jordan White »

Un très mauvais film et pourtant j'adore Boogie Nights.
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Swan
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Post by Swan »

Jordan White wrote:Un très mauvais film et pourtant j'adore Boogie Nights.
Ah tiens ? Moi c'est tout le contraire.
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Flol
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Post by Flol »

Jordan White wrote:Un très mauvais film et pourtant j'adore Boogie Nights.
Je me rends de plus en plus compte que ceci est l'avis de pas mal de gens.
Mais je n'ai jamais véritablement compris les griefs reprochés à ce film. :?
Jordan White
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Post by Jordan White »

On a déjà parlé du dernier opus de PT Anderson, mais s'il faut le refaire à nouveau, je veux bien. J'ai attendu avec une impatience démesurée ce film, tant Boogie Nights m'avait plu dans tous les registres, et avait provoqué en moi une sorte d'euphorie. Je suis donc rentré dans la salle sans aucun à priori, hormis celui de la durée. Le format court du film m'a fait tiquer, mais j'y suis allé.
En sortant de la salle, j'étais habité par un sentiment proche de la colère et du dépit, n'arrivant pas à croire que j'avais vu un film de Anderson. Le film était trop gentil, mignon pour me séduire. Je l'ai traversé en me retenant de ne pas sortir de la salle, tant le film m'a paru poussif sur le plan narratif et désagréable et pompier sur le plan visuel. Il maîtrise le Scope et certains plans sont de très belle facture : le second plan avec l'orgue dans l'arrière-plan et la caméra qui joue sur la focale, où celui du supermarché avec la caméra qui suit Sandler courir. Mais hormis deux ou trois mouvements dans cette veine, le film ne m'a jamais convaincu, hormis la très bonne séquence du phone sex. Je reproche aussi une musique limite insupportable( le " He needs me" pendant dix minutes vers la fin), une direction d'acteurs étrangement faible ( Emily Watson m'a semblé transparente d'un bout à l'autre) des secons rôles inexistants ( que fait Luis Guzman dans le film ?) à l'exception de Hoffman, impeccable.
Bref, c'est un film trop "carte postale", voulant trop tirer sur sa propre fantasmagorie pour me toucher. Je trouve qu'Anderson est plus à l'aise dans les formats longs, ici tout est trop esquissé pour donner quelque chose de consistant. En bref: tout ça pour ça ?
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Bob Harris

Post by Bob Harris »

Ben voilà, pour une fois, je suis d'accord avec Nutella... :)
acidparadouze
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Post by acidparadouze »

J'aime bien ce cineaste mais son style je le trouve lourdingue a force. Toujours la meme mise en scene un peu trop voyante. J'ai vu en premier punch drunk love que j'ai aimé, puis magnolia que j'ai encore plus aimé puis Boogie nights que j'ai trouvé sympathique mais j'avais l'impression de voir le remake de magnolia (ou plutot l'inverse alors):
Boogie nights: 7/10
Punch drunk love: 7/10
magnolia: 9/10
Cosmo Vitelli
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Post by Cosmo Vitelli »

Vraiment un film que je trouve aseptisé et auquel je n'accroche pas.
Certaines idées sont intéressantes, mais en voulant jouer à tout prix la carte de l'originalité, je trouve que le film se vautre dans un surréalisme de pacotille. Bref, à mon goût, plus d'esbroufe et d'ostentation qu'un véritable regard décalé sur le monde. Quant à Adam Sandler... :roll:
"De toutes les sciences humaines, la pipeaulogie - à ne pas confondre avec la pipe au logis - ou art de faire croire qu'on sait de quoi on parle, est sans conteste celle qui compte le plus de diplômés !" Cosmo (diplômé en pipeaulogie)
Cinetudes
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Post by Cinetudes »

Salut, je comprends les réactions de rejet que peux générer ce film mais moi je l'aime beaucoup comme tous les autres films d'Anderson:

Paul Thomas Anderson est l'un des cinéastes les plus prometteurs de la nouvelle génération et malgré son jeune age (32 ans), il possède déja à son actif quatre oeuvres ambitieuses, originales et très réussies. Dès son premier film, Hard Eight (1996), il est également écrivain du scénario et collabore déja avec Jon Brion (musique) et Robert Elswit (photographie).

