2010 (Peter Hyams - 1984)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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odelay
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2010 (Peter Hyams - 1984)

Post by odelay »

Juste un petit topic pour réhabiliter (un peu) ce film de 84 réalisé par Peter Hyams, qui est donc la suite du film de Kubrick. Très (trop?) facile de casser ce film vu son prédécesseur. Faire une suite au chef d'oeuvre de Mr K. relevait de l'inconscience même s'il s'agissait de l'adaptation de la suite du livre d'Athur C Clarke, elle est aussi écrite par le même auteur.

Pour voir correctement 2010, il ne faut retenir du premier que l'intrigue et oublier le coté formel et la mise en scène. L'intelligence de Hyams a été de ne pas vouloir faire un film dans la même lignée que 2001; on n'est plus dans un film philosophique, hypnotique, fascinant, dans un trip hallucinatoire, posant un grand nombre de questions et laissant le spectateur le soin d'y répondre... non, on est un thriller spatial, assez classique, qui se suit facilement qui propose au spectateur d'avoir une attitude beaucoup plus passive que celle pour le premier film. De plus 2010 va essayer de répondre à plusieurs des questions laissées en suspent par Mr K. Dommage diront certains qui déploreront cette attitude très terre à terre en contradiction avec 2001. On trouvera convaincantes ou non ces interprétations selon l'humeur.

Ce film se veut un appel à la fin de la guerre froide (qui d'ailleurs arrivera réellement l'année de la sortie de 2010) et utilise assez intelligemment toutes les bases données par 2001. Hyams veut faire un divertissement adulte. C'est parfois maladroit (toutes les scènes avec les apparitions des cosmonautes du premier film), c'est parfois réussi (les relations entre les personnages russes et américains, avec HAL réactivé).

En tout cas ce qui est réussit et qui reste un plaisir à regarder, ce sont les effets spéciaux. C'était un temps où les images de synthèses lisses et finalement peu convaincantes n'existaient pas encore, où on faisait tout ,"à la main" . Je ne vais pas jouer les nostalgiques, mais je souhaite à pas mal de films d'aujourd'hui de tenir aussi bien le coup au niveau des effets spéciaux dans 20 ans que 2010. Les décors sont vraiment beaux à voir.

Pour finir je citerais une séquence impressionante du film dans laquelle John Lithgow doit sortir pour la première fois dans l'espace avec toute la tenue adéquate. Cette scène est très crispante et stressante grâce à la mise en scène et surtout le son (comme dans le Kubrick aussi, mais dans ce cas il n'y avait pas l'angoisse car il s'agissait de cosmonautes chevronnés). Une vraie concrétisation de la peur et de l'angoisse.
A découvrir, notamment pour ceux qui étaient un peu réfractaires à voir une suite à la merveille de Kubrick.
Tuck pendleton
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Post by Tuck pendleton »

toujours voulu voir ce film...maintenant que tu en parles l'achat du dvd me démange :wink:
Brice Kantor
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Post by Brice Kantor »

Tuck pendleton wrote:toujours voulu voir ce film...maintenant que tu en parles l'achat du dvd me démange :wink:
J'avais pas trouvé le bouquin top.
NUTELLA

Post by NUTELLA »

j'ai la flemme de developper,mais je suis d'accord avec toi,si tu fais abstraction de 2001,ce 2010 reste un film de SF fort agréable,porté par le toujours charismatique Roy Scheider...
Nimrod
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Re: Réhabilitation: 2010

Post by Nimrod »

odelay wrote:En tout cas ce qui est réussit et qui reste un plaisir à regarder, ce sont les effets spéciaux. C'était un temps où les images de synthèses lisses et finalement peu convaincantes n'existaient pas encore, où on faisait tout ,"à la main" . Je ne vais pas jouer les nostalgiques, mais je souhaite à pas mal de films d'aujourd'hui de tenir aussi bien le coup au niveau des effets spéciaux dans 20 ans que 2010. Les décors sont vraiment beaux à voir.
Comme je l'ai trouvé pour pas cher, je l'ai acheté en DVD, rien que pour le plaisir de revoir les effets spéciaux, notamment les superbes images orangées quand ils arrivent en orbite.

