Woody Allen

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Supfiction
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Jeremy Fox wrote: 11 May 21, 19:55 En tout cas ici il n'avait quand même pas vraiment la cote à l'époque.

https://www.dvdclassik.com/forum/viewto ... len#p34627
La rose pourpre du Caire 3ème à l’époque.
Pour diverses raisons, je doute qu’on aurait un tel résultat de nos jours..
holst
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Re: Woody Allen

Post by holst »

Supfiction wrote: 11 May 21, 15:23 Woody Allen, Soit dit en passant :
A quoi ressemblera donc Rifkin’s festival ? Certains savent s’épanouir quand on leur met la pression mais ce n’est pas mon cas. Si le film est potable, ce sera un miracle.
J'en ai eu d'excellents échos de fans espagnols et italiens, qui ont adoré ce film apparemment bourré de références au cinéma européen.

Allen n'est pas toujours le meilleur critique vis-à-vis de ses propres films : il sous-estime des chefs-d'œuvre comme Manhattan ou Hannah et ses soeurs. Il est parfois injuste envers la qualité de son travail, et de son génie d'auteur, qu'il a souvent tendance à dénigrer ...

En tout cas j'espère qu'on pourra vite le voir ...


Son prochain tournage à Paname cet été se précise. Ça sera un film plus tendu et dramatique , dans le style de "Match Point" , selon ses propres dires dans une interview pour la télé italienne ...
Samuel73
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Re: Woody Allen

Post by Samuel73 »

Torrente wrote: 11 May 21, 16:25 J'ai retrouvé un deuxième et un troisième, comme on retrouve de vieux amis (Maudite Aphrodite et Don't drink the water).
Et j'ai enfin compris pourquoi un quatrième m'avait autant déplu et me déplaît toujours autant (Coups de feu sur Broadway).
Je pense exactement le contraire en ce qui regarde les valeurs respectives de Maudite Aphrodite et de Coup de feu sur Broadway. Ils ont des points communs : les deux exploitent un poncif (le rôle du hasard et de la génétique dans la distribution des dons et la part d'absurdité quasi métaphysique qui en résulte) ; les deux tirent leur dynamique d'un duo improbable, un journaliste intellectuel et angoissé et une prostituée stupide, un artiste idéaliste mais sans talent et un gangster génial et dénué d'éthique ; les deux se réfèrent à des genres très particuliers (la tragédie grecque et le film noir américain) qu'ils citent et parodient allègrement. Mais autant le second me paraît très bien traiter son sujet, si limité soit-il, et réussir à en maintenir l'intérêt tout en distrayant son public de bout en bout, autant le premier épuise à mon goût les ressources de ses concepts de départ à mi-chemin, et perd toute saveur au bout d'une heure.
C'est toutefois un avis très subjectif et sans doute lié à mon appréciation des actrices à la première vision des films : Mira Sorvino, une fois passée la découverte jubilatoire de son personnage, m'avait exaspéré alors que Dianne Wiest m'avait paru transcender un rôle assez vulgaire. (Mais Wiest me ferait gober n'importe quoi, même une diva déchue, alcoolique et libidineuse... :lol: ). Il faut donc que je les revoie. :D
Torrente
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Re: Woody Allen

Post by Torrente »

J'ai justement été déçu par Wiest (que j'adore). Ses lignes ne sont pas intéressantes et son personnage ne sert pas à grand chose finalement. C'est une grande actrice donc forcément, elle lui a trouvé les travers gestuels et comiques qu'il lui fallait mais ça ne va pas plus loin et Allen ne l'aide pas en n'en faisant pas grand chose. Tilly devient vite pénible aussi, alors que Sorvino m'a paru plus juste et mieux tenir sur la durée; son personnage de prostituée devient un peu plus profond au fur et à mesure que le film avance alors que celui de Broadway ne dépasse pas le stade du concept / du cliché. Il faut voir le talent d'écriture pour le 1er rendez-vous avec Rapaport. On saisit la complexité du personnage de Sorvino en quelques rires gênés, quelques gestes embarrassés, quelques regards évasifs. Le rythme du montage, les silences. C'est très fort. Il y a peu de scènes aussi "vraies" dans Broadway.
Et puis, il y a trop de personnages et Allen ne les gère pas bien. Il sombre même dans le vaudeville dans certaines scènes (la scène du placard) mais il prend trop de directions contraires et rien ne semble "aller au bout". Il ouvre des pistes puis les abandonne, il change de ton souvent, il ne choisit aucune direction claire, un peu comme si la pièce en train de se monter était une mise en abyme du film lui-même. Sauf que la même année est sorti Vanya, 42e rue...

