Claude Lelouch

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Demi-Lune
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Re: Claude Lelouch

Post by Demi-Lune »

Kevin95 wrote:LA BONNE ANNÉE - Claude Lelouch (1973) révision

On a beau prendre du plaisir à se foutre de Claude Lelouch (moi le premier) lorsque le bougre réussit un film, ce n'est pas à moitié. La Bonne Année fait partie de ce que monsieur chabadabada a filmé de plus beau, de plus limpide, de plus revigorant. Pas étonnant que Stanley Kubrick en était dingue tant La Bonne Année est un vrai plaisir de ciné, porté par deux comédiens en chaussons (sincères et déchirants) et une légèreté délicieuse. Le réalisateur se fait plaisir et nous avec, filme Lino Ventura s'amusant comme un gamin et Françoise Fabian comme un mec à poigne. J'ai rarement vu Lino aussi fragile, aussi sensible aux actions de sa partenaire féminine. Il faut voir son visage boudeur lors des plans finaux, vexé que sa promise se soit donnée à d'autres. L'homme fort en prend un coup mais le comédien s'envole, son interprétation restant l'une des plus fortes (avec celle de L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville) de sa carrière. On peut toujours tiquer sur les autocitations Lelouch-iennes un peu reloues comme ce générique sur Un homme et une femme (car pour notre homme, l'année 1966 est symbolisé pour tout le monde par son film) mais on ne peut enlever la grâce de son cinéma qui à l'époque est dans sa période bénite. On respire un bon coup.
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Supfiction
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Re: Claude Lelouch

Post by Supfiction »

hansolo
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Re: Claude Lelouch

Post by hansolo »

Claude Lelouch se fait voler le scénario de son prochain film
Le cinéaste de 80 ans s'est fait dérober le seul exemplaire du scénario de « Oui et Non ». Il en appelle à ses voleurs.

Pour le réalisateur d'« Un homme et une femme », Palme d'or à Cannes en 1966, c'est une catastrophe. Dans les objets dérobés se trouvaient en effet, déplore celui qui a été le dernier à faire tourner Johnny Hallyday l'année dernière dans « Chacun sa vie », la structure du scénario de son prochain film, intitulé « Oui et Non ». Une grande saga au casting encore inconnu et se déroulant de 1937 à nos jours, parlant de musique, de cinéma et de politique. « On a vécu un siècle de folie totale et je vais pouvoir m'offrir ça pour mes 80 ans », se réjouissait le cinéaste l'an dernier au micro de RTL en parlant de ce futur long-métrage.
http://www.leparisien.fr/culture-loisir ... 498251.php

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Re: Claude Lelouch

Post by Supfiction »

hansolo wrote:Claude Lelouch se fait voler le scénario de son prochain film
Le cinéaste de 80 ans s'est fait dérober le seul exemplaire du scénario de « Oui et Non ». Il en appelle à ses voleurs.

Pour le réalisateur d'« Un homme et une femme », Palme d'or à Cannes en 1966, c'est une catastrophe. Dans les objets dérobés se trouvaient en effet, déplore celui qui a été le dernier à faire tourner Johnny Hallyday l'année dernière dans « Chacun sa vie », la structure du scénario de son prochain film, intitulé « Oui et Non ». Une grande saga au casting encore inconnu et se déroulant de 1937 à nos jours, parlant de musique, de cinéma et de politique. « On a vécu un siècle de folie totale et je vais pouvoir m'offrir ça pour mes 80 ans », se réjouissait le cinéaste l'an dernier au micro de RTL en parlant de ce futur long-métrage.
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Le voleur doit être un grand cinéphile :mrgreen:
Mais, il l’avait pas déjà réalisé ce film ?
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Kevin95
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Re: Claude Lelouch

Post by Kevin95 »

Ça fait 40 ans que Lelouch tourne avec le même scénario. Normal qu'il soit tristoune qu'on lui ait chouré. :mrgreen:
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Re: Claude Lelouch

Post by hansolo »

Kevin95 wrote:Ça fait 40 ans que Lelouch tourne avec le même scénario. Normal qu'il soit tristoune qu'on lui ait chouré. :mrgreen:
:lol:
Un des sacs contenait l’unique exemplaire du scénario du prochain film du réalisateur âgé de 80 ans, Oui et Non.
Le réalisateur d’Un homme et une femme a également confié avoir perdu plusieurs cahiers représentant « un millier de pages », couvertes de notes, de témoignages, d’observations et de choses vues depuis cinquante ans.
« On m’a dérobé les valises magiques, celles qui m’ont accompagné toute ma vie et dans lesquelles je puise matière à mon inspiration », a déploré Claude Lelouch qui a aussi perdu dans cette mésaventure 15.000 euros « en monnaies diverses », ses clés, son passeport et une montre.
« J’ai toujours avec moi une réserve d’argent au cas où je doive partir à l’étranger », a expliqué le cinéaste au quotidien.
Il a le pitch pour son prochain film:
" Un réalisateur qui n'a jamais eu besoin d'un scénario pour ses films se fait dérober le seul scénar qu'il a jamais ecrit ... Hasard ou Coïncidence? "
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Thaddeus
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Re: Claude Lelouch

