Jean-Jacques Annaud

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Watkinssien
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Watkinssien »

En même temps, s'il y en a bien un qui est un spécialiste de la réalisation de publicités, c'est bien Jean-Jacques Annaud !
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Mother, I miss you :(
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Jeremy Fox »

L'amant par Justin Kwedi. Il vient de sortir en Bluray chez Pathé.
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Jeremy Fox »

Le Dernier loup - 2015

Très belle mais très dure histoire vraie que celle du massacre des loups de Mongolie. L'ours et Deux frères n'étaient pas de grandes réussites alors que c'est le cas de ce dernier opus superbement réalisé. On vibre pour les personnages principaux et pour ces loups pour lesquels on aura aucune pitié. Attention, le film risque de ce point de vue de traumatiser les plus jeunes. Très bien interprété, superbement photographié et mis en musique avec beaucoup d'émotion par James Horner. Des images resteront comme celles des chevaux figés dans la glace ou cette splendide scène de tempête nocturne. Une belle aventure humaine pour un des films les plus réussis de son auteur. Une vraie belle surprise.
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Jeremy Fox »

Or Noir - 2011

Le film partait avec de fortes chances de me plaire. Au final, ç’aura été une petite baudruche. Pourtant les thématiques étaient intéressantes et assez nouvelles ; la découverte du pétrole en Arabie dans les années 30 et ce que ça engendre sur les différentes tribus, les relations entre elles, les drames familiaux occasionnés... Si Le Dernier Loup m'avait grandement surpris dernièrement, ce ne fut pas le cas de son film précédent. Direction d'acteur très moyenne (Banderas en fait des tonnes, Tahar Rahim ne semble pas fait pour ce genre de rôles/films...), mise en scène loin d'être convaincante surtout durant les scènes d'action bizarrement montées, et surtout dialogues trop souvent ampoulés qui rendent constamment le film d'une naïveté confondante. Quelques très beaux plans, quelques séquences efficaces, un très bon Mark Strong et un James Horner qui se bonifiait avec l'expérience pour un ensemble néanmoins très décevant, qui en tout cas ne m'a quasiment jamais captivé.
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Thaddeus
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


La victoire en chantant
Janvier 1915 à Fort-Coulais, petit poste frontière et comptoir marchand d’Afrique noire. Apprenant la déclaration de guerre, quelques Dupont-Lajoie se laissent aller à leur patriotisme le plus viscéralement cocardier. L’attaque militaire ressemble à une partie de campagne et tourne à la déroute, si bien qu’un jeune normalien enrégimente promptement les indigènes, domine les colons d’une autorité méprisante qu’ils savourent comme on savourait, du temps de Déroulède, la souveraineté du chef. Tout ce microcosme réfléchit le modèle d’origine, ses préjugés d’ethnie, de caste, ses valeurs, ses systèmes, ses alibis. Et Annaud s’adonne avec une légèreté narquoise aux ravages de l’ironie, même si le récit fléchit régulièrement dans son rythme et si les scènes durent un peu trop dans l’exploitation du comique. 3/6

Coup de tête
Le football est l’opium du peuple. Et la vengeance un plat qui se mange froid. Animé par un esprit des plus caustiques, Annaud montre les imbéciles qui beuglent dans les tribunes en jetant des cannettes de bière, les présidents cyniques flattant les égos de joueurs crétinisés pour faire fonctionner toute une machinerie qui tourne à vide et dont la seule fonction est d’abrutir une ville où sévit la fièvre, dangereusement démagogique, de la gloire naissante. Dans la filiation de la comédie italienne, qui concilie le contenu social et le divertissement tout en en dénonçant par l’humour les injustices politiques, il égratigne une certaine mentalité provinciale, fait de magouilles et de veulerie, de traficotages et d’hystérie. Silhouette légère de Roméo en goguette, Dewaere est formidable ; les seconds rôles également. 4/6

La guerre du feu
Première gageure du cinéaste, qui entraîne dans un fascinant voyage temporel et choisit, pour évoquer la vie âpre et rude de nos ancêtres, la voie de la reconstitution ethnologique, aussi éloignée du documentaire scientifique que de la fantaisie débridée. Crédible mais romanesque, d’une vraie beauté picturale dans ses plans d’ensemble, ses visions de la nature inviolée et du monde primitif, le film offre un spectacle saisissant qui parvient à susciter les émotions les plus élémentaires. Travail de reporter talentueux doublé d’un témoignage poétique, dont l’imagination est greffée sur la connaissance, cette aventure préhistorique offre un aperçu de nos origines d’autant plus précieux qu’il est d’abord sentimental. Et si à la fin on ne sait toujours pas d’où vient l’homme, du moins sait-on où il va : de plus en plus loin. 5/6