On y sent déja la patte d'un réalisateur à part, doté d'un univers et de thèmes reconnaissables et qui évolueront au fur et à mesure de sa carrière. Le sujet et le traitement sont originaux et virtuose, même si plus proche d'une production classique que ses futures oeuvres. Avec Boogie Nights (1997), il deviendra également producteur de ses films de façon à mieux pouvoir les contrôler. Son ambition et son talent unique y éclateront vraiment et si le grand public ne réagit pas forcément, les critiques même négatifs seront bien obligés de reconnaître les qualités de cinéaste et de scénariste vraiment évidentes de notre homme. Il signe donc une véritable fresque de 152 minutes contenant un nombre impressionnant de rôles parlants et étoffés, qu'il maîtrisera de façon étonnante.

Il y développera aussi un sens de l'humour réellement désopilant, saura rester prude et ce malgré un sujet très scabreux qui aurait pu donner lieu à des dérapages avec un cinéaste moins concerné par son histoire et ses personnages (l'industrie du film pornographique dans les années 70). Sa mise en scène très aérienne et musicale est époustouflante de maîtrise et de justesse, malgré le fait que certains l'aient qualifiée de tape à l'oeil (alors qu'il n'en est rien). Il confirmera toutes ces qualités et nous surpendra encore plus avec Magnolia (1999). On assiste alors à la naissance d'un véritable auteur qui confirme ses thèmes de prédilection (les souffrances intérieures, les relations familiales torturées, le suicide, l'amour, le pathétique de certains personnages) et son talent de surdoué de la mise en scène.

Il gère des personnages plus complexes et plus nombreux que sur Boogie Nights, nous les montre souffrir, refléchir, réagir, aimer, de façon totalement artificielle, maîtrisée et comme Todd Haynes avec Far from Heaven (2002, cf critique), il atteint la vérité et la profondeur des sentiments à travers l'artificialité des personnages, des situations et de la réalisation. Sa mise en scène est encore plus fluide et évidente malgré son extrême complexité et qui plus est totalement assujetie à la musique du film. Celle-ci revêt d'ailleurs une importance primordiale, exprimant de façon sidérante le ressenti des personnages et J. Brion signe à nouveau un score inoubliable, poignant et touchant (en très étroite collaboration avec P.T Anderson). Il y confirme également son talent de directeur d'acteurs en obtenant des performances ahurissantes de tous ses interprêtes (habitués ou non), dont Julianne Moore et Tom Cruise qui se révèlent étonnants en tous points.

Ses détracteurs s'en donnent bien évidemment à coeur joie, son style étant plus tranché que jamais, mais son film touche le public et malgré ses réticences, une grande partie de la critique. Il surpendra à nouveau tout le monde (détracteurs et admirateurs) avec Punch-Drunk Love (2002) en signant un petit film d'amour joyeux et intimiste. On y suit l'histoire de Barry Egan (Adam Sandler), jeune chef d'entreprise, plein de fêlures intérieures, qui cherche à survivre malgré son mal de vivre et sa solitude. Son côté un peu agité et décalé est entretenu par ses sept soeurs castratrices et méchantes malgré leur apparente envie de l'aider. Il rencontrera Lena Leonard (Emily Watson) par le truchement de l'une d'entre elles et ils tomberont éperduement amoureux l'un de l'autre. Derrière cette intrigue extrêmement simple ne se cache rien d'autre qu'une belle et naïve histoire d'amour et c'est ce qui a sans doute le plus déconcerté le public et certains critiques, qui s'attendaient à une fresque mosaïque de trois heures et ont donc buté sur ce film si dépouillé et pourtant si original.

