Ken Russell (1927-2011)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Cosmo Vitelli
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Post by Cosmo Vitelli »

Sergius Karamzin wrote:J'aurais du me douter que vous alliez me saloper à cause de Lelouch.
Enfin... :(
Mais non on l'aime bien Lellouche !


















Par contre Lelouch c'est une autre paire de manches !
"De toutes les sciences humaines, la pipeaulogie - à ne pas confondre avec la pipe au logis - ou art de faire croire qu'on sait de quoi on parle, est sans conteste celle qui compte le plus de diplômés !" Cosmo (diplômé en pipeaulogie)
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Sergius Karamzin wrote:Enfin... :(
Je suis avec toi Sergius. Il y a des films de Lelouch qu'il faut défendre !
Cela dit la comparaison que tu fais avec Ken Russell est assez audacieuse : le cinéaste anglais va bien plus loin dans le baroque et la démesure. Russell est un démiurge, pas Lelouch.
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

Oui mais Lelouch n'a pas peur de grand chose, il tente aussi, prend des risques considérables.

Un type qui sort de deux énormes succès commerciaux internationaux comme "un homme et une femme" et "vivre pour vivre" et qui se décide à tourner un film-plaidoyer contre la peine de mort ("la vie l'amour la mort")12 ans avant son abolition, en sachant qu'il serait mal reçu en France et encore plus aux USA... c'est courageux ! Surtout quand le film ne met en avant aucune vedette. Et en plus c'est formidable !

Un type qui vient de faire un joli succès (et l'un de ses premiers succès critiques) avec "Le voyou" (qui a tourné deux ans avant avec Belmondo) et qui décide de partir faire un film en 8 jours avec 200.000 F avec ses potes ("Smic smac smoc") et invente en quelque sorte le Dogme avant l'heure est quelqu'un de courageux. Au final le film est très bon.

En cela il n'a pas peur de grand chose. Il crée, crée beaucoup, tourne beuacoup (presque autant que Woody Allen, et lui aussi écrit ou co-écrit ses scripts).

Et pour sa prochaine trilogie qu'il vient de commencer à tourner, il finance entièrement les 30 millions d'euros de budget avec la totalité de ses économies, ainsi que l'hypothèque sur les droits de ses 38 films (comme Tati pour Playtime)! Il a tout mis sur la table. Ce qui importe c'est de faire les films, il prend tous les risques. En cela, hormis le fait que ses films sont excellents (dans l'ensemble), c'est un artiste admirable et un démiurge lui aussi.

Voilà !
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Partir de Russell pour arriver à Lelouch... quel drôle de cheminement. :lol:
Mais je comprends la logique de ton point de vue, même si je ne le partage pas (j'y vois deux styles aux antipodes l'un de l'autre, même si la franchise dans l'utilisation de certains effets les rapproche).
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

Le cheminement, il n'y en a pas vraiment. Je partais du message de Margo et ça m'est venu. C'est le côté "maverick" des deux réals qui est à rapprocher, et la frilosité des critiques à leur égard alors que ce sont de vrais artistes assez jusqu'auboutistes. Sur un plan formel, il y a quelques comparaisons dans l'utilisations décomplexées d'effets (chez Lelouch le zoom ultra-récurrent, la caméra à l'épaule presque permanente, surtout dans les plans séquences/ chez Russell de certaines optiques, d'un montage serré, etc).
Carlotta Montay

Post by Carlotta Montay »

Oh pardon !

RusseLL !!

Ken, si tu nous regardes...
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Post by Dave Garver »

Carlotta Montay wrote:Oh pardon !

RusseLL !!

Ken, si tu nous regardes...
non, par contre il nous lit :D

Salut Kenny !
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vic
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Post by vic »

Beule wrote:
Sergius Karamzin wrote: Il passe au long métrage avec une commande US sur Harry Palmer, qui est paraît-il assez jouissive, mais qui l'a blacklisté assez longtemps (Billion dollar brain).
Du tout. Kitsch ne signifie pas toujours jouissif. Nul et baclé malgré une délirante séquence de poursuite sur la banquise. Harry Palmer perd toute personnalité dans ce dernier opus digne de Matt Helm.
Pour le reste, bravo Sergius 8)
Russell a fait un Harry Palmer !! :shock:

Faut que je vois ça...