Post by Thaddeus »

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Un homme et une femme
Il est coureur automobile, elle est script-girl, tous les deux veufs et parents uniques. Ils se rencontrent par hasard, covoiturent, écoutent de la musique, vont au restaurant, se confient leurs vies et tombent amoureux. Lelouch ne cache pas la banalité de cette histoire simple et entraîne avec une nonchalance pleine d’élans éphémères dans une romance rêveuse, romanesque, quelque part entre Les Parapluies de Cherbourg (les chansons en moins, malgré le chabadabada) et les libertés de la Nouvelle Vague. Cinéma naïf, sentimental, s’amusant à essayer des figures de style disparates, à les opposer, les combiner, avec la joie d’un jeune chien courant sur une plage deauvillaise. Le charme est là, mais si volatil et superficiel qu’il s’oublie sitôt que le mot Fin apparaît – sur un quai de gare, évidemment. 3/6

Le voyou (Claude Lelouch, 1970)
Il suffit à Lelouch de pratiquer le polar à sa manière, faussement dilettante, rigoureuse sans le montrer, ferme dans la décontraction, pour susciter un bonheur à peu près sans fausse note que relaie l’excellence des acteurs (Trintignant, Denner, Judith Magre). Entre l’hommage au genre, le parodie de comédie musicale dont les scènes enserrent le récit en lui donnant un air onirique, et le jeu purement formel façon pastiche de Robbe-Grillet, il livre ici un divertissement de première tenue, truffé d’idées judicieusement exploitées, dont l’intérêt est constamment relancé par une structure temporelle éclatée, et qui s’arrange pour glisser quelques piques bien senties à l’égard de la grande presse, de la haute finance, de la publicité, de la tragédie à la une. De l’art d’être intelligent sans se donner l’air de réfléchir. 5/6

L’aventure c’est l’aventure
Son talent incontestable, ses propensions à s’affirmer comme un véritable auteur, Lelouch les dissimule ici derrière une désinvolture qui se donne des airs de dilettantisme, et les fond dans un registre cocasse et burlesque que l’on pourrait définir comme un art de camelot. Dans cette farce pleine de dérapages incontrôlés, il raconte les aventures de cinq-pied-nickelés à la petite semaine qui décident de se lancer dans le seul fric-frac qui leur semble vraiment rentable : la politique. L’occasion de se moquer de tout ce qui finit en "iste", de courtiser l’absurde le plus échevelé en une joyeuse pantalonnade comique, de favoriser une anarchie narrative et stylistique donnant sa pleine latitude à une troupe d’acteurs désopilants. Brouillon certes, inégal sans doute, mais aussi et surtout parfaitement réjouissant. 4/6

La bonne année
On pourrait tirer de ce titre polysémique une réflexion d’astrologue : lorsque toutes les planètes sont bien alignées et que Lelouch s’en donne vraiment la peine, alors il pratique un cinéma absolument magique. Entre la rigueur d’une structure qui se joue des attentes et l’indolence d’une expression s’autorisant les apartés, les à-côtés, les aphorismes les plus exquis, entre le nerf vif d’un polar réglé au millimètre, ponctué de gageures formelles (le plan sidérant qui suit l’itinéraire chronométré des futurs braqueurs), et le feu doux d’une histoire d’amour ne cessant de prendre toujours plus d’ascendant sur le programme, le film impose un miracle permanent de surprise et de fraîcheur, d’élégance et de profondeur, de légèreté et d’émotion. Lino Ventura et Françoise Fabian, proprement alchimiques, sont à son image. 5/6
Top 10 Année 1973

Itinéraire d’un enfant gâté
Rôle en or pour Belmondo, en grande forme : celui de Sam Lion, enfant abandonné, élevé dans un cirque, reconverti dans les affaires, PDG d’une multinationale de nettoyage, dépressif, navigateur solitaire, disparu volontaire, globe-trotter puis safariman buriné en Afrique. Sa trajectoire, le film l’écrit d’abord à la faveur d’une lutte incessante entre la continuité et la discontinuité : la première partie l’illustre par sa postulation d’un présent balbutiant qui peine à se frayer son chemin, d’un futur incertain et d’un passé qui pose problème. Et si elle cède ensuite à un cinéma de comédie un peu plus vieillot, bon enfant et léger, Lelouch le naïf romantique témoigne d’un bout à l’autre d’un plaisir communicatif de voir vivre et agir des personnages, jouer des acteurs, se développer et rebondir des situations. 4/6


