Bertrand Blier

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Fanning wrote:
Jeremy Fox wrote:Finalement, c'est un sain exercice que de parler des côtelettes : tu peux déverser ta bile et évacuer ta colère sans te faire tomber dessus car ce film fait une sorte d'unanimité. :mrgreen:

Allez, on croit très fort au retour du VRAI Blier
Alors faisons nous encore un peu de mal !

Ah, cette scène de "comédie musicale" à l'hôpital à la fin. Quasiment du Minnelli ! :shock:
Arrêtes, tu vas finir par en faire un film culte :lol:
MJ
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Post by MJ »

Vu aujourd'hui: Tenue de Soirée. Du très bon Bertrand Blier qui a réussi à me mettre (chose rare pour un film) assez mal à l'aise. Chaque scène inquiète du fait qu'on ne sait pas jusqu'ou ce pervers de Blier ira. L'idée du personnage de Bob qui est en réalité la partie homosexuelle cachée d'Alain; son "Dyonisos", est une idée excellente et magnifiée par un Gerard Depardieu qui pour une fois accorde son côté cabotin à souhait avec le rôle. Ca fait foutrement du bien.
8/10


Buffet Froid de Bertrand Blier
Etude clinique d'une banlieue austère et qui ne communique plus, pas réchauffée pour un sou par l'humour surgelé (mais jouissif!) du Blier-fils. La Défense c'est pas jojo. Une rencontre d'acteurs, sur trois générations: Bernard Blier (c'est bien le papa du Bertrand), Jean Carmet et bien entendu Gerard Depardieu.
Une comédie noire surréaliste qui confine presque parfois au fantastique, où les cadavres s'enquillent tel une fatalité autour de nos "héros".
Buffet Froid est un film nocturne, un film qui souffre d'une incapacité de communiquer caractéristique de ces trente dernières années.
Un authentique puit à répliques cultes ("Ca serait dommage de pas profiter des charmes de la banlieue"), une multitude d'écoles qui se rencontrent et s'affrontent (ça va de Michel Serrault à Carole Bouquet).

Bref, ça fait du bien. Et la caméra du trublion en question fait des miracles.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
Billy Budd
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Post by Billy Budd »

MJ wrote:Vu aujourd'hui: Tenue de Soirée. Du très bon Bertrand Blier qui a réussi à me mettre (chose rare pour un film) assez mal à l'aise. Chaque scène inquiète du fait qu'on ne sait pas jusqu'ou ce pervers de Blier ira. L'idée du personnage de Bob qui est en réalité la partie homosexuelle cachée d'Alain; son "Dyonisos", est une idée excellente et magnifiée par un Gerard Depardieu qui pour une fois accorde son côté cabotin à souhait avec le rôle. Ca fait foutrement du bien.
8/10
Je trouve que, comme souvent, Blier part sur les chapeaux de roue puis arrivé à un quart, un tiers ou la moitié du film, tourne à vide. Celui ci retombe toutefois bien sur ses pieds, la dernière séquence étant particulièrement réussie - Depardieu étant grandiose en trav'
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Zelda Zonk
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Post by Zelda Zonk »

Je rejoins l'avis de Noar sur 36 quai des orfèvres, notamment sur la bande-son imbuvable et omniprésente. Vite vu, vite oublié, même si les acteurs s'en tirent pas trop mal.

Pour Blier, j'adore Tenue de soirée. De manière générale, il est très intéressant de voir à quel point le cinéaste réussit systèmatiquement ses scènes d'ouverture (je ne parle pas de ses derniers films, sujet qui fâche...). C'est une constante dans sa filmo initiale. Regardez le début des Valseuses, de Préparez vos mouchoirs, de Buffet froid, de Tenue de soirée ou de Beau père. Il y a toujours cet élan, ce dynamisme, cette immersion directe dans l'histoire, même dans l'immobilité apparente (dialogue Depardieu-Carole Laure dans Préparez vos mouchoirs, dialogue Depardieu-Serrault dans Buffet froid, monologue de Dewaere dans Beau père).
Blier, voilà un type qui sait instinctivement comment attaquer un film et soigner sa scène d'ouverture. Moi je dis chapeau.
Billy Budd
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Post by Billy Budd »

Memento wrote: Blier, voilà un type qui sait instinctivement comment attaquer un film et soigner sa scène d'ouverture. Moi je dis chapeau.
Nous sommes bien d'accord, le problème est qu'il se repose trop dessus : très content de lui, il bâcle généralement la suite
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

Nikita wrote:
Memento wrote: Blier, voilà un type qui sait instinctivement comment attaquer un film et soigner sa scène d'ouverture. Moi je dis chapeau.
Nous sommes bien d'accord, le problème est qu'il se repose trop dessus : très content de lui, il bâcle généralement la suite
Generalement, il trouve un personnage ou un coup de theatre pour embarquer le film vers une autre histoire (cf Preparez vos mouchoirs).