Par ailleurs, et je ne rate jamais une occasion de le dire (oui, je radote mais comme personne ne répond jamais, je m'en fous), Cameron a littérament pompé le scénario de Abyss sur 2010.
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Roy Neary
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Re: Réhabilitation: 2010

Post by Roy Neary »

Nimrod wrote:Par ailleurs, et je ne rate jamais une occasion de le dire (oui, je radote mais comme personne ne répond jamais, je m'en fous), Cameron a littérament pompé le scénario de Abyss sur 2010.
Avec l'émotion et le sens du merveilleux en plus. :wink:
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Nimrod
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Re: Réhabilitation: 2010

Post by Nimrod »

Roy Neary wrote:
Nimrod wrote:Par ailleurs, et je ne rate jamais une occasion de le dire (oui, je radote mais comme personne ne répond jamais, je m'en fous), Cameron a littérament pompé le scénario de Abyss sur 2010.
Avec l'émotion et le sens du merveilleux en plus. :wink:
D'accord sur ce point (même si j'ai toujours autant de mal avec la fin de Abyss). :wink:
Nimrod
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Re: Réhabilitation: 2010

Post by Nimrod »

Nimrod wrote:
odelay wrote:En tout cas ce qui est réussit et qui reste un plaisir à regarder, ce sont les effets spéciaux. C'était un temps où les images de synthèses lisses et finalement peu convaincantes n'existaient pas encore, où on faisait tout ,"à la main" . Je ne vais pas jouer les nostalgiques, mais je souhaite à pas mal de films d'aujourd'hui de tenir aussi bien le coup au niveau des effets spéciaux dans 20 ans que 2010. Les décors sont vraiment beaux à voir.
Comme je l'ai trouvé pour pas cher, je l'ai acheté en DVD, rien que pour le plaisir de revoir les effets spéciaux, notamment les superbes images orangées quand ils arrivent en orbite.
Ceci dit, je précise pour ceux qui seraient de tentés d'en faire l'acquisition : absence de 16/9ème anamorphique et sous titres dans les bandes noires (donc image impossible à zoomer si vous avez besoin des stf).
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odelay
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Post by odelay »

Heuu... sur ma copie que j'ai acheté il y a un mois, il sous titres ne sont pas sur des bandes noirs, ils sont comme sont habituellement tous les sous titres des dvd Warner?
Coté effets réussis, je citerais aussi la séquence du vaisseau qui devient une boule de feu. Très beau.
Martin Brody
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Post by Martin Brody »

Il ne faut pas oublier de mentionner la belle partition musicale de David Shire, un compositeur fantastique, mais hélas sous-employé. Très électronique au début du film, elle devient peu à peu plus orchestrale, avant de déployer un thème majestueux (le "New Worlds Theme").

Mon avis sur le film ?
J'avais très modérément aimé le bouquin, et le film y est très fidèle, donc ... Il y a de bonnes choses dedans, mais ce parti-pris de vouloir expliquer les zones d'ombre du film de Kubrick m'a un peu agaçé. En même temps, il pouvait difficilement en être autrement.

Peter Hyams, à mon sens, était beaucoup plus inspiré avec les excellents Outland et Capricorn One.
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odelay
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Post by odelay »

il parait que David Shire a eu beaucoup de pb avec l'utilisation de sa musique dans le film. Ce qu'on entend dans le film ne reflètant pas ce qui a vraiment été composé. Je veux bien le croire, car s'il y a bien qq chose qui m'a géné dans le film et qui je trouve le plombe un peu c'est la musique. Je n'ai pas retrouvé mon ompositeur adoré de The Conversation ou Return ot Oz.
Sinon je suis d'accord Capricorn One est un meilleur film, mais il n'est pas aussi injustement mal considéré.
Nimrod
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Post by Nimrod »

odelay wrote:Heuu... sur ma copie que j'ai acheté il y a un mois, il sous titres ne sont pas sur des bandes noirs, ils sont comme sont habituellement tous les sous titres des dvd Warner?
J'avais essayé de le regarder en vostf en zoomant l'image.

