Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Alexandre Angel
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Alexandre Angel »

Supfiction wrote: Ton propos me fait me souvenir d'un dialogue qui m'avait frappé dans le film quand dans l'appartement de Ben, des invités parlent des chinois qui se comportent comme des américains arrogants, "continentaux", et qui finalement seraient très éloignés de l'esprit confucianiste qui est le leur (si je me souviens bien). C'est un dialogue frappant car il est très rare désormais d'entendre dans un film des propos généralistes sur un peuple étranger. Quoiqu'il en soit, on aurait jamais entendu ça dans un film occidental il me semble.
Tout à fait et je voulais le mentionner.
Je crois qu'il est dit aussi que les Chinois ont un rapport orgueilleux à l'argent, comme si c'était sale (alors que l'argent, ce n'est pas sale!! :mrgreen: ). Contrairement aux Sud Coréens.
J' ai trouvé ça intéressant.
mannhunter
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by mannhunter »

Flol wrote:Mais j'attends que G.T.O. vienne y rajouter son grain de sel. :D
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G.T.O wrote:Burning : 4,5/10
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Coxwell
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Coxwell »

Alexandre Angel wrote:
Supfiction wrote: Ton propos me fait me souvenir d'un dialogue qui m'avait frappé dans le film quand dans l'appartement de Ben, des invités parlent des chinois qui se comportent comme des américains arrogants, "continentaux", et qui finalement seraient très éloignés de l'esprit confucianiste qui est le leur (si je me souviens bien). C'est un dialogue frappant car il est très rare désormais d'entendre dans un film des propos généralistes sur un peuple étranger. Quoiqu'il en soit, on aurait jamais entendu ça dans un film occidental il me semble.
Tout à fait et je voulais le mentionner.
Je crois qu'il est dit aussi que les Chinois ont un rapport orgueilleux à l'argent, comme si c'était sale (alors que l'argent, ce n'est pas sale!! :mrgreen: ). Contrairement aux Sud Coréens.
J' ai trouvé ça intéressant.
Même si c’est loin d’être faux (l’appétence et le rapport très direct avec ce que tu veux/peux avoir), cette réplique est complètement gratuite. Elle ne sert à rien si ce n’est de rajouter une couche sur le « oh vous avez vu, à Gangnam ils parlent d’argent facile, ce sont des gens aisés, contrairement au pauvre rural de Paju qui en plus souffre le martyre de ne pas avoir sa petite demoiselle qui cherche aussi une vie plus argentée :idea: :arrow:
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Alexandre Angel
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Alexandre Angel »

Coxwell wrote:Même si c’est loin d’être faux (l’appétence et le rapport très direct avec ce que tu veux/peux avoir), cette réplique est complètement gratuite. Elle ne sert à rien si ce n’est de rajouter une couche sur le « oh vous avez vu, à Gangnam ils parlent d’argent facile, ce sont des gens aisés, contrairement au pauvre rural de Paju qui en plus souffre le martyre de ne pas avoir sa petite demoiselle qui cherche aussi une vie plus argentée :idea: :arrow:
Donc elle sert au moins à ça!
Tu oublies, ou NE VEUX PAS VOIR, Coxwell (je plaisante :mrgreen: ), que le film est fait de telle façon que la frontière entre réel et imagination est poreuse, translucide même (c'est le parti-pris) et que la réplique en question ne cherche pas à nous renseigner sur une quelconque réalité objective (même si le réalisateur fait passer quelque chose de l'ordre du message) mais à nous faire ressentir une perception flottante, orientée, sournoisement paranoïaque : celle de Jongsoo.
Toutes les séquences en présence de Ben distillent quelque chose d'irréel, de non-objectif, de vaguement irrationnel.
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Coxwell
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Coxwell »

