Les Nerfs à Vif (Martin Scorsese - 1991)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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John Constantine
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Roy Neary wrote:
Nikita wrote:Bref, il est puréfié et donc sa conduite est largement excusée : presque du Schumacher
N'importe quoi là ! Tu prends tout au premier degré. Le rapport avocat/accusé n'est plus de mise ici. Scorsese fait comme souvent appel à une parabole christique. Le personnage de De Niro est une sorte de démon qui incarne la mauvaise conscience de Nolte. Le sang sur ses mains rappelle les stigmates de la religion. En se débarrassant de son démon, il se délivre du poids de son péché. C'est un signe de rédemption.
On peut très bien y lire une parabole biblique qui fait référence à Ponce Pilate s'en lavant les mains, après avoir envoyé le Christ à la mort... bon, de là à voir dans le perso de De Niro une figure christique parce multi-tatouée/stigmatisé ayant souffert comme un martyr en prison, y a un pas que je ne sauterai pas...
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Johnny Doe
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Nikita wrote:SPOILERS


A la fin de la "bagarre" sur le bateau, Nick Nolte tue De Niro - un de ses anciens clients qu'il n'a pas défendu malgré son serment - a du sang sur les mains, mets celles-ci dans l'eau qui les lave

Bref, il est puréfié et donc sa conduite est largement excusée : presque du Schumacher
:shock:

Justement je pense le contraire, j'ai le sentiment que Nick Nolte se lave les mains avec facilité, élimine le problème (De Niro) de manière radicale, et c'est dans cette approche que je trouve l'idée de Scorsese assez virulente, cette façon de montrer la loi. C'est justement la dénonciation d'un système ou les rouages ont vites fait d'être blanchis, du moment que le vilain pourri en prison, voir au cimetière.
Personnellement sans adoré, j'adore l'abus totale d'effet visuel et sonore ainsi que le jeu de De Niro : forcé à outrance mais si bon, d'ailleurs j'adore la façon dont il est présenté au final : plus une victime qu'un réel salopard (voir la scène ou il tente de refaire son procès, on le prendrait presque en pitié).
Bref une fois de plus avec un cadre simple, Scorsese offre un film éblouissant et intelligent ! :wink:

J'ajouterais que j'adore Bringing Out the Dead et GONY et je trouve la patte de Scorsese reconnaissable dans Cape Fear, mais tout de même bien différente (sa mise en scène est bien plus outrancière, forcé).
Par contre je suis loin d'être d'accord sur le "n'importe quel tâcheron aurait pu le réalisé" tant le style visuel et l'énergie déployé à nourrir cette abus est à la fois merveilleusement foutu (d'un stricte terme technique) et purement jouissif.

Et dire que c'est un des Scorsese que j'aime le moins :lol:
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

John Constantine wrote:On peut très bien y lire une parabole biblique qui fait référence à Ponce Pilate s'en lavant les mains, après avoir envoyé le Christ à la mort... bon, de là à voir dans le perso de De Niro une figure christique parce multi-tatouée/stigmatisé ayant souffert comme un martyr en prison, y a un pas que je ne sauterai pas...
Vas-y, franchis-le !
Il n'y a pas de manichéisme dans ce film. Le personnage de Nolte est un type minable qui perd tout contrôle sur sa vie et qui a commis une faute grave. Le personnage de De Niro est un monstre, mais à bien des égards il est une victime. Il est né une deuxièmè fois grâce à la faute commise par son avocat. Il est une figure incarnée de la faute morale de Nolte.
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John Constantine
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Post by John Constantine »

Roy Neary wrote:
John Constantine wrote:On peut très bien y lire une parabole biblique qui fait référence à Ponce Pilate s'en lavant les mains, après avoir envoyé le Christ à la mort... bon, de là à voir dans le perso de De Niro une figure christique parce multi-tatouée/stigmatisé ayant souffert comme un martyr en prison, y a un pas que je ne sauterai pas...
Vas-y, franchis-le !
Il n'y a pas de manichéisme dans ce film. Le personnage de Nolte est un type minable qui perd tout contrôle sur sa vie et qui a commis une faute grave. Le personnage de De Niro est un monstre, mais à bien des égards il est une victime. Il est né une deuxièmè fois grâce à la faute commise par son avocat. Il est une figure incarnée de la faute morale de Nolte.
ok, De Niro is Jesus-Christ :wink:
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

John Constantine wrote:ok, De Niro is Jesus-Christ :wink:
Euh... ça je te le laisse ! :lol:
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

John Constantine wrote:
Roy Neary wrote: N'importe quoi là ! Tu prends tout au premier degré. Le rapport avocat/accusé n'est plus de mise ici. Scorsese fait comme souvent appel à une parabole christique. Le personnage de De Niro est une sorte de démon qui incarne la mauvaise conscience de Nolte. Le sang sur ses mains rappelle les stigmates de la religion. En se débarrassant de son démon, il se délivre du poids de son péché. C'est un signe de rédemption.
On peut très bien y lire une parabole biblique qui fait référence à Ponce Pilate s'en lavant les mains, après avoir envoyé le Christ à la mort... bon, de là à voir dans le perso de De Niro une figure christique parce multi-tatouée/stigmatisé ayant souffert comme un martyr en prison, y a un pas que je ne sauterai pas...
Je m'exprime sans doute n'importe comment mais c'est bien parce qu'il se délivre du poids de son pêché et qu'il y a rédemption - par le meurtre dudit pêché tout de même - que la morale de ce film m'énerve
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David Locke
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Post by David Locke »