Le probleme, c'est que justement, cette histoire est peu (voir Blanc et Depardieu en couple est - drole qu'au début) voir pas du tout passsionnante ! :? (exeption à Buffet Froid et Les Valseuses !)
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Zelda Zonk
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Post by Zelda Zonk »

Nikita wrote:
Memento wrote: Blier, voilà un type qui sait instinctivement comment attaquer un film et soigner sa scène d'ouverture. Moi je dis chapeau.
Nous sommes bien d'accord, le problème est qu'il se repose trop dessus : très content de lui, il bâcle généralement la suite
Pour les films cités plus haut, je ne suis pas d'accord. Je les trouve réussis de bout en bout. :wink: (y compris Tenue de soirée, même si je lui préfère Les Valseuses, Préparez vos mouchoirs et Buffet froid).
Je ne constate pas de baisse de rythme ou d'intérêt, personnellement.
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Zelda Zonk
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Post by Zelda Zonk »

Revu Beau-père, de Bertrand Blier (1981). Un oeuvre assez atypique dans l'univers du réalisateur (histoire d'amour linéaire, absence de comédie, ton désanchanté), mais que j'aime beaucoup personnellement. Dewaere est toujours aussi bon, la petite Arielle Besse parfaite et la réalisation très soignée (trop d'après le cinéaste qui se montre quelque peu sévère avec ce film). Une variation intéressante sur le thème du Lolita de Nabokov. Par ailleurs, j'aime beaucoup la musique qui se décline sur des accents jazzy (Rémi, joué par Dewaere, est pianiste de bar), interprétée par Maurice Vander et Stéphane Grapelli.
Pour moi, Beau-père fait clairement partie des meilleurs Blier, même s'il reste en deça des Valseuses, de Préparez vos mouchoirs, de Buffet froid ou de Tenue de soirée, dans un tout autre registre.
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Boubakar
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Re: Notez les films de juillet 2008

Post by Boubakar »

Notre histoire (Bertrand Blier, 1984)

Dans l'interview présente sur le dvd, Blier révèle qu'il n'a pas eu de scénario, malgré la constitution du casting.
C'est exactement ce que l'on ressent durant le film; il apparait comme complètement décousu, qui a l'air de construire au fur et à mesure, pour être au final très confus, bourré de parenthèses interminables (il y a beaucoup trop de personnages-parasites autour du couple Delon-Baye), et au final très mineur dans sa filmographie.
Heureusement que Alain Delon sauve le film, car il est formidable, et Nathalie Baye n'est pas en reste.
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Kevin95
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Re: Notez les films de octobre 2008

Post by Kevin95 »

Notre histoire (Bertrand Blier)

Film sans histoire comme le dit le réalisateur (on est habitué avec Blier, la plupart de ses films partent d'un pitch tenu pour partir en vrille dès le premier quart d'heure), Notre histoire est surtout resté dans les mémoires pour avoir offert à Delon un rôle surprenant et pour lequel il se dépasse. En le découvrant, je m'aperçois que cette réputation n'est pas volée, le père Delon est dément dans son rôle de looser alcoolo, n'en fait jamais des caisses et de surcroits, utilise son fameux regard froid (de samouraï) non pas pour montrer sa force mais au contraire toute la fragilité et la tristesse de son personnage. Le reste du casting est tout aussi bon et on aurait touché au chef d'œuvre si Blier ne dérivait pas trop son film à quelques occasions (qui nous fait perdre la relation amoureuse Delon / Baye).
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Kevin95
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Re: Notez les films de novembre 2008

Post by Kevin95 »

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La Femme de mon pote (Bertrand Blier)

J'ai ouï dire que La Femme de mon pote était un Blier mou du genou, foutaise !
Le film est certes moins "provocant" que les métrages les plus célèbres du monsieur, mais ça ne veut pas dire que ce (nouveau) ménage à trois est une œuvre mineure. J'ai trouvé le film plutôt touchant mené par un Coluche encore une fois génial (prenez juste son monologue et vous verrez) accompagné d'une Isabelle Huppert qui ne se prends pas pour une icone (c'est rare) et un Thierry Lhermitte qui navigue entre le très con et le très malin.
Bref j'aime beaucoup et comme dirait le personnage de Coluche "il faut du courage pour être une ordure".
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de février 2009