Le nom de la rose
Dans l'intelligence et la virtuosité, en trouvant un rigoureux équilibre entre thèse et spectacle, profane et sacré, Annaud signe le plus extraordinaire thriller en huis-clos qui soit : un polar entre les pages de la Bible, dopé au mysticisme inquiétant et à l'érudition ludique. Palpitant d'un bout à l'autre, mariant la philosophie, l'initiation, le suspense, l'humour, instaurant un climat gothique et mystérieux des plus envoûtants, cette admirable réussite s'impose comme un formidable réquisitoire contre l'obscurantisme et le fanatisme, et démonte, avec une ironie cinglante, les querelles théologiques d'un clergé rongé par l'hypocrisie et l'immobilisme. Des notes de James Horner au formidable personnage de Guillaume de Baskerville, intellectuel humaniste campé avec un charisme génial par Sean Connery, tout y est magistral, aussi riche que captivant. 6/6
Top 10 Année 1986

L’ours
Encore un pari ambitieux – et remporté. Après La Guerre du Feu, Annaud fait à nouveau le choix d’une quasi absence de dialogue, s’en remet exclusivement à sa foi en l’histoire, à son aisance à exprimer les choses par la beauté simple des images et la force d’une intrigue métaphorique, à portée universelle. Loin de tout effet documentaire, transpirant un véritable amour de la nature et de la vie sauvage, le spectacle se fait tour à tour haletant, cruel, drôle, tendre, et justifie ce qui ne relève pas de la science avérée comme licence poétique. Le cinéaste parvient ainsi à montrer la vie au sens primaire du mot et tout ce qu’elle recèle de tolérance et d’innocence, de grandeur et de servitude, rappelant que l’homme ne peut mériter de survivre qu’en revoyant complètement son système de valeurs. Belle réussite. 4/6

L’amant
Cette fois, le réalisateur s’enlise quelque peu dans l’enluminure et le déjà-vu, le chromo et le lieu commun. La minutie apportée à la reconstitution (une Indochine coloniale grouillante de vie, de fumées, de parfums), l’esthétisme des images et la perfection ostensible de l’exécution frisent la pose publicitaire, et participent d’une forme de cinéma de présentoir, comme si une vitre était placée entre la caméra et un réel labellisé. La puissance de l’intrigue et la relative fascination qui se dégage de cette passion fulgurante garantissent un minimum d’intérêt, mais avec ce (somptueux et très exportable) livre d’images, compromis un peu trop habile entre le culturel et le commercial, le réalisateur semble avoir oublié une chose : devant un écran, nous sommes des spectateurs à séduire, pas des clients à satisfaire. 3/6

Stalingrad
Gros budget, énorme figuration, imposante logistique. Le cinéaste se plie aux règles du film de guerre à grande échelle et reconstitue l’apocalyptique bataille de Stalingrad avec un souffle indéniable, une authentique maîtrise de l’espace stratégique et de la disposition des lieux. Toutes les scènes de traque et d’affût dans les ruines sont très réussies et offrent une belle amplitude à l’idée centrale, ce principe de récit épique réduit à un combat singulier : le jeune paysan soviétique, devenu instrument de propagande, contre le renard nazi à l’œil glacial. Le film est intéressant en ce qu’il fait glisser la pyrotechnie attendue vers le duel entre ces deux chasseurs embusqués, tirant tout le parti d’un décor impressionnant, et lui donnant valeur de symbole pour le conflit (notamment médiatique) entre les deux nations. 4/6


Mon top :

1. Le nom de la rose (1986)
2. La guerre du feu (1981)
3. L’ours (1988)
4. Stalingrad (2001)
5. Coup de tête (1979)

Ce réalisateur a par le passé réalisé des films aussi ambitieux qu’accomplis, faisant mentir la propension du cinéma hexagonal à se montrer frileux pour ce genre de projets à la fois populaires et intelligents. Pour cette raison, et aussi parce qu’il a réalisé l’un de mes films de chevet, il a droit à tout mon respect.
Last edited by Thaddeus on 11 Jan 19, 23:16, edited 4 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Jeremy Fox »