quand les st étaient sur 2 lignes, seule la 1ère était lisible.
Martin Brody
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Post by Martin Brody »

Nimrod wrote: J'avais essayé de le regarder en vostf en zoomant l'image.

quand les st étaient sur 2 lignes, seule la 1ère était lisible.
Tu n'as pas de fonction zoom spéciale pour les sous-titres, sur ton poste ? Ca remonte l'image vers le haut et ça permet de voir la seconde ligne de sous-titrage. Très pénalisant quand le film est en 1.85 (comme ceux diffusés en version multilingue sur le satellite), mais idéal quand c'est du 2.35.

Sinon, pour répondre à odelay, moi aussi je préfère Return to Oz de Shire, mais j'ai bien aimé la partition dans le film de Hyams. Il faut dire que je la connaissais avant de voir le film (ça aide!). Je n'étais pas au courant de problèmes liés à l'utilisation de la musique, si ce n'est que Shire a remplacé Tony Banks (clavier du groupe Genesis) qui devait initialement écrire le score.
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Nimrod
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Post by Nimrod »

Martin Brody wrote:
Nimrod wrote: J'avais essayé de le regarder en vostf en zoomant l'image.

quand les st étaient sur 2 lignes, seule la 1ère était lisible.
Tu n'as pas de fonction zoom spéciale pour les sous-titres, sur ton poste ? Ca remonte l'image vers le haut et ça permet de voir la seconde ligne de sous-titrage. Très pénalisant quand le film est en 1.85 (comme ceux diffusés en version multilingue sur le satellite), mais idéal quand c'est du 2.35.
Hou là, tu en demandes trop à ma pauvre TV. Elle prend de la place, elle fait bidibidi quand on l'allume, elle me pourri la vie avec le 4/3 quand on fait passe un signale RVB, l'image est franchement limite par moment, la connectique est plus que légère, et en plus tu m'apprends que cette option existe et que ma TV n'en bénéficie pas.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de mai 2009

Post by Profondo Rosso »

2010 : L'Année du Premier Contact de Peter Hyams (1984)

Neuf années ont passé depuis l’incident, toujours inexpliqué, survenu au vaisseau DISCOVERY qui poursuit seul son errance, en orbite autour de Jupiter. Alors que les relations russo-américaines ne sont pas au beau fixe, le Dr Dimitri Moisevitch s’arrange pour rencontrer Heywood Floyd et émettre l’idée d’une mission conjointe entre astronautes et cosmonautes. En effet, le "ALEXEÏ LEONOV" devrait rejoindre la banlieue jupitérienne au moins un an avant "DISCOVERY 2", dont le départ n’arrête pas d’être retardé. Dimitri Moisevitch pense qu’il serait temps d’outrepasser les décisions des politiques et de profiter de l’occasion pour éclaircir enfin le mystère du dysfonctionnement de HAL et de la disparition du commandant Bowman. Surtout que le temps presse car la position orbitale du vaisseau fantôme américain semble se détériorer dangereusement. Après de nombreuses tergiversations, les instances des deux puissances spatiales finissent par trouver un accord. L’équipage du "LEONOV", sous commandement russe, comportera quelques membres de la NASA, plus à même de remettre en fonction HAL et ramener DISCOVERY sur Terre.

Impensable jusque là, il fallu la folie SF générée par les succès de "Star Wars" et "Alien" (qui retomba avec ce film et "Dune" de David Lynch sortis la même année et echec cuisant au box office) pour que cette suite décriée de l'intouchable chef d'oeuvre de Kubrick voit le jour. A la place du réalisateur visionnaire, un solide technicien déjà rompu au genre avec l'excellent "Outland" 3 ans plus tôt et un ton radicalement différent mais qui parvient à inclure les élément les plus fascinant du film de Kubrick dans son intrigue.

