Woody Allen

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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riqueuniee
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Re: Woody Allen

Post by riqueuniee »

Federico wrote:
AtCloseRange wrote:Revu Maudite Aphrodite.
Vraiment un des Woody les moins inspirés. Le choeur antique est une fausse bonne idée et soulant sur la longueur (heureusement, il y a Cassandre). ce qui concerne Helena Bonham Carter et Peter Weller est sans intérêt.
Heureusement, le coeur du film reste Mira Sorvino qui est formidable (qu'est elle devenue d'ailleurs?) mais ça reste largement insuffisant pour un Woody Allen bien paresseux.
A l'époque du film d'Allen, j'étais prêt à parier que Mira Sorvino irait loin. Cette fille avait tout pour elle : un charme malicieux, du naturel et pour ne rien gâcher une tête bien remplie (je ne sais plus combien de langues elle parle couramment mais je l'avais entendue s'exprimer en français aussi parfaitement que Jodie Foster). Quelques films sympas à droite à gauche mais le soufflé est retombé. Manque d'opportunités, manque d'envie ou concurrence, I don't know... Un parcours qui m'a souvent rappelé celui de Jennifer Connolly avec laquelle elle partage quelques points communs.
Si on se fie à sa filmo sur wikipedia, elle tourne beaucoup; mais malheureusement, presque rien de notable là-dedans (ou alors c'est inédit chez nous). L'un des plus récents, Attack on Leningrad, un film russe est passé sur CanalPlus Cinéma : elle interprétait une journaliste britannique (d'origine russe) qui restait coincée dans Leningrad lors du siège de cette ville en 1941 (avec aussi Gabriel Byrne).
PS Dans les langues qu'elle parle, il y a le chinois.
pilot
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Re: Woody se dénigre et c'est génial !

Post by pilot »

une toute petite interview de Allen, je crois qu'elle est consultabe sur Nice-Matin.fr, j'ai lu que le papier en france sur le Var Matin du lundi je crois, sympa, il rajeunit on dirait :)
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Profondo Rosso
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Re: Woody Allen

Post by Profondo Rosso »

Manhattan (1979)

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Scénariste de télévision, Isaac Davis (Woody Allen) est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi, passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. Sa deuxième épouse (Meryl Streep) qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans (Mariel Hemingway) avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale (Michael Murphy), son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton) dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.

Arrivé à la réalisation presque par accident et surtout par dépit de voir ses scripts malmenés par les producteurs (Quoi de neuf, Pussycat ? (1965) aura été une expérience douloureuse), Woody Allen se sera contenté tout au longs de ses premiers films de transposer de manières inégale et potache ce qui avait fait son succès d'amuseur sur scène et à la télévision. Annie Hall (1977) allait amener une spectaculaire évolution et ouvrir de nouvelles perspective au réalisateur en inscrivant le récit dans un cadre plus réaliste, en traitant de thèmes quotidien et en troquant les gags pour un ton doux-amer amusé et mélancolique. Délicat récit de la rencontre, de l'union et de la séparation d'un couple, Annie Hall dévoilait une finesse et une légèreté touchante tout en proposant une forme plus aboutie (c'est le début de la fructueuse collaboration avec le directeur photo Gordon Willis). Succès commercial et grand vainqueur aux Oscars (il remportera ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Diane Keaton), Annie Hall ouvre une nouvelle voie à Allen qui va avec Manhattan creuser le même sillon de manière plus aboutie encore.

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Manhattan dépeint les chassés-croisés amoureux de quadras intellectuel new-yorkais en pleine crise existentielle. Isaac (Woody Allen qui donne une belle profondeur à son personnage de binoclard d'hypocondriaque) est insatisfait de son rôle d'humoriste de télévision et aspire à devenir écrivain mais son livre n'avance pas. Côté cœur, il n'assume la romance qu'il vit avec la jeune Tracy (Mariel Hemingway) seulement âgée de 17 ans et voit ses sentiments pencher vers la très névrosée Mary (Diane Keaton), maîtresse de son meilleur ami Yale (Michael Murphy) lui-même en plein doute sur son mariage. Les relations se nouent et se dénouent au gré d'une narration nonchalante ancrée dans un quotidien fait de sorties au restaurant, au musée, dans les parcs où les ruelles de ce New York personnage à part entière du récit. La scène d'ouverture voix Allen s'emmêler les pinceaux en cherchant à dépeindre son sentiment sur la ville dans le premier chapitre de son roman où elle sera tour à tour chaleureuse, étouffante ou poétique.