Alexandre Angel wrote:
Coxwell wrote:Même si c’est loin d’être faux (l’appétence et le rapport très direct avec ce que tu veux/peux avoir), cette réplique est complètement gratuite. Elle ne sert à rien si ce n’est de rajouter une couche sur le « oh vous avez vu, à Gangnam ils parlent d’argent facile, ce sont des gens aisés, contrairement au pauvre rural de Paju qui en plus souffre le martyre de ne pas avoir sa petite demoiselle qui cherche aussi une vie plus argentée :idea: :arrow:
Donc elle sert au moins à ça!
Tu oublies, ou NE VEUX PAS VOIR, Coxwell (je plaisante :mrgreen: ), que le film est fait de telle façon que la frontière entre réel et imagination est poreuse, translucide même (c'est le parti-pris) et que la réplique en question ne cherche pas à nous renseigner sur une quelconque réalité objective (même si le réalisateur fait passer quelque chose de l'ordre du message) mais à nous faire ressentir une perception flottante, orientée, sournoisement paranoïaque : celle de Jongsoo.
Oui ça doit être ça, et heureusement que je ne cherche pas trop à me concentrer sur cette frontière réel/imagine car je serrais encore plus dure vis à vis de la mise en scène (et de la pauvreté du script). :mrgreen:
Strum
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Strum »

Coxwell wrote:2h20 d’esthétisme boursoufflé et de narration plombée par un cahier des charges visant essentiellement à servir une sorte de compil’ d’exotisme factice pour festivalier occidental. Le film, qui n’a rien d’autre à dire, ne perturbera pas beaucoup les standards des films socio naturalistes parisiens : les clopeurs et buveurs de vinasse des salons branchés de Gangnam côtoient difficilement/facilement (au choix) les petits gars pauvres déprimés de Paju qui se confondent dans un cache-cache atmosphérique. Les clichés en miroir des cinéphiles sont saufs. Ouf. De toute façon, l’habillage constitué de cette maigre histoire d’embrasement passionnel assez bête et ultra convenue importe peu, la preuve, on parle de grand film social, politique sur la désillusion des uns et des autres. Je me doutais bien que j’étais revenu en Occident en fait. :idea:
Le film a des défauts (je n'ai pas été convaincu par le dernier tiers), mais ta critique me parait relever du procès d'intention, comme si tu faisais payer au film sa réception critique très favorable en France. Tu sembles accuser indirectement Lee Chang-Dong d'avoir fait son film en "pensant" aux festivaliers occidentaux de Cannes, Venise, etc. D'une certaine façon, c'est aussi remettre en cause le caractère universel du cinéma dans son aptitude à aborder des sujets ou à décrire des situations que l'on retrouve dans un nombre significatif de pays aux cultures différentes. Par ailleurs, sous des dehors de thriller social, le film discourt aussi sur les puissances de l'illusion et de l'invisible et ne se présente pas d'un bloc. Enfin, parce qu'il est parfois difficile d'identifier les intentions initiales d'un cinéaste à la simple lueur du film final, il est toujours périlleux de faire des procès d'intention en mettant en cause la sincérité des cinéastes. Et sachant que Lee Chang-Dong n'avait pas fait de film depuis 8 ans, on peut poser comme hypothèse que son premier réflexe dans ce projet enfin parvenu à son terme n'a pas été de se dire "je vais faire un film pour plaire au festivalier cannois".
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Supfiction
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Supfiction »

Le film tombe à plat dans le dernier tiers oui. On passe alors d'un film sur la misère affective d'un homme à un pseudo-thriller jouant entre le vrai et le faux et n'aboutissant à rien. La dernière scène m'a laissé totalement sur ma fin. Elle sonne faux même si on peut rétorquer qu'elle est de l'ordre du fantasmé.
Reste évidemment quelques moments de grâce.
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Coxwell
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Coxwell »

