E.T. l'extraterrestre (Steven Spielberg - 1982)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Strum
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Strum »

Wagner wrote:J'ai une connaissance qui a appelé son fils Elliot, je n'ai osé lui demandé si elle est fan d'E.T :oops:

Blague à part, je suis un peu surpris que l'on aille chercher tant de densité dans le film sous couvert de subjectivité du regard. La prise de vue à hauteur d'enfant est un des principes les plus élémentaires qui soient dès lors que l'on centre un film sur un enfant (oui, oui, La Nuit du chasseur). Les adultes perçus uniquement par des jambes qui s'agitent ne suffisent pas à parler de film où le monde adulte est présenté de manière terrifiante. Distants, inaccesibles, certainement mais cauchemardesque? Ce n'est pas non plus Moonfleet.

Apèrs je n'ai pas d'avis aussi tranché, je trouve que le film a des qualités, mais Spielberg me gêne avec ses tableaux très simples auxquels il a l'air de croire vraiment. Comparer E.T à the Thing, c'est un peu comparer Empire du soleil à Requiem pour un massacre. D'un côté y'a un gamin qui y croit, se fait mettre en joue par un japonais et s'en sort par un salut militaire adressé à trois pilotes qui lui rendent son salut de manière solennelle sur fond de coucher de soleil, de l'autre y'a un gamin qui s'en prend plein la gueule.
Je précise quand même qu'il ne me serait personnellement jamais venu à l'idée de comparer de mon propre chef ET à The Thing (et encore moins Empire du soleil à Requiem pour un massacre). Initialement, j'avais simplement réagi au post de jacques2 dans le topic The Thing comparant The Thing et ET en vomissant sur ce dernier, pour dire qu'ET avait aussi quelque chose de paranoïaque et n'était pas si mièvre qu'on voulait parfois le dire.

Pour revenir à E.T. : je trouve que dans toute la première partie du film (la mère ne compte pas bien sûr), les adultes sont souvent perçus comme une menace (ou a minima comme un monde lointain et sans visage). Ce n'est pas seulement les plans sur les jambes, c'est tout le reste : les phares des voitures, le sanctuaire de la forêt violé, les bruits, la musique menaçante, les ombres systématiquement filmées à contre-jour ou à contre-lumière, les lampes torches, le gros porte-clef, le professeur sans visage, les policiers dont on ne voit pas le visage, les plans où les ombres des hommes sont littéralement alignées en rang d'oignon barrant la route et donc l'écran, les cosmonautes envahissant la maison sans permis, les masques des médecins... J'ai revu ET récemment avec mes enfants, qui aiment beaucoup le film : ils ne cessaient de me dire, pas rassurés, "qui sont ces gens ?", "pourquoi ils sont méchants" ? Ce procédé de prise de vue est peut-être simple, mais il est trop systématique, plus systématique qu'aucun autre film de ma connaissance, pour que ce ne soit pas quelque chose de voulu, de pensé, de signifiant, d'important du point de vue de la vision du monde qui sous-tend le film. Comme tu le dis, Spielberg a l'air d'y croire vraiment. Maintenant, évidemment, on n'est pas obligé d'adhérer à sa vision, et ET n'est ni La Nuit du Chasseur, ni Moonfleet.
Wagner
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Wagner »

Strum wrote:le gros porte-clef
Alors là, il faut directement montrer le film à Bettelheim! :mrgreen:
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Strum
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Strum »

Wagner wrote:Alors là, il faut directement montrer le film à Bettelheim! :mrgreen:
Ah ça, je suis sûr qu'ET, avec ce dernier qui jouerait le rôle du "bon parent" et les adultes sans visage celui des "ogres", lui aurait beaucoup plus. :mrgreen:
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Flol »

Strum wrote:ET n'est ni La Nuit du Chasseur, ni Moonfleet.
Non, c'est même bien mieux que ça.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Major Tom »

Ratatouille wrote:
Strum wrote:ET n'est ni La Nuit du Chasseur, ni Moonfleet.
Non, c'est même bien mieux que ça.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Beck »

Ratatouille wrote:
Strum wrote:ET n'est ni La Nuit du Chasseur, ni Moonfleet.
Non, c'est même bien mieux que ça.
Euté bien mieux que La nuit du chasseur hein....... tu vas l'avoir ta calotte.