P.T Anderson change encore de style et de façon plutôt radicale, après un Boogie Nights chatoyant, désinvolte mais finalement triste, un Magnolia sombre et profond, il nous offre une comédie romantique légère et quasiment vide de sens. Cette volonté de renouvellement constant est surprenante et très louable car si rare de nos jours où dès qu'un cinéaste a réussi à se faire reconnaître pour une qualité, il l'utilise et l'étire jusqu'à la fin. P.T Anderson prend des risques et cela mérite d'être souligné. Son film, malgré son apparente simplicité, est très difficile à décrire car d'une originalité permanente. On est constamment surpris par un cadre en cinémascope pour une petite histoire d'amour, par le traitement visuel tout en contrastes exagérés et couleurs criardes ou désaturées, par la musique (percussive) et le design sonore très originaux et si révélateurs de l'état d'esprit des protagonistes, par les interludes visuels magnifiques et fascinants de Jeremy Blake, par l'humour décalé (très proche de Blake Edwards et Tati), par la mise en scène si spécifique et discrète en même temps, par les performances d'acteurs (Adam Sandler, un ovni ! et Emily Watson romantique au possible), et enfin, par le rythme du film qui sait prendre le temps d'exposer ses situations et ses gags sans précipitation.

Il est certain qu'il faut une grande ouverture d'esprit et aimer être surpris et bousculé pour apprécier cette oeuvre singulière et audacieuse. Il s'agit d'un film vers lequel le public doit aller et l'apprécier pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aurait souhaité qu'il soit. L'artificialité du style et de la progression décontenanceront certainement une partie des spectateurs mais ceux-ci passeront alors à côté d'une belle histoire d'amour, certes peu expliquée ou demontrée mais si réjouissante en ces temps de niaiserie et de mièvrerie cinématographiques. Au final, si la légèreté (assumée) du propos et l'absence de sens caché peuvent gêner, ils sont le coeur même du film (l'ivresse de l'amour) et la mine ravie d'Adam Sandler amoureux et pour la première fois de sa vie sûr de lui font plaisir à voir et son adéquation avec une Emily Watson radieuse vous plongeront dans un état second d'euphorie proche de l'ébriété légère.

C'est le but de P.T Anderson qui réussit là parfaitement son coup, et sa performance d'avoir réussi à nous émouvoir de façon différente avec un semblant d'histoire, grâce à ses expérimentations visuelles, sonores, scénaristiques et tout son talent doit être soulignée. Il ne s'agit certes pas d'un film grand public (comme toutes les oeuvres expérimentales), mais d'une oeuvre exigeante malgré son vide apparent, qui impose définitivement P.T Anderson parmi les plus grands.

Stef

PS: cela n'engage que moi !!!
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Bob Harris

Post by Bob Harris »

Cinetudes wrote:PS: cela n'engage que moi !!!
Et moi aussi. :wink:
Cosmo Vitelli
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Post by Cosmo Vitelli »

Bob Harris wrote:
Cinetudes wrote:PS: cela n'engage que moi !!!
Et moi aussi. :wink:
Pas moi donc :idea:
"De toutes les sciences humaines, la pipeaulogie - à ne pas confondre avec la pipe au logis - ou art de faire croire qu'on sait de quoi on parle, est sans conteste celle qui compte le plus de diplômés !" Cosmo (diplômé en pipeaulogie)
NUTELLA

Post by NUTELLA »

Cinetudes wrote:Salut, je comprends les réactions de rejet que peux générer ce film mais moi je l'aime beaucoup comme tous les autres films d'Anderson:

Paul Thomas Anderson est l'un des cinéastes les plus prometteurs de la nouvelle génération et malgré son jeune age (32 ans), il possède déja à son actif quatre oeuvres ambitieuses, originales et très réussies. Dès son premier film, Hard Eight (1996), il est également écrivain du scénario et collabore déja avec Jon Brion (musique) et Robert Elswit (photographie).