Juste comme ça, en passant [mode provoc activé], je trouve qu'il y a comme une ressemblance entre Cape Fear et What lies beneath, comme quoi, n'importe quel tâcheron...
:wink:
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Tu as une approche bien trop légaliste, Nikita. Moi je te propose une lecture symbolique, typiquement scorsesienne.
D'ailleurs ce n'est pas un meurtre, nous sommes dans un survival proche du film d'horreur.
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Johnny Doe
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Post by Johnny Doe »

David Locke wrote:Juste comme ça, en passant [mode provoc activé], je trouve qu'il y a comme une ressemblance entre Cape Fear et What lies beneath, comme quoi, n'importe quel tâcheron...
:wink:
:mrgreen:

Sinon je remarque que la théorie de Nikita à été "approfondie" par Roy en fait... Mais persos, j'ai trouvé mon intervention suffisament transparente pour me ravire :roll:
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

David Locke wrote:Juste comme ça, en passant [mode provoc activé], je trouve qu'il y a comme une ressemblance entre Cape Fear et What lies beneath, comme quoi, n'importe quel tâcheron...
:wink:
Sûrement pas dans le style de mise en scène. :wink:
Pour le reste, c'est possible. Il faudrait que je revoie le film de Zemeckis.
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

Roy Neary wrote:Tu as une approche bien trop légaliste, Nikita. Moi je te propose une lecture symbolique, typiquement scorsesienne.
D'ailleurs ce n'est pas un meurtre, nous sommes dans un survival proche du film d'horreur.
Mais même dans ta "logique", ta lecture ou ton approche, cela ne me plaît pas : la rédemption dans Bad lieutnant je veux bien, dans Cape Fear que nenni
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Tant pis, c'est pas grave. :wink:
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Post by Joshua Baskin »

Un choc à sa sortie, je découvrais vraiment "Le" cinéma.
Mais aujourd'hui, je trouve le tout trop lourdingue, bien que je continue à l'apprécier.
Laissez-moi passer, je suis Francis Moury
NUTELLA

Post by NUTELLA »

johndoe_df wrote:
Nikita wrote:SPOILERS


A la fin de la "bagarre" sur le bateau, Nick Nolte tue De Niro - un de ses anciens clients qu'il n'a pas défendu malgré son serment - a du sang sur les mains, mets celles-ci dans l'eau qui les lave

Bref, il est puréfié et donc sa conduite est largement excusée : presque du Schumacher
:shock:

Justement je pense le contraire, j'ai le sentiment que Nick Nolte se lave les mains avec facilité, élimine le problème (De Niro) de manière radicale, et c'est dans cette approche que je trouve l'idée de Scorsese assez virulente, cette façon de montrer la loi. C'est justement la dénonciation d'un système ou les rouages ont vites fait d'être blanchis, du moment que le vilain pourri en prison, voir au cimetière.
Personnellement sans adoré, j'adore l'abus totale d'effet visuel et sonore ainsi que le jeu de De Niro : forcé à outrance mais si bon, d'ailleurs j'adore la façon dont il est présenté au final : plus une victime qu'un réel salopard (voir la scène ou il tente de refaire son procès, on le prendrait presque en pitié).
Bref une fois de plus avec un cadre simple, Scorsese offre un film éblouissant et intelligent ! :wink:

J'ajouterais que j'adore Bringing Out the Dead et GONY et je trouve la patte de Scorsese reconnaissable dans Cape Fear, mais tout de même bien différente (sa mise en scène est bien plus outrancière, forcé).
Par contre je suis loin d'être d'accord sur le "n'importe quel tâcheron aurait pu le réalisé" tant le style visuel et l'énergie déployé à nourrir cette abus est à la fois merveilleusement foutu (d'un stricte terme technique) et purement jouissif.

Et dire que c'est un des Scorsese que j'aime le moins :lol:
:mrgreen: pour le "n'importe quel tacheron" tu me connais John,je force le trait :P
content de voir que je ne suis pas le seul à trouver sa mise en scéne differente dans Cape fear,certes je veux bien avouer qu'on reconnait de temps en temps son style,on ne peut tout effacer meme pour un film de commande,mais je là trouve ce coup-ci grandiloquente dans le mauvais sens du terme,voire meme vulgaire.et puis pour une fois que je n'aime pas un Scorcese,on va pas m'en faire une pendule :mrgreen:
GONY est le choc de l'année pour moi :wink:
Ouf Je Respire
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Post by Ouf Je Respire »

Roy Neary wrote: Vas-y, franchis-le !
Il n'y a pas de manichéisme dans ce film. Le personnage de Nolte est un type minable qui perd tout contrôle sur sa vie et qui a commis une faute grave. Le personnage de De Niro est un monstre, mais à bien des égards il est une victime. Il est né une deuxièmè fois grâce à la faute commise par son avocat. Il est une figure incarnée de la faute morale de Nolte.
Roy, 13125% d'accord avec toi.
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« Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer. » André Gide