Bon je vais revoir ce Euté tout de suite pour voir si mon impression a changé depuis la dernière fois où je l'ai maté (il y a plus de 5 ans je pense).
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Flol »

Major Tom wrote:
Ratatouille wrote: Non, c'est même bien mieux que ça.
+1
Merci Major.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Strum »

Ratatouille wrote:Merci Major.
Merci à toi, on le voyait mal ce + 1 du Major.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by Wagner »

Beck wrote:Bon je vais revoir ce Euté tout de suite pour voir si mon impression a changé depuis la dernière fois où je l'ai maté (il y a plus de 5 ans je pense).
Tu devrais attendre, il devrait sortir en blu ray l'année prochaine pour les 30 ans du film, et tu pourras découvrir le chef d'oeuvre qui enterre La Nuit du chasseur et Moonfleet réunis :D :lol:

Ouch!
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by AtCloseRange »

Wagner wrote:
Strum wrote:le gros porte-clef
Alors là, il faut directement montrer le film à Bettelheim! :mrgreen:
Tiens, d'ailleurs, ce ne serait pas Harrison Ford, l'homme au porte-clés?
Je crois me rappeler avoir lu ça un jour.
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Re: E.T. l'extraterrestre (Steven Spielberg - 1982)

Post by Flol »

Non, Ford interprète le prof de bio d'Elliott (que l'on ne verra jamais...comme beaucoup d'adultes dans ce film) dans la scène de la grenouille.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by jacques 2 »

Wagner wrote:
Beck wrote:Bon je vais revoir ce Euté tout de suite pour voir si mon impression a changé depuis la dernière fois où je l'ai maté (il y a plus de 5 ans je pense).
Tu devrais attendre, il devrait sortir en blu ray l'année prochaine pour les 30 ans du film, et tu pourras découvrir le chef d'oeuvre qui enterre La Nuit du chasseur et Moonfleet réunis :D :lol:

Ouch!
Oui, enfin toutes ces comparaisons, c'est très vain ...

Personnellement, les 2 films cités sont "intouchables" et dépassent E.T de cent coudées : cela fait il avancer le débat ? ...

Car, pour E.T, ce n'est pas de la provoc mais un fait : j'y suis totalement insensible ...

Je ne critique pas ceux qui aiment mais, bon dieu, a t'on encore le droit de ne pas s'agenouiller devant certains films pourtant admirés par beaucoup ? Bien sûr que oui ...

Le film a sûrement des qualités (c'est Spielberg quand même) mais je considère que c'est son plus mauvais film (enfin, c'est mieux que "Hook" quand même) même si j'ai lu attentivement certains posts ci dessus ...
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by AtCloseRange »

Ratatouille wrote:
Strum wrote:ET n'est ni La Nuit du Chasseur, ni Moonfleet.
Non, c'est même bien mieux que ça.
Ah non!

Tout simplement parce que La Nuit du Chasseur et Moonfleet ne sont pas mièvres.
Parce que mièvre, ET l'est un peu quel que soit votre démonstration pour montrer le contraire et indépendamment de ses nombreuses qualités.
Mais, plus que mièvre, l'adjectif approprié serait d'ailleur plutôt manipulateur et la combinaison Spielberg-Williams y est pour beaucoup.
Je suis toujours "ému" à la fin d'ET mais pas vraiment pour de "bonnes" raisons et un peu à l'insu de mon plein gré.
Et je pense alors à la scène du "lancement des violons" du Truman Show.

En cela, ET est tellement emblématique (et le modèle) de tellement de films "commerciaux" des années 80.
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Re: The Thing (John Carpenter - 1982)

Post by jacques 2 »

AtCloseRange wrote:
Ratatouille wrote: Non, c'est même bien mieux que ça.
Ah non!