L'amant - 1991

Je me souvenais m'être ennuyé à sa sortie et c'était tout. Revu ce soir ; si je vous dis que je trouve bien plus de sensualité dans la seule séquence de dépucelage dans Le Nom de la rose que dans l'intégralité de ce film, vous aurez compris à quel point ce dernier m'a semblé totalement raté... Puisqu'il s'agit quand même avant tout de l'histoire de l'éveil de la sensualité chez une jeune fille de 15 ans dans les bras d'un milliardaire chinois dans le Saigon des années 20.

Je sauverais néanmoins le poignant thème principal de Gabriel Yared (que l'on entend malheureusement très peu), la somptuosité de la photographie en extérieurs, le très beau texte en voix off tiré du roman de Duras (assez peu mis en avant lui aussi) ainsi que trois séquences (la première rencontre sur la bac, la première étreinte par les mains dans la voiture et les 5 dernières minutes évoquant le départ pour la France). Pour le reste, platement illustratif, sans vie et glacial, surtout lors des scènes d'amour pour lesquelles on ne ressent absolument rien. Annaud n'était à priori pas du tout doué pour l'érotisme et ce n'est pas une Jane March sans grand talent dramatique qui allait tirer l'ensemble vers le haut. Dommage ! Par contre les quelques extraits entendus du roman me donnent envie de le lire ; je n'aurais ainsi peut-être pas perdu ma soirée pour rien.
Billy Budd
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Billy Budd »

Je te conseille L'amant de la Chine du nord, plutôt que L'amant.
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Jeremy Fox »

Billy Budd wrote:Je te conseille L'amant de la Chine du nord, plutôt que L'amant.
Je note. Je n'ai jamais lu Duras.
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Kevin95
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Kevin95 »

Même si la forme peut rebuter, la première version de L'Amant est tout aussi recommandable (faut aimer le phrasé de Duras). Le film est en effet pas terrible, c'est du Just Jaeckin en un peu plus prétentieux (déjà que...).
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
hansolo
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by hansolo »

Y a rien a faire, le réalisateur n'a pas de chance ...
http://www.leparisien.fr/flash-actualit ... 178929.php
- What do you do if the envelope is too big for the slot?
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Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)
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Thaddeus
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Thaddeus »