Dans Aphrodite, il se fixe humblement sur un binôme fort qui fonctionne bien tout du long et on comprend bien pourquoi Weller et Bonham-Carter sont "écartés". Par contre, il sacrifie tous ses personnages dans Broadway. Ne serait-ce que Parker et surtout Ullman qui fait beaucoup avec très peu.
Il y a une ambition claire dans Broadway (quand l'autre est effectivement beaucoup plus simple et semble plus récréatif) mais je ne trouve pas grand chose de pertinent dans le film, ni la direction d'acteurs, ni le script (qui aurait pu être encore peaufiné), ni la gestion de l'espace, du rythme et de la durée des scènes... celle de l'après-meeting avec Tilly fait beaucoup de peine, cette valeur de plan molle qu'il choisit, le dialogue et il y a beaucoup de scènes comme ça, la voix-off (atroce). Il y a une ambition mais le film semble "précipité", peut-être pas suffisamment préparé, je n'en connais pas la raison mais ça se ressent dans les plans choisis... ou ne serait-ce que ce travelling qui hoquette lors de la 1ère scène au diner spectacle ou lors de nombreux panoramiques tremblants.
En fait, je trouve que Broadway est cynique et aigri dans son ambition presque "mal placée" alors qu'Aphrodite paraît plus sûr de lui tout en étant faussement humble. Il tient une idée géniale et la développe avec beaucoup de malice et un humour absolument dévastateur. L'utilisation du chœur est une bénédiction divine, comme s'il avait été touché par la grâce. En plus, Allen semble avoir une vraie tendresse pour ses personnages. Le personnage de Rapaport (acteur que j'adore), le final... il y a une bienveillance qui fait du bien. C'est un solide feelgood movie dans sa filmographie... en tout cas, dans sa "période Jean Doumanian".
Aphrodite est aussi solaire et joyeux donc plus facilement "aimable", c'est sûr.

Mais oui, peut-être que je suis encore passé à côté de Broadway. En tout cas, j'ai vraiment du mal. J'ai du mal aussi bien scénaristiquement que dans l'exécution, en réalité. C'est aussi ça qui m'a fait mal. Je me souvenais d'un film assez classe mais non, j'ai même été déçu par cet aspect à la révision. Surtout en voyant d'autres de ses films de la même période. Je n'ai pas compris car les critiques semblaient souligner ce point en bien mais, à mon avis, ils ont été aveuglés par quelques costumes et une photo' correcte... mais l'époque, la gestion des cadres, des décors, rien ne va. Surtout quand Altman donnera une leçon 2 ans plus tard, sur la même époque, avec une kyrielle de personnages, tous bien gérés dans son film (que je n'aime pas plus que ça, en plus). Je sais bien qu'il ne faut pas comparer mais ça n'a pas aidé dans mon appréciation.
Et puis, j'en veux trop à Allen d'avoir à ce point gâché le cœur de son film qui était Cusack et Palmintieri.
Samuel73
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Re: Woody Allen

Post by Samuel73 »

Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 Il y a une ambition claire dans Broadway
Je ne l'ai pas perçue, pour moi c'est un divertissement léger et sans prétention, un "film bonbon" comme Maudite Aphrodite. C'est certain que si l'on y voit une autre ambition, par exemple celle de conduire une réflexion profonde sur l'essence du théâtre, la nature de la mimesis ou je ne sais quoi d'autre, c'est complètement raté.
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 Sauf que la même année est sorti Vanya, 42e rue...
Évidemment, si tu compares les films en les mettant sur le même plan, Allen n'a aucune chance. Mais je ne sais pas si cette comparaison serait pertinente tant les deux œuvres sont différentes, par leur propos comme par les moyens mis en œuvre.