Tout simplement parce que La Nuit du Chasseur et Moonfleet ne sont pas mièvres.
Parce que mièvre, ET l'est un peu quel que soit votre démonstration pour montrer le contraire et indépendamment de ses nombreuses qualités.
Mais, plus que mièvre, l'adjectif approprié serait d'ailleur plutôt manipulateur et la combinaison Spielberg-Williams y est pour beaucoup.
Je suis toujours "ému" à la fin d'ET mais pas vraiment pour de "bonnes" raisons et un peu à l'insu de mon plein gré.
Et je pense alors à la scène du "lancement des violons" du Truman Show.

En cela, ET est tellement emblématique (et le modèle) de tellement de films "commerciaux" des années 80.
+ 1 : et il est vrai que l'envahissante et pompière musique de William est aussi pour quelque chose dans mon rejet du film ...

Exact aussi que le terme de mièvre - que j'avais utilisé - est mal choisi : disons que je n'aime pas que l'on me tire par la manche pour m'arracher de l'émotion ou des larmes ...
Pour moi, ce film utilise de très - trop - gros sabots pour héler le public (même si on peut sûrement y trouver des sous textes intéressants) et, par conséquent, me laisse parfaitement froid ...
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Demi-Lune
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Re: E.T. l'extraterrestre (Steven Spielberg - 1982)

Post by Demi-Lune »

Ratatouille wrote:Non, Ford interprète le prof de bio d'Elliott (que l'on ne verra jamais...comme beaucoup d'adultes dans ce film) dans la scène de la grenouille.
Il me semble que Ford joue plutôt le directeur de l'école, devant lequel comparaît Elliot après la scène de la grenouille. Mais c'est une scène coupée. D'ailleurs, on ne voyait l'acteur que de dos.
AtCloseRange wrote:l'adjectif approprié serait d'ailleur plutôt manipulateur et la combinaison Spielberg-Williams y est pour beaucoup.
Je suis toujours "ému" à la fin d'ET mais pas vraiment pour de "bonnes" raisons et un peu à l'insu de mon plein gré.
Un peu comme J.F.K. qui oblige du spectateur une certaine façon de penser ? Sérieusement, le cinéma est par essence manipulateur et c'est une manipulation que nous acceptons chaque fois que nous voyons un film. Le problème, c'est d'être aspiré ou rester en retrait de l'émotion véhiculée par le film. En ce sens, je ne vois pas quelles seraient éventuellement les "bonnes" raisons qui feraient qu'être ému serait acceptable dans un cas et pas dans un autre. On est ému ou on ne l'est pas. J'ai parfois été moi-même raidi par cette impression qu'on attendait de moi mon abandon émotionnel, comme si le réalisateur poussait des boutons pour commander mon émotion. Mais si on est ému, c'est parce que la scène a touché la sensibilité du spectateur et qu'elle a éveillé quelque chose de profond dans son cœur. Tu parles d'émotion à l'insu de ton plein gré, mais je pense au contraire qu'être envahi par l'émotion relève d'un libre-arbitre. C'est pourquoi tant de gens divergent sur l'appréciation émotionnelle de tas de films. Je ne crois pas qu'un procédé "manipulateur", comme tu dis, te rendrait ému - précisément parce que tu sens bien que le réalisateur derrière n'est pas honnête à ce moment-là. Or, E.T. transpire une honnêteté totale, ne serait-ce que parce qu'il s'agit d'un film fortement autobiographique. La fin d'E.T. est l'aboutissement d'une aventure qui prend fin de manière définitive, l'émotion atteint un climax classique au cinéma (renforcé par le fait que Spielberg a tourné le film de manière chronologique) et je ne vois absolument rien de manipulateur là-dedans, sinon pas plus que dans d'incalculables anciens films qui appuyaient tout par leur musique pour bien baliser le spectateur. Pour moi la fin d'E.T. est une merveille de poésie et d'émotion parce que Spielberg n'établit justement aucune distance avec la scène qu'il filme : il est lui-même touché, tout comme tous les acteurs, par la magie qui prend vie à ce moment-là, cette chose incroyable que d'être bouleversé par les adieux d'une chose qui n'est même pas réelle.

Quant à "mièvre", je rappelle que cela qualifie quelque chose de fade, manquant de vigueur.