Alexandre Angel wrote:
Thaddeus wrote: La victoire en chantant (Jean-Jacques Annaud, 1976)
Janvier 1915 à Fort-Coulais, petit poste frontière et comptoir marchand d’Afrique noire. Apprenant la déclaration de guerre, quelques Dupont-Lajoie se laissent aller à leur patriotisme le plus viscéralement cocardier. L’attaque militaire ressemble à une partie de campagne et tourne à la déroute, si bien qu’un jeune normalien enrégimente promptement les indigènes, domine les colons d’une autorité méprisante qu’ils savourent comme on savourait, du temps de Déroulède, la souveraineté du chef. Tout ce microcosme réfléchit le modèle d’origine, ses préjugés d’ethnie, de caste, ses valeurs, ses systèmes, ses alibis. Et Annaud s’adonne avec une légèreté narquoise aux ravages de l’ironie, même si le récit fléchit régulièrement dans son rythme et si les scènes durent un peu trop dans l’exploitation du comique. 3/6
J'ai toujours pensé que le film annonçait Coup de torchon.
Très clairement, je n'ai cessé d'y penser pendant tout le film. Les similitudes de contexte, de genre (la satire sociale), de ton, la férocité assez carnassière commune aux deux oeuvres invitent au rapprochement. Le film de Tavernier est plus achevé, plus fort, plus prenant, bref supérieur à tous les niveaux. C'est une grande réussite là où celui d'Annaud est plus fébrile sur bien des aspects. Mais s'il y a une chose qu'on ne peut enlever à La Victoire en chantant, c'est la finesse avec laquelle il renverse les attentes que le spectateur est censé nourrir à l'encontre des données psychologiques. Piégé par la démarche initiale du récit, il se fait du jeune homme humaniste interprété par Jacques Spiesser l'image d'un héros généreux, se l'imagine en lutte contre l'Armée et l'Eglise. Or celui-ci change de camp : irrité par l'incapacité de l'épicerie française, il se concilie la neutralité bienveillante des deux institutions et prend en main la direction des opérations. Sa haine profonde du désordre le conduit à organiser et à structurer, dans un espoir très rigoriste, l'escadre en déroute. En bon technocrate, il impose un contrôle économique strict et finalement, à la grande satisfaction de tous, présente une armée sur le pied de guerre. La fin justifie les moyens. Pratiquant une subtile politique de division indigène, il dresse les peuples de la savane contre ceux de la forêt, obligeant les premiers à fournir une centaine d'esclaves-recrues. A travers son attitude s'exprime une fascination très intellectualiste et d'autant plus dangereuse du pouvoir politique, avec en toile de fois idéologique la distinction entre hommes et surhommes. Même si, pour lui, les habitants de Fort-Coulais ne situent guère au-dessus des Noirs, il réagit par cohésion de classe. L'intelligence se met au-dessus de la bêtise, mais elle en devient très vite complice et finit par la servir. C'est par provocation infantile qu'il prend une femme indigène pour maîtresse et qu'il la présente (femme-objet trophée) à la bonne société européenne. Et lors de la reddition du territoire aux Anglais, il rencontre son alter ego allemand : "À quelle université étiez-vous ?" lui demande-t-il. "À Heidelberg. - Je m'en doutais" Entre eux s'établit une "intelligence", au-delà du pragmatisme des petits boutiquiers, qui en dit long sur les rapports qui pourraient s'instaurer dans la voie du totalitarisme et du fascisme quelques décennies plus tard. Le film se clôt sur cette constatation désabusée et sarcastique de Fresnoy : "Vous allez rire, Monsieur. J'étais socialiste." À l'inverse, le personnage du sergent Bosselet, incarné par Jean Carmet, même s'il a l'apparence du François moyen, est opaque et ambigu. Malgré ses tartarinades de façade (la parade de la sortie du fort), il se fiche pas mal de la guerre, sachant qu'il n'a ni les moyens ni la compétence de la mener. Il lance ses troupes au casse-pipe sur le mode du "quand faut y aller, faut y aller", préférant de loin la tranquille et morose contemplation de son verre d'absinthe au fracas des armes, surtout à quelques années de la retraite. Allant au front comme un chien est traîné sous la pluie, il est trop heureux de se décharger sur Fresnoy de ses responsabilités qu'il ne tient pas à assumer. Par tous les pores de sa peau il sue l'ennui colonial. Il sait très bien qu'il ne représente que lui-même, c'est-à-dire son propre vide. Pour ces raisons, le film n'a rien de simpliste ou de mécaniquement manichéen. On peut même si demander s'il n'est pas une métaphore qui demande à être transposée, si le petit monde Fort-Coulais ne renvoie pas à d'autres parties de campagne au bord de la Marne, du côté de Nogent et du petit vin blanc, où pique-nique la bonne bourgeoisie française, pendant qu'à des quelques kilomètres de là des goumiers, des tirailleurs sénégalais et des Français se font faucher comme des lapins par des mitrailleuses allemandes.
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Boubakar
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Re: Jean-Jacques Annaud

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Le prochain projet de Jean-Jacques Annaud sera une série télé consacrée à la première réalisatrice, Alice Guy : https://deadline.com/2020/02/jean-jacqu ... 202850694/
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odelay
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Re: Jean-Jacques Annaud

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Bonne idée même si j'aurais préféré un film.
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Supfiction
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Re: Jean-Jacques Annaud

Post by Supfiction »

Adaptation du roman d'Emmanuelle Gaume.

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Bogus
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Re: Jean-Jacques Annaud

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L’Amant (1992)

Et bien j’ai beaucoup aimé et je suis peu surpris de la relative froideur autour du film sur le forum.
J’ai été totalement embarqué par le romanesque et le lyrisme du film. A la beauté des images s’ajoute la sublime et discrète BO composée par Gabriel Yared mais Annaud est également un excellent conteur (la encore l’apport de l’envoûtante voix rauque de Jeanne Moreau est non négligeable), on ne s’ennuie pas et l’émotion se fait jour par petite touche.
C’est ce qui m’a surpris, cette discrétion et cette pudeur paradoxale au sujet traité et aux moyens déployés.
Le seul reproche que je ferai porterai sur les citations de marguerite duras durant les scènes erotiques qui parfois surlignaient un peu lourdement la chose amha.