Post by Profondo Rosso »

Beau Père de Bertrand Blier (1981)

Suite à la mort de sa femme, Patrick Dewaere se retrouve en charge de sa belle fille de 14 ans fortement attirée par lui. Blier franchit encore un pas dans la provocation avec ce film, ayant déjà montré une relation amoureuse entre adulte et un enfant dans le génial "Préparez vos mouchoirs". Mais si le couple entre le gamin poupin et la sensuelle Carole Laure était suffisamment surréaliste et improbable pour faire passer la pilule, il en est autrement ici. Narrée comme une vraie histoire d'amour du début à la fin, le film s'oppose au "Lolita" de Kubrick en rendant les deux protagonistes vraiment sincère (pas de jeune manipulatrice ou de vieux pervers ici) malgré le caractère immoral. Dewaere fait des merveille avec un rôle pas facile, un type paumé résistant aussi longtemps qu'il peut à la tentation mais bientôt enflammé à son tour par la passion de la jeune fille. Malgré le caractère tout en pudeur retenue des scène d'amours, une telle histoire est totalement impensable aujourd'hui (surtout que Arielle Besse avait réellement les 15 ans du rôle) et Blier parvient à conter le tout avec subtilité, le côté anar et barré est mis de côté pour une veine intimiste dans la lignée de "Trop belle pour toi" (on retrouve plusieurs le motif de ce dernier avec Dewaere interpellant le spectateur). Très réussi et vraiment poignant dans sa conclusion avec une ultime scène fantastique où l'histoire semble amenée à se répéter. 5/6
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas - Septembre 2009

Post by Kevin95 »

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Si j'étais un espion (Bertrand Blier) Image

Pour son premier film de fiction, Si j'étais un espion est un film à part dans la filmographie de Bertrand Blier, d'ailleurs sont échec mis le metteur en scène en repos forcé avant son retour fracassant avec Les Valseuses. Le film est à part car c'est le seul film de Blier à être au premier degrés du début a la fin, pas une réflexion décalée ou de dialogue cynique ne viennent s'inviter dans ce récit d'espionnage qui par son atmosphère lourde était un lieux idéal pour ce type de d'humour. Non, le ton est grave, la mise en scène sérieuse et les comédiens investies pour aider ce jeune réalisateur dans un créneau dans le film de genre plus que casse gueule.
Car il faut savoir que les films d'espionnage n'étaient pas légion dans le cinéma policier français en ces années 60, il faut dire que ce segment à connu différents visages pas vraiment réjouissants. Depuis 1962 et Dr. No, la France s'était mise (comme à peu près tout le monde) à faire des ersatz à la pelle de l'agent de sa majesté (citons Coplan ou le fameux OSS 117) et la qualité des films se degradait d'année en année au point que des parodies se mettait elle aussi à voir le jour. Puis en 1965 sortit The Spy Who Came in from the Cold qui aller mettre les pendules à l'heure et faire de l'espion un personnage dramatique au destin Shakespearien. Si j'étais un espion fait très clairement partie de cette lignée et via un noir et blanc poussé et une mise en scène ingénieuse met en scène le parcours d'un homme a priori normal qui va se retrouver piéger dans un labyrinthe psychologique et physique causé par ses relations avec des gens de l'Est.
Pour jouer cet homme "normal" nous avons droit à Bernard Blier, le choix est absolument génial car l'acteur s'imposait pour ce rôle au delà de toute parenté avec le réalisateur. Son physique de français installé, très petite bourgeoisie marche à merveille et son regard tantôt distant tantôt ému est magistral. Face à lui, Bruno Cremer, alors tout jeunot, est terrifiant d'un bout à l'autre (comme il le réussit souvent) et ses face à face avec Blier merveilleux. L'histoire est convenu c'est certain c'est d'ailleurs pourquoi le film n'atteint pas des cimes cinématographiques, mais la mise en scène de Blier fils est de très très haute qualité.
C'est d'ailleurs drôle de mettre en parallèle ce film et un autre de l'auteur, Buffet Froid car les deux films se télescopes dans la vision toute particulière du metteur en scène du paysage urbain. Ce n'est pas qu'ils se ressemblent, c'est même le contraire, l'un est étouffant, les immeubles se mangent entre eux et la rue est saturée de panneaux publicitaire et de piétons (ce qui renforce l'atmosphère lourde du film) et l'autre est vide, froid mais tout deux sont des plus cauchemardesques.