Adapté du roman de Arthur C. Clarke faisant suite à 2001, "2010 : Odyssée Deux", l'intrigue s'en trouve paradoxalement plus datée en plongeant les personnages en pleine guerre froide, ce qui amènera quelques interactions intéressante entre les membres de l'équipage mais qui sape un peu la tension du final sur fond de 3e guerre mondiale. Chose qui étonnement n'aura jamais posé problème à la revoyure dans "Abyss", le contexte et la conclusion des deux films étant très proche, la petite touche de génie et d'émotion en plus pour le Cameron.

Les autres grosses différences sont plutôt dû à la volonté de Peter Hyams de donner au film son identité propre, sachant bien qu'il serait lapidé en marchant sur les traces de Kubrick. Là où "2001" est tout en ellipses, mystère et questionnement constant, le scénario de "2010" explique en détail tous les faits restés en suspens dans le premier film, le dysfonctionnement de HAL n'étant pas des moindres. Réalisé au pic de la fascination du grand public pour la conquête spatiale (avec le premier homme sur la lune l'année suivante), Kubrick usait d'une imagerie flamboyante qui dépaysait totalement le spectateur, le faisant rêver en l'emmenant ailleurs. Au contraire Peter Hyams dans la lignée de son "Outland" et fidèle au parti pris réaliste instauré par "Alien" nous dépeint un vaisseau au intérieur moins clinquant que le Kubrick et à l'aspect plus austère et fonctionnel. Il en va de même pour les scène sur Terre identique à l'Amérique de l'époque. Plus globalement, là où Kubrick rendait son monde le plus éloigné possible du notre, Hyams cherche au contraire à entretenir la proximité entre eux.

Une première demi heure exemplaire de concision qui met en place la nouvelle mission et les enjeux pour se retrouver assez rapidement dans l'espace en route pour le Discovery. Roy Scheider reprend le rôle de Heywood Floyd (incarné par un William Sylvester plus mûr dans "2001") rongé par la culpabilité au vu de sa responsabilité de l'expédition du premier film et qui constituera la principale motivation à repartir. Le reste du casting est tout aussi solide avec Helen Mirren en commandant russe, John Lithgow en ingénieur de la NASA et Bob Balaban technicien en charge de révéler les secrets de HAL. L'intrigue assez classique utilise bien les élément mis en place dans 2001, notamment l'attraction et les objectifs obscurs généré par le Monolithe, peu présent mais occasionnant des séquence de toute beauté. Le personnage de Dave Bowman totalement transfiguré par son expérience du premier film revient également et Hyams utilise brillamment ses différentes incarnation de la fin de 2001 lors d'une scène où il vient mettre Roy Scheider en garde. Hyams livre d'ailleurs volontairement d'autres séquences miroirs de 2001, visuellement comme la réactivation de HAL ou encore une haletante sortie dans l'espace, ou thématiquement comme lors du final tendu où une nouvelle crise de paranoïa de HAL pourrait conduire au désastre.

Tout n'est pas parfait cependant, le surexplicatif par le dialogue est assez pénible par moment, tout en en révélant paradoxalement moins que le tout image de Kubrick qui donnait une vraie hauteur aux évènements et laissait libre court à l'interprétation. Kubrick avait d'ailleurs manifesté son mécontentement à ce sujet dans le livre d'entretien de Michel Ciment.

Là où le film s'avère par contre irréprochable, c'est sur son design et ses effets visuels avec la crème des techniciens de l'époque aux commandes, notamment Syd Mead à la conception des décors (des petites choses comme Blade Runner, Tron ou Aliens au CV) et Richard Edlund aux effets visuels. Entre les maquettes saisissantes de détails et les matte painting invisibles, les séquences spatiales sont fabuleuses dans l'ensemble et le film s'avère encore très impressionnant aujourd'hui, la photo splendide de Hyams en personne ajoutant encore à la tenue technique exceptionnelle de l'ensemble. Dénué du génie visionnaire et du pouvoir de fascination du Kubrick, une suite tout à fait honorable donc, tenant largement la route sans être un classique du genre. 4,5/6