Strum wrote: Le film a des défauts (je n'ai pas été convaincu par le dernier tiers), mais ta critique me parait relever du procès d'intention, comme si tu faisais payer au film sa réception critique très favorable en France. Tu sembles accuser indirectement Lee Chang-Dong d'avoir fait son film en "pensant" aux festivaliers occidentaux de Cannes, Venise, etc. D'une certaine façon, c'est aussi remettre en cause le caractère universel du cinéma dans son aptitude à aborder des sujets ou à décrire des situations que l'on retrouve dans un nombre significatif de pays aux cultures différentes.
La réception critique n'est pas favorable qu'en France... elle l'est dans un grand nombre de pays marqués par un certain type de cénacles et d'attentes associées (modernité du cinéma passant par la sobriété d'une forme de naturalisme plus ou moins tempérée par quelques poses esthétiques évocatrices de tout un tas de transpositions initiales au delà des frontières). Le cinéma n'est pas seulement universel, ou du moins il l'est notamment dans la rencontre de singularités originelles, pas dans leur aplatissement mis au pas dans une grille de lecture et d'attendus donnés. Il n'y a rien de plus chiant et pauvre que la reproduction, surtout au sujet d'une démarche "intellectualisante"..
(Sur la réception, et la lecture politique et sociale du film, rien qu'un exemple tout à fait caractéristique de ce qui est évoqué plus haut : https://www.telegraph.co.uk/films/0/bur ... ng-blazes/
Outre-atlantique c'est très similaire, le site "they shoot pictures, don't they" et son classement reflète assez bien la manière dont sont reçus certains films par un certain type de médias et affiliés)
Par ailleurs, sous des dehors de thriller social, le film discourt aussi sur les puissances de l'illusion et de l'invisible et ne se présente pas d'un bloc. Enfin, parce qu'il est parfois difficile d'identifier les intentions initiales d'un cinéaste à la simple lueur du film final, il est toujours périlleux de faire des procès d'intention en mettant en cause la sincérité des cinéastes. Et sachant que Lee Chang-Dong n'avait pas fait de film depuis 8 ans, on peut poser comme hypothèse que son premier réflexe dans ce projet enfin parvenu à son terme n'a pas été de se dire "je vais faire un film pour plaire au festivalier cannois".
Ce n'est pas parce qu'il est difficile de faire la séparation de ce qui est endogène et de ce qui exogène au processus de création et d'aboutissement d'une oeuvre qu'on ne peut pas considérer que remettre en question le produit proposé soit un procès d'intention ipso facto. Défendre cette position serait aussi subjectif et expéditif que de me présenter comme "pourfendeur" aveugle d'un certain type de cinéma. Cela dit, même en prenant toutes les nuance possibles, il est bien difficile de nier qu'il existe des stratégies dans la création, y compris chez les "auteurs", que ce soit dans la production comme dans la nature de l'exposition de son "produit". Le public festivalier ne s'arrête pas aux spectateurs présents dans le festival mais à toute l'aura et la réputation associée à la répercussion de ces événements auprès d'un certain public qui ne voient certains films que lorsqu'ils sont estampillés Telerama et assimilés.
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Alexandre Angel
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Alexandre Angel »

Coxwell wrote:Ce n'est pas parce qu'il est difficile de faire la séparation de ce qui est endogène et de ce qui exogène au processus de création et d'aboutissement d'une oeuvre qu'on ne peut pas considérer que remettre en question le produit proposé soit un procès d'intention ipso facto
Celui qui a compris cette phrase du premier coup a toute mon admiration.
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by shubby »

Quand y'a d'l'exogène y'a pas d'plaisir !

Ca me rappelle un sketch des inconnus tout ça :)

Cela étant, je n'ai pas encore vu le film.
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Supfiction
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Supfiction »

Alexandre Angel wrote:
Coxwell wrote:Ce n'est pas parce qu'il est difficile de faire la séparation de ce qui est endogène et de ce qui exogène au processus de création et d'aboutissement d'une oeuvre qu'on ne peut pas considérer que remettre en question le produit proposé soit un procès d'intention ipso facto
Celui qui a compris cette phrase du premier coup a toute mon admiration.
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Ouf Je Respire
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Ouf Je Respire »

Coxwell wrote:Ce n'est pas parce qu'il est difficile de faire la séparation de ce qui est endogène et de ce qui exogène au processus de création et d'aboutissement d'une oeuvre qu'on ne peut pas considérer que remettre en question le produit proposé soit un procès d'intention ipso facto
Ou pas.

:mrgreen:
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Alexandre Angel
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Alexandre Angel »

Ouf Je Respire wrote:
Coxwell wrote:Ce n'est pas parce qu'il est difficile de faire la séparation de ce qui est endogène et de ce qui exogène au processus de création et d'aboutissement d'une oeuvre qu'on ne peut pas considérer que remettre en question le produit proposé soit un procès d'intention ipso facto
Ou pas.

:mrgreen:
Tu peux expliquer?
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Flol
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Flol »

Moi je voulais juste dire que la modernité du cinéma passe par la sobriété d'une forme de naturalisme plus ou moins tempérée par quelques poses esthétiques évocatrices de tout un tas de transpositions initiales au delà des frontières.
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Watkinssien
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Re: Burning (Lee Chang-dong - 2018)

Post by Watkinssien »

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