On y sent déja la patte d'un réalisateur à part, doté d'un univers et de thèmes reconnaissables et qui évolueront au fur et à mesure de sa carrière. Le sujet et le traitement sont originaux et virtuose, même si plus proche d'une production classique que ses futures oeuvres. Avec Boogie Nights (1997), il deviendra également producteur de ses films de façon à mieux pouvoir les contrôler. Son ambition et son talent unique y éclateront vraiment et si le grand public ne réagit pas forcément, les critiques même négatifs seront bien obligés de reconnaître les qualités de cinéaste et de scénariste vraiment évidentes de notre homme. Il signe donc une véritable fresque de 152 minutes contenant un nombre impressionnant de rôles parlants et étoffés, qu'il maîtrisera de façon étonnante.

Il y développera aussi un sens de l'humour réellement désopilant, saura rester prude et ce malgré un sujet très scabreux qui aurait pu donner lieu à des dérapages avec un cinéaste moins concerné par son histoire et ses personnages (l'industrie du film pornographique dans les années 70). Sa mise en scène très aérienne et musicale est époustouflante de maîtrise et de justesse, malgré le fait que certains l'aient qualifiée de tape à l'oeil (alors qu'il n'en est rien). Il confirmera toutes ces qualités et nous surpendra encore plus avec Magnolia (1999). On assiste alors à la naissance d'un véritable auteur qui confirme ses thèmes de prédilection (les souffrances intérieures, les relations familiales torturées, le suicide, l'amour, le pathétique de certains personnages) et son talent de surdoué de la mise en scène.

Il gère des personnages plus complexes et plus nombreux que sur Boogie Nights, nous les montre souffrir, refléchir, réagir, aimer, de façon totalement artificielle, maîtrisée et comme Todd Haynes avec Far from Heaven (2002, cf critique), il atteint la vérité et la profondeur des sentiments à travers l'artificialité des personnages, des situations et de la réalisation. Sa mise en scène est encore plus fluide et évidente malgré son extrême complexité et qui plus est totalement assujetie à la musique du film. Celle-ci revêt d'ailleurs une importance primordiale, exprimant de façon sidérante le ressenti des personnages et J. Brion signe à nouveau un score inoubliable, poignant et touchant (en très étroite collaboration avec P.T Anderson). Il y confirme également son talent de directeur d'acteurs en obtenant des performances ahurissantes de tous ses interprêtes (habitués ou non), dont Julianne Moore et Tom Cruise qui se révèlent étonnants en tous points.

Ses détracteurs s'en donnent bien évidemment à coeur joie, son style étant plus tranché que jamais, mais son film touche le public et malgré ses réticences, une grande partie de la critique. Il surpendra à nouveau tout le monde (détracteurs et admirateurs) avec Punch-Drunk Love (2002) en signant un petit film d'amour joyeux et intimiste. On y suit l'histoire de Barry Egan (Adam Sandler), jeune chef d'entreprise, plein de fêlures intérieures, qui cherche à survivre malgré son mal de vivre et sa solitude. Son côté un peu agité et décalé est entretenu par ses sept soeurs castratrices et méchantes malgré leur apparente envie de l'aider. Il rencontrera Lena Leonard (Emily Watson) par le truchement de l'une d'entre elles et ils tomberont éperduement amoureux l'un de l'autre. Derrière cette intrigue extrêmement simple ne se cache rien d'autre qu'une belle et naïve histoire d'amour et c'est ce qui a sans doute le plus déconcerté le public et certains critiques, qui s'attendaient à une fresque mosaïque de trois heures et ont donc buté sur ce film si dépouillé et pourtant si original.