Mon top :

1. La bonne année (1973)
2. Le voyou (1970)
3. Itinéraire d’un enfant gâté (1988)
4. L’aventure c’est l’aventure (1972)
5. Un homme et une femme (1966)

Seulement cinq films, parmi la vaste et (paraît-il) très inégale carrière de Claude Lelouch : voici tout ce que je connais du bonhomme pour l’instant. Difficile donc d’infirmer ou de confirmer la réputation d’un auteur ayant creusé le fossé entre la critique et lui, réussi à trouver un large public tout en imposant l’ambition toute personnelle d’un cinéma populaire, romanesque et charmeur. Mais la séduction et le talent sont bien là, aussi indéniables que la griffe d’une personnalité sentimentale, avide de situations tendres et cocasses, de bons mots délivrés comme des flèches ou des caresses, de leçons de vie un tantinet démagogiques mais pleines de conviction.
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hansolo
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Re: Claude Lelouch

Post by hansolo »

Thaddeus wrote:Difficile donc d’infirmer ou de confirmer la réputation d’un auteur ayant creusé le fossé entre la critique et lui, réussi à trouver un large public tout en imposant l’ambition toute personnelle d’un cinéma populaire, romanesque et charmeur. Mais la séduction et le talent sont bien là, aussi indéniables que la griffe d’une personnalité sentimentale, avide de situations tendres et cocasses, de bons mots délivrés comme des flèches ou des caresses, de leçons de vie un tantinet démagogiques mais pleines de conviction
Lelouch a connu de beaux succès pendant 25 ans. Mais ça fait maintenant 20 ans qu'il n'attire péniblement 200 à 300 000 spectateurs pour ses films, et ce n'est pas faute d'essayer ...
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Re: Claude Lelouch

Post by Alexandre Angel »

J'avais bien aimé son film avec Johnny, Sandrine Bonnaire (très bien filmée) et Eddy Mitchell: Salaud on t'aime.
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Re: Claude Lelouch

Post by Supfiction »

hansolo wrote:
Thaddeus wrote:Difficile donc d’infirmer ou de confirmer la réputation d’un auteur ayant creusé le fossé entre la critique et lui, réussi à trouver un large public tout en imposant l’ambition toute personnelle d’un cinéma populaire, romanesque et charmeur. Mais la séduction et le talent sont bien là, aussi indéniables que la griffe d’une personnalité sentimentale, avide de situations tendres et cocasses, de bons mots délivrés comme des flèches ou des caresses, de leçons de vie un tantinet démagogiques mais pleines de conviction
Lelouch a connu de beaux succès pendant 25 ans. Mais ça fait maintenant 20 ans qu'il n'attire péniblement 200 à 300 000 spectateurs pour ses films, et ce n'est pas faute d'essayer ...
Un+Une a approché le million de spectateurs.

A cela il faut ajouter le succès critique de Roman de gare. Et bien entendu comme d’habitude de beaux moments répartis dans ses films, même dans les récents.
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Re: Claude Lelouch

Post by hansolo »

Supfiction wrote:
hansolo wrote: Lelouch a connu de beaux succès pendant 25 ans. Mais ça fait maintenant 20 ans qu'il n'attire péniblement 200 à 300 000 spectateurs pour ses films, et ce n'est pas faute d'essayer ...
Un+Une a approché le million de spectateurs.

A cela il faut ajouter le succès critique de Roman de gare. Et bien entendu comme d’habitude de beaux moments répartis dans ses films, même dans les récents.
Tu as raison, j'avais zappé Un+Une (pas vu): ça a été un beau succès !
J'ai vu certains de ses derniers films en DVD, en général pas désagréable mais rien que je retienne particulièrement ...
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Re: Claude Lelouch

Post by Demi-Lune »

Thaddeus wrote:Un homme et une femme
Le charme est là, mais si volatil et superficiel qu’il s’oublie sitôt que le mot Fin apparaît – sur un quai de gare, évidemment. 3/6
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Comment le charme peut-il s'oublier lorsque le film est un alignement de scènes, de mélodies et d'images marquantes au fer rouge? Rhaaa.
Allez, pour contrebalancer: film sensationnel, une des plus belles et pures romances portées à l'écran. Et un des films du cinéma français dont le mythe n'est pas usurpé.
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Re: Claude Lelouch