Mais bon, je ne m'attends à un chef d'oeuvre à la Funeral in Berlin ...
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Cinetudes
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Post by Cinetudes »

Salut,

pour l'instant parmis les Russel que j'ai pu voir (et pour certains revoir de nombreuses fois):
-Women in Love
-The Music Lovers
-The Devils
-Mahler
-Tommy
-Crimes of Passion
-Gothic
-Whore

seul Le Repaire du Ver Blanc m'a vraiment posé problèmes.

Mais j'attends toujours avec impatience de pouvoir découvrir Altered States.

Stef

PS: moi aussi j'aime beaucoup Tommy et quelques un de ses passages musicaux sont parmis les meilleurs moment d'Opera Rock ou Comédie Musicale que je prefère. Effectivement Sergius à chaque qu'on me demande de montrer des passages psychédéliques je commence par Elthon John et le Pinball Wizard, puis je reviens sur Tina Turner et son Acid Queen (au dela des mots, j'adore) et je termine par la belle Ann Margret se roulant dans les "beans", généralement mes amis sont terrassés et pas seulement amusés!! :wink:
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Bob Harris

Post by Bob Harris »

Un très grand bravo à Sergius pour son long post sur la carrière de Ken Russell !

C'est avec ce genre de messages que je suis content de venir sur dvdclassik. 8) :P

Etonnant quand même, le parcours de ce monsieur... J'ai l'impression qu'après sa mort, on fera des rétrospectives et il redeviendra à la mode.
Lord Henry
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Ken Russell

Post by Lord Henry »

Que reste-t-il aujourd'hui du cinéma de l'ex-enfant terrible de la perfide Albion?

J'aurais peine à retranscrire l'émotion qui s'empara de moi à la découverte de Music Lovers. Lycéen cramponné aux affres de l'adolescence, je m'abandonnai au vertige de l'inconnu. En ce temps-là (les seventies giscardiennes) toutes les audaces nous étaient promises, et Ken Russell dévidait sur la toile blanche un ruban d'images inédites à l'incroyable pouvoir hypnotique.

Nous nous comptions alors sur les doigts de plusieurs mains, la légion de spectateurs transportés par ce maelström de créativité ignorant avec superbe toute inhibition. Le délire visuel le disputait au mauvais goût et la jouissance du petit peuple de la cinéphilie en herbe était reine.

Dans la foulée je poussai mon ciné-club à la programmation de Love - public de rebelles en chambre formatés aux drames intimistes tendance sociale, sous le choc.

L'onde de choc, en ce qui concerne ma modeste personne, n'a cessé de frémir jusqu'à Tommy, projet en lequel je nourrissais de fols espoirs – la rencontre de l'iconoclaste patenté du cinéma de l'époque avec la tête pensante du rock.
On ne pouvait rêver meilleure terre d'élection pour le renouvellement d'un imaginaire visuel spectaculaire mais inévitablement guetté par la sclérose.

Tommy m'a laissé le goût amer des gueules de bois, celles où le quotidien terne reprend ses droits sur l'euphorie des sens et des espoirs. Les premiers doutes se sont insinués dans une passion jusque là indéfectible, mais, je l'ignorais encore, le pire était à venir.

Le pire ce furent la banalité de ses piteuses réalisations américaines (Au-delà du Réel, China Blue, The Whore), l'imaginaire précédemment vanté réduit à un artifice vide de sens, une simple marque de fabrique déclinée sans conviction. La provocation devenue puérilité, l'audace simple gesticulation grotesque, l'inspiration asséchée pour ne plus livrer qu'une forme pauvre ou académique. Ken Russell réduisant son cinéma à sa propre caricature grimaçante (Gothic et consorts).

De fait, ce renoncement ou cette impuissance furent sans rémission, ce que j'y ai perdu je l'ai perdu pour toujours et le réalisateur s'est effacé de mon horizon de spectateur.