P.T Anderson change encore de style et de façon plutôt radicale, après un Boogie Nights chatoyant, désinvolte mais finalement triste, un Magnolia sombre et profond, il nous offre une comédie romantique légère et quasiment vide de sens. Cette volonté de renouvellement constant est surprenante et très louable car si rare de nos jours où dès qu'un cinéaste a réussi à se faire reconnaître pour une qualité, il l'utilise et l'étire jusqu'à la fin. P.T Anderson prend des risques et cela mérite d'être souligné. Son film, malgré son apparente simplicité, est très difficile à décrire car d'une originalité permanente. On est constamment surpris par un cadre en cinémascope pour une petite histoire d'amour, par le traitement visuel tout en contrastes exagérés et couleurs criardes ou désaturées, par la musique (percussive) et le design sonore très originaux et si révélateurs de l'état d'esprit des protagonistes, par les interludes visuels magnifiques et fascinants de Jeremy Blake, par l'humour décalé (très proche de Blake Edwards et Tati), par la mise en scène si spécifique et discrète en même temps, par les performances d'acteurs (Adam Sandler, un ovni ! et Emily Watson romantique au possible), et enfin, par le rythme du film qui sait prendre le temps d'exposer ses situations et ses gags sans précipitation.

Il est certain qu'il faut une grande ouverture d'esprit et aimer être surpris et bousculé pour apprécier cette oeuvre singulière et audacieuse. Il s'agit d'un film vers lequel le public doit aller et l'apprécier pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aurait souhaité qu'il soit. L'artificialité du style et de la progression décontenanceront certainement une partie des spectateurs mais ceux-ci passeront alors à côté d'une belle histoire d'amour, certes peu expliquée ou demontrée mais si réjouissante en ces temps de niaiserie et de mièvrerie cinématographiques. Au final, si la légèreté (assumée) du propos et l'absence de sens caché peuvent gêner, ils sont le coeur même du film (l'ivresse de l'amour) et la mine ravie d'Adam Sandler amoureux et pour la première fois de sa vie sûr de lui font plaisir à voir et son adéquation avec une Emily Watson radieuse vous plongeront dans un état second d'euphorie proche de l'ébriété légère.

C'est le but de P.T Anderson qui réussit là parfaitement son coup, et sa performance d'avoir réussi à nous émouvoir de façon différente avec un semblant d'histoire, grâce à ses expérimentations visuelles, sonores, scénaristiques et tout son talent doit être soulignée. Il ne s'agit certes pas d'un film grand public (comme toutes les oeuvres expérimentales), mais d'une oeuvre exigeante malgré son vide apparent, qui impose définitivement P.T Anderson parmi les plus grands.

Stef

PS: cela n'engage que moi !!!
très beau ce que tu viens d'écrire Cinetudes,on voit que tu es vraiment fan :) je suis d'accord sur tout les points,comme moi tu dois etre impatient de voir la suite,et quelle tournure va prende sa carriére,car à force de placer la barre si haute,il va etre difficile de faire mieux,et surtout de surprendre.
en tout cas quel splendide et prometteur talent!
Cinetudes
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Post by Cinetudes »

On est effectivement tout à fait d'accord Nutella et Bob !!

Effectivement, Anderson (PT hein pas l'autre !!!) est l'un des cinéastes mainstream actuel les plus prometteurs et qui malgré le peu de films à son actif à déja prouvé son immense valeur.

Je suis sur que le bonhomme va encore nous surprendre tant jusqu'a maintenant il aurait été facile pour lui de surfer sur son succés et nous proposer des oeuvres se ressemblant beaucoup. Hors effectivement Puch Drunk Love est un projet trés risqué et un choix de carrière audacieux (qui prouve qu'Anderson et un artisite avant d'être un cinéaste au potentiel commercial important).

Moi j'attends la suite me préparant à ne pas forcément aimer (quoi que !!) mais par contre à être à nouveau surpris et étonné.

Stef
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