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Elle sera surtout liée à son humeur du moment où le plus simple s'oppose au plus sophistiqué, la vision de Manhattan étant pliée à celle des deux relations amoureuses dans lesquelles navigue Isaac. La belle, innocente et aimante Tracy (Mariel Hemingway absolument craquante de candeur) se plonge donc dans l'univers d'Isaac de la manière la plus simple (tous les passages dans l'appartement miteux d'Allen, les scènes de lit où ils regardent de vieux films) quand avec la plus torturée et intellectuelle Mary on aspire au grandiose, à la romance la plus éclatante. Ce n'est donc pas étonnant que les deux moments les plus époustouflant visuellement se déroule avec Diane Keaton lors de l'après-midi au planétarium (où le couple joue autant avec les ombres du lieu qu'avec leur sentiments naissant qu'ils n'osent s'avouer) et surtout ce divin moment où ils assistent assis sur un banc au lever du jour tout en discutant, image à jamais associée au film. Allen se garde bien de choisir entre ces deux visions et si l'une des deux romance sera malheureuse New York est aussi belle dans la majesté de ces grands monuments que dans l'intimité de ces quartiers plus populaire.

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C'est réellement un des films les plus aboutis d'Allen visuellement, avec ce cinémascope qui amplifie cette poésie urbaine, cette caméra qui accompagne élégamment les déambulations des personnages et le noir et blanc somptueux de Gordon Willis figeant de la plus belle des manières cette ode à la ville. Face à toute cette recherche esthétique et atmosphérique, Woody Allen n'en oublie pas pour autant sa causticité qui se manifestera notamment dans les échanges avec son ex-femme lesbienne joué par une Meryl Streep glaciale et quelques répliques savoureuses dont il a le secret (ah lorsqu'il décerne à Diane Keaton le prix Zelda Fitzgerald de la maturité émotionnelle :lol: ). L'instant le plus poignant sera d'ailleurs le plus sobre lors de la très belle conclusion où Isaac rattrape Tracy avant son départ. Là un simple champ contre champ et un jeu de regard, un geste simple (Isaac qui remet en place une mèche de Tracy) et un échange tendre et maladroit font passer mieux que toute les vues de monuments grandioses les sentiments qui unissent encore ces deux-là. Et c'est sur une belle fin ouverte que les accords du Rhapsody in Blue de Gershwin nous font traversé une dernière fois la cité illuminée dans ce qui est un des chefs d'œuvre de Woody Allen . 6/6

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Federico
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Re: Woody Allen

Post by Federico »

Une anecdote amusante entendue ce matin à la radio : Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce, aurait dans un premier temps songé à nommer sa technologie TMR, en hommage au film de Woody Allen Take the Money and Run. :D
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Supfiction
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Je viens de regarder Woody et les robots / Sleeper (1973). Quelques passages à vide dans ce film et certaines blagues bien datées années 70 mais le film est traversée de moments totalement géniaux, entre les emprunts à Chaplin et certaines scènes avec Diane Keaton (dont c'est là la seconde collaboration), dont celle géniale où elle imite Marlon Brando alors que Woody joue Blanche Dubois. J'en rie encore intérieurement.

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Supfiction
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Actuellement dans un cycle Woody Allen improvisé, je viens de regarder Crimes et délits (1989), dvd que j'avais depuis des années sans l'avoir visionné entièrement. Il est vraiment étonnant que Woody Allen ai repris pratiquement la même intrigue une quinzaine d'années après (dans Match Point, sans parler du rêve de Cassandre encore deux ans après) alors qu'il avait pratiquement tout dit sur le sujet.
C'est vrai que Match Point est plus prenant, mais ce Crimes et délits est tout de même plaisant, plus léger d'ailleurs, notamment grâce à Woody l'acteur, ce qui rend le film moins oppressant que son successeur..

Je ne me lance pas dans une critique approfondie du film puisque d'autres l'ont déjà fait mieux que je ne saurai le faire, par exemple ici : http://www.citizenpoulpe.com/crimes-et- ... ody-allen/
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Re: Woody Allen

Post by Strum »

supfiction wrote:C'est vrai que Match Point est plus prenant, mais ce Crimes et délits est tout de même plaisant, plus léger d'ailleurs, notamment grâce à Woody l'acteur, ce qui rend le film moins oppressant que son successeur..

Je ne me lance pas dans une critique approfondie du film puisque d'autres l'ont déjà fait mieux que je ne saurai le faire, par exemple ici : http://www.citizenpoulpe.com/crimes-et- ... ody-allen/
L'ordre où nous découvrons les films influence nécessairement le jugement que nous portons sur ces films. En l'occurence Crimes et Délits est l'un des sommets de l'oeuvre d'Allen (formellement et thématiquement) et Match Point, qui reprend un des arguments de départ du premier de manière assez prosaïque, en l'ajustant à la tradition du roman de classe anglais, un de ses films mineurs.
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Watkinssien
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Re: Woody Allen

Post by Watkinssien »

Personnellement, je considère vraiment ces deux films comme majeurs dans la filmographie de Woody Allen. :)
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AtCloseRange
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Re: Woody Allen

Post by AtCloseRange »

Strum wrote:
supfiction wrote:C'est vrai que Match Point est plus prenant, mais ce Crimes et délits est tout de même plaisant, plus léger d'ailleurs, notamment grâce à Woody l'acteur, ce qui rend le film moins oppressant que son successeur..