Je n'ai jamais osé revisiter le paysage de ces délicieuses et fougueuses passions d'une cinéphilie - ou qui se rêvait comme telle - formatrice d'un regard sur soi et le monde.

Sans doute m'y risquerai-je un jour prochain, n'attendant plus grand-chose d'un tel périple.

Croire à l'intangibilité du talent d'un artiste est peut-être pour l'amoureux du cinéma la plus cruelle des illusions, celle qui peut le laisser facilement désemparé quand l'artiste se charge lui-même de nous rappeler qu'il est avant tout un homme.

Mais qu'en est-il pour vous?
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Jake Scully
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Post by Jake Scully »

Je n'ai vu que LES DIABLES, de Ken Russell (en version intégrale avec les scènes interdites - scènes en langue allemande d'ailleurs?!?). Un film monstreuseument génial, iconoclaste, parfois gore, parfois drôle, mais vraiment extrême (cf. torture d'Oliver Reed). Ce film m'a donné envie de découvrir le reste de sa filmo.

J'ai vu TOMMY il y a des années de ça, je ne me souviens plus de grand' chose.
karswell
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Post by karswell »

J'ai vu TOMMY il y a quatres années au Centre Georges Pompidou.
Un peu lourd parfois mais de très bons souvenirs. Un trip sur la musique des Who, quelques scènes où la mise en scène atteint les sommets ( le coup du miroir par exemple).
Une expérience que je conseille même si le film a mal vieilli.
And everywhere I go, there's always something to remind me... of another place and time
...where love that travelled far had found me.
Manolito
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Post by Manolito »

J'ai bien aimé "Love", "Les diables" est sublime, et "The boyfriend" est bien sympathique. Par contre, "Tommy" a été une grosse déception, la fin m'ayant laissé un souvenir franchement pénible. Pour la suite, je suis mitigé sur "Au-delà du réel" (bon sujet, mais traitement moyen et William Hurt super-antipathique) et "Gothic". Je n'ai pas vu le reste pour l'instant.
Cinetudes
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Post by Cinetudes »

Un grand réalisateur pour moi qui s'emporte peut être dans ses excés mais ça ne me dérange pas vu que je suis comme cela également.

Love est un film sublime d'une puissance rare, qui provoque des sensations rares au cinéma, confirme deux acteurs immenses et met en image et en son l'univers complexe et sulfureux de DH Lawrence sans l'amoindrir ou le simplifier le moins du monde.

Les diables, Savage Messiah, Mahler et Music Lovers sont des films que j'estime beaucoup mais dont j'aurai du mal à parler ne les ayantr revus depuis un certain temps.

Tommy n'est pas une réussite intégral c'est vrai mais il offre des moments de film rock inoubliables et inégalés en captant à la perfection l'esprit de son époque. Clapton en grand prêtre, Elton John en Pinball Wizzard, Tina Turner en Acid Queen, Ann Margret se roulant dans les beans, Keith Moon torturant Tommy et Oliver poussant la chasonnette sont des passages qui me ravissent àa chque vision. Je vous conseille le Dvd Superbit qui propose une image sublime et un remixage Dts respectueux et monstrueux à la fois, les Who comme vous ne les avez jamais entendu.

Je garde un souvenir vague mais fasciné de China Blue et me languis sacrément de découvrir Altered States, Gothic, comme de revoir ses films plus anciens.

Un réalisateur qui prend ses thèmes à coeur et les films en passionné qu'il est. L'un des rares à être capable de faire ressentir la fièvre et la passion avec une telle intensité (Oliver Reed à cheval ou se battant avec Alan Bates dans Love ou La soeur maso et bossue amoureuse de Reed dans The Devils).


Je comprends ceux qui trouvent son oeuvre kitsch et fouillie moi je la trouve débordante de vie et d'émotion. J'aime sa façon de mélanger une certaine classe dans sa mise en scène, ses cadrages et la photo de ses oeuvres en général et un aspect bordélique, trop plein qui donne lors de ses plus grandes réussites des oeuvres fulgurantes que l'on n'oublie pas.

Stefan
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