Un sacré bon film (malheureusement méconnu et méprisé par son auteur) aidé par une musique géniallissime car idéale (tendue et hypnotique) de Gainsbourg.
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Kevin95
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Re: Notez les films : Février 2010

Post by Kevin95 »

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Tenue de soirée (Bertrand Blier) Image

Toujours aussi drôle, aussi jouissif, aussi osé, aussi bien foutu, aussi plein de choses... Tenue de soirée est à deux doigts d'égaler Buffet froid dans mon top Blier personnel.
Deux acteurs geniaux le peigne dans le maillot, une actrice de haute volé, un réalisateur qui ne se fout pas de nous et qui donne à sa (fausse) blague une forme élégante, jamais vulgaire ou lourdingue, la cadre est superbe et les dialogues cultes fusent et s'enchainent avec merveille et le score de Gainsbourg classieux.
Génial, alors maintenant sortez nous un bon dvd merde !
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Re: Bertrand Blier

Post by Alligator »

Le bruit des glaçons (Bertrand Blier, 2010) :

http://alligatographe.blogspot.com/2010 ... acons.html

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La salle de l'Utopia de Montpellier était pleine à craquer. Dimanche grisâtre ou réel succès du dernier Bertrand Blier? A voir l'âge moyen du public de retraités, je me dis que le cinéaste a tapé juste quand il a choisi de faire un film sur le cancer. Bizarre, parce qu'a priori, on pourrait croire le contraire. Seulement, "Le bruit des glaçons" ne fait pas peur, n'est pas triste à s'en ouvrir les veines, il fait plutôt risette face à cette peur du crabe et même offre une vision plutôt rassurante, positive de la maladie et de comment s'y prendre pour lutter contre elle. C'est aussi là où le bât blesse à mon humble avis : la légèreté du propos, un poil simpliste également. Ou alors je n'ai pas bien compris où Blier voulait en venir.

Quoiqu'il en soit, je suis sorti tout sourire de la salle. Sans déborder d'un enthousiasme fanatique, je n'étais pas mécontent d'avoir vu ce film et puis le temps passant, le recul devenant de plus en plus large, l'impression de vide, de creux prend une plus grande part dans mon regard.

Certes, les comédiens sont très bons. La direction d'acteurs, ce style particulier que Blier impose à ses acteurs est plus qu'évidente. Il y a un ton "Blier", et de la troupe c'est sûrement Albert Dupontel qui parait le mieux chanter cet air-là. Anne Alvaro n'a pas un rôle "à dire" mais "à jouer". Elle le fait très bien. Les femmes sont toujours un peu moins bavardes chez ce cinéaste, non? Voire. En tout cas, elle assure en grande comédienne qu'elle est. Avec elle, Jean Dujardin, Audrey Dana et Myriam Boyer sont parmi ceux qui m'ont le plus impressionné finalement.

Donc ça joue bien mais je suis un peu déçu par les dialogues. Merde, on a connu Bertrand Blier plus vif, plus piquant, plus fin! C'était sa marque de fabrique, sa devanture de boutique. Certaines répliques sont mêmes plus qu'ordinaires, bel et bien mauvaises. "J'ai commencé à écrire et à boire, je ne sais plus dans quel ordre" ou quelque chose dans ce goût-là : voilà le type de sentence qui voudrait faire "joli" mais qui ne veut strictement rien dire, qui n'a pas de sens réel et me fait sortir du film illico.

Le sujet était bigrement excitant : un alcoolo fait face à son cancer personnifié. Très futé, très "Blier" pour le coup, le sujet est bien amené mais patauge un peu en cours de route. J'ai craint le pire : l'emmerdement, le foutraque, le marécage abscons. Finalement, Blier ne se perd pas mais au 3/4 du film j'en ai eu bien peur. Le film perdait en rythme, des personnages secondaires encombraient un peu la trame.

J'adore Bertrand Blier, sa fougue, son impertinence, sa grossièreté, sa provocation, sa poésie du gras. Je préfère ses premières créations à celles de la période "Anouk Grinberg". De ses récentes productions, je n'ai vu et apprécié que "Combien tu m'aimes?". Ce "bruit des glaçons" me laisse un peu froid en fin de compte. Je regarderais bien "Notre histoire", qui m'attend sur une étagère depuis longtemps, pour renouer avec la touche "Blier".