Je pense que tu as raison pour le personnage de Sorvino : il est mieux écrit que les simples silhouettes grotesques qui peuplent Coup de feu..., et l'actrice est mieux servie par le réalisateur que Dianne Wiest (mais je persiste à penser que le personnage de cette dernière est volontairement un pur poncif, jusque dans l'imitation de Gloria Swanson, donc ça ne me dérange pas).
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 L'utilisation du chœur est une bénédiction divine, comme s'il avait été touché par la grâce.
Hélas, c'est une idée géniale sur le papier qui n'a pas fonctionné pour moi. Le contraste est pourtant bien construit, mais j'ai calé et dans l'ensemble, le procédé m'a laissé de marbre.
Torrente
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Re: Woody Allen

Post by Torrente »

Samuel73 wrote: 18 May 21, 08:01
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 Sauf que la même année est sorti Vanya, 42e rue...
Évidemment, si tu compares les films en les mettant sur le même plan, Allen n'a aucune chance. Mais je ne sais pas si cette comparaison serait pertinente tant les deux œuvres sont différentes, par leur propos comme par les moyens mis en œuvre.
Certes mais la phrase précédente est indispensable pour bien comprendre que je ne les compare pas :
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06un peu comme si la pièce en train de se monter était une mise en abyme du film lui-même. Sauf que la même année est sorti Vanya, 42e rue...
... donc que si son but était comme tu le dis de "conduire une réflexion profonde sur l'essence du théâtre, la nature de la mimesis ou je ne sais quoi d'autre, c'est complètement raté".
Par contre, j'admets volontiers que je suis peut-être vraiment passé à côté du film car j'y ai vu tout sauf un "film bonbon". Pour ma défense, c'est peut-être dû aux critiques que je lisais à l'époque et qui m'ont vendu tout sauf ça.

Je pense surtout que le film m'a frustré et que c'est ça qui me déplaît. Je pense au potentiel quand je le vois, au potentiel offert par ses personnages à peine esquissés...
Le personnage de Parker et l'écrivain raté, l'acteur boulimique, la diva déchue, le truand cocu, l'actrice maniérée et son chien. Il y a 15 films possibles et Allen choisit de faire le moins intéressant ou en tout cas, le plus classique. Ce sont juste des clichés (bien vus certes et très bien incarnés) prétextes pour amener des situations cocasses et de gros gags.
Comme dans certaines comédies de Sandler et Ferrell que les mêmes critiques défoncent à longueur d'années. Et même si le film n'est qu'une farce, il passe entre les mailles, sous couvert d'une patine chromo séduisante et peut-être aussi parce que son réalisateur s'appelle Allen :idea:
Samuel73 wrote: 18 May 21, 08:01
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 L'utilisation du chœur est une bénédiction divine, comme s'il avait été touché par la grâce.
Hélas, c'est une idée géniale sur le papier qui n'a pas fonctionné pour moi. Le contraste est pourtant bien construit, mais j'ai calé et dans l'ensemble, le procédé m'a laissé de marbre.
Je suis tellement jaloux de cette idée et de la manière intelligente dont il la développe que ça me fait de la peine de savoir qu'elle peut "laisser de marbre". J'espère qu'un jour, tu le reverras et que le principe te rebutera moins.
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Re: Woody Allen

Post by Samuel73 »

Torrente wrote: 18 May 21, 15:15 J'espère qu'un jour, tu le reverras et que le principe te rebutera moins.
Ce n'est pas le principe mais sa mise en œuvre qui n'a pas fonctionné pour moi. C'est peut-être lié à une déformation professionnelle, en tout cas c'est plus subjectif qu'autre chose. :D
Pour le reste, je crois vraiment que les attentes qu'on peut nourrir envers un film en changent la perception, et que notre différent sur Coups de feu... tient à cela. Je ne sais pas quelles étaient les ambitions réelles d'Allen pour ce film. J'ai essayé de regarder ce qu'il en dit dans ses entretiens avec Eric Lax, mais je n'ai pas trouvé grand chose. La façon dont il explique avoir dirigé Dianne Wiest, en lui demandant d'en "faire plus" dans l'extravagance, irait assez dans le sens d'une simple farce un peu grandiloquente.
Bref : si je revois ces films, je m'en referai peut-être d'autres idées.