Je ne me lance pas dans une critique approfondie du film puisque d'autres l'ont déjà fait mieux que je ne saurai le faire, par exemple ici : http://www.citizenpoulpe.com/crimes-et- ... ody-allen/
L'ordre où nous découvrons les films influence nécessairement le jugement que nous portons sur ces films. En l'occurence Crimes et Délits est l'un des sommets de l'oeuvre d'Allen (formellement et thématiquement) et Match Point, qui reprend un des arguments de départ du premier de manière assez prosaïque, en l'ajustant à la tradition du roman de classe anglais, un de ses films mineurs.
Voilà.
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Billy Budd
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Re: Woody Allen

Post by Billy Budd »

Strum wrote:
supfiction wrote:C'est vrai que Match Point est plus prenant, mais ce Crimes et délits est tout de même plaisant, plus léger d'ailleurs, notamment grâce à Woody l'acteur, ce qui rend le film moins oppressant que son successeur..

Je ne me lance pas dans une critique approfondie du film puisque d'autres l'ont déjà fait mieux que je ne saurai le faire, par exemple ici : http://www.citizenpoulpe.com/crimes-et- ... ody-allen/
L'ordre où nous découvrons les films influence nécessairement le jugement que nous portons sur ces films. En l'occurence Crimes et Délits est l'un des sommets de l'oeuvre d'Allen (formellement et thématiquement) et Match Point, qui reprend un des arguments de départ du premier de manière assez prosaïque, en l'ajustant à la tradition du roman de classe anglais, un de ses films mineurs.
En pompant aussi un peu A place in the sun.
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Billy Budd wrote:
Strum wrote: L'ordre où nous découvrons les films influence nécessairement le jugement que nous portons sur ces films. En l'occurence Crimes et Délits est l'un des sommets de l’œuvre d'Allen (formellement et thématiquement) et Match Point, qui reprend un des arguments de départ du premier de manière assez prosaïque, en l'ajustant à la tradition du roman de classe anglais, un de ses films mineurs.
En pompant aussi un peu A place in the sun.
Bien vu pour "A place in the sun", je n'avais pas fait le rapprochement. Maintenant, de là à dire qu'il s'est inspiré de ce film, je ne sais pas car si l'on recherche un peu dans la littérature (Dostoïevski, etc) on trouvera probablement d'autres références plus anciennes. Maintenant il n'y a que lui qui peut révéler ses sources d'inspiration, mais cette histoire n'est certes pas originale..

En revanche, je ne suis pas du tout mais alors pas du tout d'accord pour dire que Match Point est un film mineur et prosaïque. Ce film est certes un ovni comparé au reste de sa filmographie (un néophyte ne pourrait jamais croire une seconde que c'est la même personne qui a réalisé Bananas, par exemple et Match Point, c'est ça qui est dingue avec Woody) mais l'un de ses chef-d’œuvres selon moi.
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Re: Woody Allen

Post by Billy Budd »

Il y a plusieurs séquences identiques - là, spontanément, je pense à celle de la rencontre par exemple, autour de la table de billard / de celle de ping-pong.
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Billy Budd wrote:Il y a plusieurs séquences identiques - là, spontanément, je pense à celle de la rencontre par exemple, autour de la table de billard / de celle de ping-pong.
Ah oui quand même.. là je m'incline. (jamais fait le rapprochement alors que j'ai vu plusieurs fois ces deux films, honte à moi). Le truc, c'est que les rapports sont inversés, Elizabeth Taylor étant la fille à papa alors que Scarlett est la prolétaire.. malin le Woody!

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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

A propos d’analogies/emprunts, faut il en voir une entre Tony Roberts/Dick/Play It Again, Sam et Christoph Waltz/Alan/Carnage ?...

Quoiqu'il en soit, les deux films sont géniaux!

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Federico
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Re: Woody Allen

Post by Federico »

supfiction wrote:je ne suis pas du tout mais alors pas du tout d'accord pour dire que Match Point est un film mineur et prosaïque. Ce film est certes un ovni comparé au reste de sa filmographie (un néophyte ne pourrait jamais croire une seconde que c'est la même personne qui a réalisé Bananas, par exemple et Match Point, c'est ça qui est dingue avec Woody) mais l'un de ses chef-d’œuvres selon moi.
Et pas qu'un néophyte. Je croyais bien connaître l'univers de Woody Allen mais franchement, Match Point m'avait laissé sur le Q et totalement bluffé. On me l'aurait fait découvrir sans m'en donner l'auteur, jamais je n'aurais pensé une seconde l'attribuer à Allen. J'aurais sans doute dit James Gray, Steven Soderbergh ou je ne sais qui d'autre mais pas lui... :shock:
Rien à ajouter sinon "chapeau !".
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