Post by Thaddeus »

Demi-Lune wrote:Comment le charme peut-il s'oublier lorsque le film est un alignement de scènes, de mélodies et d'images marquantes au fer rouge? Rhaaa.
Allez, pour contrebalancer: film sensationnel, une des plus belles et pures romances portées à l'écran. Et un des films du cinéma français dont le mythe n'est pas usurpé.
Je suis le premier déçu à ne pas avoir été plus enthousiasmé que cela par ce film en effet très fameux. Je perçois tout à fait le plan sur lequel se place Lelouch, cette idée de jaillissement, d'épanouissement d'un réalisateur qui voit en images, pense en images, se méfie des mots et pour qui le cinéma tient lieu de culture et de formation. Il y a quelque chose de très naïf dans cette oeuvre d'un Douanier Rousseau du septième art, avec ses ratés, ses silences, ses reculs, ses envols. Et certaines scènes sont particulièrement réussies, je ne le nie pas : sous les parapluies de Deauville, on dirait des personnages de Borzage qui auraient vu des films d'Antonioni. De même, la liberté d'improvisation du monologue intérieur de Jean-Louis remontant sur Paris, la spontanéité du déjeuner au restaurant grâce à la présence des enfants qui confère une réserve à leur intimité naissante, la conversation sur leurs métiers réciproques, la promenade en mer constituent de très jolis moments, mais épars au sein d'un ensemble beaucoup plus inégal dans lequel, bien malgré moi, je n'ai jamais réussi à me fondre pleinement.
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Re: Claude Lelouch

Post by Supfiction »

Thaddeus wrote:
Demi-Lune wrote:Comment le charme peut-il s'oublier lorsque le film est un alignement de scènes, de mélodies et d'images marquantes au fer rouge? Rhaaa.
Allez, pour contrebalancer: film sensationnel, une des plus belles et pures romances portées à l'écran. Et un des films du cinéma français dont le mythe n'est pas usurpé.
Je suis le premier déçu à ne pas avoir été plus enthousiasmé que cela par ce film en effet très fameux. Je perçois tout à fait le plan sur lequel se place Lelouch, cette idée de jaillissement, d'épanouissement d'un réalisateur qui voit en images, pense en images, se méfie des mots et pour qui le cinéma tient lieu de culture et de formation. Il y a quelque chose de très naïf dans cette oeuvre d'un Douanier Rousseau du septième art, avec ses ratés, ses silences, ses reculs, ses envols. Et certaines scènes sont particulièrement réussies, je ne le nie pas : sous les parapluies de Deauville, on dirait des personnages de Borzage qui auraient vu des films d'Antonioni. De même, la liberté d'improvisation du monologue intérieur de Jean-Louis remontant sur Paris, la spontanéité du déjeuner au restaurant grâce à la présence des enfants qui confère une réserve à leur intimité naissante, la conversation sur leurs métiers réciproques, la promenade en mer constituent de très jolis moments, mais épars au sein d'un ensemble beaucoup plus inégal dans lequel, bien malgré moi, je n'ai jamais réussi à me fondre pleinement.
C'est décevant mais c'est Deauville sans Trintignant pour Thaddeus..



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Re: Claude Lelouch

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hansolo wrote:
Kevin95 wrote:Ça fait 40 ans que Lelouch tourne avec le même scénario. Normal qu'il soit tristoune qu'on lui ait chouré. :mrgreen:
:lol:
Un des sacs contenait l’unique exemplaire du scénario du prochain film du réalisateur âgé de 80 ans, Oui et Non.
Le réalisateur d’Un homme et une femme a également confié avoir perdu plusieurs cahiers représentant « un millier de pages », couvertes de notes, de témoignages, d’observations et de choses vues depuis cinquante ans.
« On m’a dérobé les valises magiques, celles qui m’ont accompagné toute ma vie et dans lesquelles je puise matière à mon inspiration », a déploré Claude Lelouch qui a aussi perdu dans cette mésaventure 15.000 euros « en monnaies diverses », ses clés, son passeport et une montre.
« J’ai toujours avec moi une réserve d’argent au cas où je doive partir à l’étranger », a expliqué le cinéaste au quotidien.
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" Un réalisateur qui n'a jamais eu besoin d'un scénario pour ses films se fait dérober le seul scénar qu'il a jamais ecrit ... Hasard ou Coïncidence? "
Verra t'on un jour cette adaptation de ni oui ni non
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« S’il est vrai que l’art commercial risque toujours de finir prostituée, il n’est pas moins vrai que l’art non commercial risque toujours de finir vieille fille ».
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