Je vais toutefois commencer par revoir Escrocs mais pas trop, dont j'ai gardé un piètre souvenir mais que ton avis plutôt positif m'incline à reconsidérer.
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Re: Woody Allen

Post by Supfiction »

Samuel73 wrote: 18 May 21, 08:01
Torrente wrote: 17 May 21, 18:06 Il y a une ambition claire dans Broadway
Je ne l'ai pas perçue, pour moi c'est un divertissement léger et sans prétention, un "film bonbon" comme Maudite Aphrodite.
Si l’on doit considérer les deux films uniquement comme des comédies légères, pour moi il n’y a pas photo: Maudite Aphrodite est beaucoup plus amusant et léger que Coups de feu sur Broadway qui semble avoir une autre ambition et que je ne trouve pas vraiment drôle en fait. Je suis peut-être bon public mais Woody à moitié violé par Mira Sorvino (touchante comme Marilyn en son temps, et le rôle de sa vie peut-être), je trouve ça bath.

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Re: Woody Allen

Post by Samuel73 »

Supfiction wrote: 18 May 21, 17:37 Woody à moitié violé par Mira Sorvino (touchante comme Marilyn en son temps, et le rôle de sa vie peut-être), je trouve ça bath.
Moi aussi, bien sûr. C'est d'ailleurs à peu près la seule scène du film qui m'ait laissé un souvenir vraiment vif (avec peut-être celle du vol du dossier de l'enfant, parce que je suis très sensible au comique gestuel développé par Allen).

Bon, après une nouvelle vision, j'ai retrouvé un peu de saveur à Escrocs mais pas trop. Le début et la fin m'ont beaucoup amusé : ils sont bien rythmés, l'allusion à Tueurs de Dame est drôle, les répliques et les gags font mouche et on retrouve l'inénarrable gestuelle de Woody Allen avec plaisir dans les dernières scènes -même si ce n'est que du réchauffé. Je persiste à trouver décevante la partie centrale (la séparation du couple d'escrocs et leurs cheminements séparés) : elle est trop fondée sur les oppositions entre classes sociales, qui sont exploitées de façon assez mécanique une fois mises en place. J'avais conservé un mauvais souvenir de la prestation de Hugh Grant, mais en fait il est plutôt bon et son rôle d'hypocrite lui va comme un gant. Sa disparition-éclair est bâclée, dommage, il aurait mérité une sortie un peu plus brillante à mon goût.
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Re: Woody Allen

Post by Torrente »

Samuel73 wrote: 19 May 21, 07:57 Bon, après une nouvelle vision, j'ai retrouvé un peu de saveur à Escrocs mais pas trop. Le début et la fin m'ont beaucoup amusé : ils sont bien rythmés, l'allusion à Tueurs de Dame est drôle, les répliques et les gags font mouche et on retrouve l'inénarrable gestuelle de Woody Allen avec plaisir dans les dernières scènes -même si ce n'est que du réchauffé. Je persiste à trouver décevante la partie centrale (la séparation du couple d'escrocs et leurs cheminements séparés) : elle est trop fondée sur les oppositions entre classes sociales, qui sont exploitées de façon assez mécanique une fois mises en place. J'avais conservé un mauvais souvenir de la prestation de Hugh Grant, mais en fait il est plutôt bon et son rôle d'hypocrite lui va comme un gant. Sa disparition-éclair est bâclée, dommage, il aurait mérité une sortie un peu plus brillante à mon goût.
D'accord sur tout !!!

Franchement, j'aurais rêvé de voir Rapaport plus présent et qu'Allen pousse le simili-remake plus longtemps au lieu de s'embourber autant dans la partie centrale. Pour ne rien gâcher, Elaine May et Tracey Ullman sont géniales.
Samuel73
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Re: Woody Allen

Post by Samuel73 »

Torrente wrote: 19 May 21, 15:25 D'accord sur tout !!!
Ah tiens, pour une fois... :D
Merci en tout cas de m'avoir fait repenser à ce film. Je m'en vais maintenant revoir, toujours grâce à toi, Tout le monde dit I love you, avec lequel j'entretiens à peu près le même rapport qu'avec Escrocs... (mauvais souvenir d'une unique vision au cinéma). Qui sait, je vais peut-être le réévaluer en bien?
holst
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Re: Woody Allen

Post by holst »

À vos agendas ...

Rifkin's Festival sortira le 29 septembre en France. Le distributeur est Apollo Films .

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